135 articles avec cheminement

Le Credo du créateur

Publié le par Ysia

 L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible…Les éléments spécifiques de l’art graphique sont des points et des énergies linéaires planes et spatiales… Les lignes les plus diverses. Taches. Touches estompées. Surfaces lisses. Estompées. Striées. Mouvement ondulant. Mouvement entravé. Articulé. Contre-mouvement. Tressage. Tissage. Maçonnage. Imbrication. Solo. Plusieurs voix. Ligne en train de se perdre. De reprendre vigueur (dynamisme).  (Paul Klee, Théorie de l’art moderne)

 

  Papunya

 

Formes. Sensations. Lignes dansantes, tourbillonnantes. Cercles primitifs. Répertoire de formes iconiques – cercles concentriques et lignes – qui pourraient être interprétées conceptuellement ; comme le déversement des émotions créatrices des ancêtres spirituels. Formes archétypes devenues hiéroglyphes. Hiéroglyphes devenus formes archétypes (Papunya, préface, Geoffrey Bardon and James Bardon, The Miegunyah Press, reprinted 2009) . Dans le cadre d’une évolution créative et mentale du genre humain (Lowenfeld, 1947), l’esprit libéré force le pouvoir créateur enfoui à se manifester. Hiéroglyphes et schémas à valeur symbolique rassemblent en un même univers idéogrammes et pictogrammes. Formes énergiques circulaires enferment le silence et le vide tactile. Les lignes véhiculent l’énergie centrale sans fin. Mouvement dans le repos. Repos dans le mouvement. Totems. Images extraites de rêves passés. Chemins mythologiques. Enigme mentale. Clef ! Caravane de chameaux, dunes du désert...

 

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Giacometti et les Etrusques

Publié le par Ysia

Je lisais que pour Giacometti le fait de copier était le meilleur moyen de se rendre compte de ce qu’il voyait. Il avait l’envie immédiate de copier toutes les oeuvres qui l’attiraient le plus et ce plaisir de copier ne l'avait en fait jamais plus quitté. Pour moi c’est l’énigme, le sacré que je cherche à copier dans l'art primitif ou religieux comme pour accumuler en moi, appréhender par les sens l’ineffable spiritualité, l’origine sacrée, comme un puzzle que je cherche à construire, un chemin sur lequel mes pas hésitants me conduisent. Mon approche demeure plus philosophique qu’artistique.

Il me semble que je tourne en rond et qu'effectivement les problèmes restent en suspens et les procédés sont identiques depuis la nuit des temps. Je suis fascinée par les pétroglyphes, notamment celui maintes fois présenté que j'ai intitulé Figures Tanzaniennes. Figure solitaire ou figure triple, perdues dans la foule. Corps filiformes, dépouillés de substance. Il ne reste que l’esprit qui rayonne en arc en ciel. Le corps tel un fil s’allonge en pont entre les entrailles telluriques des Origines et l’Univers.Ombres aux formes individuelles et pourtant similaires. Tout est un...Car c'est bien notre sensibilité, notre angoisse existentielle qui nous lient à travers les représentations symboliques.

 

Trois Ombres

    Tanzanian figures

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La vie n'est pas un fleuve tranquille

Publié le par Ysia

 

Le Livre des Récompenses et des Peines:

 

“ Aucune porte ne s’ouvre sur le malheur ni sur le bonheur. C’est l’homme qui en est l’agent!

 

太上感应篇:“祸福无门,惟人自召”

 

 

 

La vie aux accents mythiques a donné naissance à une expression intuitive de l’art, mais la capacité de lire les signes et symboles éthérés n’est plus et le sommeil s’approfondit. L’intellect devenu roi enferme au donjon l’intuition prisonnière. Notre liberté d’agir et de penser est révolue et l'imagination qui procède de l’entendement par les sens s'en est allée.  L’artiste à la merci de la société décadente répond aux avances de l'humanité égoiste. La conscience produit de l’évolution se dévoie. La connaissance mécanique croît au fil des mille et une technologies.L'intuition est morte, foulée au pied par la raison victorieuse.

