les deux infinis

Le flot des ondes

Publié le par Ysia

 

La conscience universelle s'élargit comme un fleuve engorgé des consciences individuelles, en amont duquel paroles et écrits sont jetés dans le courant, que ratrappent au passage philosophes et physiciens du temps présent. La voie est le flot de l’espace invisible,  le mouvement qui a précédé l'émergence des choses, l’espace vide qui contient une immense énergie. Et dans le flot de l’espace et du temps circulent les ondes qui viennent se jeter sur les rives de la Terre,  les ondes qui oscillent dans le vent imperceptible lancées par le soleil à l’assaut de l'héliosphère, les ondes qui gardent l'entrée de la forteresse magnétique de la Terre et les ondes gravitationnelles comme des cercles sur la surface de l’eau. II y a le flot des choses et les choses qui composent ce flot. La conscience est un fleuve dans lequel l’univers répand des ondes de lumière et de son entrelacé(e)s.  

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Concepts

Publié le par Ysia

Le problème avec la conscience est notre incapacité, dans l’état actuel de nos connaissances, de pouvoir indubitablement et totalement tester ses propriétés et son champ d’activité en dépit des recherches innovatrices entamées sur plusieurs fronts notamment par Gregory Matloff, Franco Vazza,  Francesco Izzo et bien d’autres.

Christopher Tyler affirme que ce que l’on nomme probabilité en mécanique quantique ne concerne pas une situation physique mais un concept opérationnel formé par un esprit conscient,  une représentation philosophique distincte d’une énergie physique et qu’en tant que telle elle a la capacité de se manifester dans la réalité sous le regard de celui qui l’observe à moins qu’elle demeure non corroborée et par là même insubstantielle. En tant que telle, elle obéit au principe de superposition des états et de leur effondrement.  Toute probabilité est une potentialité dans les faits ou dans la matière déterminée par l’observateur individuel ou par consensus. Si c’est le sens commun qui prime au-delà de la subjectivité individuelle, il ne s’agit pas de la constatation objective d’une conscience individuelle ou collective mais de conventions établies et d’aprioris. Bien que l’acte de conscience se vive individuellement, c’est dans la conscience collective qu’elle puise son ressenti. Il appartient de mesurer objectivement la portée de la conscience individuelle et sa relation avec une hypothétique conscience universelle.

S’il est simple de parler en termes généraux du système unitaire qu’est l’univers, c’est dans les détails, dans la complexité des interactions compartimentées dans une infinité de structures et à des niveaux spatio-temporels  illimités que se situe la difficulté de son observation. Le poète se sert de la clarté des mots et du langage des images comme bâton de pèlerin dans sa prise de conscience. L’expansion de l’univers est concomitante à l’accroissement de sa  complexité. La complexité des systèmes écologiques et du processus d’évolution des espèces participe de l’entrecroisement de réseaux de communautés d’espèces variées qui tendent à l’instabilité. L’être vivant est lui-même un système hautement structuré qui se maintient et se reproduit  par le biais d’une pléthore d’activités visant à l’auto-organisation, propriété innée des systèmes complexes. En 1991, Stuart Kauffman écrivait qu’il n’y avait pas de consensus quant à la définition de la complexité.  Pourtant quand on parle d’incompressible complexité, il me semble que c’est du passé dont il s’agit et de la construction évolutive du futur.

Quand on parle de la complexité biologique au bord du chaos, cela signifie que le chaos fait partie intégrante du comportement des systèmes complexes. Entre chaos et antichaos, le processus de complexification engendre des états critiques desquels surgissent des processus de renormalisation caractérisés par des aspects simples et réductifs dans des cadres spatio-temporels en mouvement. Du fait d’un principe d’universalité en mécanique statistique, des systèmes très différents qui partagent certaines caractéristiques fondamentales se comportent de la même façon lorsqu’ils sont proches de la zone critique de transition. La criticalité/criticité auto-organisée caractérise les systèmes complexes, formés de nombreux éléments en interaction, qui évoluent vers le seuil critique. De ces systèmes complexes émerge une dynamique nouvelle qui ne découle pas nécessairement des propriétés de leurs éléments constitutifs. Une conséquence particulièrement importante du point critique est le découplage entre processus micro- et macro-évolutionnaires.

