les deux infinis

Conscience et univers

Publié le par Ysia

J’ai pris la décision de créer un nouveau site en anglais qui ne traitera pas de sujets aussi divers que celui-ci. Je le souhaite essentiellement axé sur la question de la relation entre l’univers et la conscience. Si votre langue est l’anglais, visitez-le.  Deux articles sont déjà en ligne.

 

.

Publié dans Les deux infinis

Partager cet article
Repost0

De la nature de la réalité physique

Publié le par Ysia

Le philosophe de l’esprit Paavo Pylkkänen explique que, quand on parle d’ontologie quantique, c’est pour mieux indiquer qu’à la base de la mécanique quantique réside la possibilité qu’une onde pilote mentalement une particule de matière en lui donnant forme et en guidant  son mouvement par la transmission d’une information,  pareille à une pensée physique, une poussière métaphysique. 

Et si l’autosimilarité est le principe qui gouverne une infinité de structures spatio-temporelles, ne va-t-il pas de soi qu’un corps fait de cette sorte d’agrégats soit habité d’un esprit qui le guide ? Sous le couvercle de la prison cosmique, une infinité d’états superposés s’effondrent dans une optique d’information intégrée pour laisser jaillir la conscience qui s’en va séjourner dans l’univers quantique des poussières élémentaires dont l’univers est fait. Imaginons que l’univers soit un cerveau. Un trou noir est une perte de mémoire,  un trou blanc une source d’idées qui jaillissent. Le gaz nébuleux dont naissent les étoiles est l’état de confusion qui précède la clarté. A l’image de notre ADN qui remonte l’espace et le temps voyage la conscience dans un univers d’ondes et de vibrations. 

A supermassive black hole in action

A supermassive black hole in action

Dans les ombres de l’esprit il y a le problème que pose la nature de la réalité physique. Le physicien Lev Vaidman affirme qu’il existe une infinité de mondes parallèles similaires à celui que nous connaissons, tous incorporés  dans un seul état quantique de l’univers. Ces mondes parallèles n’ont pas d’effet sur le nôtre. Bien qu’ils puissent produire des phénomènes d’interférence, nous ne sommes pas à même de mesurer leurs effets. Ce qu’il veut dire, c’est que s’il peut retracer les évènements passés intervenus dans notre monde et leur donner un sens, l’avenir consiste en une infinité de mondes multiples.  Un état quantique représente une série d’énoncés sur les probabilités des mesures quantiques observées.

L’information, descriptive d’un ensemble de données, s’emboîte d’une particule dans un système, d’un individu dans un groupe, des étoiles  dans les galaxies jusqu’à l’univers entier. La nature de la réalité physique dépend de son observation et, par conséquent, de l’interprétation ontologique de la conscience car, enfin, s’il faut concevoir la conscience dans une optique d’information intégrée, son fondement est-il physique ou non-physique ?

The tricky question here is whether the information first gets unified and integrated in pre-conscious processes, and is then presented to consciousness.

Is there Room in Quantum Ontology for a Genuine Causal Role for Consciousness

De la manière la plus palpable dans notre vie quotidienne, la nature de la réalité physique passe par le temps. Pourtant la théoricienne Emily Adlam affirme que la localité temporelle est un dogme qu’il serait temps de faire tomber. Bien que l’on convienne aujourd’hui du principe d’intrication quantique, à savoir du principe de non-localité spatiale, la question de la localité temporelle a été peu débattue, c’est-à-dire que l’on est généralement d’avis que les probabilités liées aux mesures observées à un temps donné dépendent exclusivement de l’état considéré à ce moment donné. En fait, la localité temporelle reste tout au moins un principe méthodologique incontournable dans notre façon de concevoir les sciences et dans ce que nous admettons être une hypothèse scientifique raisonnée. Elle est profondément ancrée dans les bases de l’interprétation que nous donnons à la mécanique quantique. Démêler les liens inextricables tissés entre localité temporelle et théorie quantique risque de remettre radicalement en cause sa signification.  

Le formalisme à deux vecteurs d’état introduit il y a 54 ans « transcrit dans le langage des mathématiques une "vision du monde" qui cherche à rendre intelligible un ensemble d'observations ». Il pose le paradoxe selon lequel le passé et le futur jouent un rôle égal dans la détermination de l’état quantique aux points intermédiaires et sont par conséquent tout aussi réels l’un que l’autre. La théorie de la double causalité s’articule comme un passage dans lequel le temps et le renversement du temps produisent l’observation d’un élément de réalité.  Yakir Aharonov, Eliahu Cohen et Tomer Landsberger sont enclins à penser que la nature cherche à communiquer une vérité fondamentale, à savoir que la mécanique quantique est unique dans le sens qu’elle fixe les conditions limites finales et non redondantes de tous les systèmes. Autrement dit les conditions limites finales qui caractérisent les états de transition entre physique microscopique et physique macroscopique jouent un rôle essentiel dans l’interprétation de la mécanique quantique, notamment en cosmologie et en physique des trous noirs.

