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Consolation de la Philosophie

Publié le par Ysia

Ah ! je sais maintenant la principale cause de votre maladie. Vous avez cessé de vous connaître vous-même : je connais le remède qui peut seul vous guérir. Votre mal est extrême et pourrait devenir mortel, puisque vous vous oubliez vous-même; que vous gémissez de vous voir exilé et dépouillé de vos biens ; que vous ignorez la fin de toutes choses ; que vous pensez en conséquence que les scélérats, qui font tout à leur gré, sont véritablement puissants et heureux ; et qu'enfin, ne connaissant point les ressorts secrets que la Providence fait agir, vous pensez que tous ces événements sont l'effet du hasard. En faut-il davantage non seulement pour causer la plus grande maladie, mais la mort même de la raison ?

Boèce

Les astres les plus brillants perdent leur éclat lorsqu'ils sont voilés par de sombres nuages ; si le vent du midi agite les flots de la mer, son onde, qui le disputait à l'azur des cieux, se trouble et cesse d'être transparente ; le fleuve impétueux qui coulait avec vitesse du haut des montagnes, arrêté quelquefois par les obstacles qui se trouvent sur la route, est obligé de se replier sur lui-même : voulez-vous marcher ici-bas sans obstacles et voir la vérité sans nuages, ne vous laissez ni ébranler par la crainte, ni séduire par la joie, ni entraîner par l'espérance ; car l'âme qui est en proie à ses passions perd tout à la fois sa lumière et sa liberté.

Boèce

Après toutes les vicissitudes qui changent continuellement la face de l'univers, peut-on compter sur des biens périssables, sur une félicité d'un moment ? Tout change ici-bas. Les plus brillantes étoiles disparaissent le matin, quand le soleil monté sur son char étincelant commence à répandre ses rayons victorieux. Les roses que le zéphir fait éclore par son souffle fécond, brûlées par les ardeurs du vent du midi, se dessèchent et tombent, et la tige qui les portait n'est plus qu'un vil arbuste hérissé d'épines : l'onde tranquille de l'Océan se change dans un instant en une écume épaisse, lorsqu'elle est agitée par la tempête : tout change de même en ce bas-monde ; rien de créé ne peut être durable : telle est l'éternelle et immuable loi du Créateur.

Boèce

Consolation de la Philosophie

Au premier coup d'oeil, la Providence et le destin semblent être une même chose, mais à les approfondir on en sent la différence ; car la Providence est la souveraine intelligence elle-même, qui règle et conduit tout ; et la destinée est le différent arrangement des choses créées, par lequel elle les met chacune à sa place. La Providence en effet embrasse tout à la fois toutes les choses de ce monde, quelque différentes, quelque innombrables qu'elles soient, et la destinée est attachée à chaque chose en particulier, et diversifiée, pour ainsi dire, autant que les choses le sont par les différentes combinaisons du mouvement, des modifications, des temps et des lieux.

Boèce

En effet, comme un ouvrier, en concevant l'idée de l'ouvrage qu'il projette, le produit intérieurement tout entier, quoiqu'il ne l'exécute ensuite que successivement au dehors; de même, la Providence, par un seul acte, règle d'une manière immuable tout ce qui doit se faire dans l'univers, et elle se sert ensuite du destin pour l'exécuter en détail successivement, et de mille manières différentes. Soit donc que le destin exerce son action par l'influence directe de la Providence, soit qu'il l'exerce par l'impulsion particulière de l'âme ou par celle de toute la nature...

Boèce

Les astres dont (le firmament) brille conservent entre eux une paix éternelle. Le soleil, malgré la rapidité de son char, ne sort point de sa carrière pour aller fondre les glaces du Nord. L'ourse, qui roule sur l'un des pôles du monde, toujours élevée sur l'horizon, voit sans envie le reste des étoiles se plongerdans les flots, et jamais ne s'y rafraîchit comme elles. C'est toujours le même astre qui dit à la nuit d'étendre sur l'univers son voile ténébreux : c'est le même qui tous les matins l'avertit de le replier pour faire place à l'aurore.

