recherche en art

Utopie et Quotidien

Publié le par Ysia

Exposition jusqu’au 5 février à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)

Exposition jusqu’au 5 février à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)

Le couplage entre créativité et activisme favorise l’idée que l’on peut employer sa propre créativité au service de l’humanité pour améliorer les conditions de l'existence humaine. Quand Ann Cvetkovich, dans son article paru en 2012 et intitulé “The Utopia of Ordinary Habit: Crafting, Creativity and Spiritual Practice”, déclare que l’état dépressif peut être transformé par l’exercice de pratiques pouvant à même de devenir des microcosmes d’espoir, je pense à la sculpture sur pierre qui pour moi est un moyen d’échapper à ma propre dépression. Si la dépression peut être définie comme l’impact du monde autour de soi sur ses sens, c’est ce même ressenti qui produit le mouvement créatif de ma main et permet au corps de tirer l’esprit de sa torpeur dépressive. Il est effectivement difficile de faire la part des choses entre notre propre émotion et la misère du monde car le spleen peint en noir le monde environnant. Le corps flottant entre l’intérieur de l’être et le monde extérieur, la dépression devient une humeur passagère, une atmosphère des lieux ou une question de sensibilité. Ann Cvetkovich affirme que les activités artisanales, en général - et, dirai-je en ce qui me concerne, la sculpture sur pierre  - peuvent être considérées comme des manières de vivre créatives dans un climat culturel dépressif  et comme des formes ordinaires de pratiques spirituelles. L’utopie des habitudes ordinaires signifie que si la dépression est un état ordinaire, sa cure qui consiste dans l’art de vivre au quotidien peut l'être aussi. Les activités artisanales renforcent le soi souverain et libérent le corps et les sens du joug de l’esprit. Ce sont des formes d’auto-transformation. Et je sais que trop souvent les sentiments de tristesse et de désespoir sont jugés être des signes de dépression et seraient hier comme aujourd’hui mieux servis par l’action sociale que par la prise de médicaments. Comment habiter mieux son corps et moins son esprit permettrait  de recouvrer sa santé mentale et son soi souverain. Les activités manuelles ou artisanales sont un moyen de construire le guerrier spirituel nécessaire à la réalisation d’autres actions dans le monde, y compris l’activisme politique car créativité et activisme sont nourris des passions humaines. Quand les deux sont conjugués, ils peuvent remettre en question le monde et le changer doucement.

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Ugly Buddha and Ugly Television

Publié le par Ysia

Nam June Paik
Nam June Paik
Nam June Paik

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Sculpter le bouddhisme

Publié le par Ysia

Image as insight, when eyesight becomes insight

(Image as Insight, Margaret R. Miles, Beacon Press, Boston, 1985)

Je me souviens être tombée maintes fois en extase devant le visage apaisé de statues bouddhiques dans des lieux divers de Chine. C’est cet apaisement qu’il me tient d’étudier. Mon intérêt pour les statues les plus anciennes s’explique par la quête d’un sourire magique, de paupières baissées et de visages figés dans une pose intemporelle.

Voir et observer dans un élan mystique dans le but de représenter un visage divin portant les symboles anthropomorphiques, de donner une image à l’ultime sagesse, de créer une tête de Maitreya en déchirant le vide, mais avec quels attributs ?

La divinité favorite de l’époque Wei (tartares) en Chine est le Bouddha Maitreya. Le nom miθra dans la langue avestique, langue indo-iranienne, signifiant « pacte,contrat, serment », dérive de *mitra, qui a pour racine mi- « unir, lier, attacher ». Rattaché au suffixe -tra- signifiant « créant, suscitant », le sens étymologique de miθra devient « qui cause l’attachement ». Le mot sanskrit maitreya est communément traduit par “amical” (Dictionnaire sanskrit-français) et semble se rattacher à la figure perse mithra (mitra). La représentation de Maitreya est souvent statuaire, de pierre ou de bronze plaqué or. Les plus beaux enchantements sont les statues du style Gandhara. Mais sa représentation rupestre est aussi un élément manifeste des muraux en Chine ou en Inde.(Maitreya, the future Buddha, Alan Sponberg and Helen Hardacre, Cambridge University Press, 1988)

Tel un dialogue entre mon âme et le Ciel, je poursuis ma recherche : une étude iconographique qui se concentre sur l’aspect immatériel. Vanité que de vouloir créer une image qui manifeste l’inexprimé, le non-manifesté, le mystère du non-dit, le génie dans sa simplicité originelle, d’une puissance ensevelie et engourdie, produit du passé et de l’ancien à la fois révolu et réapparu! Graal ou quête fondamentale de l’élément sacré, Maitreya que je poursuis aura la tête béante, sans front ni oval fermé, parce que s’abreuvant à la sapience céleste. La pluie savante et sage le nourrit, l’habite, véhiculant vers la terre des richesses inouïes. Mais seul son cou, non son corps, sera visible parce qu’il n’est pas. Il est ce prince de l’avenir, ce héros des temps futurs, ce noble voué à la prière, tourné vers l‘au-delà. Affublé d’oreilles incontestablement pour percevoir les chants magiques, les paroles divines et pour entendre les plaintes des hommes, signe de sa compassion. Ce sont là les prémices du Maitreya.