It is generally understood that a measurement involves an amplification of a microscopic superposition into the macroscopic realm by means of entanglement, followed by decoherence by the environment… We propose a mechanism based on the two-state vector formalism, where in each measurement a single outcome is chosen by a second quantum state evolving backwards in time. Generalizing this to the entire Universe, we develop an interpretation where the initial and final states of the Universe together determine the results of all measurements.

The Two-Time Interpretation and Macroscopic Time-Reversibility

A la jonction entre passé et avenir se situe le présent comme si dans leur détermination à se rencontrer,  le passé avait parcouru la même distance que l’avenir à reculons. Peut-on transposer dans la réalité physique le principe de deux états quantiques dont l’un évolue en arrière et l’autre en avant ? L’avenir comme s’il était écrit peut-il avoir une influence sur le présent ?

Car enfin si la théorie quantique ne décrit pas le monde tel que nous le vivons, à quoi sert-elle ? La nature de la réalité physique passe aussi par la réalité de soi. La conscience arpente les routes de l’avenir et les voies du passé. Dans mon inconscience passée,  ai-je eu la prescience de mon avenir qui m’emmène à présent  sur ce chemin ? Un traducteur est pareil à un acteur qui s’identifie aux rôles qu’il joue. Me suis-je à une période de ma vie trop identifiée aux œuvres bouddhiques que je traduisais ? On a tendance à penser être ce que l’on fait et les autres imaginent que nous sommes ce que nous faisons mais on n’est pas ce qu’on fait. Je ne suis pas ce moi autobiographique.

L’esprit du poète poursuit son exploration à des milliers d’années-lumière en quête de nouvelles manières de penser et puise dans la sagesse des autres des grains de folie, animé du brûlant désir de rencontrer la vérité. Mais au-delà des implications scientifiques, la nature de la réalité physique passe de manière plus élémentaire par les émotions. Alex Honnold dont l’expression « honnolding » est tirée est un spécialiste de l’escalade en solo.  L’Université médicale de la Caroline du Sud a voulu étudier l’activité cérébrale du grimpeur grâce à des images scanner de son cerveau. Les conclusions de l’étude ont montré une activité minimale de la région liée aux noyaux amygdaliens qui régit le système de réponses aux menaces perçues. Bien qu’il soit difficile de déterminer quelle part est innée et quelle part est acquise après  15 années d’escalade,  Joseph LeDoux, un neuroscientifique de l’Université de New York, estime qu’Alex Honnold a probablement toujours montré un certain sang-froid, renforcé par des milliers de prises de risques dans le cadre de son occupation.  Son aptitude à se concentrer sur le présent lui permet de voir la réalité du moment sans le voile de ses appréhensions.

An inspiring Hubble mosaic of Stephan's Quintet

An inspiring Hubble mosaic of Stephan's Quintet

Publié dans Les deux infinis

Partager cet article
Repost0

Concepts

Publié le par Ysia

… all forms, ideas and universals are products of the human mind, and are essentially products of its limitations.

Christopher W. Tyler

Le problème avec la conscience est notre incapacité, dans l’état actuel de nos connaissances, de pouvoir indubitablement et totalement tester ses propriétés et son champ d’activité en dépit des recherches innovatrices entamées sur plusieurs fronts notamment par Gregory Matloff, Franco Vazza,  Francesco Izzo et bien d’autres.

Cleveland Soul, Jaume Plensa, Miller Pavillon, Cleveland Clinic
Cleveland Soul, Jaume Plensa, Miller Pavillon, Cleveland Clinic

Cleveland Soul, Jaume Plensa, Miller Pavillon, Cleveland Clinic

… a ‘probability’ is a form of answer to a question posed by a conscious scientist.

Christopher W. Tyler

Christopher Tyler affirme que ce que l’on nomme probabilité en mécanique quantique ne concerne pas une situation physique mais un concept opérationnel formé par un esprit conscient,  une représentation philosophique distincte d’une énergie physique et qu’en tant que telle elle a la capacité de se manifester dans la réalité sous le regard de celui qui l’observe à moins qu’elle demeure non corroborée et par là même insubstantielle. En tant que telle, elle obéit au principe de superposition des états et de leur effondrement.  Toute probabilité est une potentialité dans les faits ou dans la matière déterminée par l’observateur individuel ou par consensus. Si c’est le sens commun qui prime au-delà de la subjectivité individuelle, il ne s’agit pas de la constatation objective d’une conscience individuelle ou collective mais de conventions établies et d’aprioris. Bien que l’acte de conscience se vive individuellement, c’est dans la conscience collective qu’elle puise son ressenti. Il appartient de mesurer objectivement la portée de la conscience individuelle et sa relation avec une hypothétique conscience universelle.

Jaume Plensa, Cleveland Clinic, Cleveland

Jaume Plensa, Cleveland Clinic, Cleveland

…even the most objective approaches to scientific knowledge are ultimately subjective, and there is no objective reality in a sense that is knowable to the human community.

