L'Acrobate et la néophyte

Publié le par Catherine Toulsaly

Le collier

Le collier

 

Au rythme silencieux du  néant, la néophyte exécute un travail de funambule. Elle enfile une après l’autre sept perles sur un fil. De collier, les perles se métamorphosent en une chaîne de neuf anneaux. Leur libre expression les emporte comme des vagues sur l’eau. Rassemblant des fragments ontologiques, elle tisse un réseau de connexions au sein d’une structure en évolution et construit un personnage animé auquel elle donne toute liberté d’exister.

L’information traverse les lignes des cercles qui se touchent. La figure s'étire. Elle se tient droite comme une reine des étoiles, une alchimiste dans un atelier de création. De reine devenue danseuse, elle tournoie autour d’un axe de boucles qui nourrissent la genèse des choses et conservent, dans un équilibre fragile, matière et énergie. Cercles, boucles ou bulles canalisent l’essence intemporelle, se rétrécissent, s’éloignent et se rapprochent pour disparaître et puis renaître.

L'Acrobate

L'Acrobate

La néophyte lui donne le nom d'Acrobate. C’est dans la forêt universelle qu’il est pour la première fois entré en scène. Aucun des deux ne sait lequel est l’ombre de l’autre. La distance séparant la néophyte de l’Acrobate est nulle, mais l'intervalle entre eux est incommensurable.

Comme un bateau ivre, l’Acrobate erre autour des lacs, le long des rivières et des canaux, jusqu'à la baie et l’océan avec, à ses côtés, la néophyte qu’il croît être une ombre évanescente. Catapulté dans une dimension supérieure, il projette de fait, lui aussi, une ombre sur l'écran plat de l’Univers. Par le biais de ses cercles improvisés, il pérégrine dans la couche noosphérique et participe au jeu infini. Sa nature éthérée est intrinsèquement liée au néant qui hante la néophyte, comme une étoile en orbite autour d'un trou noir.

Il est une co-création de tous les objets fantômnaux et entités spectrales qui transmettent à la postérité des clefs de communication,

un code ésotérique fait de figures et de symboles,

une entité transfuge née de l’être et de son reflet.

Il incarne le Dialogue entre l'Univers et la Conscience, la quête d'une théorie du tout et du rien, le péril épistémique que posent les recherches interdisciplinaires.

La néophyte poursuit son mouvement en spirale et perd parfois conscience de sa présence. Après sa brève incursion dans la forêt quantique, elle le retrouve et l’interroge sur l'éternelle question du néant  qui, s'il est rhizomatique, serait à rapprocher au souffle 氣 du vide :

« Le néant est-il intemporel ou un mode de temporalité étranger à l’espace-temps ? »

L’Acrobate répond : « L'intemporel n’est pas une négation de l’espace-temps. Il le définit positivement en conviant un sentiment d'égalité dans l’éternité. Le néant renvoie par sa nature rhizomatique aux strates temporelles du multivers. »

« Le néant est-il l’Absence de tout ou du temps ? »  insiste la néophyte.

L’Acrobate souhaite apporter son aide à la néophyte. Hésitant, il craint l’effondrement de ses propres parties. Il ​​se gratte la tête qui résonne d’un tintement silencieux :

« Une fois pour toutes, » répond-il évasivement, « sur cette rive, le temps vient en premier, mais, en toute vérité, que reste-t-il du temps qui passe si ce n’est le néant ? »

Dans le cadre du dialogue entre l’Univers et la Conscience, respectueux du principe de différence et de répétition, ce qui rend la chose difficile, c'est en partie que la néophyte se perd dans un océan de mots quand bien même ceux-ci révèlent l’évolution de la conscience. Le néant est « le contraire de quelque chose ajouté à l’absence de ce quelque chose ». Il est « l’intervalle disparu». Dire qu’il est rhizomatique, implique une fluctuation de niveaux d’énergie, de zéro à une valeur numérique négative, de zéro à un nombre positif, créant une instabilité géométrique dans l’espace-temps.

Le néant coexiste avec l’agencement des atomes, l’accroissement des distances, la présence énergétique et les interactions gravitationnelle et électromagnétique. Il est, suggère implicitement l'entité spectrale dominante de Sartre, « une présence perpétuelle » en soi et en dehors de soi parce qu’il hante l’être. Aussi profondément que le néant hante la néophyte, il semble qu’il ne puisse jamais coïncider avec elle.

Une faille béante existe entre le pour-soi et l'en-soi, l’être que la néophyte serait si elle était ce qu'elle est. Le « pour-soi prend la forme d'une présence », celle de l’Acrobate. « C'est l'en-soi qui se perd en tant qu'en soi » dans un mouvement en spirale « pour s'établir comme conscience. » L’esprit est porteur de sa propre transcendance. 

