L'univers et la conscience

Publié le par Ysia

Comment ne pas demander avec des mots sans demander l’indicible ?
...問。不問有言。不問無言。

La passe sans porte 無門關 (Ysia)

L’univers est une poésie et l'humanité, une forêt de cerveaux ambulants. Contempler la conscience et l’univers sans le fardeau conceptuel accumulé ni les présomptions amassées en chemin.

L'univers et la conscience

Le séquoia géant dont le plus ancien est le séquoia grizzli de 2 900 ans peut continuer de croître jusqu’à 3 200 ans et atteindre une hauteur de plus de 90 mètres mais il n’est pas aussi haut que le séquoia sempervirent qui borde la côte californienne jusqu’en Oregon.  Les ancêtres du sequoia sempervirent font partie des espèces d’arbres les plus anciennes de la planète. Des fossiles de leurs graines ont été découvertes en Europe et datent de plus de 200 millions d’années. Le séquoia sempervirent a survécu à une météore qui s’est écrasée dans la péninsule du Yucatán il y a 66 millions d’années, causant des tsunamis et exterminant des espèces entières comme le dinosaure.

Aujourd’hui ils sont tous deux menacés par le changement climatique et la pollution. La diminution du manteau neigeux du massif montagneux de la Sierra Nevada menace les eaux souterraines qui pourvoient en eau les séquoias géants. On a constaté que les séquoias sempervirents présentent, comme les êtres humains, une grande diversité génétique. Certains poussent plus vite que d’autres. Certains supportent la sécheresse mieux que d’autres. La population des séquoias sempervirents de la côte sud est génétiquement distincte de la population d’arbres au nord. Pour restaurer la diversité génétique des forêts, l’organisation Save the Redwoods  a lancé le Projet de séquençage de génome des séquoias sempervirents ainsi que des séquoias géants, qui devrait prendre cinq ans pour arriver à terme.

La structure du cerveau est unique à chaque être de par le tracé des sillons et arêtes dans la zone corticale,  le nombre de neurones dans les couches du cortex ou des régions sous-corticales, les connexions entre les neurones et la force de connectivité du réseau cérébral. L’être humain doté d’un réceptacle conceptuel unique est-il à même de maîtriser sa vie émotionnelle ?

… nous possédons tous un même « clavier émotionnel» mais … nous n’en jouons pas de la même manière

https://www.revue-klesis.org/pdf/Klesis-Concepts-et-fictions-10-Samuel-Lepine.pdf

Le cerveau contient un nombre astronomique de neurones, de l’ordre de cent milliards, connectés les uns aux autres par dix mille synapses.  Chaque signal neuroélectrique résulte d’un flux d’ions qui, en entrant et sortant des cellules, créent d’infimes ricochets qui se propagent indépendamment des neurones, A chaque signal,  un flot chimique minuscule stimule ou réprime les cellules du cerveau. 

 Comment une entité purement physique, intégrée conceptuellement et causalement dans le monde naturel, s’érige-t-elle en lien entre ce qui est et ce qui n’est pas ? Concepts, mots et émotions s’enchaînent les uns aux autres. Subsumées sous les concepts, les émotions portent des étiquettes. Si un mot dans une langue est intraduisible dans une autre, faut-il en conclure que l’émotion est absente ? Mais le mot n’est pas la chose. Chaque culture a son lot d’émotions sociales. Chaque être au sein d’une communauté  fait l’expérience de ses propres émotions. Une émotion s’apprend, se nourrit, se contrôle puis retourne dans un subconscient lourd d'expériences physiques et psychiques.

Chaque être humain construit l’environnement dans lequel il vit en vertu des données sensorielles que le cerveau aura sélectionnées à partir du monde physique. Ces « entrées » sont converties en concepts que le cerveau identifie et  classe en catégories. Le son, par exemple,  est une expérience construite par l’interaction entre le monde, le corps et le cerveau. Le corps perçoit le moindre changement dans la pression de l’air et le cerveau  lui donne un sens. Du changement dans la pression de l’air sont créés les sons et des longueurs d’onde de lumière sont créées les couleurs.

L’humeur faite d’émotions primaires - d’instincts et de pulsions -  sur lesquelles se greffent les émotions sociales, est tributaire du bien-être physique. Une étude a en effet montré que même les bactéries dans nos intestins ont un impact sur notre état émotionnel.

Publié dans Les deux infinis

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