Christopher W. Tyler

Dissolving the hardness of the ego, Jennifer Nocon, Cleveland Clinic, Cleveland

Dissolving the hardness of the ego, Jennifer Nocon, Cleveland Clinic, Cleveland

S’il est simple de parler en termes généraux du système unitaire qu’est l’univers, c’est dans les détails, dans la complexité des interactions compartimentées dans une infinité de structures et à des niveaux spatio-temporels  illimités que se situe la difficulté de son observation. Le poète se sert de la clarté des mots et du langage des images comme bâton de pèlerin dans sa prise de conscience.

L’expansion de l’univers est concomitante à l’accroissement de sa  complexité. La complexité des systèmes écologiques et du processus d’évolution des espèces participe de l’entrecroisement de réseaux de communautés d’espèces variées qui tendent à l’instabilité. L’être vivant est lui-même un système hautement structuré qui se maintient et se reproduit  par le biais d’une pléthore d’activités visant à l’auto-organisation, propriété innée des systèmes complexes. En 1991, Stuart Kauffman écrivait qu’il n’y avait pas de consensus quant à la définition de la complexité.  Pourtant quand on parle d’incompressible complexité, il me semble que c’est du passé dont il s’agit et de la construction évolutive du futur.

Evolution, Resolution, Revolution, Nam June Paik, Cleveland Clinic, Cleveland

Evolution, Resolution, Revolution, Nam June Paik, Cleveland Clinic, Cleveland

Quand on parle de la complexité biologique au bord du chaos, cela signifie que le chaos fait partie intégrante du comportement des systèmes complexes. Entre chaos et antichaos, le processus de complexification engendre des états critiques desquels surgissent des processus de renormalisation caractérisés par des aspects simples et réductifs dans des cadres spatio-temporels en mouvement. Du fait d’un principe d’universalité en mécanique statistique, des systèmes très différents qui partagent certaines caractéristiques fondamentales se comportent de la même façon lorsqu’ils sont proches de la zone critique de transition. La criticalité/criticité auto-organisée caractérise les systèmes complexes, formés de nombreux éléments en interaction, qui évoluent vers le seuil critique. De ces systèmes complexes émerge une dynamique nouvelle qui ne découle pas des propriétés de leurs éléments constitutifs, notamment en ce qui concerne la neurodynamique engendrée par l’instabilité critique des réseaux neuronaux, un phénomène tout à fait exceptionnel de la fonction neuronale qui a rarement  jusqu'ici été pris en compte dans l’étude de la conscience. Une conséquence particulièrement importante du point critique est le découplage entre processus micro- et macro-évolutionnaires.

BlueBerg, Inigo Mangiano-Ovale, Cleveland Clinic, Cleveland

BlueBerg, Inigo Mangiano-Ovale, Cleveland Clinic, Cleveland

Les systèmes physiologiques répondent aux stimuli fixes suivant un modèle de distribution fractale. Les fractales, phénomènes qui présentent une invariance d’échelle, sont nommées autosimilaires, c’est-à-dire qu’une modification dans l’échelle de mesure n’a aucun impact sur le comportement statistique observé. L’autosimilarité est une caractéristique essentielle de l’état critique.  En physique, les structures fractales émergent au voisinage de certaines phases de transition ponctuelles. Parce que les fractales impliquent des corrélations sur le long terme, elles reflètent fondamentalement comment les organismes vivants s’organisent et comment ils évoluent dans le temps.  Les structures autosimilaires existent à des niveaux divers en biologie et se manifestent aussi sous la forme de séries temporelles telles que les battements du cœur. La conscience, fractale temporelle, fait écho aux battements du cœur.

Morning Meeting, Sarah Anne Johnson, Cleveland Clinic, Cleveland

Morning Meeting, Sarah Anne Johnson, Cleveland Clinic, Cleveland

Publié dans Les deux infinis

Partager cet article
Repost0

Prélude dans la prison cosmique

Publié le par Ysia

Seing things sideways

Seing things sideways

L’écriture est un cheminement irrépressible et fragmenté dont la finalité est un mystère.

The evidence for a new Age of Wonder would be a shift backward in the culture of science, from organizations to individuals, from professionals to amateurs, from programs of research to works of art.

Freeman Dyson, Dreams of Earth and Sky, 2015, p.137

Au cœur de la prison cosmique évolue la Terre autour du Soleil, peuplée de milliards d’êtres et de leur moi intérieur. A chaque instant, le moi s’agite et se déguise sous un habit social ou conceptuel, primitif ou narratif, autobiographique ou écologique.  Le soi individuel est intrinsèquement lié au corps, peu importe les masques qu’il porte en société, avec l’autre ou avec lui-même dans l’espace-temps, emprisonné. Je ne suis pas sûre qu’il faille étiqueter le soi.  Ce que je sais, c’est que, dissocié de mon être profond, mon moi rationnel apparaît tour à tour avec mon moi émotionnel dans une valse étourdissante et rarement avec mon moi spirituel qui recherche en arrière-plan les fils d’une vérité que mes mains ne peuvent rattraper jusqu’au bout du chemin… Ce que je sais, c’est que le soi se dépersonnalise pour se reconstruire à chaque étape d’une évolution personnelle irréversible lors de laquelle il redéfinit ses croyances et concepts dans une quête perpétuelle  d’ordre au bord du chaos, d’une nouvelle autoreprésentation de lui-même.