« Ce n’est pas le mouvement vers l'être qui est transcendance mais le mouvement vers le néant » laisse échapper la néophyte.

Brique par brique, les mots bâtissent la maison du tout et du rien avec un ensemble de possibilités en évolution. L’Acrobate y est chez lui. Il lance, par les fenêtres des murs extérieurs, des lassos autour de ses cibles, les tire et les relâche à sa guise, ruminant les paroles énigmatiques de la néophyte, que « aucune agentivité ne saurait se produire sans l’espace. Aucun ressenti ne saurait exister sans le temps. Aucune conscience ne saurait naître sans que n’y participent les ondes gravitationnelles. ».Gravitation et électromagnétisme sont les facettes d'une même structure sous-jacente, qui apparaissent au fur et à  mesure que leur degré de séparabilité s’accroît.

L'Acrobate et son reflet

L'Acrobate et son reflet

 

Il se tortille et grimpe dans les chevrons du toit d’où la cheminée laisse échapper en veloutes le temps, le néant et l’univers quantique. Gravé dans le bois, il découvre le code d'un ordre préexistant écrit dans la langue de l’Absence. 

Formé de bulles-concepts, il porte le poids de l’Univers sur ses épaules et jongle avec les boules de principe et les quilles épistémologiques espérant donner un sens à ses parties.

La bulle thoracique Liberté, Essence et Existence enveloppe son cœur. Celles de beauté et mélodie et de sensation de l'espace et émotion du temps pendent à ses hanches et genoux. Le tintement silencieux du néant occupe sa tête, tandis que la mélodie des sons se traduit en fréquences jusqu'à ses pieds.

La beauté est ce qui donnent aux ondes sonores la liberté d'être au diapason.

Sur une plage de coquillages, il se repose aux côtés de la néophyte qui contemple le lever du soleil.

« Rien n'est ce qu'il paraît », dit-il, « même une vue de profil du plan universel n'est qu'une ligne imparfaite entre le champ d'existence et le néant rhizomatique. »


L’évolution vers la lumière et la conscience semble aller à contre-courant de la tendance générale des choses passées, présentes, et futures qui gravitent vers le chaos aux pieds de l’Acrobate.

L'Acrobate et la néophyte

L'Acrobate se déplace comme un yoyo, méditant sur ce qui fait que l'information circule d’une partie à l’autre de son être pluridimensionnel. La néophyte doute que l'émergence du temps et de la conscience dépende de l'afflux de photons dans les atomes. Il est indubitable toutefois que la lumière nourrit la conscience.

« Comme lorsque la lumière est absorbée photon par photon, » explique l'entité spectrale de Maria Mitchell qui faisait sa promenade matinale le long du rivage « chaque expérience est unidimensionnelle dans la manière dont l’entité individuelle la vit. La conscience est un réseau de caisses de résonance. Elle se fond dans les champs électromagnétiques, surfe sur les ondes gravitationnelles, se mêle aux nuages ​​moléculaires et s'engouffre dans les trous noirs d’où les informations quantiques piégées sont prêtes à être libérées. Les photons sont les gardiens de l'intangible. Plus l'intrication quantique diminue,  plus les conditions réelles deviennent manifestes. »

Dans l’océan des mots, il y a « énergie » qui s'applique à des processus divers. La  majeure partie de l'énergie interne des objets ordinaires  — c'est-à-dire la masse au repos — est emmagasinée dans le labyrinthe des particules de protons et de neutrons.

Il y a aussi l’énergie sombre, autrement nommée l’énergie du vide, que la néophyte a du mal à intégrer dans la figure de l’Acrobate. Élevée jusqu'à sa poitrine, elle est l'essence cachée qui, avec l’existence, est précédée par la liberté qui découle du néant. L’espace qui occupe le ventre de l’Acrobate y suggère l'existence implicite d’une énergie sombre de densité remarquablement faible.

L'Acrobate et la néophyte

 

Attaché par des cordes, comme un boulet par des chaînes, l’Acrobate retient son ballon rouge d'énergie sombre en attendant de décider autrement. La néophyte est pleinement consciente de la valeur insignifiante et pourtant lourde de conséquences que ce ballon d'énergie sombre fait peser sur le corps de l’Acrobate en équilibre. Si le rapport entre visible et invisible est régi par l’énergie sombre, comment cela affecte-t-il la disposition de ses bulles ?

Le ballon rouge

Le ballon rouge

 

Les mots ne témoignent pas seulement de l’évolution de la conscience, ils entérinent une réalité. L’ Acrobate creuse sous la surface du tout et du rien et se demande si les profondeurs des océans recèlent la clé du mystère. « sous la surface » évoque ce que poètes, peintres et compositeurs décrivent avec des vers, pinceaux et notes de musique. A chaque élan d'inspiration, la lettre surgit. Si on le leur demandait, ils diraient que l’intangible ne se limite pas aux rêves et probabilités, mais embrasse les couches pluridimensionnelles du multivers.

