art et prehistoire

Mémoire

Publié le par Ysia

L’être n’est qu’un avatar permettant la transmission de l’information. Une archive du passé en nous recélée. La vie a commencé puis s’est divisée infiniment de mutation en mutation, de la première cellule il y  a quelques trois milliards huit cent millions d’années jusqu’au jour d’aujourd’hui. L’ADN est une horloge qui nous permet de remonter dans le temps. Ma capacité mnésique s’en va en fumée. Je m’interroge sur la vie d’avant l’écrit et la signification du support graphique, notamment pariétal. Comment concevoir le passé au cœur d’un système sémiologique sans le contexte lié au temps ?

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In search of a head

Publié le par Ysia

Cycladic head Getty Villa 96.AA.27

 

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Schème conceptuel

Publié le par Ysia

天之 道,                               « La voie du ciel

不 爭而善勝,                          Sait vaincre sans batailler,

不言而善應,                           Répondre sans parler,

不召而自來,                           Venir sans qu’on l’appelle

繟然而善謀。                           Et former ses projets avec sérénité » (Lao-tseu, tao tö king, LXXIII, traduit par Liou Kia-Hway, Gallimard, 1967)

 

Cave

 

Images paratactiques de l'univers. Sphères liées les unes aux autres par la trajectoire de lignes itinérantes dans un libre va-et-vient. C’est dans la pierre, la glace, le bois que sont à l’infini reproduits les archétypes essentiels. Signes géométriques préhistoriques. Points, cercles, hachures, croix, lignes. Archétypes du commencement. Empreintes de la nature. Maillons de l’ordre universel.

 

Phylogénese. Du rubicon cérébral au rubicon linguistique, debout depuis 4 millions d’années, se confirme l'importance de la bipédie dans l’évolution humaine, entraînant une réorganisation du cerveau élargi. Le cerveau dressé sur son axe vertical est précurseur de la symbiose du corps, de la terre et du ciel, alors que le regard inquisiteur pointe vers l’horizon.  L’évolution du comportement humain est le produit de la biologie et de la culture. Sur le répertoire comportemental s’inscrit le langage.  (The Lives of the Brain, John S. Allen, The Belkhnap Press of Harvard University Press, 2009)

 

Biologie du langage. Système de signes oubliés. Du langage gestuel à l’expression orale, les artistes des cavernes sont l'aboutissement de 2 millions d’années de signes et gestes balbutiés. Bien plus qu’à un protolangage, c’est à une communication primaire de signes exclusivement que je m’intéresse, car elle constitue le commencement.

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Au cœur des ténèbres

Publié le par Ysia

Une part de moi cherche à comprendre et ignore les avertissements de ma raison, une part de moi s’obstine à faire tomber les barrières de ma prison mentale et à trouver la clef qui ouvrira le verrou de ma rédemption.

 

« We could not understand, because we were too far and could not remember, because we were traveling in the Ram Masknight of first ages, of those ages that are gone, leaving hardly a sign--and no memories…

We are accustomed to look upon the shackled form of a conquered monster, but there--there you could look at a thing monstrous and free.

The mind of man is capable of anything — because everything is in it, all the past as well as all the future. What was there after all? Joy, fear, sorrow, devotion, valour, rage — who can tell? — but truth — truth stripped of its cloak of time. Let the fool gape and shudder — the man knows, and can look on without a wink »  (Heart of darkness, Joseph Conrad, 1902)

 

Hommage à Peter Jackson et son film sur l’humanité révélée du primate Kong (King Kong, 2005).

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Revisiter les origines de l'art sous l'angle hégélien

Publié le par Ysia

C’est dans les œuvres de l’art que les peuples ont déposé leurs pensées les plus intimes et leurs plus riches intuitions. Souvent les beaux-arts sont la seule clef au moyen de laquelle il nous soit donné de pénétrer dans les secrets de leur sagesse et les mystères de leur religion. (Esthétique, Tome premier, p.18)

 

Il (l’art) est essentiellement fait pour l’homme, et, comme il s’adresse aux sens, il emprunte plus ou moins au sensible ; Il a son but en lui-même. (ibid., p.23)

 

L’art étant reconnu comme une création de l’esprit, on peut se demander quel besoin l’homme a de produire des œuvres d’art. Ce besoin est-il accidentel ? Est-ce un caprice et une fantaisie, ou bien un penchant fondamental de notre nature ?