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Prélude dans la prison cosmique

Publié le par Ysia

L’écriture est un cheminement irrépressible et fragmenté dont la finalité est un mystère. Au cœur de la prison cosmique évolue la Terre autour du Soleil, peuplée de milliards d’êtres et de leur moi intérieur. A chaque instant, le moi s’agite et se déguise sous un habit social ou conceptuel, primitif ou narratif, autobiographique ou écologique.  Le soi individuel est intrinsèquement lié au corps, peu importe les masques qu’il porte en société, avec l’autre ou avec lui-même dans l’espace-temps, emprisonné. Je ne suis pas sûre qu’il faille étiqueter le soi.  Ce que je sais, c’est que, dissocié de mon être profond, mon moi rationnel apparaît tour à tour avec mon moi émotionnel dans une valse étourdissante et rarement avec mon moi spirituel qui recherche en arrière-plan les fils d’une vérité que mes mains ne peuvent rattraper jusqu’au bout du chemin… Ce que je sais, c’est que le soi se dépersonnalise pour se reconstruire à chaque étape d’une évolution personnelle irréversible lors de laquelle il redéfinit ses croyances et concepts dans une quête perpétuelle  d’ordre au bord du chaos, d’une nouvelle autoreprésentation de lui-même.

Il me semble qu’une structure fractale a pour raison d’être la libre circulation de l’information et s’il faut considérer l’univers comme un tout, habité d’étoiles moléculaires, peut-on parler de la conscience comme d’une forme d’énergie apte à se structurer en une série de niveaux auto-organisés dont les principes opérationnels ne découlent pas des niveaux précédents mais émerge de la criticalité/criticité auto-organisée de structures indépendantes de l’échelle universelle ?

Les fractales, phénomènes qui présentent une invariance d’échelle, sont nommées autosimilaires, c’est-à-dire qu’une modification dans l’échelle de mesure n’a aucun impact sur le comportement statistique observé. L’autosimilarité est une caractéristique essentielle de l’état critique.  En physique, les structures fractales émergent au voisinage de certaines phases de transition ponctuelles. Parce que les fractales impliquent des corrélations sur le long terme, elles reflètent fondamentalement comment les organismes vivants s’organisent et comment ils évoluent dans le temps.  Les structures autosimilaires existent à des niveaux divers en biologie et se manifestent aussi sous la forme de séries temporelles telles que les battements du cœur. La conscience, fractale temporelle, fait écho aux battements du cœur. L’univers s’adapte à la complexité de l’espace-temps et tend alternativement vers l’ordre et le chaos dans un cycle ouvert ou fermé.

La physiologie fractale, qui décrit des phénomènes de la vie organique, s’applique-t-elle aussi bien à la constitution des êtres vivants qu’à l’architecture moléculaire des étoiles froides de l’univers ? Le tissu moléculaire d’une étoile donne la preuve de l’émergence de structures auto-organisées et dépendantes de l’échelle considérée. S’il faut parler d’une conscience à l’échelle stellaire ou à l’échelle humaine, étudier comment le flux d’information traverse l’espace et le temps qu’il s’agisse de trous noirs, de jeunes étoiles de la Voie Lactée, des réseaux galactiques ou des réseaux neuronaux est la voie à suivre. Le poète, qui franchit le seuil de territoires inexplorés, tâtonne et trébuche et se laisse à rêver impatient que c’est à la frontière entre la physique quantique et la physique classique que voyage la conscience en apparence freinée dans ses mouvements à chaque échelon de l’échelle de grandeur et c’est par l’effondrement à l’échelle de Planck des espaces-temps superposés qu’elle se hisse d’un niveau à l’autre.

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Le panpsychisme peut-il devenir une science observationnelle ?

Publié le par Ysia

C’est le titre d’une étude publiée en août 2016 dont l’auteur est Gregory L. Matloff du département de physique du Collège de technologie de la ville de New York.  A la suite des travaux sur la conscience quantique réalisés par Evan Harris Walker, Gregory Matloff voulait examiner les théories d’Olaf Stapeldon, auteur de Star Maker, selon lesquelles l’univers est conscient et les mouvements des étoiles sont en partie « intentionnels ».