Les signaux révèlent, en chœur ou en solo, les mouvements d’objets bourdonnants. Des entités comparables à des abeilles collectent, transportent des informations codées par les champs magnétiques et les ondes gravitationnelles. Des particules semblables à du pollen semblent voler et bondir d'un corps céleste à l'autre. Les formes des nébuleuses et des rémanents de supernova rivalisent avec celles des méduses et des calmars translucides.

L’Acrobate erre à la surface de la Terre. Il croise un rêveur, Gustave Flaubert, qui se reconnaît dans le petit Acrobate. Côte à côte, ils avancent comme deux canards glissant sur l’eau. Gustave lui confie avant de disparaît à l’horizon :

« Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l’air, un livre qui n’aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut. Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière. Plus l'expression se rapproche de la pensée, plus le mot colle dessus et disparaît, plus c’est beau. Je crois que l'avenir de l’art est dans ces voies… »

Suivant les conseils de Gustave, la néophyte aide l’Acrobate à rédiger les pages d’un récit illustré des portraits des objets fantômnaux et entités spectrales rencontrées. L’Acrobate ne reste jamais longtemps au même endroit et observe les oiseaux migrateurs parmi lesquels, en amont, la grande aigrette pêche, solitaire, dans la boue du ruisseau. Sûrement le temps doit paraitre différent pour cet oiseau impassible qui patauge dans les eaux peu profondes. Même son immobilité et son vol silencieux transmettent un message.

Au sol, les troncs abattus et les branches dénudées ressemblent à un cimetière d’éléphants. En aval, d'autres grandes aigrettes ont trouvé refuge sur une autre île au large des côtes, tandis que des aigles glapissent et volent au-dessus du fleuve. Face à leurs cris répond le silence de la grande aigrette qui s'envole gracieusement au-dessus de l’eau.

Le fleuve se jette dans le vaste océan où les otaries soufflent des bulles, les dauphins sifflent et les raies volent sous l’eau. Ils manifestent la même liberté d’expression que le jeune Acrobate. L'être « est libre parce qu’il n’est pas soi mais présence à soi».

Un crabe naufragé sur un débris flottant attend de sauter sur le dos d’une tortue de passage. Le temps semble également différent pour le patient petit crabe. Assurément, il l’est aussi pour une cellule ou une minuscule méduse dont les contours rappellent ceux des nuages de gaz cosmique. 

Une étrange baudroie, munie d'appendices ressemblant à des pattes, utilise sa propre canne à pêche naturelle. Le temps certainement s'écoule tout aussi différemment pour cette créature des abysses, immobile, qui ne compte que sur son leurre pour attraper ses victimes. Les cheminées hydrothermales dont les formes rappellent celles des piliers de gaz abritent des êtres transitionnels.

Si tous ceux rencontrés pouvaient se confier, ils diraient sans doute que l'expérience du temps est subjective. Postures, gestes et sons émis traduisent l'expression de leur être. L'Acrobate espère apprendre de ces créatures qui se nourrissent de leur corps et de celles qui se régénèrent la nature du temps. 

Empruntant des chemins de traverse, la néophyte ne fait plus de distinction entre les profondes fissures du Grand Canyon et celles gravées dans sa mémoire des chutes Victoria dont les eaux continuent de retentir à son oreille. Des collines de Poughkeepsie aux rivages de Nantucket, elle comprend ce que le petit Acrobate entend par  « profond sentiment d'appartenance ».

« Non, » avait dit-il,  « l’information n’est pas le lien unique entre la Conscience et l’Univers. Leur relation transcende les objets et les êtres. Elle témoigne d’une appartenance à un multivers de ressentis et rappelle l'élan de sympathie tel que défini par Johannes Kepler. »

Ressentir, c’est faire sienne l’influence d’éléments devenus composants de la constitution interne d’objets bien réels lors de processus d’appropriation successifs au gré  des différences événementielles en termes de nature, configuration et mouvement. Le hasard objectif s’affirme en tant que critère d'extension des propriétés fondamentales de liberté, d'essence et d’existence. Tout n'est pas une création de l'esprit humain, avait dit l'esprit du Temps. Il y a une vérité holistique, indépendante de tout le reste. 