 

La vie n’est pas un fleuve tranquille qui commence en amont et termine dans l'océan de l'outre monde. Elle se perd dans les méandres et crée des lacs fabuleux, des cascades gigantesques et irrigue la terre. La vie est faite de périodes saccadées, toutes différentes les unes des autres. De l’explosion créative au silence en passant par des instants où l'angoisse oppressante est reine. La créativité naît de l’intuitive compréhension d’une vérité. Elle se manifeste en flots irréguliers. Il n’ y a pas de continuité.

Tel un dialogue entre mon âme et l’Univers,  j’ai conscience de la portée philosophique de mon questionnement et concède que mon approche porte davantage les stigmates de mon doute philosophique qu’elle ne révèle ma quête artistique.

 

I am a philosopher, not a biologist or an anthropologist or a sociologist or historian or theologian. We philosophers are better at asking questions than at answering them, and this may strike some people as a comical admission of futility – “He says his specialty is just asking questions, not answering them, What a puny job! And they pay him for this?” But anybody who has ever tackled a truly tough problem knows that one of the most difficult tasks is finding the right questions to ask and the right order to ask them in. You have to figure out not only what you don’t know, but what you need to know and don’t need to know, and what you need to know in order to figure out what you need to know, and so forth. The form our questions take opens up some avenues and closes off others, and we don’t want to waste time and energy barking up the wrong trees. Philosophers can sometimes help in this endeavor, but of course they have often gotten in the way, too. Then some other philosopher has to come in and try to clean up the mess. (Daniel C. Dennett, Breaking the Spell, Penguin Group, 2006, p.19)

 

 

 L’évolution de l’homme à travers les temps ne l’absout pas de l’empoussièrement de ses pieds spirituels. Faut-il quitter la société, demeurer banni sa vie entière pour élever son esprit au risque d’affirmer son arrogance et son égoïsme ? Mes idées s’enchevêtrent. Il est temps de reconnaître ma propre limitation, que je suis une mortelle exilée. Résignation…L’exil que je m’impose aboutit à la fin de l’illusion de mon histoire individuelle. Le moment n’est pas encore venu de découvrir son cœur face au règne du vulgaire défendu par les êtres inférieurs. Cultiver la pureté du cœur et de l’esprit...

 

L’homme n’est pas un cercle à un seul centre ; c’est une ellipse à deux foyers. Les faits sont l’un, les idées sont l’autre. (Les Misérables)


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The accidental Masterpiece

Publié le par Ysia

  Cucuteni Figurine

 

 

Isn't that the best way to learn? To carry one's mistakes to their logical conclusion?

Michael Kimmelman, The accidental Masterpiece, p.125 

 

Petroglyph (2)

 

Art always has had to do with aura - spiritual in the past, individual aura in modern times. 

Be alert to the senses. Elevate the ordinary. Art is about a heightened state of awareness. 

ibid., p.82-84

Petroglyph (3)

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Symbolisme de la Lumière

Publié le par Ysia

As-tu pénétré jusqu'aux sources de la mer? T'es-tu promené dans les profondeurs de l'abîme?  Les portes de la mort t'ont-elles été ouvertes? As-tu vu les portes de l'ombre de la mort? As-tu embrassé du regard l'étendue de la terre? Parle, si tu sais toutes ces choses.  Où est le chemin qui conduit au séjour de la lumière? Et les ténèbres, où ont-elles leur demeure? Peux-tu les saisir à leur limite, Et connaître les sentiers de leur habitation? (Job 38 : 19 Louis Segond (1910))

 

Est-ce la lumière qui se retire ou les ténèbres qui recouvrent de leur manteau la lumière ? Est-ce les êtres sensibles et objets inanimés qui reflètent la lumière ou ont-ils en eux une lumière intrinsèque dont l’éclat varie suivant les circonstances spatiales et temporelles? Luminosité ou réflexion? L’illumination, c est le degré de luminosité qui s'ajoute à l’éclat ou à la couleur d’un objet (Rudolph Arnheim, Art and Visual Perception, Chapter VI, Light), comme une couche de lumière laquée. Ainsi parle-t-on de relativité dans l’intensité lumineuse et observe-t-on l’éclat de chaque objet inanimé et être sensible dans le monde environnant, suivant l’intensité lumineuse des uns et des autres.   Winged-Old-Man-with-a-Long-White-Beard