Le principe d’où l’art tire son origine est celui en vertu duquel l’homme est un être qui pense, qui a conscience de lui, c’est-à-dire qui non seulement existe, mais existe pour lui. Être en soi et pour soi, se redoubler sur soi-même, se prendre pour objet de sa propre pensée et par là se développer comme activité réfléchie, voilà ce qui constitue et distingue l’homme, ce qui fait qu’il est un esprit. Or, cette conscience de soi-même, l’homme l’obtient de deux manières, l’une théorique, l’autre pratique ; l’une par la science, l’autre par l’action : 1° par la science, lorsqu’il se connaît en lui-même dans le développement de sa propre nature, ou se reconnaît au dehors dans ce qui constitue l’essence ou la raison des choses ; 2° par l’activité pratique, lorsqu’un penchant le pousse à se développer à l’extérieur, à se manifester dans ce qui l’environne, et aussi à s’y reconnaître dans ses œuvres. Il atteint ce but par les changements qu’il fait subir aux objets physiques, qu’il marque de son empreinte, et où il retrouve ses propres déterminations. Ce besoin revêt différentes formes, jusqu’à ce qu’il arrive au mode de manifestation de soi-même, dans les choses extérieures, qui constitue l’art. Tel est le principe de toute action et de tout savoir. L’art trouve en lui son origine nécessaire. (ibid., p.25)

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Le Galet de Makapansgat

Publié le par Ysia

Si nous donnons à l’art un rang aussi élevé, il ne faut pas oublier cependant qu’il n’est ni par son contenu ni par sa forme la manifestation la plus haute, l’expression dernière et absolue par laquelle le vrai se révèle à l’esprit. Par cela même qu’il est obligé de revêtir ses conceptions d’une forme sensible, son cercle est limité : il ne peut atteindre qu’un degré de la vérité...

car l’idée est ce qui dans l’art, comme dans toute oeuvre humaine, est l’élément essentiel. L’art, en vertu de sa nature, n’a pas d’autre destination que celle de manifester, sous une forme sensible et adéquate, l’idée qui constitue le fond des choses ; et la philosophie de l’art, par conséquent, a pour but principal de saisir, par la pensée abstraite, cette idée et sa manifestation sous la forme du beau dans l’histoire de l’humanité. 

(Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Esthétique, tome premier, p.19 & 230)

 

D’abord vient la perception tactile ou visuelle, spatiale ou sensorielle. Observation et interprétation sont les clefs de l’intelligence conceptuelle. De là naît l’imagination !!!! Comment interpréter le Galet de Makapansgat ? Qu’un objet naturel datant de trois millions d’années ait pu attirer le regard curieux de l’être préhumain, est-ce un geste machinal dicté par l’inconscient ou  l’a-t-il ramassé consciemment et emporté pour se l’accaparer ? 

 

“Conscious art” (the term is by Leroi-Gourhan) evolves from what we may call an “unconscious artistic element”, or rather, elements that are part of activities guided by different aims but that involve, all of them, a realization of a sort of “final”, that is, complete form or stage related to vital demands, abilities and impulses. (Marcelo Guimaraes, Introduction to the History of Art)


A-t-il reconnu sa valeur originale et intrinsèque parmi tous les autres galets sur lesquels ses yeux se sont posés? Image familière de lui-même. Approche fétichiste. Désir d’appropriation visant à faire tomber les remparts de la solitude humaine. Soif de pouvoir. Prémices de l’être humain. Le Galet de Makapansgat marque le premier pas vers la découverte de l'art.

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De l'origine des mythes

Publié le par Ysia

 

La diffusion des idées sur une immense superficie à travers de multiples contrées est-elle absolument incompatible avec la théorie selon laquelle il y a eu convergence voire parallélisme des phénomènes culturels? Assimilation ou transplantation des formes et concepts qui s’adaptent à leur nouvel environnement spatial ou temporel.Robert Bednarik confirme que des symboles identiques sont apparus aux quatre coins du monde et qu’ils semblent avoir suivi une évolution comparable dans le temps, les plus anciens étant notamment des ronds, traits, cercles, arcs, zigzags,…. (THE OLDEST SURVIVING ROCK ART: A TAPHONOMIC REVIEW by Robert Bednarik, Academia.edu). Si diffusion est un terme faisant référence à la circulation dans l’espace et dans le temps d’idées comme Geneviève von Petzinger en étudie actuellement la possibilité dans le cas des pétroglyphes apparus en Afrique puis transposés dans le Sud de l’Europe par suite de la migration des populations préhistoriques (article du 26 février), les voies terrestres et marines comme l’emblématique Route de la Soie peuvent-elles répondre à la question du comment ? Et que l’on reparle du berceau de l’humanité et du creuset des cultures. Échanges et interpénétrations…Décryptage des influences mutuelles. Le monde est réceptacle d’un incroyable fusionnement. S'agissant des similitudes entre les mythes indiens et grecs, une origine mythique commune pourrait dater d'avant l'Histoire:

 

" they may have had a common mythical origin in times beyond our historical reach." Rudolf Wittkower, Allegory and the Migration of Symbols, p. 47, Thames and Hudson, 1977

 

 

Transmission…ou simultanéité dans l’émergence des idées ?