La conscience telle qu’elle se manifeste à travers les synapses neuronales s’expliquerait dans le cadre de la mécanique quantique au niveau des microtubules. La question demeure : L’absence de synapses et neurones exclut-elle toute autre forme de conscience ? Ou la conscience se joue-t-elle à un autre niveau, peut-être moléculaire ?

L’évolution décrit une représentation à  long terme du temps,  un tableau macroscopique de l’univers dans le cadre duquel la biologie, par son étude de la croissance dans l’espace de toute forme de vie, offre un regard microscopique du monde.

Il y a deux systèmes de pensée : l’un est l’épiphénoménisme qui soutient que les pensées et l’activité mentale sont dues à des propriétés physiques. La conscience émergerait chez les êtres humains et les animaux d’intelligence supérieure de par la complexité des réseaux neuronaux. L’autre est le panpsychisme qu’ont décrit David Chalmers et Thomas Nagel. Freeman Dyson notamment a imaginé trois niveaux de conscience : au niveau quantique des particules élémentaires, au niveau humain et au niveau cosmologique. C’est sur ce dernier niveau que Gregory Matloff a concentré ses efforts avec sa théorie d’une conscience stellaire. Il n’est pas absurde, déclare-t-il,  que des fluctuations quantiques du vide puissent jouer un rôle dans le phénomène de la conscience au niveau stellaire voire universel.

Il s’est attaché dans un premier temps à déterminer quelles étoiles se composent de molécules et à quel niveau ces molécules se situent. Sur la base des diagrammes de Hertzsprung-Russell et de l’indice de couleur B-V, les étoiles sont classées par ordre de luminosité et en fonction de leur température avec, parmi les plus intenses, les supergéantes, les géantes, les naines de la séquence principale et les naines blanches.

L’anomalie constatée dans la vitesse de mouvement de certaines étoiles éloignées du centre galactique qui circulent plus rapidement que celles plus proches du centre a attiré l’attention des chercheurs. La différence de vitesse que l’on appelle la discontinuité de Parenago se reflète dans la distribution thermique stellaire. Une raison avancée serait la présence de la matière noire. Mais ni les objets compacts et sombres dans le halo galactique (MACHO) ni les particules massives interagissant faiblement (WIMPS) ne sont des hypothèses viables  selon Matloff qui  leur préfère une nouvelle théorie : une conscience qui se manifesterait au niveau moléculaire grâce à l’effet Casimir dû aux fluctuations quantiques du vide, ce qui expliquerait la discontinuité de Parenago.

Des molécules stables se situent au-dessus de la photosphère et en-dessous de la chromosphère. L’hypothèse avancée à l’origine par Erich Jantsch a été confirmée avec la détection de molécules dans les couches supérieures des étoiles dites froides. Gregory Matloff propose que la différence de vélocité de mouvement entre les étoiles froides composées de molécules et les étoiles chaudes qui en sont dépourvues est liée à la biologie moléculaire de l’accès à la conscience et à l’intentionnalité démontrée par les étoiles qui possèdent des molécules. On a détecté  des molécules en étudiant le spectre du soleil, une étoile naine, et ses taches. Des molécules simples se trouvent aussi dans les étoiles de type spectral G et K,  les étoiles moins chaudes ayant une signature moléculaire plus complexe.

Les étoiles n’ont ni neurones ni tubules mais on a observé que certaines étoiles jeunes  émettent un jet matériel stellaire unidirectionnel ou unipolaire durant les premiers milliards d’années de vie. Grâce aux moyens dont dispose ESA, l’Agence spatiale européenne notamment, avec le satellite Hipparcos, la première mission européenne à avoir identifié plus de 100 000 étoiles, et son successeur Gaia lancé en 2013 pour déterminer la position de plus d’un milliard d’étoiles dans la Voie Lactée, qui sera en mesure de tracer une carte tridimensionnelle de notre galaxie, on attend de pouvoir établir que ce comportement est lié à la température et à la distance du centre galactique. Avec Gaia, il sera possible après avoir passé en revue les données reçues de vérifier si la discontinuité de Parenago est un phénomène qui s’applique à l’ensemble de la galaxie. Les télescopes sur terre ou dans l’espace seront également à même de détecter ce phénomène dans les autres galaxies.