There are two diametrically opposed forces forever at war in the heart of man: one is memory; the other is forgetfulness.

Loren Eisenley, The Time effacers

Sur les traces des théoriciens Stuart Kauffman et Per Bak,  s’il faut poursuivre la fascinante comparaison entre réseaux galactiques et réseaux neuronaux, les articles d’Alex Hankey et Christopher W. Tyler apportent matière à réflexion. Il me semble qu’une structure fractale a pour raison d’être la libre circulation de l’information et s’il faut considérer l’univers comme un tout, habité d’étoiles moléculaires, peut-on parler de la conscience comme d’une forme d’énergie apte à se structurer en une série de niveaux auto-organisés dont les principes opérationnels ne découlent pas des niveaux précédents mais émerge de la criticalité/criticité auto-organisée de structures indépendantes de l’échelle universelle ? L’univers s’adapte à la complexité de l’espace-temps et tend alternativement vers l’ordre et le chaos dans un cycle ouvert ou fermé.

A cognitive illusion is a false belief that we intuitively accept as true. The illusion of validity is a false belief in the reliability of our own judgement

Freeman Dyson, Dreams of Earth and Sky, 2015, p.223

La physiologie fractale, qui décrit des phénomènes de la vie organique, s’applique-t-elle aussi bien à la constitution des êtres vivants qu’à l’architecture moléculaire des étoiles froides de l’univers ? Le tissu moléculaire d’une étoile donne la preuve de l’émergence de structures auto-organisées et dépendantes de l’échelle considérée.

S’il faut parler d’une conscience à l’échelle stellaire ou à l’échelle humaine, étudier comment le flux d’information traverse l’espace et le temps qu’il s’agisse de trous noirs, de jeunes étoiles de la Voie Lactée, des réseaux galactiques ou des réseaux neuronaux est la voie à suivre.

Le poète, qui franchit le seuil de territoires inexplorés, tâtonne et trébuche et se laisse à rêver impatient que c’est à la frontière entre la physique quantique et la physique classique que voyage la conscience en apparence freinée dans ses mouvements à chaque échelon de l’échelle de grandeur et c’est par l’effondrement à l’échelle de Planck des espaces-temps superposés qu’elle se hisse d’un niveau à l’autre.

So relative is the cosmos we inhabit that, as we gaze upon the outer galaxies available to the reach of our telescopes, we are placed in about the position that a single white blood cell in our bodies would occupy, if it were intelligently capable of seeking to understand the nature of its own universe, the body it inhabits

Loren Eisenley, The cosmic prison

Exploxive tendencies

Exploxive tendencies

Publié dans Les deux infinis

Partager cet article
Repost0

Le panpsychisme peut-il devenir une science observationnelle ?

Publié le par Ysia

C’est le titre d’une étude publiée en août 2016 dont l’auteur est Gregory L. Matloff du département de physique du Collège de technologie de la ville de New York.  A la suite des travaux sur la conscience quantique réalisés par Evan Harris Walker, Gregory Matloff voulait examiner les théories d’Olaf Stapeldon, auteur de Star Maker, selon lesquelles l’univers est conscient et les mouvements des étoiles sont en partie « intentionnels ».

Journal of Consciousness Exploration & Research | August 2016 | Volume 7 | Issue 7 | pp. 524-543 Matloff, G. L., Can Panpsychism Become an Observational Science?

Le panpsychisme peut-il devenir une science observationnelle ?

La conscience telle qu’elle se manifeste à travers les synapses neuronales s’expliquerait dans le cadre de la mécanique quantique au niveau des microtubules. La question demeure : L’absence de synapses et neurones exclut-elle toute autre forme de conscience ? Ou la conscience se joue-t-elle à un autre niveau, peut-être moléculaire ?

L’évolution décrit une représentation à  long terme du temps,  un tableau macroscopique de l’univers dans le cadre duquel la biologie, par son étude de la croissance dans l’espace de toute forme de vie, offre un regard microscopique du monde.

Il y a deux systèmes de pensée : l’un est l’épiphénoménisme qui soutient que les pensées et l’activité mentale sont dues à des propriétés physiques. La conscience émergerait chez les êtres humains et les animaux d’intelligence supérieure de par la complexité des réseaux neuronaux. L’autre est le panpsychisme qu’ont décrit David Chalmers et Thomas Nagel. Freeman Dyson notamment a imaginé trois niveaux de conscience : au niveau quantique des particules élémentaires, au niveau humain et au niveau cosmologique. C’est sur ce dernier niveau que Gregory Matloff a concentré ses efforts avec sa théorie d’une conscience stellaire. Il n’est pas absurde, déclare-t-il,  que des fluctuations quantiques du vide puissent jouer un rôle dans le phénomène de la conscience au niveau stellaire voire universel.

