Prologue à tous les possibles
Georges Lemaître* décrit un point d'origine « qui nous apparaît dans l'espace-temps comme un fond qui défie notre imagination et notre raison en leur opposant une barrière qu'elles ne peuvent franchir.» Notre pensée , écrit-il, « ne peut concevoir une pré-existence, puisque c'est l'espace même qui commence et que nous ne pouvons rien concevoir sans espace. » La génération de l'espace à partir du « temps zéro » prend la forme d'un processus d'inflation extrêmement rapide. C'est avec l'expansion de l'espace que naît le principe de localité. Ainsi, un point d'origine devient une sorte de singularité dont l'identification est intrinsèquement liée à la propagation de l'espace lui-même.
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Sensibilité et ressentis - Résonance ou vanité
Écrire pose la question du " pourquoi ". J'ai constamment besoin de mieux saisir toutes les raisons qui sous-tendent mon intention. Aucune voix, je crois, ne peut s'exprimer de manière significative
https://www.resonanceouvanite.com/2025/09/sensibilite-et-ressentis.html
Force est de constater après l'article sensibilité et ressentis que nous nous engageons sur un terrain glissant lorsque les artistes viennent à la rescousse pour tenter de représenter l'invisible.
Les premières étoiles auraient apparu durant les âges sombres, comme si la première lueur du soir, au printemps, écrit Wallace Stevens, avait crée un nouvel univers à partir de rien en s'y ajoutant. Cela me rappelle aujourd'hui la citation de Tristan Garcia déjà parue dans l'article Formes de la pensée et Contours de l'univers qui nous interpelle profondément: Qu'on puisse l'appeler néant ou rien, c'est « la forme en négatif de quelque chose sans ce quelque chose. Ce n’est donc pas le contraire de quelque chose, mais plutôt le contraire de quelque chose ajouté à l’absence de ce quelque chose ».
Whitehead décrit les quatre étapes créatrices par lesquelles l'univers est né actuellement. S'agissant de ses tout premiers instants, je mettrai en lumière les deux points suivants : les notions d'« origine conceptuelle » et d'« univers antérieur ». La question de l'existence d'un univers antérieur soulève un vieux débat entre des points de vue opposés. Si certains soutiennent que l'univers est une création ex nihilo, d'autres privilégient divers scénarios de modèles d'univers cyclique. Il semble que ces différents points de vue tentent de répondre à nos interrogations quant à savoir, notamment, si le temps a précédé l'espace ou a commencé avec lui s'il faut, une fois de plus, croire en la réalité d'un ordre chronologique universel.
La simple possibilité que l’univers soit sorti du néant va à l’encontre de notre penchant à croire en l'existence de « quelque chose » qui pourrait éventuellement être défini comme un vide primordial, détenteur paradoxalement de données d'information primordiales qui se seraient actualisées par le biais de la condensation et l'ignition.
Peut-on lier la notion d'« univers antécédent » à celle d'« origine conceptuelle »? Au tout début de notre univers, la question « qu'est-ce qu'a bien pu être l'univers dans sa nature ultime ?» relève du domaine de l'ontologie quantique, à savoir ce qui rendrait réel ce qui n'était que potentiel et si cela impliquait une forme de conscience.
La science répond aux questions sur l'origine physique de l'univers par une chronologie détaillée quant à la façon dont l'inflation cosmique rapide s'est déroulée, comme si nous en avions été les témoins à chaque instant. Une infime fraction de seconde après le Big Bang, toutes les particules du modèle standard étaient déjà présentes. Avec l'expansion de l'univers, la température a chuté et la particule la plus lourde à notre connaissance – le quark 'top' et son antiparticule – a commencé à disparaître une picoseconde seulement après le Big Bang. Au cours des minutes suivantes, la quasi-totalité des espèces de particules, à l'exception des photons et des neutrinos, ont disparu une à une. Seule une infime fraction des protons, neutrons et électrons, constituant toute la matière de l'univers actuel, a survécu.
Alors que la science rend compte et développe l'histoire de l'atomisation du vaste continuum, nous nous demandons à quoi pourrait ressembler le répertoire ultime de représentation universel. Mais l'origine conceptuelle – c'est-à-dire en potentialité – reste l'incognoscible par excellence.
Qu'y a-t-il entre idée et matérialité, possibilité et réalité ? L'information semble être une condition préalable sous forme d'un univers conceptuel, prédécesseur de l'univers physique, sur lequel il se superpose. Elle impliquerait un processus de conversion de l'information en énergie. Que notre univers, aussi précisément réglé qu'il soit, évolue ou pas parmi d'autres dans un multivers en effervescence, il aurait commencé par un état quantique. L'existence de fluctuations quantiques pré-Big Bang, qui se seraient infiltrées dans l'univers, pourrait expliquer qu'un univers antécédent ait intégré la constitution du nôtre, « de manière à pourvoir à la base de son individualité naissante ».
Our fine-tuned universe is among others swimming in the bubbly realm of a multiverse (Google - Image FX)
L'effondrement de la fonction d'onde captive l'esprit. J'imagine des fluctuations quantiques pilotant des particules virtuelles dans un champ quantique naissant et en constante expansion, conduisant à la superposition des univers virtuel et réel.
L'information comme fondement de la réalité demeure cependant une réponse imparfaite, car elle évite la question de l'origine de cette information. Face à l'abîme ontologique que représente la perspective du néant, Jean-Paul Sartre décrivait une régression à l'infini, comme si nous avions ouvert une boîte de Pandore de laquelle jaillissaient sans fin des questions liées les unes aux autres.
We have opened a Pandora’s box from which a neverending series of related questions spill one after the other (Google - Image FX)
Puisque notre raison ne se satisfait pas du concept de néant, certains envisagent la possibilité que nous soyons les captifs d'un univers virtuel ou holographique; d'autres vont jusqu'à affirmer que nous ne sommes que les pensées d'un « esprit » cosmique duquel nous ne nous sommes jamais extirpés depuis l'origine conceptuelle de l'Univers. Notre mort physique interviendrait-elle lorsque ces pensées s'évanouissent ?
Le fou sur la colline (voir l'article suivant), qui s'inspire des écrits d'Alexander, préfère fuir le déterminisme sous toutes ses formes et concevoir un scénario dans lequel l'information se révèle à elle-même en s'exprimant et, ce faisant, donne naissance à la conscience.
L'univers est une symphonie de lumières et de sons, jouée sur le clavier du temps.
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La conservation de l'être - Résonance ou vanité
La minuscule planète bleue sur laquelle nous nous trouvons, sillonnée de nuances de gris, se situe loin de la bande spatiotemporelle de violet mêlée de jaune, signe d'une explosion d'énergie. ...
https://www.resonanceouvanite.com/2025/02/la-conservation-de-l-etre.html
*Georges Lemaître, L'hypothèse de l'atome primitif, extrait de la revue des Questions scientifiques, 20 juillet 1948
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