Des questions restent donc en suspens : Y a-t-il une corrélation entre la distance d’une jeune étoile au centre galactique et son intensité et/ou sa direction ? Quelle est la durée de ce jet matériel ? Pourra-t-on confirmer la détection de molécules dans les étoiles plus froides que celles de type spectral F8 ?

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Réalité et vérité

Publié le par Ysia

Let me ride the dragon of my dreams to the end of time until my sanity disappears

Une frontière intangible sépare la réalité de la vérité. C’est dans un processus long et complexe qui conduit à la découverte de réalités nouvelles qu’un dialogue de sourds oppose vérités et contre-vérités. Et c’est sur ce terrain mouvant que s’aventurent les dompteurs de l’imaginaire.

Langage immatériel, poésie innée. La ronde des mots fait écho aux mouvements de danse et de musique, qu’inspire la nature dans une communion des êtres. Ce que l'on appelle la musique ou la production d’un ensemble de sons plus ou moins sophistiqués agit comme un écran sur lequel chacun projette le film de ses émotions, déclic d’un langage intérieur. 

La clef des mots ouvre la serrure des pensées et des perceptions. Mark Vernon allègue que l’origine du langage ne saurait être ni utilitaire ni matérialiste et que les mots ont une âme parce que la nature en est elle aussi dotée.

Sur la question des mots qui se bousculent dans l’enclos de l’esprit,  Philip Jaekl nous informe que des études sont en cours : des chercheurs scannent les régions du cerveau qui seraient liées à notre petite voix intérieure ; d’autres étudient les liens entre dialogue intérieur et expression orale. D’après Lev Vygotski (1896-1934), ce dialogue intérieur est la prolongation naturelle du monologue dans lequel s’engage l’enfant entre 2 et 8 ans et avant lequel  il n’y avait ni mémoire, ni voix intérieure. Grâce aux procédés d’échantillonnage de l’expérience individuelle développés par Russell Hurlburt, il transparaît qu’une communication intérieure prend place en moyenne un quart du temps sous une forme soit sensorielle, auditive, visuelle, émotionnelle ou même d’une manière insensible et imperceptible, comme si l’internalisation du dialogue se faisait à différents niveaux physiques et mentaux.

 Il apparaît aussi que voix intérieure et expression orale entrent en concurrence dans la conquête de notre attention. Et le poète de demander : Si nous sommes des holobiontes sur un plan écologique ou évolutionnaire,  une accumulation de cellules,  bactéries, gènes et particules élémentaires, à quel niveau rôde la conscience ?

Si les neurones meurent cinq minutes après que  le cœur se soit arrêté, la conscience individuelle s’échappe-t-elle pour retourner dans le giron de la conscience universelle dans une enveloppe quantique restituée ? Les trajectoires de milliards et milliards d’atomes dans le cerveau forment une tapisserie dédaléenne, dont les fils entrelacés du temps et de l’espace représentent la collecte et le traitement des données desquelles surgit et se nourrit la conscience individuelle.

L’astrophysicien Franco Vazza et le neuroscientifique Francesco Izzo ont tenté une étude comparative entre réseaux galactiques et réseaux neuronaux sur la base de simulations numériques, des données collectées à l’aide de télescopes et de microscopes électroniques ainsi que des techniques telles que l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle et l’immunohistochimie. Les résultats préliminaires tendent à montrer que le réseau neuronal humain et la toile cosmique des galaxies sont du point de vue de la théorie d’information remarquablement similaires. Les deux chercheurs ont constaté que le nombre total de neurones  dans le cerveau humain est approximativement  le même que celui des galaxies de l’univers observable. Une analyse statistique a montré des similarités quantitatives entre la distribution de la matière dans le cosmos et la distribution des corps neuronaux dans le cervelet. Les variations structurales présentent une distribution comparable. La morphologie du cortex est aussi similaire à celle des galaxies. Toutefois les réseaux complexes du cosmos et du cerveau humain ne ressemblent pas à des constructions fractales à l’image des branches d’un arbre mais s’auto-organisent dans les limites imposées par leurs échelles de grandeur respectives.