Unlike the water molecules, which settle again, the stars retain a 'memory' that they were perturbed. This memory is found in their motions. After some time, although the ripples may no longer be easily visible in the distribution of stars, they are still there when you look in their velocities.

http://sci.esa.int/gaia/60663-gaia-hints-at-our-galaxys-turbulent-life/

Il s’est attaché dans un premier temps à déterminer quelles étoiles se composent de molécules et à quel niveau ces molécules se situent. Sur la base des diagrammes de Hertzsprung-Russell et de l’indice de couleur B-V, les étoiles sont classées par ordre de luminosité et en fonction de leur température avec, parmi les plus intenses, les supergéantes, les géantes, les naines de la séquence principale et les naines blanches.

L’anomalie constatée dans la vitesse de mouvement de certaines étoiles éloignées du centre galactique qui circulent plus rapidement que celles plus proches du centre a attiré l’attention des chercheurs. La différence de vitesse que l’on appelle la discontinuité de Parenago se reflète dans la distribution thermique stellaire. Une raison avancée serait la présence de la matière noire. Mais ni les objets compacts et sombres dans le halo galactique (MACHO) ni les particules massives interagissant faiblement (WIMPS) ne sont des hypothèses viables  selon Matloff qui  leur préfère une nouvelle théorie : une conscience qui se manifesterait au niveau moléculaire grâce à l’effet Casimir dû aux fluctuations quantiques du vide, ce qui expliquerait la discontinuité de Parenago.

Des molécules stables se situent au-dessus de la photosphère et en-dessous de la chromosphère. L’hypothèse avancée à l’origine par Erich Jantsch a été confirmée avec la détection de molécules dans les couches supérieures des étoiles dites froides. Gregory Matloff propose que la différence de vélocité de mouvement entre les étoiles froides composées de molécules et les étoiles chaudes qui en sont dépourvues est liée à la biologie moléculaire de l’accès à la conscience et à l’intentionnalité démontrée par les étoiles qui possèdent des molécules. On a détecté  des molécules en étudiant le spectre du soleil, une étoile naine, et ses taches. Des molécules simples se trouvent aussi dans les étoiles de type spectral G et K,  les étoiles moins chaudes ayant une signature moléculaire plus complexe.

Les étoiles n’ont ni neurones ni tubules mais on a observé que certaines étoiles jeunes  émettent un jet matériel stellaire unidirectionnel ou unipolaire durant les premiers milliards d’années de vie. Grâce aux moyens dont dispose ESA, l’Agence spatiale européenne notamment, avec le satellite Hipparcos, la première mission européenne à avoir identifié plus de 100 000 étoiles, et son successeur Gaia lancé en 2013 pour déterminer la position de plus d’un milliard d’étoiles dans la Voie Lactée, qui sera en mesure de tracer une carte tridimensionnelle de notre galaxie, on attend de pouvoir établir que ce comportement est lié à la température et à la distance du centre galactique. Avec Gaia, il sera possible après avoir passé en revue les données reçues de vérifier si la discontinuité de Parenago est un phénomène qui s’applique à l’ensemble de la galaxie. Les télescopes sur terre ou dans l’espace seront également à même de détecter ce phénomène dans les autres galaxies.

Des questions restent donc en suspens : Y a-t-il une corrélation entre la distance d’une jeune étoile au centre galactique et son intensité et/ou sa direction ? Quelle est la durée de ce jet matériel ? Pourra-t-on confirmer la détection de molécules dans les étoiles plus froides que celles de type spectral F8 ?

Publié dans Les deux infinis

Partager cet article
Repost0

Réalité et vérité

Publié le par Ysia

Let me ride the dragon of my dreams to the end of time until my sanity disappears

Une frontière intangible sépare la réalité de la vérité. C’est dans un processus long et complexe qui conduit à la découverte de réalités nouvelles qu’un dialogue de sourds oppose vérités et contre-vérités. Et c’est sur ce terrain mouvant que s’aventurent les dompteurs de l’imaginaire.

Langage immatériel, poésie innée. La ronde des mots fait écho aux mouvements de danse et de musique, qu’inspire la nature dans une communion des êtres. Ce que l'on appelle la musique ou la production d’un ensemble de sons plus ou moins sophistiqués agit comme un écran sur lequel chacun projette le film de ses émotions, déclic d’un langage intérieur. 

As we listen, we create our own emotional narratives. We dramatize the experience for ourselves, matching up formal musical features with our own ideas about their ever-shifting content.

Roger Mathew Grant

Pascal Buffard, 2013 - Danse - 60x60cm

Pascal Buffard, 2013 - Danse - 60x60cm

La clef des mots ouvre la serrure des pensées et des perceptions. Mark Vernon allègue que l’origine du langage ne saurait être ni utilitaire ni matérialiste et que les mots ont une âme parce que la nature en est elle aussi dotée.