Boèce

l'homme est véritablement libre. La liberté est l'apanage de toute créature raisonnable. Car tout être doué de raison est capable par lui-même de discerner les choses et de connaître ce qu'il doit désirer ou fuir. Dès lors il peut se porter à l'un, et se détourner de l'autre. Ainsi, tout être en état de raisonner et de juger, a la liberté de vouloir ou de ne pas vouloir. Il est vrai que cette faculté n'est pas égale dans tous les êtres raisonnables. Car les substances célestes ont une intelligence plus pénétrante, une volonté plus pure et un pouvoir plus parfait de se porter à ce qu'elles désirent

Boèce

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Quand l'ombre menaça

Publié le par Ysia

Quand l'ombre menaça de la fatale loi
Tel vieux Rêve, désir et mal de mes vertèbres,
Affligé de périr sous les plafonds funèbres
Il a ployé son aile indubitable en moi.

Luxe, ô salle d'ébène où, pour séduire un roi
Se tordent dans leur mort des guirlandes célèbres,
Vous n'êtes qu'un orgueil menti par les ténèbres
Aux yeux du solitaire ébloui de sa foi.

Oui, je sais qu'au lointain de cette nuit, la Terre
Jette d'un grand éclat l'insolite mystère,
Sous les siècles hideux qui l'obscurcissent moins.

L'espace à soi pareil qu'il s'accroisse ou se nie
Roule dans cet ennui des feux vils pour témoins
Que s'est d'un astre en fête allumé le génie.

Stéphane Mallarmé

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Nouvelle Victoire

Publié le par Ysia

 

 

Il semble que le droit reprenne du terrain aux Etats-Unis avec la récente décision, notamment, d’une cour fédérale de suspendre les travaux de construction de l’oléoduc près de la réserve sioux de Standing Rock en vue de réaliser un examen approfondi des risques pour l’environnement. 

 

Par ailleurs, pour rappel, la Nation sioux a toujours refusé la compensation monétaire octroyée pour l’acquisition, reconnue frauduleuse  par la Cour suprême en 1980, de ses terres, y compris les Black Hills et le mont Rushmore. Une nouvelle décision juridique serait-elle dans l’avenir envisageable?

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Doute

Publié le par Ysia

Baume d'abeille

Baume d'abeille

La blanche Vérité dort au fond d’un grand puits.
Plus d’un fuit cet abîme ou n’y prend jamais garde ;
Moi, par un sombre amour, tout seul je m’y hasarde,
J’y descends à travers la plus noire des nuits.

Et j’entraîne le câble aussi loin que je puis.
Or, je l’ai déroulé jusqu’au bout : je regarde,
Et, les bras étendus, la prunelle hagarde,
J’oscille sans rien voir ni rencontrer d’appuis.

Elle est là cependant, je l’entends qui respire ;
Mais, pendule éternel que sa puissance attire,
Je passe et je repasse et tâte l’ombre en vain.

Ne pourrai-je allonger cette corde flottante,
Ni remonter au jour dont la gaîté me tente ?
Et dois-je dans l’horreur me balancer sans fin ?

Sully Prudhomme

 

Être authentique vis-à-vis de soi et des autres, c’est être à nu sans angoisse ni peur ni doute dans ses relations, dans ses conversations,  sa présentation aux autres. Le manque de confiance en soi et le besoin de sécurité sont aux antipodes de l’authenticité. L’intuition triomphera-t-elle sur l' angoisse dans laquelle l’incertitude érigée en principe plonge? 

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Troisième semaine de manif

Publié le par Ysia

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Proteste! (2)

Publié le par Ysia

Proteste! (2)
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Proteste!

Publié le par Ysia

Proteste!Proteste!Proteste!
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Le Jardin aux sentiers qui bifurquent

Publié le par Ysia

Easter Island Mind

Easter Island Mind

Il croyait à des séries infinies de temps, à un réseau croissant et vertigineux de temps divergents, convergents et parallèles. Cette trame de temps qui s'approchent, bifurquent, se coupent ou s'ignorent pendant des siècles, embrasse toutes les possibilités. Nous n’existons pas dans la majorité de ces temps...