Mais si réseaux galactiques et réseaux neuronaux n’ont pas un comportement fractal,  est-il correct d’affirmer que la conscience est une fractale temporelle ?

On attend de pouvoir créer un modèle qui permettra d’observer comment le flux d’information traverse l’espace et le temps dans les deux systèmes. Mais le temps est-il fondamental dans l’agencement de l’univers ou n’est-il qu’une propriété physique sans signification à l’échelle de Planck, qu’il sera un jour possible de débusquer ?

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L'univers et la conscience

Publié le par Ysia

Comment ne pas demander avec des mots sans demander l’indicible ?
...問。不問有言。不問無言。

La passe sans porte 無門關 (Ysia)

L’univers est une poésie et l'humanité, une forêt de cerveaux ambulants. Contempler la conscience et l’univers sans le fardeau conceptuel accumulé ni les présomptions amassées en chemin.

Le séquoia géant dont le plus ancien est le séquoia grizzli de 2 900 ans peut continuer de croître jusqu’à 3 200 ans et atteindre une hauteur de plus de 90 mètres mais il n’est pas aussi haut que le séquoia sempervirent qui borde la côte californienne jusqu’en Oregon.  Les ancêtres du sequoia sempervirent font partie des espèces d’arbres les plus anciennes de la planète. Des fossiles de leurs graines ont été découvertes en Europe et datent de plus de 200 millions d’années. Le séquoia sempervirent a survécu à une météore qui s’est écrasée dans la péninsule du Yucatán il y a 66 millions d’années, causant des tsunamis et exterminant des espèces entières comme le dinosaure.

Aujourd’hui ils sont tous deux menacés par le changement climatique et la pollution. La diminution du manteau neigeux du massif montagneux de la Sierra Nevada menace les eaux souterraines qui pourvoient en eau les séquoias géants. On a constaté que les séquoias sempervirents présentent, comme les êtres humains, une grande diversité génétique. Certains poussent plus vite que d’autres. Certains supportent la sécheresse mieux que d’autres. La population des séquoias sempervirents de la côte sud est génétiquement distincte de la population d’arbres au nord. Pour restaurer la diversité génétique des forêts, l’organisation Save the Redwoods  a lancé le Projet de séquençage de génome des séquoias sempervirents ainsi que des séquoias géants, qui devrait prendre cinq ans pour arriver à terme.

La structure du cerveau est unique à chaque être de par le tracé des sillons et arêtes dans la zone corticale,  le nombre de neurones dans les couches du cortex ou des régions sous-corticales, les connexions entre les neurones et la force de connectivité du réseau cérébral. L’être humain doté d’un réceptacle conceptuel unique est-il à même de maîtriser sa vie émotionnelle ?

Le cerveau contient un nombre astronomique de neurones, de l’ordre de cent milliards, connectés les uns aux autres par dix mille synapses.  Chaque signal neuroélectrique résulte d’un flux d’ions qui, en entrant et sortant des cellules, créent d’infimes ricochets qui se propagent indépendamment des neurones, A chaque signal,  un flot chimique minuscule stimule ou réprime les cellules du cerveau. 

 Comment une entité purement physique, intégrée conceptuellement et causalement dans le monde naturel, s’érige-t-elle en lien entre ce qui est et ce qui n’est pas ? Concepts, mots et émotions s’enchaînent les uns aux autres. Subsumées sous les concepts, les émotions portent des étiquettes. Si un mot dans une langue est intraduisible dans une autre, faut-il en conclure que l’émotion est absente ? Mais le mot n’est pas la chose. Chaque culture a son lot d’émotions sociales. Chaque être au sein d’une communauté  fait l’expérience de ses propres émotions. Une émotion s’apprend, se nourrit, se contrôle puis retourne dans un subconscient lourd d'expériences physiques et psychiques.

Chaque être humain construit l’environnement dans lequel il vit en vertu des données sensorielles que le cerveau aura sélectionnées à partir du monde physique. Ces « entrées » sont converties en concepts que le cerveau identifie et  classe en catégories. Le son, par exemple,  est une expérience construite par l’interaction entre le monde, le corps et le cerveau. Le corps perçoit le moindre changement dans la pression de l’air et le cerveau  lui donne un sens. Du changement dans la pression de l’air sont créés les sons et des longueurs d’onde de lumière sont créées les couleurs.