 

(The) capacity to invent a striking pattern, especially when applied to such familiar shapes as a head or a hand, is what is known as artistic imagination. Imagination is by no means first of all the invention of new subject matter, and not even the production of just any kind of new shape. Artistic imagination can be more nearly described as the finding of new form for old content, or - if the handy dichotomy of form and content is eschewed - as a fresh conception of an old subject. The invention of new things or situations is valuable only to the extent that they serve to interpret an old - that is, universal- topic of human experience

p.142, Art and Visual Perception by Rudolf Arnheim

La représentation visuelle a, depuis toujours et de par le monde, été privilégiée à la formulation des mots, a fortiori dans le domaine de la religion. Si pendant longtemps le Bouddha n’avait pas de statue à son image, elle fut créée pour faciliter la diffusion du bouddhisme et son culte par les masses populaires, comme si les yeux étaient mieux à même de comprendre. Le regard facilite la dévotion religieuse et se fixe sur l'objet de la prière. Au niveau supérieur, la fonction visuelle renforcée par la faculté du langage laisse une empreinte plus profonde . L'art permet la réification de l'objet mental. Comme s'il fallait extraire de nous-mêmes nos émotions pour mieux les contempler et les dénommer, ainsi en est-il du processus de vulgarisation des dogmes religieux. Mais comment codifier par l’image la preuve divine? Au-delà du jeu politique et de l'adaptation des images aux dogmes religieux, c'est l'importance des couleurs dans la transmission du message religieux qui m'intrigue. Ainsi l’ai-je compris lors de mon périple autour du monde, des grottes du Xinjiang et de l'Inde jusqu' à l'Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe. Si j’avais à établir ma propre codification avant l’image, je la voudrais représentative d'humilité, simple et humaine. Les yeux du visage divin, s'ils sont ouverts, doivent être immenses, à moins que je me résigne à refermer ses paupières à la manière des statues bouddhiques. Comme représentation de l’humilité, je prendrai pour couleur de robe le noir.

La lecture de deux articles sur le site academia.edu, The spread of Buddhism to China par Tansen Sen et Indian influence and Chinese creation par D. Chang Qing m'a amenée à réviser les notes anciennes regroupées sous le titre Sculpter le bouddhisme que j'avais écrites il y a quelques années.

Isn't that the best way to learn? To carry one's mistakes to their logical conclusion.

The Agony and the Ecstasy, Irving Stone

Sculpture cannot be taught by books or the spoken word: it must be experienced by the artist. Art is a command. The hands must be trained by practice, the mind by constant acquisition of knowledge, and the heart by its undefeated faith and desire to overcome all obstacles. For sculpture is a thorny road beset by barriers, defeats, and disappointments. Art is , however, made of the stuff that dreams are made of, and they say the dreamer is a favorite of the gods. To him they whisper theirs secrets, to him the moon reveals her inmost beauty, and the night will enfold him to her heart and guard him with her strong dark wings. The poet and the artist must be ready to harness Pegasus to pull a heavy load. Labor and fatique are the inevitable price of accomplishment, for no great creation is easily conceived or expressed. Art has been called the Holy Land where the initiates seek to reveal the spirituality of matter...The training of the hands to respond deftly to the mind is a distinct and joyful experience...Even though we generally fall far short of our aim, we still are impelled by this ever-flowing stream of hopeand desire to try again to supass ourselves. Failures are many and often devastating to our morale, but one or two bull's-eye successes will carry us over months of hard labor.

Malvina Hoffman

L’idéogramme bouddha est composé des caractères de l’homme et de la négation.

Le sens profond est, à l’évidence, avoir dépassé la sphère de la vie humaine minée par ses limitations et pénétré l’absolu

Truth and tradition in Chinese Buddhism, Reichelt, 1930

Ce qui rend particulier le mariage du bouddhisme et du taoïsme est précisément la double pensée de l’homme qui, dépassant la sphère de la vie humaine marquée par ses limitations, pénètre l’absolu et de celui qui ayant aimé la retraite et l’obscurité par-dessus tout, efface délibérément la trace de sa vie. Effacement qui n’est motivé, ni par un sentiment d’humilité, ni par une dévotion pour des méditations plus hautes, qui est amour de soi, paresse et dédain (Histoire des croyances religieuses et des opinions philosophiques en Chine, Léon Wieger, 1917).

S'il faut atteindre un objectif dans la sculpture en pierre d'un visage d'inspiration bouddhique, c'est celui que mentionne John H. Dryfhout dans The Work of Augustus Saint-Gaudens au sujet du Mémorial d’Adams une expression mimant une profound psychological content and mysterious aura et une suggestive abstraction and haunting grandeur. Les sculptures bouddhiques ont pour objet de provoquer l’éveil en répondant aux besoins de l’âme. Comparativement à ce but utilitaire, les règles esthétiques viennent en second.

first “seeing” in a mystical sense and later reproducing that personal vision of what is known by all and what will serve to replenish understanding

Sculpture in stone, Cami Santamera, 2001

Sculpter le bouddhisme

Sagesse…ensevelie dans une idolâtrie…Par un travers d’esprit assez commun, on abandonne une vérité dont la recherche était difficile, pour les mensonges qui lui servaient de voile.