Jorge Luis Borges

Statuette

Statuette

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Physique Quantique

Publié le par Ysia

Enso

Enso

Antoine Suarez avoue qu’il ne peut s’empêcher d’admirer combien la physique quantique était déjà contenue dans la description logique d'Aristote sur la «bataille navale» ci-suit:

 

Chaque chose, nécessairement, est ou n’est pas, sera ou ne sera pas, et cependant si on envisage séparément ces alternatives, on ne peut pas dire laquelle des deux est nécessaire. Je prends un exemple. Nécessairement il y aura demain une bataille navale ou il n’y en aura pas ; mais il n’est pas nécessaire qu’il y ait demain une bataille navale, pas plus qu’il n’est nécessaire qu’il n’y en ait pas. Mais qu’il y ait ou qu’il n’y ait pas demain une bataille navale, voilà qui est nécessaire. Et puisque les propositions sont vraies en tant qu’elles se conforment aux choses mêmes, il en résulte évidemment que si ces dernières se comportent d’une manière indéterminée et sont en puissance de contraires, il en sera nécessairement de même pour les propositions contradictoires correspondantes. C’est bien là ce qui se passe pour les êtres qui n’existent pas toujours ou qui ne sont pas toujours non existants. Il faut alors nécessairement que l’une des deux propositions contradictoires soit vraie et l’autre fausse, mais ce n’est pas forcément celle-ci plutôt que celle-là : en fait, c’est n’importe laquelle, et bien que l’une soit vraisemblablement plus vraie que l’autre, elle n’est pas pour le moment vraie ou fausse. Par suite, il n’est évidemment pas nécessaire que de deux propositions opposées entre elles comme l’affirmation et la négation, l’une soit vraie et l’autre fausse. En effet, ce n’est pas à la manière des choses qui existent que se comportent celles qui, n’existant pas encore, sont seulement en puissance d’être ou de ne pas être, mais c’est de la façon que nous venons d’expliquer.  (Aristote : Les futurs contingents. Traduction de J. Tricot)

 

Spirales néolithiques

Spirales néolithiques

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Résonance

Publié le par Ysia

Tanzanian figure

Tanzanian figure

 

Je me demande si on peut échapper à son destin. Mais de quoi suis-je la résonance ? Est-ce de ma nature véritable ? Qu’est-ce qui existe et perdure dans l’identité de mon être ? Un écho du passé, une image fractale d’ordre et de chaos. En moi résonne le Spleen de Baudelaire.

 

De la résonance des sons à la résonance des mots, Iegor Reznikoff avait discuté de la place privilégiée du phénomène de  résonance dans la production de l'art pariétal. L'importante capacité crânienne, rappelait Daniel E. Lieberman, prédispose l'Homo sapiens à percevoir les sons graves. Les basses fréquences résonnent au plus profond de l’être. Résonance et sensibilité vont de pair.

 

On dit que le dauphin perçoit des sons d'une fréquence 8 à 10 fois supérieur au seuil auditif humain. C'est leur résonance, autrement dit le retour d'écho, qu'il perçoit. Et si entre les êtres et les  choses visibles et invisibles, il n’y avait qu’un miroir sur lequel se reflétaient les sons de l’Univers.  

 

Et si les rêves n’étaient que des résonances de l’imaginaire à l’inconscient, une extension de nous-mêmes de la même façon que les instruments de mesure dont nous nous servons dans la conquête de l’espace en sont eux aussi ?  

 

J’imagine les vibrations que produisent les sons à l’intérieur des êtres, l’écho du son universel qui ouvre le champ des consciences. De la résonance individuelle à la résonance collective, de la fréquence du microcosme à celle du macrocosme, des microconsciences aux macroconsciences,  entités, petites et grandes, résonnent-elles à l’unisson ? 


 

Two african birds

Two african birds

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