It is innately meaningful because its poetry enables us to perceive deeper structures of reality. Words channel the vitality of the natural world

Mark Vernon

Sur la question des mots qui se bousculent dans l’enclos de l’esprit,  Philip Jaekl nous informe que des études sont en cours : des chercheurs scannent les régions du cerveau qui seraient liées à notre petite voix intérieure ; d’autres étudient les liens entre dialogue intérieur et expression orale. D’après Lev Vygotski (1896-1934), ce dialogue intérieur est la prolongation naturelle du monologue dans lequel s’engage l’enfant entre 2 et 8 ans et avant lequel  il n’y avait ni mémoire, ni voix intérieure. Grâce aux procédés d’échantillonnage de l’expérience individuelle développés par Russell Hurlburt, il transparaît qu’une communication intérieure prend place en moyenne un quart du temps sous une forme soit sensorielle, auditive, visuelle, émotionnelle ou même d’une manière insensible et imperceptible, comme si l’internalisation du dialogue se faisait à différents niveaux physiques et mentaux.

Pascal Buffard, 2009 -Labyrinthe des pensées 100x100 cm

Pascal Buffard, 2009 -Labyrinthe des pensées 100x100 cm

 Il apparaît aussi que voix intérieure et expression orale entrent en concurrence dans la conquête de notre attention. Et le poète de demander : Si nous sommes des holobiontes sur un plan écologique ou évolutionnaire,  une accumulation de cellules,  bactéries, gènes et particules élémentaires, à quel niveau rôde la conscience ?

Si les neurones meurent cinq minutes après que  le cœur se soit arrêté, la conscience individuelle s’échappe-t-elle pour retourner dans le giron de la conscience universelle dans une enveloppe quantique restituée ? Les trajectoires de milliards et milliards d’atomes dans le cerveau forment une tapisserie dédaléenne, dont les fils entrelacés du temps et de l’espace représentent la collecte et le traitement des données desquelles surgit et se nourrit la conscience individuelle.

This view of ourselves as mathematical braid patterns in spacetime challenges the assumption that we can never understand consciousness. It optimistically suggests that consciousness can one day be understood as a form of matter, a derivative of the most beautifully complex spacetime structure in our universe.

Max Tegmark

Pascal Buffard, 2010 -Déconnecté- (huile + cable electrique 80x80cm)

Pascal Buffard, 2010 -Déconnecté- (huile + cable electrique 80x80cm)

L’astrophysicien Franco Vazza et le neuroscientifique Francesco Izzo ont tenté une étude comparative entre réseaux galactiques et réseaux neuronaux sur la base de simulations numériques, des données collectées à l’aide de télescopes et de microscopes électroniques ainsi que des techniques telles que l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle et l’immunohistochimie. Les résultats préliminaires tendent à montrer que le réseau neuronal humain et la toile cosmique des galaxies sont du point de vue de la théorie d’information remarquablement similaires. Les deux chercheurs ont constaté que le nombre total de neurones  dans le cerveau humain est approximativement  le même que celui des galaxies de l’univers observable. Une analyse statistique a montré des similarités quantitatives entre la distribution de la matière dans le cosmos et la distribution des corps neuronaux dans le cervelet. Les variations structurales présentent une distribution comparable. La morphologie du cortex est aussi similaire à celle des galaxies. Toutefois les réseaux complexes du cosmos et du cerveau humain ne ressemblent pas à des constructions fractales à l’image des branches d’un arbre mais s’auto-organisent dans les limites imposées par leurs échelles de grandeur respectives.

For the complex networks of the cosmic web and of the human brain, on the other hand, the observed behavior is not fractal, which can be interpreted as evidence of the emergence of scale-dependent, self-organized structures

Franco Vazza & Alberto Feletti

Mais si réseaux galactiques et réseaux neuronaux n’ont pas un comportement fractal,  est-il correct d’affirmer que la conscience est une fractale temporelle ?

On attend de pouvoir créer un modèle qui permettra d’observer comment le flux d’information traverse l’espace et le temps dans les deux systèmes. Mais le temps est-il fondamental dans l’agencement de l’univers ou n’est-il qu’une propriété physique sans signification à l’échelle de Planck, qu’il sera un jour possible de débusquer ?

Publié dans Les deux infinis

Partager cet article
Repost0

L'univers et la conscience

Publié le par Ysia

Comment ne pas demander avec des mots sans demander l’indicible ?
...問。不問有言。不問無言。

La passe sans porte 無門關 (Ysia)

L’univers est une poésie et l'humanité, une forêt de cerveaux ambulants. Contempler la conscience et l’univers sans le fardeau conceptuel accumulé ni les présomptions amassées en chemin.

L'univers et la conscience

Le séquoia géant dont le plus ancien est le séquoia grizzli de 2 900 ans peut continuer de croître jusqu’à 3 200 ans et atteindre une hauteur de plus de 90 mètres mais il n’est pas aussi haut que le séquoia sempervirent qui borde la côte californienne jusqu’en Oregon.  Les ancêtres du sequoia sempervirent font partie des espèces d’arbres les plus anciennes de la planète. Des fossiles de leurs graines ont été découvertes en Europe et datent de plus de 200 millions d’années. Le séquoia sempervirent a survécu à une météore qui s’est écrasée dans la péninsule du Yucatán il y a 66 millions d’années, causant des tsunamis et exterminant des espèces entières comme le dinosaure.

