À la découverte de l’univers

Publié le par Ysia

Le télescope Kepler lancé par la NASA en 2009 a scruté le ciel à plus de 120 millions de kilomètres entre les constellations du Cygne et de la lyre. Ainsi ont été découverts la première exoplanète riche en oxygène (Gliese 1132b), le premier monde aquatique (Gliese 1214b) et la première planète de la taille de la Terre dans la zone habitable (Képler-186f). En mars 2016, l’équipe de l’Université de Columbia (Cool World Lab) a annoncé la découverte de Képler-167e à mille années-lumière  de la taille de Jupiter et tout aussi froide (-220 F).

Armé de 42 capteurs, le télescope Kepler a sondé environ 150 000 étoiles, ce qui ne constitue qu’un millième d’un pour cent de la Voie Lactée. Cela a toutefois produit près de deux millions de points de données pour chacune d’entre elles. L’Université de Columbia est l’une des centaines d’universités et de centres de recherche dans le monde qui téléchargent et décodent les données. Ces données pourront permettre de déterminer le rayon de rotation, la masse ou encore la réflectivité de l’atmosphère des exoplanètes.  Kepler  a recueilli les données en photographiant  les étoiles et en enregistrant un tableau de pixels qui mesurent leur luminosité. Convertir ces données en fichiers informatiques décodables présente un extraordinaire défi. La clef serait de pouvoir écrire des codes permettant aux ordinateur de décoder en quelques heures ce qui sinon risque de prendre des décennies.

À quoi ressemble l’atmosphère des exoplanètes ? Contiennent-elles de l’eau ? Quel effet cela fait-il de marcher à leur surface ? La vie existe-t-elle dans ces mondes ?

Grâce aux avancées technologiques, nous serons mieux à même un jour d’observer leur relief  comme les montagnes qui peuvent être le signe de plaques tectoniques, les océans, la végétation ou  les calottes de glace. Mais quasiment rien n’est connu aujourd’hui de la topographie des exoplanètes et c’est aux théoriciens qu’il appartient de spéculer.

Les exoplanètes reflètent un milliardième la lumière d’une étoile. Les exolunes qui orbitent autour d’elles sont encore plus pâles et donc encore plus difficiles à détecter. Nous attendons au printemps la confirmation d’une lune autour de Kepler-1625b, ce qui serait une première.

Du trillion d’exoplanètes dans la Voie Lactée, dix pour cent environ, soit cent milliards pourraient contenir de l’eau et se situer dans la zone habitable. Le projet Breakthrough Starshot qui devrait prendre deux décennies pour être mis sur pied et deux autres décennies pour atteindre sa destination Proxima b fait rêver.

Publié dans Les deux infinis

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Le monde des émotions et des sentiments

Publié le par Ysia

L’authenticité n’est possible que si l’on sait qui l’on est et ce que l’on veut, autrement ce n’est qu’un miroir aux alouettes, un jeu d’ombres et de réalités.

C’est le réseau par défaut qui est actif durant nos instants de rêverie, nos plongées mélancoliques, lorsque nous nous apitoyons sur nous-mêmes ou lorsque nous imaginons les dix mille scénarios du futur. Mais dès que nous reprenons une  activité qui demande notre attention à la différence des tâches machinales ou routinières, cette partie de notre cerveau est déactivée.

Le soi se fonde sur des états émotionnels et affectifs, des sensations physiques aussi diverses que le battement du cœur, la respiration,  la faim, la soif ou les impulsions instinctives. Le soi, en tant que programme de maintenance automatique, est la manifestation de sentiments instinctifs qui instaurent en nous un dialogue sans filtre.

