Pensée symbolique
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Symbolic Reasoning - Consciousness and the Universe
Certainly, three kindred spirits have here encountered each other; and although the first two missed each other on earth by eight centuries and the last two by twelve months, still in the heart ...
https://www.consciousnessanduniverse.com/2023/09/symbolic-reasoning.html
Je suis tombée par hasard sur Rubáiyát d'Omar Khayyám à travers l'artiste Elihu Vedder qui expliquait à ce sujet que nous sommes tous des maillons d'une chaîne invisible, un lien parmi des âmes sœurs. Qu'il s'agisse de rencontres en temps réel ou léguées au travers d'un patrimoine intangible, elles sèment en nos cœurs des sensations qui perdurent quant à une forme de pensée collective dans le temps et l'espace. Ainsi, nous sommes convaincus que nos paroles, nos actes et notre existence sèmeront une graine dans les esprits futurs.
John Locke a écrit que quelque chose existe depuis l'éternité, quelque chose qui a toujours été de par sa propre nature. Trois cents ans plus tard, Max Plank affirmait que ce quelque chose pourrait être une force caméléon par laquelle toute matière naît et existe. Dans ce jeu de relations référentielles préliminaires, tout ce qui existe devrait avoir, dans le temps et l'espace, une cause pour exister.
Les mots, signes et symboles que nous choisissons consciemment comme vecteurs d'expression, et leur traduction en termes de référence, dépendent de la liberté d'agir, nourrie par un sentiment intérieur ancré dans le temps. La raison voudrait cependant nous faire croire que, tout comme nous ne pouvons anticiper l'avenir, le caractère accidentel des événements nous empêche de concevoir toutes les étapes traversées et événements survenus dans l'histoire de l'univers depuis ses conditions initiales, et encore moins son état quantique d'origine autant que l'on puisse accepter la réalité d'un ordre chronologique.
Aussi difficile soit-il à dénouer, l'univers est une belle histoire que chaque génération s'obstine à écrire au fil de son exploration. À chaque carrefour, son histoire se divise sans cesse, ajoutant de nouveaux chapitres. C'est ce qui se produit, comme l'a souligné Steven Weinberg, chaque fois qu'un corps macroscopique émerge d'un choix d'état quantique. Choisir engendre une sorte d'hésitation comme celle observée par Georges Lemaître** (voir article suivant) quand l'univers, à ses débuts, ne s'est pas précipité entre deux périodes distinctes d'expansion rapide. « ... le rayon de l'espace, parti pratiquement de zéro, » explique-t-il, « a augmenté avec une vitesse de moins en moins grande et a atteint et dépassé lentement la valeur du milliard d'années où attraction et répulsion se faisaient équilibre, l'expansion a repris ensuite à un rythme accéléré ». A-t-il pu y avoir des périodes de stase à d'autres moments de son évolution ?
C'est sur ce choix quantique que repose l'une des thèses de la formation du multivers. Il s'agit d'une chaîne d'univers nés de chaque nœud du fil du temps, à travers les événements passés, présents et futurs, créant ainsi un patchwork imbriqué. Quel que soit le reflet du premier instant kaléidoscopique, un fil a été cousu à travers les ombres, sur lequel les univers se sont incrustés.
To the mind’s eye, it is a string of universes brought into being at every knot made on the thread of time through chains of past, present, and future events, and so creating a tightly knitted patchwork. (Google - Image FX)
Whatever the mirror faces of the first kaleidoscope-like moment, a thread was sewn through the shadows, on which universes expand (Google - Image FX)
Un débat théorique sur la composition structurelle d'un tel paysage soulève des questions comme de savoir si les composantes fondamentales varient à travers le multivers. Existe-t-il un ensemble global de méthodes et de lois et une relation entre elles ? Au-delà des frontières universelles, l'émergence se produit à des points de jonction, comme par les tunnels des trous noirs. On se demande donc s'il n'ya rien de simple au cœur de tout cela.
Mais plus on creuse, plus on exhume des faits complexes dont la forme et les aspects sont polydimensionnels. Sans être une entité physique réelle, le multivers peut être une structure polydimensionnelle dans laquelle des particules transfigurées et des forces transposables font échos. Les différentes dimensions contenues dans cette chambre de résonance vibrent à travers des parois invisibles.
La polydimensionnalité décrit la capacité des univers – physiques ou non – à entrer en résonance complexe les uns avec les autres. Si le hasard est un critère extensif, en quoi consiste cette extension et les composantes de ce hasard? À l’intérieur de la structure polydimensionnelle du multivers, notre univers par la matière et l’espace-temps fait circuler toutes les choses et leurs ressentis.
Sans les ressentis, le multivers n'aurait aucune résonance. Dans notre univers, la matière drape la géométrie. Comme la cavité qui apparaît dans la pomme parce que le pédoncule est là, la réalité apparaît lorsque l'espace-temps montre à la matière comment se déplacer tandis que la matière indique à l'espace comment se courber, comme s'ils étaient conscients l'un de l'autre. La matière est une apparence extérieure, une manifestation physique des perturbations périodiques de l'espace-temps.
Si aucune croyance n'est une île, aucune probabilité ne l'est non plus. Je veux dire que les idées ont un contexte. Les univers qui composent le multivers sont comme des îles dans un océan en constante expansion, apparemment détachés, voire isolés, mais intrinsèquement connectés. Chaque position dans le multivers démontre l'étendue des probabilités selon lesquelles une particule se trouve à une position donnée jusqu'à ce que cette probabilité n'a plus lieu d'être et est remplacée en temps réel par un fait d'observation.
Le multivers décrit un faisceau d'axes d'association possibles, dont les relations entre elles ne sont pas nécessairement en temps réel. La physicalité n'est pas ce que j'ai en tête. Les concepts de polydimensionnalité et de probabilité sont interdépendants dans le temps imaginaire. La perception est multidimensionnelle. Il existe une résonance informationnelle, au-dessus et au-dessous de la surface. Bien que révélée en temps réel par les moyens symboliques de la géométrie et des nombres complexes, sa source réside dans le temps imaginaire.
Ainsi, le processus d'attribution d'une interprétation fixe devient une extension de la théorie des probabilités. C'est un argument en faveur de l'existentialisme, dont le principe fondamental de liberté permet de conférer un degré de réalité à tous les faits, virtuels ou non. Il implique la manifestation en temps réel de l'espace-temps, sa fixation momentanée. Dans l'exploration de l'univers/multivers, science et philosophie cherchent ensemble à déchiffrer les conditions d'harmonisation au sein d'un tel corps de résonance.
L'information circule à travers un réseau de procédés symboliques tributaires de l'appropriation d'éléments devenant composantes de la réalité. C'est l'acte humain de perception qui rend possible l'interprétation de l'univers en temps réel.
J'ajoute à cette réécriture de l'article original paru il y a tout juste deux ans en anglais, que, pour Leibniz, qui, comme de nombreux philosophes et scientifiques des temps passés, tenait l'homme au sommet de la hiérarchie des êtres, il faudrait suppléer le terme 'aperception' à celui de perception. Il entendait par là qu'il faille être doué de conscience pour être en mesure d'interpréter l'univers.
En fin de compte, ce que je questionne, c'est le concept même de réalité.
*Leibniz, La monadologie, 1714
**Georges Lemaître, L'hypothèse de l'atome primitif, extrait de la revue des Questions scientifiques, 20 juillet 1948
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