Relation des Royaumes bouddhiques 佛国记 de 法显, Abel Rémusat, 1836

It must be realized at once that the keynote to Buddhist sculpture in China, at any rate during the earlier part of that religion's supremacy, is not corporeal representation, but intense spiritual realization.

An introduction to the study of Chinese sculpture, p.3, Leigh Ashton, 1924

Avant le premier siècle avant notre ère, le Bouddha n’avait jamais été représenté sous une forme humaine mais seulement par le biais des premiers symboles (ombrelle, empreinte de pas, buffle). Par la suite d’autres symboles s’ajoutèrent : l’arbre de la bodhi, la roue et le stupa (The origin of the Buddha image, Ananda k. Coomaraswamy, 1927). Les sculpteurs de l’école de pensée Gandhara furent les premiers à représenter le bouddha historique sous une forme anthropomorphique aux caractéristiques gréco-romaines, révélatrice non pas d’une origine mais d’une influence étrangère (Early Buddhist art in India, G.C. Chauley). L'une des statues du Bouddha les plus anciennes date du deuxième siècle avant notre ère et fut retrouvé durant le règne de Démétrios Ier l'invincible qui fut le souverain de l'Inde de 189 à 167 avant notre ère.

La légende rapporte l’histoire d’une statue en or du bouddha, rapportée à l’empereur par ses généraux d’une région au-delà de Yarkand (Xinjiang). C’est le modèle d’après lequel les statues bouddhiques auraient été façonnées par la suite en Chine (Relation des Royaumes bouddhiques 佛国记 de 法显, Abel Rémusat, 1836).

 

C’est la deuxième année avant notre ère qu’un ambassadeur des Tokhariens se présenta devant l’Empereur de Chine, chargé d’un certain nombre de livres sacrés. Plus de cent ans auparavant, en l’an 121 avant notre ère, une statue d’or gigantesque du bouddha, faisant partie du butin des campagnes militaires, fut apportée à la cour chinoise.

Chinese Buddhism, Eitel, 1870

En 207 avant Jésus-Christ, des missionnaires bouddhistes venus de l’Inde entrèrent en Chine et s’établirent dans la capitale de la province de Chen-si pour y prêcher. Ensuite vers l’an 122 avant Jésus-Christ, une statue d’or de Bouddha fut envoyée du Yicouhou ( ?) à l’Empereur par ses généraux qui avaient pénétré jusqu’à cette province située au-delà de Yarkand. Ce fut là l’origine et le modèle des statues de Bouddha en Chine.

L’empire chinois, Lamairesse, 1893

Selon The Buddha in the dragon gate, 2001, Jan Van Alphen, c'est vers 195 avant notre ère qu'il est fait pour la première fois mention d'une sculpture bouddhique en Chine. D’après 佛国造像艺术 ( 徐华铛编著), du fait de l’analphabétisme et du caractère abstrus de l’enseignement bouddhique transmis à travers les textes sacrés, l’objet statuaire est la concrétisation physique à la fois visuelle et palpable, et donc compréhensible, pour les besoins de la profession de foi. S’agissant de la représentation statuaire, il faut noter qu’à l’exception de quelques exemples,…avant la dynastie Song, les sourcils des figures bouddhiques chinoises ne se rejoignaient pas au milieu et tombaient en courbe droite sur les lignes du nez. An introduction to the study of Chinese sculpture, p.44, Leigh Ashton, 1924. Mais comment penser la tête du bouddha, siège de la conscience cosmique ?

S’ ajoute l’autre légende de l’empereur Ming qui rêva d’un homme au halo d’or, l’une des premières références littéraires au bouddha, le conduisant à envoyer une délégation vers l’Ouest (后汉记 et 后书记). Elle en revint avec deux moines indiens et un grand nombre de classiques bouddhiques. Ils furent transportés sur le dos d'un cheval blanc. Ainsi le temple érigé à Luoyang par l'empereur pour les moines et ceux qui vinrent après eux fut baptisé le Monastère du Cheval Blanc (Buddhism and Buddhists in China, Hodous, 1924). Si , par tradition, l’introduction du bouddhisme en Chine remonte à l’an 67-68, c’est plus exactement dans la seconde moitié du premier siècle et durant le deuxième siècle, qu’elle eut lieu. La déité favorite de l’époque des Wei, jusque vers 500 après notre ère, est le bouddha Maitreya, le bouddha du futur.

L'histoire n'est pas figée. Elle ne s'étend pas en ligne droite. Il y a des cycles historiques et des vagues d'influence qui suivent un mouvement de fond. Le bouddhisme est parvenu en Chine en saccades par la route terrestre depuis l'ouest mais aussi par la route maritime depuis l'Asie du Sud-est. Son évolution est complexe, balottée entre les influences extérieures et les efforts religieux ou politiques de sinisation. L'art bouddhique a suivi une évolution parallèle, embrassant des influences multiples, notamment de Gandhara et de Mathura. D. Chang Qing parle même d'une nouvelle vague d'indianisation largement exprimée à Qingzhou 青州 dans le Shandong et dans l'art au Sichuan du VIème siècle durant les dynasties du Nord et du Sud.