Do fish have feelings? : “Once nervous systems entered the scene, the path for feelings was open,” writes Antonio Damasio. “That is why even humble nervous systems probably allow some measure of feeling.”

http://nautil.us/issue/56/perspective/why-your-biology-runs-on-feelings

Dans le même temps, le soi n’est soi que par rapport aux autres qui sont distinctement autres et donc perçus comme différents de nous. Il réside et voyage dans un espace éthique et culturel, legs d’une conscience collective telle que définie par Freud. S’il faut voir dans le soi une identité transtemporelle, la conscience collective en est l’origine lointaine,  le monde phénoménal et le monde neurobiologique y sont inextricablement imbriqués.

… mental experiences do not arise from plain mapping of an object or event in neural tissue. Instead, they arise from the multidimensional mapping of body-proper phenomena woven interactively with neural phenomena.

Antonio Damasio

Les sentiments sont la motivation qui nous anime. Ils servent d’étalon de mesure, de système de suivi dans notre quotidien et sonnent l’alarme à chaque transgression sociale ou culturelle ou renforcent l'ego, boîte de résonance de la personne sociale. Cultures et émotions se nourrissent les unes des autres. On entend par culture un vaste ensemble d’objets, de pratiques et d’idées qui englobent notamment nos systèmes de valeurs et la religion. Ces deux-là sont tributaires de leur géographie, delà naissent les conflits culturels que certains considèrent être l’expression de la réalité alors qu’ils ne sont que l’expression des émotions, des ombres qui encombrent la conscience collective.

L’évolution participe des génomes au cours de milliers de générations, des modifications épigénétiques et des facteurs culturels au cours de plusieurs voire dizaines ou centaines de générations et de l’influence parentale. 

Dans cet entremêlement, les émotions et sentiments sont des outils maladroits de régulation. Ils nous préviennent des risques encourus, des dangers à affronter et des crises auxquelles il nous faut pallier. Ils peuvent, sous le contrôle de la raison, nous guider sur le chemin de notre destinée.

Les synapses s’embrasent et la pensée coule comme une rivière d’amont en aval. Le soi est un collectif de processus dynamiques qui traitent l'information. De cette conscience du soi découle le sentiment d’être des agents. Que ce sentiment soit ou non une illusion, il a une fonction : il est là pour nous convaincre que le soi est au gouvernail, qu'il dirige le fonctionnement moteur et social de l’être physique. Mais la conscience du soi est-elle capable d’autonomie mentale si elle ne peut déterminer quand elle divague ou quand elle est rationnelle, plongée dans un épais brouillard ? L’autonomie mentale, c’est de faire la part des choses entre ombres et réalités, d’observer ses pensées sans rationalité excessive ni aveuglement, avec bienveillance et malgré la vulnérabilité des mécanismes sensés garantir cette autonomie - un juste équilibre qu’il faut maintenir à chaque instant de la vie. Dans le dialogue entre le cœur et le cerveau, le souffle de la respiration peut calmer le tumulte de l’esprit.

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Anita Kunz

Publié le par Ysia

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Helga Vockenhuber

Publié le par Ysia

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Ombres

Publié le par Ysia

Santanna mahnmal skulptur

On a tant parlé aux actualités récemment du retrait des monuments qui sont pour certains l’aveu de souffrances et d’une immense détresse subie et qui pour d'autres sont l’incarnation de la gloire et de l’héroïsme. Nous sommes tous confrontés à une réalité peut-être latente à laquelle nous n'avons pas réfléchi. Fort de ma propre expérience, comment puis-je aborder ce débat et y contribuer de manière rationnelle et sensible?

Dans l'allégorie de la caverne, nous avons une situation imaginaire dans laquelle des prisonniers sont enchaînés à vie face à un mur dans l'incapacité de tourner leur regard ailleurs que devant eux. Ils ne voient que des ombres danser sur le mur, projetées par des marionnettistes lors de processions qui défilent devant un feu, créant une fausse image de la réalité. Un prisonnier est libéré et s'aventure à l'extérieur de la caverne. Il est aveuglé par la lumière du soleil mais s'y habitue et prend conscience du monde réel et du monde illusoire de la caverne. Il y retourne pour dire aux prisonniers la vérité sur la réalité de la vie mais il est à présent incapable de voir dans l'obscurité et les autres pensent que son excursion à l'extérieur de la caverne a nui à sa santé. Effrayés, ils s'insurgent contre ceux qui tenteraient de les libérer.