L’humeur faite d’émotions primaires - d’instincts et de pulsions -  sur lesquelles se greffent les émotions sociales, est tributaire du bien-être physique. Une étude a en effet montré que même les bactéries dans nos intestins ont un impact sur notre état émotionnel.

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Mars

Publié le par Ysia

Mais d’où vient le limon rouge sur la surface de Mars ?

Au moment où la première cellule apparaissait  il y  a quelque trois milliards huit cent millions d’années sur Terre, nous savons grâce à la sonde spatiale Curiosity rover qu’un lac remplissait le cratère Gale sur Mars. Il y a 4 milliards d’années, Vénus avait, elle aussi, un océan.  A la même période, les trois planètes voisines étaient donc potentiellement porteuses de vie.

Bien que les « canaux martiens » aient captivé l’imagination depuis la fin du XIXème siècle, les vingt photographies prises à un kilomètre de distance par la sonde spatiale Mariner 4 lors de son survol en 1965 ont permis de conclure que Mars était probablement une planète morte inhabitée.  

C’est la découverte à l’été 1996  de possibles traces biologiques sur une météorite martienne de plus de 3,5 milliards d’années qui provoqua un regain d’intérêt. La sonde Curiosity Rover lancée en 2011 a atterri en août 2012 dans le cratère Gale, pris cent photographies par jour,  parcouru 20 km depuis son atterrissage,  à raison de 200 mètres par jour martien, et commencé son ascension du mont Sharp haut de 5 km. Le robot détective nommé SAM est un laboratoire miniature qui analyse les roches et autres échantillons de poussière et de gaz dans l’atmosphère dans le but d’identifier les molécules et de déterminer les isotopes. La prochaine étape sera l’étude des couches d’argile propre à une meilleure conservation des fossiles.

L’histoire de la planète est écrite dans le sol et les roches dont la formation, la structure et la composition chimique nous apprennent davantage sur le climat et la géologie de Mars et tentent de répondre à la question essentielle de savoir si la vie microbienne y a jamais existé.

Non seulement l’eau coulait sur Mars il y a plus de 3,5 milliards d’années, mais la planète possédait aussi un champ magnétique et une couche d’atmosphère plus dense qu’aujourd’hui. Mars a effectivement perdu 85 à 95% de son atmosphère dans l’espace et continue de la perdre. Elle possède aussi des volcans , dont l’un est trois fois plus élevé que le mont Everest et des tempêtes de poussière rythment les saisons.

Recouverte d’une couche de poussière rouge, la terre est pourtant grise et présente différentes couches de sédiments. La NASA prépare une nouvelle mission Mars 2020 afin de poursuivre une exploration plus approfondie.

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La chimère du bohème

Publié le par Ysia

L’absence de preuve n’est pas preuve d’absence. Il ne reste que la foi aveugle ou la confiance raisonnée en l’avenir.

Dans quelle mesure notre expérience quotidienne est-elle influencée par les mécanismes psychiques inconscients ? Comment l’impulsion surgit-elle dans la sphère de la conscience ? C’est au fil d’un processus phylogénétique que les circuits défensifs de survie sont devenus opérationnels. Les fonctions instinctives, reliquat du cerveau reptilien, luttent contre les facultés transcendantes de l’esprit.

Le cerveau prédit, il ne réagit pas. Face à l’observé,  l’observant fait ressurgir un message, reflet de sa mémoire biologique ou historique,  qui le pousse à un dialogue intérieur.  Vulnérable au temps qui passe et aux passions qui la colorent,  la mémoire reconstruit la réalité. Quand un souvenir réapparait à la surface, sa narration s’altère avant de sombrer une fois de plus dans le chaos mnémonique du subconscient. Notre réaction face à une situation résulte du souvenir d’expériences passées, gravé dans notre mémoire ou dans notre ADN. Le système mnémonique humain commande à nos facultés réceptrices et émotionnelles notre réponse à l’environnement.

