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Anita Kunz

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Helga Vockenhuber

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Ombres

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Santanna mahnmal skulptur

On a tant parlé aux actualités récemment du retrait des monuments qui sont pour certains l’aveu de souffrances et d’une immense détresse subie et qui pour d'autres sont l’incarnation de la gloire et de l’héroïsme. Nous sommes tous confrontés à une réalité peut-être latente à laquelle nous n'avons pas réfléchi. Fort de ma propre expérience, comment puis-je aborder ce débat et y contribuer de manière rationnelle et sensible?

Dans l'allégorie de la caverne, nous avons une situation imaginaire dans laquelle des prisonniers sont enchaînés à vie face à un mur dans l'incapacité de tourner leur regard ailleurs que devant eux. Ils ne voient que des ombres danser sur le mur, projetées par des marionnettistes lors de processions qui défilent devant un feu, créant une fausse image de la réalité. Un prisonnier est libéré et s'aventure à l'extérieur de la caverne. Il est aveuglé par la lumière du soleil mais s'y habitue et prend conscience du monde réel et du monde illusoire de la caverne. Il y retourne pour dire aux prisonniers la vérité sur la réalité de la vie mais il est à présent incapable de voir dans l'obscurité et les autres pensent que son excursion à l'extérieur de la caverne a nui à sa santé. Effrayés, ils s'insurgent contre ceux qui tenteraient de les libérer.

Le 12 août 1944, dans la localité de Sant'Anna di Stazzema située dans la zone montagneuse de la Toscane, 560 villageois, dont 130 enfants, des femmes et des personnes âgées en majorité, ont été tués, les corps brûlés, le troupeau massacré et les maisons incendiées par les troupes allemandes de la seizième division de la branche militaire SS commandée par Anton Galler. En descendant dans la vallée, les soldats nazis ont fait quelques prisonniers comme mon grand-père Gino. Il a été déporté à Dachau, le premier camp de concentration nazi. À la fin de la guerre, il a été l'un de ceux qui ont eu la chance de pouvoir rentrer chez eux. Mais il n'était plus le même. Bien qu'il n'en ait jamais parlé, nous sommes tous hantés par les images d'horreur qu’il portait en lui. Si l'Allemagne avait gagné la guerre et que l'Italie avait été annexée, des monuments à la gloire d'Hitler auraient probablement été érigés dans chaque ville. Je n'ai pas connu la guerre ni n'ai connu l'enfer de Dachau mais j'ai vu les ombres horrifiques au fond du regard de mon grand-père. Vivant dans une société démocratique libre, je m'oppose catégoriquement aujourd'hui à toute image glorifiant Hitler ou à tout monument aux SS. Le site commémoratif du camp de concentration de Dachau est ouvert au public pour garder vivante la mémoire du passé et pour que jamais la réalité de ces faits ne devienne une zone d’ombre.

Doués d'une intelligence précaire - étant donné la multitude de questions qui restent non résolues sur notre univers - nous roulons et déroulons sans cesse les couches d'ombres et de réalités. En Italie, nous avons grandi avec la figure héroïque de Christophe Colomb: il a eu la préscience de se lancer au-delà des ombres dans la réalité d’une terre ronde. Depuis, j'ai vécu et travaillé en Amérique du Sud et m’y suis fait des amis parmi les autochtones. J'ai plus appris sur la période coloniale grâce aux écrits de Bartolomé de las Casas qui fit la chronique des atrocités perpétrées par les colons au nom du Christianisme et suis témoin encore maintenant des souffrances endurées aux mains des conquistadors espagnols dont le peuple porte les cicatrices. J'ai dû réexaminer mes propres croyances et aujourd'hui quand je vois une statue de Christophe Colomb, je vois l'homme qui n'avait pas peur de se risquer au bout du monde mais je vois aussi la destruction de grandes civilisations ainsi que l'esclavage, la torture et la mort de millions d'indigènes.

En outre, certains pensent que les statues de Martin Luther King Jr. sont une offense à la communauté LGBT parce qu'on dit qu’il s’opposait aux droits des homosexuels. Bien qu’il soit l’un de mes héros incontestés de tous les temps, je dois respecter l’avis de certains de mes amis les plus chers qui ont trouvé ensemble le bonheur dans le processus démocratique qui leur a donné le droit de déterminer leur destin et de décider de leur identité, comme tout couple qui s’aime le mérite.