 

L’effet de lumière ou effet de transparence est réalisé par la technique du glacis. Vers 1500, les peintres utilisaient du papier de couleur sur lequel ils appliquaient des reflets d’encre blanche et des hachures noires pour marquer les ombres. Souvent, ils commençaient leurs œuvres par une peinture monochrome, esquisse de fresque, qu’ils recouvraient d’un glacis transparent. Le symbolisme religieux de la lumière était connu des peintres depuis l’époque du Moyen-âge. Les peintures de Rembrandt présentent une scène sombre au centre de laquelle une lueur de lumière porte un message  de l’au-delà (Rudolf Arnheim, Art and Visual Perception).  Puisque l‘art cherche à tromper, Rudolf Arnheim explique dans son ouvrage Art and Visual Perception, a Psychology of the Creative Eye, l’importance du volume, de l’espace, des couleurs, du mouvement et des formes dans l‘art de la tromperie. Quelques règles d’or privilégient l’ordre dans l’équilibre et la mesure, règle de simplicité, à laquelle s’emploient les traits de Titien, les hachures et les lignes courbes de Dürer. Il met l’accent sur l’orientation dans l’espace, la constance des formes et la taille des objets dans le but de produire l’effet d’illusion. C’est la complexité de la relation entre ces différents éléments qui contribue largement au lyrisme d’une œuvre vivante. Toute déviation de cette ligne de conduite demande à être expliquée et justifiée, invoquant les raisons suivantes :

  • l’incompétence de l’artiste
  • son incapacité à  reproduire ce qu’il voit au lieu de ce qu’il sait,
  • sa mise en application aveugle des conventions,
  • son handicap visuel ou trouble neurologique qui entrave sa faculté visuelle
  • sa violation délibérée des règles d’exécution (p.97) 

Il s’agit de trouver l’équilibre:

  • entre le côté droit et le côté  gauche : when two equal objects are shown in the left and right halves of the visual field, the one on the right looks larger. For them to appear equal, the one on the left has to be increased in size.
  • entre le haut et le bas: If one wants the two halves to look alike, one must make the upper half shorter. (p.30)

Quant aux couleurs, red is heavier than blue, and bright colors are heavier than dark ones…A black area must be larger than a white one to counterbalance it. Rembrandt notamment renonça à utiliser la couleur bleue because it did not fit its chords of golden brown, red, ocher, and olive green. (p.60)

 

Rudolf Arnheim poursuit  sur le thème de la perception visuelle en énumérant les différentes formes de représentation à travers les âges, notamment :

  • la présentation vue de côté et orthogonale des figures de l’Art égyptien,
  •  la représentation en perspective, notamment par le chevauchement,
  • l’introduction de la troisième dimension par l’arrangement oblique des formes et  des objects,
  • la juxtaposition des plans qui donne de la profondeur au champ visuel et
  • l'image de répliques opposées dans les arts ethniques : The American Indians solved the problem of presenting the characteristic side view and the frontal symmetry of an animal at the same time by splitting the body into two side views. These were combined in a symmetrical whole and kept precarious contact with each other by sharing either the middle line of the back or the head or by cohering at the tip of the nose or the tail.(p.131-132) . Ces mêmes représentations se retrouvent sous des formes similaires dans l’art décoratif ancien chinois, telle celle inspirée par les figures bestiales 饕餮 des motifs décoratifs millénaires, dont la raison d’être était de chasser les mauvais esprits.   

 

Taotie

Enfin, c’est la vision périphérique qui permet l’appréhension de l’énigme de la Joconde : son sourire…  

Les neurones du cortex visuel primaire ne réagissent pas seulement aux lignes mais plus précisément à celles présentant une orientation spécifique – verticale, horizontale ou oblique (The Age of insight, pp.246 & 260, Eric R. Kandel, Random House, 2012). La créativité du cerveau s’exprime dans la capacité du système visuel de révéler chaque image, chaque tableau, chaque paysage sous des conditions différentes de luminosité et de distance (The Age of insight, p.236, Eric R. Kandel, Random House, 2012).  

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