A travers l’écran des mathématiques, l’observant voit l’observé. Les mathématiques sont ancrées dans l’architecture de l’univers dont l’être humain est une expression. Sont-elles un moyen fiable ou un produit de l’imagination ? La fonction d’onde est représentative de la réalité physique.  Le champ quantique tisse la toile de l’univers.  Si l’univers semble être régi par les mathématiques, c’est parce qu’il est informatique.  L'informatique se définit comme la science du traitement rationnel de l'information des données transmises par des systèmes et réseaux formés d’une série d’entités biologiques, physiques, électroniques, …  infiniment variées. C’est cela les deux infinis que traversent de multiples niveaux de conscience...

Il y a la conscience de notre système solaire dans lequel Pluton offre un paysage de montagnes de 3 à 4 km de haut et de cratères de glace de 100 km de circonférence qui datent de pas plus de 100 millions d’années.

Il y a la conscience de notre galaxie vieille de 13 milliards d’années, dont la plupart des étoiles qui la composent sont plus anciennes que le soleil. On peut en déduire que, sur les quelques milliards de planètes potentiellement habitables de la voie lactée, si la vie existe, elle a atteint un niveau plus complexe que sur notre planète étant donné qu’elle a eu plus de temps pour évoluer. L'avancement des civilisations se heurte-t-il de manière universelle à un seuil technologique limité par notre propension à l’autodestruction à l’image de l’Homo sapiens sur Terre ? Ne reste-t-il plus sur les sœurs aînées de la Terre que des intelligences artificielles, des superordinateurs laissés à eux-mêmes ou des êtres hybrides qui auront survécu l’annihilation totale des biosphères et qui continueront leur propre évolution vers des formes plus complexes ?

Et puis il y a la conscience de l’univers avec l’étoile de Tabby et la masse de poussière qui crée des fluctuations dans sa luminosité.

Cette conscience de l’univers a permis la mise en train du projet Planet hunters qui dépend de l’enthousiasme de bénévoles pour décrypter les données et de l’ initiative Breakthrough Listen qui passera en revue le million d’étoiles les plus proches du soleil et les cent galaxies les plus rapprochées de la voie lactée à la recherche de signaux radios et optiques.

Plus près de nous, il y a la conscience de la vie microbienne sur Mars ou de la vie sur Titan, un satellite de Saturne, qui ressemble à ce qu’était la Terre il y a 2 milliards d’années c’est-à-dire quand les plantes avaient déjà intégré la capacité de photosynthèse. En l’occurrence sur Titan, les plantes régénèrent le méthane tout comme  les plantes régénèrent l’oxygène sur Terre !

Il nous appartient dans notre exploration de l’univers de limiter  l’impact de notre empreinte sur les formes de vie naissantes.

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Les deux infinis

Publié le par Ysia

Alors que s’émiette notre expertise en un nombre croissant de divisions, les enclaves créées augmentent la difficulté de se former une vue d’ensemble de la nature. Est-elle numérique, analogique ou hybride ? Certains pourtant affirment que la séparation entre les sciences s’effondre, que la nature ne reconnaît plus les frontières disciplinaires et qu’à mesure que s’approfondit notre compréhension, nous voyons plus clairement ce que ces branches traditionnelles distinctes des sciences ont en commun.

Dans l’univers peut-être hypersphérique, hyperbolique ou espace dodécaédrique de Poincaré,   le vide quantique agit comme un superfluide. L’espace-temps apprend à la matière à se mouvoir; la matière dicte la courbe de l’espace-temps.

Dans l’univers de l’infiniment grand, il y a un trou noir gigantesque, Sagittaire A* d’une masse quatre millions de fois celle du Soleil au centre de notre galaxie. Des trous noirs similaires semblent exister au centre de la plupart des galaxies, dont certains ont une masse des milliards de fois celle du soleil. Le réseau de télescopes radio  Event Horizon Telescope établi à l’échelle planétaire tentera de  brosser un tableau de notre centre galactique.
 

En outre, nous savons aussi que le monde de Pluton est dynamique, c’est-à-dire qu’une activité interne semble l’animer qui continue de modeler sa surface. Le jour de l’an 2019, la mission New Horizons passera près d’un astéroïde de glace et sera en mesure de nous faire découvrir l’univers au-delà. Où mieux chercher la matière évanescente que là où règne l’obscurité ?