Le 12 août 1944, dans la localité de Sant'Anna di Stazzema située dans la zone montagneuse de la Toscane, 560 villageois, dont 130 enfants, des femmes et des personnes âgées en majorité, ont été tués, les corps brûlés, le troupeau massacré et les maisons incendiées par les troupes allemandes de la seizième division de la branche militaire SS commandée par Anton Galler. En descendant dans la vallée, les soldats nazis ont fait quelques prisonniers comme mon grand-père Gino. Il a été déporté à Dachau, le premier camp de concentration nazi. À la fin de la guerre, il a été l'un de ceux qui ont eu la chance de pouvoir rentrer chez eux. Mais il n'était plus le même. Bien qu'il n'en ait jamais parlé, nous sommes tous hantés par les images d'horreur qu’il portait en lui. Si l'Allemagne avait gagné la guerre et que l'Italie avait été annexée, des monuments à la gloire d'Hitler auraient probablement été érigés dans chaque ville. Je n'ai pas connu la guerre ni n'ai connu l'enfer de Dachau mais j'ai vu les ombres horrifiques au fond du regard de mon grand-père. Vivant dans une société démocratique libre, je m'oppose catégoriquement aujourd'hui à toute image glorifiant Hitler ou à tout monument aux SS. Le site commémoratif du camp de concentration de Dachau est ouvert au public pour garder vivante la mémoire du passé et pour que jamais la réalité de ces faits ne devienne une zone d’ombre.

Doués d'une intelligence précaire - étant donné la multitude de questions qui restent non résolues sur notre univers - nous roulons et déroulons sans cesse les couches d'ombres et de réalités. En Italie, nous avons grandi avec la figure héroïque de Christophe Colomb: il a eu la préscience de se lancer au-delà des ombres dans la réalité d’une terre ronde. Depuis, j'ai vécu et travaillé en Amérique du Sud et m’y suis fait des amis parmi les autochtones. J'ai plus appris sur la période coloniale grâce aux écrits de Bartolomé de las Casas qui fit la chronique des atrocités perpétrées par les colons au nom du Christianisme et suis témoin encore maintenant des souffrances endurées aux mains des conquistadors espagnols dont le peuple porte les cicatrices. J'ai dû réexaminer mes propres croyances et aujourd'hui quand je vois une statue de Christophe Colomb, je vois l'homme qui n'avait pas peur de se risquer au bout du monde mais je vois aussi la destruction de grandes civilisations ainsi que l'esclavage, la torture et la mort de millions d'indigènes.

En outre, certains pensent que les statues de Martin Luther King Jr. sont une offense à la communauté LGBT parce qu'on dit qu’il s’opposait aux droits des homosexuels. Bien qu’il soit l’un de mes héros incontestés de tous les temps, je dois respecter l’avis de certains de mes amis les plus chers qui ont trouvé ensemble le bonheur dans le processus démocratique qui leur a donné le droit de déterminer leur destin et de décider de leur identité, comme tout couple qui s’aime le mérite.

Notre connaissance est faite d’ombres et de réalités. Il nous faut, me semble-t-il, apprendre à discerner les unes et les autres, se risquer à sortir de notre zone de confort et remettre chaque situation d’ombre ou chaque réalité dans leur contexte donné afin que notre conscience collective puisse évoluer. (trad. par Ysia)