The spread of Buddhism to China was a protracted process that involved people from different regions and ethnic groups. The credit should not all go to the ‘Indians’, nor should it be perceived as an outcome of the interactions between India and China. In fact, Buddhist missionaries from ‘India’ may not have played a significant role in the transmission of the doctrine before the fourth century (Zürcher 1999: 32). The famous story about the Han emperor Ming’s (r. 58–75 CE) dream about the Buddha, the subsequent arrival of the first two Buddhist monks from India and the building of the ‘first’ Chinese Buddhist monastery called the Baimasi (White Horse Monastery) are fabrications. The story of Emperor Ming’s dream was meant to link the introduction of Buddhism with the Chinese court in an attempt to give legitimacy to the foreign doctrine.

Tansen Sen

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Les bornes du chemin de la vie

Publié le par Ysia

Les bornes du chemin de la vie
Les bornes du chemin de la vie

Retour à l'ADN

Retour à la biologie du commencement...

Les bornes du chemin de la vie
Les bornes du chemin de la vie

Using cairns to mark trails occurs around the world, from far north in the Artic south into Argentina; from the Himalayas to the shores of the seven seas; from the deserts of Arabia to the forest of the Amazon. There are tugong bula of Borneo, the alamat of Egypt, the milladoiro of Galicia, the ahu of Hawaii, the mana'shunpi of the Hopi, the varda of Iceland, the isivivane of the Zulu, to name a few.

Cairns : messengers in stone / David B. Williams, The mountaineers Books,p.11

« Serpopards »

Manifestations chthoniennes,

Formes simiennes aux cous enlacés

Éléments de chaos que l’ordre unificateur tente de dompter,

Animaux hybrides qui rappellent ceux de la Chine ancienne,

Équilibre fantastique entre Ordre et Chaos

Fuxi et Nüwa

Yin et Yang

Cosmos.