La part du budget fédéral alloué à NASA reste de l’ordre de 0,5 voire 0,4% comparativement à un niveau record de 4% en 1965. Espérons que les prochains grands rendez-vous de la conquête spatiale aiguiseront l’enthousiasme du public et des gouvernants !

Dans l’univers de l’infiniment petit,  la réalité est un écran d’information traitée par un tissu cellulaire automate qui opère à l’échelle de Planck.  

La physique traite des propriétés fondamentales de la matière et de l’énergie et comment elles interagissent entre elles. La chimie s’interroge sur la façon dont les atomes s’assemblent  pour former des molécules plus complexes et les effets que cela entraîne sur les substances qui en résultent. Ce que la physique et la chimie ont toutes les deux en commun, c’est qu’elles étudient la matière inanimée.

La biologie étudie les organismes vivants. Le principe de survie du plus fort découle-t-il comme la chimie des règles fondamentales de la physique quantique ? Au regard des fractales dans l’univers, de l’apparente concordance entre l’infiniment petit et l’infiniment grand,  le caractère aléatoire des mutations génétiques répond à celui  de la physique quantique. 

Qu’est-ce qui sépare les êtres animés des objets inanimés ? Rien. Au niveau quantique, les mêmes règles s’appliquent. Le cycle de naissance et de mort, c’est retourner d’où l’on vient. Et le poète de demander : La pierre a-t-elle un cœur ? Et notre cœur, court-il le risque de s’endurcir ? Mais où est donc le cœur dans la pierre ?

Remplacer la magie par le dispositif mécanique au cœur de la physique quantique…

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Comment les galaxies se sont-elles formées après le Big Bang ?

Publié le par Ysia

Suivant les recommandations décennales de l’Académie nationale des Sciences, le télescope Hubble fut lancé dans les années 90. Le projet de télescope spatial infrarouge WFIRST recommandé en 2010 vient d’obtenir 150 millions dans le cadre du budget approuvé hier pour la poursuite de ses opérations et un peu plus de 533 millions ont été alloués au télescope James Webb recommandé en 1990.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Il y a plus de 13 milliards d’années, au commencement  de l’univers, le Big Bang n’était qu’un rebondissement en douceur d’une période de contraction qui a précédé la période actuelle d’expansion. S’en suit le cycle de naissance et de fusion des galaxies.

En 1609, Galilée armé de sa lunette astronomique  observa Vénus 60 fois mieux qu’à l’œil nu. Au XVIIIème siècle, le télescope de William Herschel, 500 fois plus puissant, lui permit de découvrir  Uranus. Edwin Hubble au XXème siècle comprit que l’univers s’élargit  par son observation des spirales nébuleuses, ces galaxies  qui, dans un nuage d’hydrogène et d’hélium, créent les étoiles.

Aujourd’hui nous savons qu’il existe plusieurs sortes de supernovas, ces étoiles qui implosent pour atteindre une autre étape de leur évolution et qu’il y avait de l’eau sur Mars il y a 50 000 ans. Nous connaissons les ondes lumineuses et gravitationnelles et les planètes naines dont Pluton.

Le télescope spatial Hubble a permis une observation 10 000 fois plus précise ! Lancé en 1990, il est à plus de 600 kilomètres de la Terre et aura nécessité l’envoi de cinq missions d’entretien.  Au sol, des superordinateurs analysent les données reçues. Un télescope est une machine à  remonter le temps. Plus le phénomène observé est  éloigné, plus il est ancien. Le champ ultra-profond de Hubble, sur la base des données recueillies sur une année, offre une fenêtre sur  un morceau de l’univers tel qu’il était il y a 13 milliard d’années,  moins d’un milliard d’années après le Big Bang.

 

Transporté par le Canal de Panama jusqu’en Guyane française, le télescope James Webb qui sera lancé à une orbite de plus d’1,5 million de kilomètres de la Terre poursuivra la détection de lumière infrarouge grâce à une puissance cent fois plus grande que celle du télescope Hubble. Paré de 18 miroirs en béryllium, il sera opérationnel six mois après son lancement dans l’espoir qu’il nous délivre un portrait des origines de l’univers et des premières galaxies.

Publié dans Les deux infinis

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