Giancarlo Biagi

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L'allégorie de la caverne

Publié le par Ysia

Maintenant, repris-je, représente-toi de la façon que voici l'état de notre nature relativement à l'instruction et à l'ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu'ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête; la lumière leur vient d'un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.
Je vois cela, dit-il.
Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d'hommes et d'animaux, en pierre, en bois, et en toute espèce de matière; naturellement, parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent.
Voilà, s'écria-t-il, un étrange tableau et d'étranges prisonniers.
Ils nous ressemblent, répondis-je; et d'abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d'eux-mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face?
Et comment? observa-t-il, s'ils sont forcés de rester la tête immobile durant toute leur vie?
Et pour les objets qui défilent, n'en est-il pas de même?
Sans contredit.
Si donc ils pouvaient s'entretenir ensemble, ne penses-tu pas qu'ils prendraient pour des objets réels les ombres qu'ils verraient ?
Il y a nécessité.
Et si la paroi du fond de la prison avait un écho, chaque fois que l'un des porteurs parlerait, croiraient-ils entendre autre chose que l'ombre qui passerait devant eux?
Non, par Zeus, dit-il.
Assurément, repris-je, de tels hommes n'attribueront de réalité qu'aux ombres des objets fabriqués.
C'est de toute nécessité.
Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu'on les guérisse de leur ignorance. Qu'on détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements il souffrira, et l'éblouissement l'empêchera de distinguer ces objets dont tout à l'heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu'il répondra si quelqu'un lui vient dire qu'il n'a vu jusqu'alors que de vains fantômes, mais qu'à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste? si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l'oblige, à force de questions, à dire ce que c'est? Ne penses-tu pas qu'il sera embarrassé, et que les ombres qu'il voyait tout à l'heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu'on lui montre maintenant?
Beaucoup plus vraies, reconnut-il.
Et si on le force à regarder la lumière elle-même, ses yeux n'en seront-ils pas blessés? n'en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu'il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu'on lui montre?
Assurément.
Et si, repris-je, on l'arrache de sa caverne par force, qu'on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu'on ne le lâche pas avant de l'avoir traîné jusqu'à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement, et ne se plaindra-t-il pas de ces violences? Et lorsqu'il sera parvenu à la lumière pourra-t-il, les yeux tout éblouis par son éclat, distinguer une seule des choses que maintenant nous appelons vraies?
Il ne le pourra pas, répondit-il; du moins dès l'abord.
Il aura, je pense, besoin d'habitude pour voir les objets de la région supérieure. D'abord ce seront les ombres qu'il distinguera le plus facilement, puis les images des hommes et des autres objets qui se reflètent dans les eaux, ensuite les objets eux-mêmes. Après cela, il pourra, affrontant la clarté des astres et de la lune, contempler plus facilement pendant la nuit les corps célestes et le ciel lui-même, que pendant le jour le soleil et sa lumière.
Sans doute.
À la fin, j'imagine, ce sera le soleil - non ses vaines images réfléchies dans les eaux ou en quelque autre endroit - mais le soleil lui-même à sa vraie place, qu'il pourra voir et contempler tel qu'il est.
Nécessairement, dit-il.
Après cela il en viendra à conclure au sujet du soleil, que c'est lui qui fait les saisons et les années, qui gouverne tout dans le monde visible, et qui, d'une certaine manière, est la cause de tout ce qu'il voyait avec ses compagnons dans la caverne.
Evidemment, c'est à cette conclusion qu'il arrivera.
Or donc, se souvenant de sa première demeure, de la sagesse que l'on y professe, et de ceux qui y furent ses compagnons de captivité, ne crois-tu pas qu'il se réjouira du changement et plaindra ces derniers?
Si, certes.
Et s'ils se décernaient alors entre eux honneurs et louanges, s'ils avaient des récompenses pour celui qui saisissait de l'oeil le plus vif le passage des ombres, qui se rappelait le mieux celles qui avaient coutume de venir les premières ou les dernières, ou de marcher ensemble, et qui par là était le plus habile à deviner leur apparition, penses-tu que notre homme fût jaloux de ces distinctions, et qu'il portât envie à ceux qui, parmi les prisonniers, sont honorés et puissants? Ou bien, comme le héros d'Homère, ne préférera-t-il pas mille fois n'être qu'un valet de charrue, au service d'un pauvre laboureur, et souffrir tout au monde plutôt que de revenir à ses anciennes illusions et de vivre comme il vivait?
Je suis de ton avis, dit-il; il préférera tout souffrir plutôt que de vivre de cette façon-là.
Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s'asseoir à son ancienne place : n'aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil?
Assurément si, dit-il.
Et s'il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n'ont point quitté leurs chaînes, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que ses yeux se soient remis (or l'accoutumance à l'obscurité demandera un temps assez long), n'apprêtera-t-il pas à rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu'étant allé là-haut il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n'est même pas la peine d'essayer d'y monter? Et si quelqu'un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu'ils le puissent tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas?
Sans aucun doute, répondit-il.