Notre connaissance est faite d’ombres et de réalités. Il nous faut, me semble-t-il, apprendre à discerner les unes et les autres, se risquer à sortir de notre zone de confort et remettre chaque situation d’ombre ou chaque réalité dans leur contexte donné afin que notre conscience collective puisse évoluer. (trad. par Ysia)

Giancarlo Biagi

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L'allégorie de la caverne

Publié le par Ysia

Maintenant, repris-je, représente-toi de la façon que voici l'état de notre nature relativement à l'instruction et à l'ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu'ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête; la lumière leur vient d'un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.
Je vois cela, dit-il.
Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d'hommes et d'animaux, en pierre, en bois, et en toute espèce de matière; naturellement, parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent.
Voilà, s'écria-t-il, un étrange tableau et d'étranges prisonniers.
Ils nous ressemblent, répondis-je; et d'abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d'eux-mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face?
Et comment? observa-t-il, s'ils sont forcés de rester la tête immobile durant toute leur vie?
Et pour les objets qui défilent, n'en est-il pas de même?
Sans contredit.
Si donc ils pouvaient s'entretenir ensemble, ne penses-tu pas qu'ils prendraient pour des objets réels les ombres qu'ils verraient ?
Il y a nécessité.
Et si la paroi du fond de la prison avait un écho, chaque fois que l'un des porteurs parlerait, croiraient-ils entendre autre chose que l'ombre qui passerait devant eux?
Non, par Zeus, dit-il.
Assurément, repris-je, de tels hommes n'attribueront de réalité qu'aux ombres des objets fabriqués.
C'est de toute nécessité.
Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu'on les guérisse de leur ignorance. Qu'on détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements il souffrira, et l'éblouissement l'empêchera de distinguer ces objets dont tout à l'heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu'il répondra si quelqu'un lui vient dire qu'il n'a vu jusqu'alors que de vains fantômes, mais qu'à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste? si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l'oblige, à force de questions, à dire ce que c'est? Ne penses-tu pas qu'il sera embarrassé, et que les ombres qu'il voyait tout à l'heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu'on lui montre maintenant?
Beaucoup plus vraies, reconnut-il.
Et si on le force à regarder la lumière elle-même, ses yeux n'en seront-ils pas blessés? n'en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu'il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu'on lui montre?
Assurément.
Et si, repris-je, on l'arrache de sa caverne par force, qu'on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu'on ne le lâche pas avant de l'avoir traîné jusqu'à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement, et ne se plaindra-t-il pas de ces violences? Et lorsqu'il sera parvenu à la lumière pourra-t-il, les yeux tout éblouis par son éclat, distinguer une seule des choses que maintenant nous appelons vraies?
Il ne le pourra pas, répondit-il; du moins dès l'abord.
Il aura, je pense, besoin d'habitude pour voir les objets de la région supérieure. D'abord ce seront les ombres qu'il distinguera le plus facilement, puis les images des hommes et des autres objets qui se reflètent dans les eaux, ensuite les objets eux-mêmes. Après cela, il pourra, affrontant la clarté des astres et de la lune, contempler plus facilement pendant la nuit les corps célestes et le ciel lui-même, que pendant le jour le soleil et sa lumière.
Sans doute.
À la fin, j'imagine, ce sera le soleil - non ses vaines images réfléchies dans les eaux ou en quelque autre endroit - mais le soleil lui-même à sa vraie place, qu'il pourra voir et contempler tel qu'il est.
Nécessairement, dit-il.
Après cela il en viendra à conclure au sujet du soleil, que c'est lui qui fait les saisons et les années, qui gouverne tout dans le monde visible, et qui, d'une certaine manière, est la cause de tout ce qu'il voyait avec ses compagnons dans la caverne.
Evidemment, c'est à cette conclusion qu'il arrivera.
Or donc, se souvenant de sa première demeure, de la sagesse que l'on y professe, et de ceux qui y furent ses compagnons de captivité, ne crois-tu pas qu'il se réjouira du changement et plaindra ces derniers?
Si, certes.
Et s'ils se décernaient alors entre eux honneurs et louanges, s'ils avaient des récompenses pour celui qui saisissait de l'oeil le plus vif le passage des ombres, qui se rappelait le mieux celles qui avaient coutume de venir les premières ou les dernières, ou de marcher ensemble, et qui par là était le plus habile à deviner leur apparition, penses-tu que notre homme fût jaloux de ces distinctions, et qu'il portât envie à ceux qui, parmi les prisonniers, sont honorés et puissants? Ou bien, comme le héros d'Homère, ne préférera-t-il pas mille fois n'être qu'un valet de charrue, au service d'un pauvre laboureur, et souffrir tout au monde plutôt que de revenir à ses anciennes illusions et de vivre comme il vivait?
Je suis de ton avis, dit-il; il préférera tout souffrir plutôt que de vivre de cette façon-là.
Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s'asseoir à son ancienne place : n'aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil?
Assurément si, dit-il.
Et s'il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n'ont point quitté leurs chaînes, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que ses yeux se soient remis (or l'accoutumance à l'obscurité demandera un temps assez long), n'apprêtera-t-il pas à rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu'étant allé là-haut il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n'est même pas la peine d'essayer d'y monter? Et si quelqu'un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu'ils le puissent tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas?
Sans aucun doute, répondit-il.