Aujourd’hui ils sont tous deux menacés par le changement climatique et la pollution. La diminution du manteau neigeux du massif montagneux de la Sierra Nevada menace les eaux souterraines qui pourvoient en eau les séquoias géants. On a constaté que les séquoias sempervirents présentent, comme les êtres humains, une grande diversité génétique. Certains poussent plus vite que d’autres. Certains supportent la sécheresse mieux que d’autres. La population des séquoias sempervirents de la côte sud est génétiquement distincte de la population d’arbres au nord. Pour restaurer la diversité génétique des forêts, l’organisation Save the Redwoods  a lancé le Projet de séquençage de génome des séquoias sempervirents ainsi que des séquoias géants, qui devrait prendre cinq ans pour arriver à terme.

La structure du cerveau est unique à chaque être de par le tracé des sillons et arêtes dans la zone corticale,  le nombre de neurones dans les couches du cortex ou des régions sous-corticales, les connexions entre les neurones et la force de connectivité du réseau cérébral. L’être humain doté d’un réceptacle conceptuel unique est-il à même de maîtriser sa vie émotionnelle ?

… nous possédons tous un même « clavier émotionnel» mais … nous n’en jouons pas de la même manière

https://www.revue-klesis.org/pdf/Klesis-Concepts-et-fictions-10-Samuel-Lepine.pdf

Le cerveau contient un nombre astronomique de neurones, de l’ordre de cent milliards, connectés les uns aux autres par dix mille synapses.  Chaque signal neuroélectrique résulte d’un flux d’ions qui, en entrant et sortant des cellules, créent d’infimes ricochets qui se propagent indépendamment des neurones, A chaque signal,  un flot chimique minuscule stimule ou réprime les cellules du cerveau. 

 Comment une entité purement physique, intégrée conceptuellement et causalement dans le monde naturel, s’érige-t-elle en lien entre ce qui est et ce qui n’est pas ? Concepts, mots et émotions s’enchaînent les uns aux autres. Subsumées sous les concepts, les émotions portent des étiquettes. Si un mot dans une langue est intraduisible dans une autre, faut-il en conclure que l’émotion est absente ? Mais le mot n’est pas la chose. Chaque culture a son lot d’émotions sociales. Chaque être au sein d’une communauté  fait l’expérience de ses propres émotions. Une émotion s’apprend, se nourrit, se contrôle puis retourne dans un subconscient lourd d'expériences physiques et psychiques.

Chaque être humain construit l’environnement dans lequel il vit en vertu des données sensorielles que le cerveau aura sélectionnées à partir du monde physique. Ces « entrées » sont converties en concepts que le cerveau identifie et  classe en catégories. Le son, par exemple,  est une expérience construite par l’interaction entre le monde, le corps et le cerveau. Le corps perçoit le moindre changement dans la pression de l’air et le cerveau  lui donne un sens. Du changement dans la pression de l’air sont créés les sons et des longueurs d’onde de lumière sont créées les couleurs.

L’humeur faite d’émotions primaires - d’instincts et de pulsions -  sur lesquelles se greffent les émotions sociales, est tributaire du bien-être physique. Une étude a en effet montré que même les bactéries dans nos intestins ont un impact sur notre état émotionnel.

Publié dans Les deux infinis

Partager cet article
Repost0

Newton à travers l’œil de l'artiste

Publié le par Ysia

De Blake à Paolozzi…

Newton-WilliamBlake
London - British Library - Statue by Eduardo Paolozzi 1995 'Newton after William Blake'
Partager cet article
Repost0

Mars

Publié le par Ysia

Mais d’où vient le limon rouge sur la surface de Mars ?

  Mars

Au moment où la première cellule apparaissait  il y  a quelque trois milliards huit cent millions d’années sur Terre, nous savons grâce à la sonde spatiale Curiosity rover qu’un lac remplissait le cratère Gale sur Mars. Il y a 4 milliards d’années, Vénus avait, elle aussi, un océan.  A la même période, les trois planètes voisines étaient donc potentiellement porteuses de vie.

Bien que les « canaux martiens » aient captivé l’imagination depuis la fin du XIXème siècle, les vingt photographies prises à un kilomètre de distance par la sonde spatiale Mariner 4 lors de son survol en 1965 ont permis de conclure que Mars était probablement une planète morte inhabitée.  

C’est la découverte à l’été 1996  de possibles traces biologiques sur une météorite martienne de plus de 3,5 milliards d’années qui provoqua un regain d’intérêt. La sonde Curiosity Rover lancée en 2011 a atterri en août 2012 dans le cratère Gale, pris cent photographies par jour,  parcouru 20 km depuis son atterrissage,  à raison de 200 mètres par jour martien, et commencé son ascension du mont Sharp haut de 5 km. Le robot détective nommé SAM est un laboratoire miniature qui analyse les roches et autres échantillons de poussière et de gaz dans l’atmosphère dans le but d’identifier les molécules et de déterminer les isotopes. La prochaine étape sera l’étude des couches d’argile propre à une meilleure conservation des fossiles.