Platon

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A la rencontre du Bouddha

Publié le par Ysia

A la rencontre du BouddhaA la rencontre du Bouddha

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Terminal

Publié le par Ysia

Terminal, Subodh Gupta

Terminal, Subodh Gupta

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L’Histoire inconsciente

Publié le par Ysia

Pourquoi est-ce que le temps court prime sur le temps long ? Parce que nos sociétés privilégient la pensée économique au quotidien.

Ce n’est pas la durée qui est tellement création de notre esprit, mais les morcellements de cette durée.

Fernand Braudel

Clock of the Long Now

Le monde, la chair et le diable autrement dit la confrontation avec ce qui est extérieur au soi, avec la forme corporelle du soi et avec les démons intérieurs qui agitent le soi. Que dire du monde ? Que la pollution de l’air fait 4 400 victimes chaque jour en Chine selon le professeur Richard Muller de l’Université de Berkeley. Que les villes produisent 75% des émissions de dioxyde de carbone dans le monde, que le nombre de victimes par armes à feu aux États-Unis est  33 000 par an d’après le CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies). Et que dire du barrage des Trois-Gorges ?  Qu’il a provoqué le déplacement d’1,2 million de personnes et détruit 13 villes, 140 bourgs et 1 350 villages  et  que le barrage sur le Mékong causera une catastrophe écologique encore plus dévastatrice.

 

La conscience, forme complexe de préhension, intervient dans l’espace triangulaire du monde, de la chair et du diable. Le philosophe Alva Noë dans son livre intitulé Out of Our Heads affirme que la conscience n’est pas limitée dans la tête mais agit entre l’esprit et l’environnement physique.   D’un point de vue pratique, il faut la comprendre en tant qu’activité, comme, par exemple, dans l’expérience des couleurs, qui résulte de la complexe interaction entre la lumière physique et notre système nerveux optique (The reality of color is perception par Mazviita Chirimuuta. Nautilus, issue 56).

La psyché freudienne se divise en trois éléments: le surmoi, le moi et le ça comme identité primitive. Sur ces trois éléments se transpose l’espace triangulaire du monde, de la chair et du diable dans les limites duquel le futur de notre âme sensible est incertain. Sera-t-elle corrompue ou carrément évincée ? Faut-il voir dans l’intellectualisme et les froids calculs politiques les prémices de ce qui nous attend ?  Quelle voie l’humanité choisira-t-elle? Sera-t-elle plus préoccupée par la recherche scientifique ou voudra-t-elle répondre à l’urgence des besoins psychologiques des êtres ? Si, vraiment, l’ambition que nourrit l’être humain de modeler l’univers à sa guise est ni plus ni point une forme d’art, alors cet art doit compter sur notre perception sensible. Il nous appartient effectivement de revaloriser la sensibilité et d'étendre notre cercle de compassion de tous les êtres à la planète.

La conscience au rythme de l’évolution et par le jeu des mutations/variations génétiques, s’exprime à travers tous les êtres. Comme une lame de fond, elle s’engouffre dans l’être, récepteur d’émissions, qui y répond. Ce qui les sépare est la capacité inhérente à chacun de la véhiculer.

C’est une véritable révolution cognitive qu’il faut provoquer, une révolution dans la psychologie des hommes qu’il faut encourager, une nouvelle métamorphose hominisante afin de permettre le triomphe de l’âme rationnelle sur le long terme. La troisième lutte, celle avec nos démons intérieurs, est  la plus farouche.