Platon

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Terminal

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Terminal, Subodh Gupta

Terminal, Subodh Gupta

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Un peuple, deux nations

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La quiétude de Vermeer

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Johannes Vermeer - Woman Holding a Balance - Google Art Project

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Michel-Ange au MET

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Le devoir de désobéissance

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Le timide succès remporté dont je parlais dans la première version de cet article paru le 16 juin aura été éphémère. Je rappelle qu'un juge avait statué alors que la licence fédérale autorisant la construction de l’oléoduc d’une rive à l’autre du Missouri juste en amont de la réserve indienne sioux de Standing Rock, qui avait été délivrée à la hâte par la nouvelle administration quelques jours après l’inauguration, viole la loi sur certains points fondamentaux. La cour n’avait cependant pas déterminé s’il fallait en arrêter la construction et avait demandé un complément d’information sur la question et la tenue d’une conférence. Selon la cour fédérale, le Corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis n’a pas pris suffisamment en considération les effets que le déversement de pétrole pourrait avoir sur les droits de chasse et de pêche et la justice environnementale.

L'échec sans appel prononcé hier s'inscrit une fois encore dans la longue bataille juridique qui oppose les Amérindiens au gouvernement fédéral depuis la décision de la Cour suprême de 1823 qui a érigé en loi la doctrine de la découverte par laquelle les Amérindiens ont été privés de leur droit à la terre et au patrimoine et les Européens ont obtenu le droit de les déposséder par leur conquête.

The 1823 decision of the Supreme Court in Johnson v. M'Intosh contains the "discovery" doctrine which answered the question: What rights did Europeans acquire, and indigenous peoples lose, upon the discovery of the New World? The answer, according to the Court, was ownership of all discovered lands. Discovery converted the indigenous owners of discovered lands into tenants on those lands. The underlying title belonged to the discovering sovereign. The indigenous occupants were free to sell their" lease", but only to the landlord, and they were subject to eviction at any time. More than 180 years later, the discovery doctrine is still the law.

Selon Henry David Thoreau (1817-1862) fervent opposant à la guerre américano-mexicaine (1846-1848) et à l’esclavage qui ne sera aboli qu’après sa mort en 1865, un gouvernement pour lequel la règle de majorité prévaut ne peut avoir pour fondement en toute circonstance la justice pour tous.

Ne peut-on concevoir un gouvernement pour lequel la conscience, collective ou individuelle, et non la majorité décide de la juste cause ? Pourquoi le citoyen devrait-il  abandonner sa conscience au législateur ? Pourquoi alors être doué d’une conscience ? Notre humanité prime sur le devoir d’obéissance. Il n’est pas souhaitable de cultiver le respect de la loi sans entendre l’appel de sa conscience.

All men recognize the right of revolution; that is, the right to refuse allegiance to, and to resist, the government, when its tyranny or its inefficiency are great and unendurable.

Henry David Thoreau

Les élections sont un jeu de hasard. On joue à la roulette russe avec le destin d’une nation. Chacun laisse son vote à la merci d’une majorité sans se préoccuper  de savoir si au bout du compte le bon droit, la vérité, la raison l’emporteront. Les élections ne sont plus alors qu’un expédient, un opportunisme politique. Voter pour le bon droit ne devient plus qu’un vœu pieux. Mais  la sagesse ne saurait laisser le bon droit à la merci du sort.

The government itself, which is only the mode which the people have chosen to execute their will, is equally liable to be abused and perverted before the people can act through it.

Henry David Thoreau

I ask for, not at once no government, but at once a better government... It is truly enough said that a corporation has no conscience; but a corporation of conscientious men is a corporation with a conscience.

Henry David Thoreau

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Monarque

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Monarque
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