Pour déterminer l'origine de Fuxi et Nüwa, il faut examiner leur personnalité. On s'aperçoit alors très vite qu'ils présentent des points communs avec les jumeaux germaniques. Fuxi passe pour être le fils de l'esprit du Tonnerre, Fenglong, qui vit dans le marais du Tonnerre. Nous savons qu'il est identique à Huangdi, la fonne chinoise d'Ylaifiükte. Fuxi est aussi appelé Taihao, le Suprême Eclat, or Baldr, fils d'Odin, habite une résidence appelée le Vaste Eclat. Les Chinois ont attribué un «empereur» à chaque direction (les quatre points cardinaux et le centre). Huangdi est le souverain du centre et Taihao est le souverain de l'est, la direction où le soleil se lève. Ce choix ne paraît pas avoir été arbitraire.
Fuxi et Nüwa sont frère et soeur. A une époque tardive, ils ont été considérés comme époux. Nüwa préside aux mariages et elle donne des enfants. Elle est donc une déesse de la fécondité, comme Freyia Cette dernière est identique à Frigg, l'épouse d'Odin, qui est la protectrice du mariage et de la maternité. Les femmes en travail devaient l'invoquer. Le nom de Frigg est de même origine que celui de l'allemande Frija, et il signifie« Bien-aimée », où le verbe « aimer» est pris avec son sens charnel...Une tradition qui s'est imposée vers le deuxième ou le troisième siècle de notre ère voulait que Fuxi ait été le premier souverain de la Chine. Son successeur fut Nüwa, puis ce fut au tour de Shennong. ensemble, ils formaient les Trois Augustes.
Selon les textes chinois, Shennong avait une fille. Un jour, en se promenant près de la mer Orientale, elle se noya. Elle devint un oiseau appeléjingwei d'après le cri qu'il poussait. Il ressemblait à un corbeau, avec un bec blanc et des pattes rouges, et il amenait constamment des cailloux et des rameaux des monts Occidentaux pour les jeter dans la mer Orientale afin de la combler. Les commentateurs chinois pensent généralement que c'était son âme seule qui
s'était transformée en un oiseau. Cette fille s'appelait Nüwa La syllabe wa ne s'écrit pas ici avec le même caractère que dans le nom de la soeur de Fuxi, mais il n'est pas impossible que les ChiIiois aient utilisé deux caractères différents pour transcrire une syllabe étrangère. La déesse Freyia pouvait prendre la
fonne d'un faucon. Cette faculté, que possédait également Odin, était de nature chamanique : l'âme du chaman était capable de quitter son corps, qui restait comme mort, sous la forme d'un animal. Deux corbeaux, perchés sur les épaules d'Odin et qui s'appelaient Pensée et Mémoire, s'envolaient pour lui rapporter ce qui se passait dans le monde... Rien, dans la mythologie chinoise, ne permet d'expliquer la présence de portraits de Fuxi et Nüwa dans les tombes. On la comprend si l'on se tourne vers la Scandinavie: Freyr et
Freyia étaient des dieux des morts. L'association des morts avec la fertilité-fécondité est une caractéristique importante de la religion scandinave. Yama, équivalent indien de Freyr, est surtout connu pour être le roi des morts. Les textes chinois nous apprennent que Fuxi avait une longue barbe. Puisqu'il avait
une queue (ou un corps) de serpent, il était un serpent barbu, or de tels animaux existent dans la mythologie des Hittites et ils représentent le monde souterrain, les Enfers. Les serpents barbus sont également fréquents dans la mythologie grecque. Il n'existe pas de relation connue entre Freyr et les serpents, mais peut-être est-ce dû au fait que les témoignages dont nous disposons sur ce dieu sont trop tardifs. Dans les pétroglyphes scandinaves de l'âge du bronze, qui va de -1500 à -400, les serpents sont très fréquemment représentés, et ils sont souvent associés aux bateaux. Comme Niord, Freyr était en relation avec les bateaux: il possédait un bateau merveilleux, Skidbladnir «Celui qui est formé de fines planches de bois», d'une grande taille
mais que l'on pouvait plier comme un linge pour le ranger dans une bourse...
Le serpent vit dans la terre, or les morts l'habitent également, et c'est la terre qui nourrit les plantes. Ainsi s'explique la relation entre cet animal, les morts et la fertilité-fécondité. On pourrait penser qu'une telle conception a existé en Chine, indépendamment de toute influence étrangère, mais ·ce n'est pas certain. Dans la Chine ancienne, le serpent était un symbole de féminité. L'empereur mythique Shun avait pour nom personnel Zhonghua, or zhong et hua se réfèrent respectivement aux clans du serpent et de l'oiseau, ceux de sa mère et de son père. Nous trouvons ici un thème commun à de nombreux peuples de l'Extrême-Orient, qui n'a absolument rien d'indo-européen: celui de l'oiseau mâle et du serpent femelle. Les deux soleils représentés sur les peintures tourfanaises correspondent très probablement au Soleil du Ciel et au Soleil de la Terre des textes hittites. Les Indo-Européens avaient la conception d'un ciel carré et d'une terre ronde. On la trouve par exemple en Inde.
Selon la cosmologie scandinave, quatre nains supportent le ciel carré. Par conséquent, l'équerre, tenue par un homme, symbolise le ciel masculin et le compas, tenu par une femme, symbolise la terre féminine. Dans ces peintures, l'association des queues de serpent et des deux soleils est tout à
fait remarquable. Elle illustre la dualité des jumeaux, qui ont un aspect chthonien (en rapport avec la fertilité-fécondité) et solaire. Selon le Mu tianzi zhuan, au 244ème jour de son voyage, le roi Mu des Zhou arriva chez
un peuple qui s'appelait les Caonu (nom comprenant la même syllabe nu que celui des Xiongnu). Ces gens vivaient près de la rivière Yang, qui se trouvait probablement au Gansu. Ils offrirent au roi Mu 900 excellents chevaux, 7000 boeufs et moutons et 100 charretées de grains de millet. Leur chef s'appelait Xi. C'était le nom du clan des descendants de Fuxi.Ce dieu avait donc des étrangers pour descendants, ce qui peut indiquer qu'il était lui-même étranger. Ces arguments sont suffisants pour conclure que Fuxi et Nüwa sont d'origine
tokharienne. Les Caonu devaient être des Tokhariens qui se donnaient Fuxi pour ancêtre. Une origine étrangère de ces deux divinités a déjà été supposée par Chantal Zheng. Elle a remarqué que: «Il est assez clair que Fuxi et Nügua n'apparaissent pas systématiquement dans les chroniques chinoises pré-Han »102. Elle les faisait cependant venir de la Chine du Sud. Il existe une autre raison de penser qu'ils ne sont pas chinois: c'est un couple incestueux de
frère et soeur~ or un dieu chinois, Zhuanxu, qui a enseigné les rites aux hommes, a condamné à mourir de faim et de froid un frère et une soeur qui s'étaient unis. C'est non seulement l'inceste qui est condamné en Chine, mais aussi l'endogamie. Un homme et une femme ne se marient pas s'ils portent le même nom de famille, même s'il n'y a aucun lien de parenté entre eux.