 

The progress of the future …will be hindered or stopped either by a failure in the capacity for maintaining creative intellectual thinking, or by the lack of desire to apply such thinking to the progress of humanity, or, of course, by both these causes together.

The World, the Flesh and the Devil, J.D. Bernal, p.59

La vie et la conscience vont de pair. Elles s’étendent depuis le commencement jusqu’au bout de l’univers. La vie est le fruit de la chimie dans l'air, sous nos pieds, à des millions d'années-lumière. D’après Jeremy England, physicien de MIT (Massachusetts Institute of Technology), le processus d’entropie implique que toute molécule demeurant suffisamment longtemps sous les rayons de la lumière finira par se métaboliser, se mouvoir et se reproduire – c’est-à-dire devenir vivante. De l’émergence spontanée à la force motrice,  la vie sur terre résulte de la thermodynamique. 

Y a-t-il ailleurs quelque part dans l’univers une biochimie différente de celle qui est à l’origine de la vie sur terre ? Et dans ce cas est-elle doublée d’une autre forme de conscience ? Considérer l’avenir sur le long terme est une approche à la fois optimiste et réaliste. Réaliste parce que, en dépit de toutes les spéculations basées sur  notre appréciation des événements présents ou passés, nul ne sait prédire l’avenir.

A l’intersection de l’idéalisme et du pragmatisme, si la vie est un jeu, il y a deux sortes de joueurs : ceux qui participent dans le seul but de gagner et ceux qui sont convaincus du fait que l’important, c’est de participer. Gagner à tout prix implique vouloir exercer son pouvoir coûte que coûte sur l’autre et sur l’environnement de matière. Mais la vie est un jeu infini qui a démarré il y a des milliards d’années et ni vous ni moi ne serons là pour constater le devenir de ce processus dont les règles évoluent éternellement de la genèse au gène, des cellules aux civilisations…

Infinite players cannot say when their game began, nor do they care. They do not care for the reason that their game is not bounded by time. Indeed, the only purpose of the game is to prevent it from coming to an end, to keep everyone in play. There are no spatial or numerical boundaries to an infinite game. No world is marked with the barriers of infinite play, and there is no question of eligibility since anyone who wishes may play an infinite game... The task is to design rules that will allow the players to continue the game by taking these limits into play-even when death is one of the limits. It is in this sense that the game is infinite… The paradox of infinite play is that the players desire to continue the play in others. The joyfulness of infinite play, its laughter, lies in learning to start something we cannot finish. … Infinite players cannot say how much they have completed in their work or love or quarreling, but only that much remains incomplete in it. They are not concerned to determine when it is over, but only what comes of it

Finite and infinite games, James P. Carse

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Libellule

Publié le par Ysia

http://www.fossilmuseum.net/Fossil_Galleries/Liaoning/Sinaeshcnidia/Sinaeshcnidia.htm

http://www.fossilmuseum.net/Fossil_Galleries/Liaoning/Sinaeshcnidia/Sinaeshcnidia.htm

“There’s nothing more thrilling than being on the quest for something new, and having your own destiny in your hands,”

Laisser l’esprit vagabonder d’un bout à l’autre de l’univers...

Le modèle hiérarchique de la formation des galaxies rappelle la représentation des fractales : les galaxies sur fond de matière noire offrent le tableau de leur croissance. Si tout n’était que matière noire au commencement de l’univers, où s’en est-elle allée ? Elle aime à former des grappes par un processus de coalescence sous la force de gravité. Et c’est la matière noire qui tente de séparer les galaxies et d'empêcher leur fusion. Un télescope lilliputien aux yeux de libellule, inventé par Pieter van Dokkum de l’Université de Yale, rivalise avec les géants dans son exploration. Il a découvert la galaxie Dragonfly 44 qui recèle une extraordinaire concentration de matière noire.

Publié dans Les deux infinis

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