L'Acrobate et la néophyte

L’Acrobate espère mettre de l'ordre dans sa tête. Trois points rouges s’y invitent, comme si des yeux et une bouche avaient poussé à l’improviste. L’Acrobate les nomme LBCA, LACA et LUCA, autrement dit le Dernier Ancêtre Commun Universel (LUCA), le Dernier Ancêtre Commun Bactérien (LBCA) et le Dernier Ancêtre Commun Archéen (LACA). LUCA, pour lequel, sans nul doute, le temps passe différemment, est un anaérobie thermophile de 4,2 milliards d'années. Il prospérait dans une source hydrothermale peu profonde que le petit Acrobate avait exploré. Il s’était accroché à lui comme un crabe à une tortue de passage.

Les trois points rouges

Les trois points rouges

 

LUCA avait fait passer le mot à ses plus proches parents, LBCA et LACA. Eux aussi sont arrivés, ravis de se retrouver sur la tête de l'Acrobate. Une série d'échanges se développent entre eux et leur hôte. Grâce à ses nouveaux appendices qui lui servent de canaux d’expression, l'Acrobate est sensible aux ressentis d’une communauté de formes universelles. Doté de sa nouvelle bouche, il balbutie d’un ton encore incertain  :

« Il n'y a pas de je dans le je mais un nous, qu’il soit génétique, ancestral, spirituel ou de proximité. Le je, aussi imposant soit-il, n’effacera jamais la présence de tout ce qui a été, est et sera. »

Submergé par un casse-tête de théories, il tente de s’extirper du piège des particules et des champs entrelacés. Ses bulles se détachent les unes des autres et déambulent sur le chemin menant aux cercles de danse. Sa tête qui roule au sortir du sommeil jure avoir rêvé de ce qu'est l'Univers dans sa forme la plus simple. Sur le point d’articuler une théorie pré-quantique qui fait que le vide quantique libère une énergie qu'il ne semble pas pourtant posséder, l'image se fige. Il reste sans mot.

Les rôles s'inversent. La néophyte aspire à comprendre et explorer tandis que l’Acrobate fuit jusqu'à sa propre évanescence. Son âme désincarnée regarde s'éloigner ses parties dispersées. Sa tête perdue dans le néant se tient droite comme posée sur des épaules inexistantes. Il regrette la perte de ses membres.Chaque partie, à vrai dire, a sa raison d'être. Fort d’une confiance décuplée, elles réapparaissent comme des pommes sur l'arbre à pin. Il retrouve sa forme complète et agite joyeusement ses pieds, l’un ancré dans la lumière, les sons et l'eau, et l’autre montant et descendant les échelons de la conscience. 

Les objets et entités sont-ils mus ou naviguent-ils de leur propre chef ? Ses parties lui disent à l'unisson : « Non, petit Acrobate. Le temps invite au mouvement, et le mouvement est une forme d'expression. A la frontière entre l'être et le non-être, le mouvement n'est pas conscrit à  la paume de ta main-bulle — distance, masse et force électrique — et la communication qui rassemble les données d’information dans le temps et l’espace ne concerne pas seulement la bulle d'entropie, énergie et information. Nous venons de te prouver le contraire. »

L'Acrobate est pris de court par le comportement velléitaire de ses parties. La communication approfondit la perception à distance et établit une relation avec ce quelque chose qui est autre, y compris ce qui vient d’un au-delà, nourri par une force extérieure à lui-même, tapi dans les confins du multivers, où l'organisme universel planifie en coulisses dans le néant rhizomatique d'où émerge le hasard objectif.

Il déclare : « Le long des sentiers, mes yeux, LBCA et LACA, ont observé canards et cormorans dans la rivière, vaches, chevaux et alpagas dans les champs, mouettes et aigrettes au bord de l’eau, aigles et balbuzards pêcheurs perchés sur la cime des arbres. Tout est évidence du principe fondamental de mouvement et de communication. »

Ses passagers clandestins, quant à eux, savent trop bien la réalité de leur propre évolution. Fenêtres sur le passé, ils se lamentent : « Nous sommes les reliques d'une ère révolue, le reflet dans le miroir des points rouges de l’univers observable, de monstres à l'apparence excentrique en V comme deux lignes qui rejoignent  les yeux à la bouche. Le problème avec  la conscience, c'est que le prix à payer est  l’angoisse existentielle. »

Les mots tombent comme des flocons sur la surface de la Terre, pareils à des gazouillis, des craquements sur le sol. L’Acrobate entraîne ses parties avec lui et poursuit son exploration avec une carte en main menant aux champs ouverts et lacs-miroirs. Tout bien considéré, il ne veut pas être humain ni une autre forme animée que la sienne. Il choisit d’être ce qu’il est. Il se meut avec une aisance de mouvement comparable à la grande aigrette au-delà des amas de galaxies aux confins du multivers.

Barfield, O. (1926). History in English Words. United Kingdom: Methuen & Company Limited

Gustave Flaubert, Correspondance, 1850-1854

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