Fuxi et Nüwa, sous leur aspect solaire, sont identiques aux chiens blancs, mâle et femelle, qui sont les ancêtres des Rong-Chiens. Puisqu'ils ont des queues de serpent, ils sont susceptibles d'appartenir à la race des dragons, or les Chinois représentent généralement Fuxi avec un corps de dragon et une tête d'homme, comme Fenglong, son père. Si l'on remplace la tête d'homme par une tête de chien, on obtient un dragon-chien qui est probablement illustré par le cabochon de Djoumboulak Koum. Puisque Huangdi, Fuxi et Nüwa sont d'origine tokharienne et qu'ils ont des liens de parenté avec Shennong, celui-ci doit également être tokharien. Son existence n'est pas attestée chez les Tokhariens, mais on peut quand même faire une observation. Dans la Chine antique, il y avait une très importante fête de la moisson, les Bazha «Huit Sacrifices ». Elle clôturait les travaux agricoles et comprenait des sacrifices aux ancêtres et aux dieux protecteurs de la maison...Les Koutchéens
n'ont pas pu emprunter le mot rap aux Chinois, car à l'époque où les Chinois étaient susceptibles de le prononcer avec un r roulé, il n'y avait sûrement pas d'influence chinoise dans le bassin du Tarim. Ce sont donc les Chinois qui l'ont emprunté aux Tokhariens, or les Bazha passent pour avoir été institués par Shennong. On peut envisager deux possibilités : soit les Bazha proviennent du monde tokharien, soit ils constituent une fête purement chinoise, mais en s'installant chez les Chinois, Shennong s'est attribué indûment la création de cette fête. Shennong et le tokharien *rap sont peut-être arrivés simultanément en Chine. Shennong est un dieu du Feu. De là, vient son deuxième nom de Yandi. Les Chinois lui ont adjoint Zhurong, qui passe pour avoir été le directeur du Feu sous le règne de Ku. Quand Zhurong mourut, il devint l'esprit du Feu. Les Chinois ont fait de Yandi le souverain du sud et ils l'ont associé à la couleur rouge et à l'été. Le dieu scandinave Niord, qui correspond à Shennong, a également un rapport avec le feu, car selon Snorri, « n a pouvoir sur la marche du vent, et il calme la mer et le feu »...Comme Shennong était un dieu du Feu, il se pourrait qu'il ait été un sacrificateur comme Vivasvat, or les Chinois appliquent le terme là au sacrifice de :fin d'année. Il y aurait donc bien un rapport entre Shennong et le tokharien *rap.
Les Chinois y sont arrivés à la fin du deuxième siècle avant· notre ère. Il n'y avait plus de r roulé dans leur langue, et c'est pourquoi ils ont transformé le nom du Kroraina en ·glu-glâ~ ce qui est devenu Loulan en chinois
moderne. Comment se fait-il que dans la mythologie chinoise, Shennong puisse être le père de Nüwa alors que Huangdi est le père de Fuxi, qui est le frère de Nüwa ? Serait-il possible que Nfiwa, fille de Shennong, et Fuxi, fils de Huangdi, n'aient pas été empruntés aux mêmes peuples tokhariens? Une autre explication est envisageable: les femmes tokhariennes pouvaient être polyandres. Nous avons vu que plusieurs siècles avant notre ère, les
Tourfanaises portaient des chapeaux à très hautes pointes. On a trouvé une femme portant un chapeau à deux pointes, ce qui signifie, pour certains archéologues, qu'elle avait deux maris. Ce sont sans doute les coutumes des Hephthalites qui les ont conduits à cette hypothèse. Si l'on croit les textes chinois qui nous disent que les Hephthalites étaient de la race des Grands Yuezhi et si l'on admet que les Yuezhi étaient des Tokhariens, on trouve que
les Hephthalites étaient tokhariens, or leurs femmes pouvaient épouser plusieurs frères. Elles mettaient à leurs chapeaux autant de «cornes» qu'elles avaient de maris et leurs enfants étaient considérés comme ceux du frère aîné. Bien sûr, quand une femme a plusieurs maris, on ne peut pas savoir qui est le père véritable de ses enfants. n importe de signaler que la polyandrie a existé ailleurs dans le monde indo-européen... Les Tibétains sont également polyandres. Puisqu'ils ont longtemps été les voisins des Tokhariens, il est peu probable que cette coutume ait été sans rapport avec la polyandrie
tokharienne. Un groupe de frères épouse une femme unique et leurs enfants sont considérés comme ceux de l'aîné. C'est d'ailleurs lui seul qui choisit la femme et un rituel unique consacre le mariage. L'habitat définit le groupe de frères: si Un frère cadet s'établit dans une autre maison, il n'est plus membre du groupe. Une coutume similaire existait chez les Tokhariens... Le fait que Huangdi soit le père de Fuxi n'empêche pas Shennong d'être le père de Nüwa, si Huangdi et Shennong sont frères. Etre frères implique d'avoir la même mère,
mais pas d'avoir le même père. C'est peut-être la signification profonde de ce renseignement donné par. le Yishi: «Yandi partageait la même mère que Huangdi, mais il n'avait pas le même père». En d'autres termes, leur mère était polyandre. Pour la même raison, sans doute, les Koutchéens ne se disaient jamais «fils d'Untel », contrairement à d'autres Indo-Européens... Fuxi et Nüwa possèdent des caractéristiques étrangères aux jumeaux germaniques ou
indiens, mais qu'il est possible d'expliquer. La création des hommes a été attribuée à Nüwa. Elle commença par prendre de la boue au bord d'un étang pour la façonner. Comme c'était trop long, elle trempa une liane dans la boue et la secoua. Les particules qui en tombèrent devinrent des hommes, mais ils ne ressemblaient pas aux premiers : c'étaient des plébéiens, tandis que ceux qui étaient façonnés étaient des nobles. Il existe un mythe grec selon lequel
Prométhée a façonné les hommes avec de l'argile. Ce dieu a un fils, Deucalion, qui s'est uni avec sa cousine Pyrrha pour engendrer les différents rameaux du peuple grec. Peut-être les Tokhariens avaient-ils un mythe semblable, rattaché à celui des jumeaux ancêtres. Shennong, Fuxi et Nüwa étaient tous les trois des musiciens. Le premier d'entre eux aurait inventé le luth ou la cithare. L'invention de la cithare est également attribuée à Fuxi, et il aurait composé des chants dont on trouve les noms dans le commentaire de Wang Yi du
Chuci : Jiabian ou Laoshang. Quant à Nüwa, on lui doit l'orgue à bouche, qui aurait en fait été créé par des peuples de la Chine méridionale. On peut se demander si le talent musical de ces dieux a un rapport avec celui des Koutchéens. Ces derniers, étant de remarquables musiciens, avaient probablement des dieux musiciens. Toutes les caractéristiques de Fuxi et Nüwa ne sont pas passées en Chine. Selon les textes chinois, ils ne sont pas des dieux des morts et ils ne sont jamais assimilés à des chiens. On ne trouve jamais, en Chine, de représentation de Fuxi et Nüwa avec deux soleils, sans doute parce que le Soleil du Ciel et le Soleil de la .Terre étaient trop étrangers à la cosmologie chinoise. Enfin, Fuxi était probablement, chez les Tokhariens, le dieu du Nouvel An. En Chine, ce n'est pas le cas, mais Fuxi est connu pour être le dieu du printemps.

