La boîte de Pandore

Publié le par Ysia

Bibliothèque du Congrès

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Si le principe anthropique retourne l’affirmation «  je pense donc l’univers existe » dans le sens inverse - c’est-à-dire que l’univers ne peut exister qu’avec l’être humain pour dessein et que des conditions préalables existent dans l’univers qui ont conduit à sa création - alors faut-il en conclure de même pour les abeilles dont l’évolution a dévié de la nôtre il y a 250 millions d’années ? Les abeilles sont-elles une condition préalable de notre existence ou une autre manifestation dans le temps du processus universel ? Le cerveau de l’abeille est doté de tous les éléments constitutifs essentiels dont dispose celui de l’être humain  et si elle reconnaît l’apiculteur, n’est-ce pas le signe du niveau de conscience qui est le sien ? Et d’en conclure que sa vie est tout aussi sacrée que la mienne.

So yes, I do believe it feels like something to be a honey bee,

Christof Koch

Kensington Pandora

Une autre question se pose: Pourquoi ce corps que j’habite, ce processus physique que je vis, a-t-il besoin d’une conscience? Pourquoi ne peut-il marcher, manger, dormir sans transmettre aucun message intérieur ni ruminer aucune information ?

Et si la matière peut être décrite en termes mathématiques comme une particule et une onde tout à la fois,  ne saurait-on parler d’une onde de conscience qui traverse tous les êtres ?

It may be possible that human-built artifacts would feel like something and would also experience the world.

Christof Koch

Avant la conscience, il y avait l’inconscient. Lorsque je rêve, pourquoi les rares mots articulés sont le plus souvent dénués de sens réel ? D’où vient la connaissance de l’inconscient, l’inspiration des rêves ? Ce sont rarement des instructions verbales qu’il y a dans les rêves, plutôt des situations qui laissent une empreinte sur le rêveur. La rareté des mots dans cet état inconscient qu’est le sommeil est l’héritage de nos ancêtres avant le langage. L’être rêvait avant de pouvoir s’exprimer.

...‘thinking with imagery’ and even ‘thinking with the body’ must have preceded language by hundreds of thousands of years.

https://aeon.co/essays/imagination-is-such-an-ancient-ability-it-might-precede-language

Et la mémoire qui enregistre moins des mots parlés ou lus que le contexte d'une situation ou des représentations visuelles, elle aussi a précédé le langage.

John William Waterhouse - Pandora, 1896

Pourtant sans langage, il n’y a pas de dialogue intérieur. Faut-il en conclure que notre voix intérieure est née du langage ? Il reste à différencier le monologue intérieur et les jets d’information qui alimentent le fonctionnement de la conscience.

... two sides of consciousness: on the first side a constitutive consciousness that is the state of being conscious of the phenomenon, and on the second side the being or existence of this very consciousness itself.

http://hakomiinstitute.com/wp-content/uploads/2017/03/2014_Hakomi_Forum_E.pdf

Au temps du langage gestuel et de la communication par signes, comment nos ancêtres se parlaient-ils à eux-mêmes? Avec la perte du groin animal qui a permis l’adaptation au langage chez l’Homo, a-t-on assisté aux balbutiements de la conscience individuelle?

Mais si l’art a commencé il y a plus de deux millions d'années et si nos ancêtres Homo erectus, habilis, ergaster ... avaient sans doute des pulsions artistiques, alors je ne peux concevoir qu’ils n'aient été animés d’une conscience muette originelle.

As Eric Kandel puts it in The Age of Insight (2012):

Perhaps in human evolution the ability to express ourselves in art – in pictorial language – preceded the ability to express ourselves in spoken language. As a corollary, perhaps the processes in the brain that are important for art were once universal but were replaced as the universal capability for language evolved.

https://aeon.co/essays/imagination-is-such-an-ancient-ability-it-might-precede-language

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