L’histoire de la planète est écrite dans le sol et les roches dont la formation, la structure et la composition chimique nous apprennent davantage sur le climat et la géologie de Mars et tentent de répondre à la question essentielle de savoir si la vie microbienne y a jamais existé.

Non seulement l’eau coulait sur Mars il y a plus de 3,5 milliards d’années, mais la planète possédait aussi un champ magnétique et une couche d’atmosphère plus dense qu’aujourd’hui. Mars a effectivement perdu 85 à 95% de son atmosphère dans l’espace et continue de la perdre. Elle possède aussi des volcans , dont l’un est trois fois plus élevé que le mont Everest et des tempêtes de poussière rythment les saisons.

Recouverte d’une couche de poussière rouge, la terre est pourtant grise et présente différentes couches de sédiments. La NASA prépare une nouvelle mission Mars 2020 afin de poursuivre une exploration plus approfondie.

Publié dans Les deux infinis

Partager cet article
Repost0

La chimère du bohème

Publié le par Ysia

L’absence de preuve n’est pas preuve d’absence. Il ne reste que la foi aveugle ou la confiance raisonnée en l’avenir.

Dans quelle mesure notre expérience quotidienne est-elle influencée par les mécanismes psychiques inconscients ? Comment l’impulsion surgit-elle dans la sphère de la conscience ? C’est au fil d’un processus phylogénétique que les circuits défensifs de survie sont devenus opérationnels. Les fonctions instinctives, reliquat du cerveau reptilien, luttent contre les facultés transcendantes de l’esprit.

Le cerveau prédit, il ne réagit pas. Face à l’observé,  l’observant fait ressurgir un message, reflet de sa mémoire biologique ou historique,  qui le pousse à un dialogue intérieur.  Vulnérable au temps qui passe et aux passions qui la colorent,  la mémoire reconstruit la réalité. Quand un souvenir réapparait à la surface, sa narration s’altère avant de sombrer une fois de plus dans le chaos mnémonique du subconscient. Notre réaction face à une situation résulte du souvenir d’expériences passées, gravé dans notre mémoire ou dans notre ADN. Le système mnémonique humain commande à nos facultés réceptrices et émotionnelles notre réponse à l’environnement.

A travers l’écran des mathématiques, l’observant voit l’observé. Les mathématiques sont ancrées dans l’architecture de l’univers dont l’être humain est une expression. Sont-elles un moyen fiable ou un produit de l’imagination ? La fonction d’onde est représentative de la réalité physique.  Le champ quantique tisse la toile de l’univers.  Si l’univers semble être régi par les mathématiques, c’est parce qu’il est informatique.  L'informatique se définit comme la science du traitement rationnel de l'information des données transmises par des systèmes et réseaux formés d’une série d’entités biologiques, physiques, électroniques, …  infiniment variées. C’est cela les deux infinis que traversent de multiples niveaux de conscience...

Il y a la conscience de notre système solaire dans lequel Pluton offre un paysage de montagnes de 3 à 4 km de haut et de cratères de glace de 100 km de circonférence qui datent de pas plus de 100 millions d’années.

Il y a la conscience de notre galaxie vieille de 13 milliards d’années, dont la plupart des étoiles qui la composent sont plus anciennes que le soleil. On peut en déduire que, sur les quelques milliards de planètes potentiellement habitables de la voie lactée, si la vie existe, elle a atteint un niveau plus complexe que sur notre planète étant donné qu’elle a eu plus de temps pour évoluer. L'avancement des civilisations se heurte-t-il de manière universelle à un seuil technologique limité par notre propension à l’autodestruction à l’image de l’Homo sapiens sur Terre ? Ne reste-t-il plus sur les sœurs aînées de la Terre que des intelligences artificielles, des superordinateurs laissés à eux-mêmes ou des êtres hybrides qui auront survécu l’annihilation totale des biosphères et qui continueront leur propre évolution vers des formes plus complexes ?

Et puis il y a la conscience de l’univers avec l’étoile de Tabby et la masse de poussière qui crée des fluctuations dans sa luminosité.

PIA22081-KIC8462852-TabbysStar-UnevenDustRing-Illustration-20171004

Cette conscience de l’univers a permis la mise en train du projet Planet hunters qui dépend de l’enthousiasme de bénévoles pour décrypter les données et de l’ initiative Breakthrough Listen qui passera en revue le million d’étoiles les plus proches du soleil et les cent galaxies les plus rapprochées de la voie lactée à la recherche de signaux radios et optiques.

Plus près de nous, il y a la conscience de la vie microbienne sur Mars ou de la vie sur Titan, un satellite de Saturne, qui ressemble à ce qu’était la Terre il y a 2 milliards d’années c’est-à-dire quand les plantes avaient déjà intégré la capacité de photosynthèse. En l’occurrence sur Titan, les plantes régénèrent le méthane tout comme  les plantes régénèrent l’oxygène sur Terre !

Il nous appartient dans notre exploration de l’univers de limiter  l’impact de notre empreinte sur les formes de vie naissantes.

Publié dans Les deux infinis

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 > >>