Serge Papillon

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Nouvelle exposition

Publié le par Ysia

Exposition jusqu’au 5 juillet à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)

Exposition jusqu’au 5 juillet à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)

We are all an assembly of parts, pieces and life experiences, and we bring those experiences to the things we do every day. It's what makes us who we are! I've come to learn that my childhood, education and travels influence my dreams, desires and decisions.

Stephen T. Ayers

La sculpture est à la fois la plus abstraite et la plus positive des expressions plastiques. Positive, parce qu’il lui est impossible d’esquiver les difficultés de sa tâche sous des artifices verbaux et que la forme ne vivra qu’à la condition d’être logiquement construite de quelque côté qu’on la regarde. Abstraite, parce que la loi de cette construction ne nous est révélée que par une série d’opérations mentales de plus en plus généralisatrices. La sculpture, avant d’être un art, fut une science, et nul sculpteur ne pourra faire oeuvre durable s’il n’en a retrouvé dans la nature même les éléments générateurs.

Ellie Faure, Histoire de l'Art, p.50

Avant Dédale, la plastique grecque ne connaissait que des images informes, disent quelques auteurs tardifs. Les plus rudimentaires étaient privées de mains, de pieds, d'yeux ; d'autres avaient les bras allongés et collés aux flancs, les jambes et les pieds joints, les yeux fermés. Le premier, Dédale avait ouvert leurs yeux, détaché les jambes et les pieds, les mains et les doigts, si bien que ces images semblaient vivre, se mouvoir, marcher, respirer, parler même, et qu'il fallait les enchaîner pour empêcher leur fuite.

Waldemar Deonna,Les yeux absents ou clos des statues de la Grèce primitive

Nouvelle exposition
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Art ancien chinois

Publié le par Ysia

C'est avec la civilisation Liangzhu (3310-2250 avant notre ère) qu'apparaissent les premières figures bestiales dans l'art ancien décoratif chinois.

 

Il est dit dans l'ouvrage japonais traduit en chinois de l'étude sur les motifs anciens d'animaux et de divinités 神与兽的纹样学 (Editions San-Lian, 2009) que les représentations bestiales gigantesques tendent à disparaître à partir de la dynastie des Zhou orientaux (VIIIe avant Jésus-Christ) pour laisser place à des objets de formes plus réduites que l’histoire nous a légués soit dans des tombes funéraires soit ensevelis en hâte, lors de la fuite des souverains déchus devant l’avancée des barbares du Nord.

 

Divinity and deer

 

A partir de la période Printemps et Automnes (VIIIe avant Jésus-Christ), les figures bestiales tendent à  être représentées de biais, rendant difficile leur identification. Conformément au système de pensée confucéen qui tient pour référence le modèle des souverains de la dynastie Zhou, on a voulu reproduire dans une moindre mesure l'art décoratif de cette époque jusque vers 600 avant Jésus-Christ alors que des formes contemporaines prennent naissance. A partir des Hans (IIIe siècle), tigres et buffles sont moins présents dans l’art décoratif que les ours et les cerfs et les représentations grandeur nature des lions de pierre coïncident avec le développement des relations avec les contrées lointaines de l’Ouest.

 

Au-delà d’une claire succession de figures bestiales au fil des siècles, qui incluent les représentations animales les plus surprenantes telles que les tapirs, il est intéressant de noter comment ces différentes figures allient parfois les caractéristiques d’autres animaux, comme un échange de qualités et le bœuf de porter des cornes de bouc. De fait, le simple ajout de cornes peut faire référence à une offrande au soleil.Divinités du feu, divinités du soleil, mais le feu aussi symbolise le soleil ! Et les représentations bestiales en hommage au soleil d’être recouvertes d’écailles, n’est-ce pas pour faciliter le coucher du soleil à l’horizon dans les mers profondes? Deer and nirvana

 

Figures animales et humaines se mêlent comme pour signifier un monde sans frontière des hommes et des divinités.head with harelip
 

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Ophidien mythique

Publié le par Ysia

Jordan Paper also recently speculated that the taotie in ritual imagery derived "from either a mask-helmet signifying power and authority or the mask that is worn in symbolizing the spirit of the dead to whom sacrifices were offered')." Whether or not one uses anthropological theory or later literary data, without evidence from the Shang period it is not possible to substantiate whether "helpers" or "masks"ever existed in Shang religious practice. ... The moralistic tone in this passage is directly connected with Confucian exegesis of the 3rd century BCE for taotie are exemplary of evil that is recompensed by self-destruction. In another passage from the same text we learn that taotie like qiongqi are nothing but wild beasts without the ability to lead or protect the people. The latter moral message about taotie is documented elsewhere and at length, in the Zuozhuan, a text that corresponds with historical entries in the Chunqiu. There taotie is the name of the mythic power reknown for gluttony and as one of the four directional forces of evil that was destroyed by the heroic ruler Shun.

http://www.academia.edu/20838347/The_Metamorphic_Image_A_Predominant_Theme_in_the_Ritual_Art_of_Shang_China_Part_I

Ophidien mythique

Peut-on parler de mythologie primordiale répandue au gré des migrations humaines sur la planète? Peut-on enfin parler d'une ancienne croyance sortie d'Afrique en même temps que les premiers hommes?

L’image d’un dragon possédant une tête de mammifère, ou avec des attributs de mammifères (cornes, oreilles), se retrouve en Chine, durant la culture Hongshan, entre 4000 et 2000 avant notre ère. De petites images en jade, retrouvées dans des tombes, semblent hybrider dragon et cochon (sanglier?). Leur tête présente systématiquement un museau (qui forme une sorte d’expansion artificielle), des oreilles et des narines, avec une bouche ouverte et deux défenses sur les côtés. Le corps, longiligne, adopte la forme d’un C (Childs-Johnson 1991 : 82-84) et possède parfois une nageoire dorsale. L’origine de l’association d’une tête de cochon et d’un corps reptilien peut s’expliquer par les débuts de l’agriculture et le besoin de voir les troupeaux se multiplier. Le lien entre le dragon et l’eau est ici implicite : des références plus tardives trouvées dans la littérature chinoise classique considèrent le sanglier comme l’incarnation d’un esprit de la pluie et du tonnerre (Childs-Johnson 1991 : 91-93). Par ailleurs, les défenses de l’animal rappellent les cornes de nos autres images.

Julien d'Huy

Le motif du dragon se serait diffusé depuis l'Afrique du sud à la Chine.Et c'est  dans les contes et les mythes que se transmet l'imaginaire primordial.

Les différents types de dragons se diviseraient ainsi, de manière optimale, en trois groupes : — Groupe 1 : Afrique du Sud, Chine, Japon, Australie, Mésoamérique. — Groupe 2 : Grèce antique, aire indo-iranienne, aire celtique, aire germanique, aire slave. — Groupe 3 : Kabylie, Égypte, Hittites, Pays basque, Colombie britannique, Amérique du Nord-Est, Amérique du Mid-Ouest, Indiens des plaines, Grand Sud-Ouest américain, Californie, Basse Amérique centrale, Andes du Nord, Andes centrales.... le motif du dragon aurait quitté l’Afrique et, longeant les côtes du Pacifique, aurait atteint l’Extrême-Orient puis l’Australie et la Mésoamérique (groupe 1 ; une partie du groupe A). De cet ensemble, une élaboration plus tardive du motif (groupe 2 ; soit une partie du groupe A) puisant ses sources dans un substrat plus ancien, aurait suivi la migration des peuples indo-européens (Grecs, Indo-Iraniens, Celtes, Germains, Slaves). Une migration intermédiaire, paléolithique, partie probablement d’Extrême-Orient (étant donné la position centrale de la région), aurait permis la diffusion du motif aux Amériques d’une part et dans le bassin méditerranéen (et en Europe) d’autre part (groupe 3).

Julien d'Huy

L'ophidien mythique possédant une tête de mammifère, ou avec des attributs de mammifères tel que le décrit Julien d'Huy m'interpelle. Cela me rappelle  l'image omniprésente du Taotie 饕餮. Ce monstre indescriptible s'assimile-t-il à la combinaison hybride d'un dragon et d'un sanglier? De la phylogénétique du dragon...

Ophidien mythique
Ophidien mythique
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La figurine masquée

Publié le par Ysia

Beginners in sculpture often make the mistake of thinking that, to look finished, a piece must be smooth and highly polished, and so exclude some of the most expressive finishes that they could have chosen from. Instead it is important to understand that qualities of texture, tone, color, and exactness or sketchiness in the surface of sculpture allow the viewer to experience the finished work as if they are touching it or running a hand over its surface...
Some sculptors want to show the viewer that their work was made by hand, and leave traces of their efforts with a gouge, chisel, or saw. In the modern age, when many of the everyday items that surround us are made in factories and have an anonymous quality, it can be important to show that a piece was carefully and thoughtfully carved by an individual. The visible tool marks show energy lines and directions used in creating the piece, and have an expressive textural quality of their own.

The Sculptor's Bible, John Plowman

La figurine masquée

Exposition de la Figurine masquée jusqu’au 7 avril à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)

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Figurines

Publié le par Ysia

Figurines

Les figurines de bois de Bornéo me rappellent les figurines funéraires en terre cuite du mausolée de Hanyang.

Figurines
Figurines
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Jason deCaires Taylor

Publié le par Ysia

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