 

S'agissant de la perspective chrétienne sur l'origine de la thérianthropie, Saint-Augustin écrit au quatrième siècle dans la Cité de Dieu, Livre seize, Chapitre VIII:

 

Est-il croyable que des fils de Noé, ou plutôt du premier homme, dont ils sont eux-mêmes issus, descendent certaines races monstreuses d'hommes dont l'histoire profane fait mention. Ainsi par exemple, les hommes qui, dit-on, n'ont qu'un œil au milieu du front; ceux dont la plante des pieds est tournée derrière les jambes; ceux à qui la nature a donné les deux sexes, la mamelle droite d'un homme, la mamelle gauche d'une femme, et qui, tour à tour, dans l'œuvre de la reproduction engendrent et enfantent; d'autres qui manquent de bouche et ne vivent qu'en respirant par les narines; d'autres encore dont la taille est d'une coudée, et que les Grecs appellent pygmées, du mot qui, dans leur langue, signifie coudée; ailleurs, selon les mêmes traditions, les femmes conçoivent à cinq ans, et ne survivent pas à leur huitième année. On rapporte encore qu'il est une race d'hommes n'ayant qu'une jambe sur deux pieds, ne pliant pas le jarret, et d'une célérité merveilleuse ; on les appelle « sciopodes, » parce que, dit-on, étendus sur le dos, ils se défendent à l'ombre de leurs pieds, contre i'ardeur du soleil; quelques-uns sans tête, auraient les yeux dans les épaules, et beaucoup d'autre» monstres, d'espèce ou d'apparence humaine, peints en mosaïque sur le pont de Cartilage, sujets que l'on prétend tirés d'une histoirecurieuse. Que dirai-je des Cynocéphales que leur tète de chien et même l'aboiement, rangent plutôt parmi les bêtes que parmi les hommes? Or, il n'est pas nécessaire de croire à toutes les espèces d'hommes qu'on dit exister. Mais quelque part et de quelque figure que,naisse un homme, c'est-à-dire un animal raisonnable et mortel; quelque insolite que soient à nos sens la forme de son corps, sa couleur, ses mouvements, sa voix ; quels que soient la force, les éléments et les propriétés de sa nature ; aucun fidèle ne doutera que cet homme ne tire son origine de l'homme modèle unique et primitif. Et toutefois l'évidence même distingue quels sont les phénomènes naturels, à cause de leur constance, ou merveilleux , à cause de leur rareté. Mais la raison que l'on peut rendre de certains enfantements monstrueux, peut s'étendre à certaines races monstrueuses. Dieu, créateur de toutes choses, sait où et quand une chose doit être créée, car il sait par quelles nuances de similitudes et de contrastes il doit ordonner la beauté de l'ensemble. Mais l'homme à qui l'ensemble échappe , se laisse choquer par l'apparente difformité d'une partie, faute de connaître la convenance et le rapport de la partie à l'ensemble. Nous savons que des hommes naissent avec plus de cinq doigts aux mains et aux pieds, et cette différence est de toute la plus légère; mais loin de nous le délire de croire que Dieu se soit mépris dans le nombre des doigts humains, quoique son intention nous passe. Et qu'il se produise encore un phénomène plus étrange, celui dont nul ne peut raisonnablement critiquer l'œuvre , sait bien ce qu'il fait. Il y a dans Hippone un homme qui a la plante des pieds en forme de lune, avec deux doigts seulement; ses mains sont semblables. S'il existait un peuple entier ainsi conformé , ce serait une merveille que l'on ajouterait à cette curieuse histoire. Nierons - nous donc que cet homme descende de l'homme unique créé le premier? Les Androgynes , qu'on appelle encore hermaphrodites , sont très-rares; mais il est difficile qu'il n'en paraisse pas de temps en temps; en eux, les deux sexes sont tellement distincts, qu'on ne sait duquel ils doivent recevoir leur nom; cependant l'habitude a prévalu dans le langage en faveur du plus noble, c'est-à-dire du sexe masculin; car l'on n'a jamais donné à leurs noms une désinence féminine. Il y a quelques années, naquit en Orient, un homme double à la partie supérieure du corps (et le souvenir en est récent) et simple à la partie inférieure : il avait deux tètes, deux poitrines, quatre mains, mais un seul ventre et deux pieds, comme un seul homme; et il vécut assez longtemps, pour que la rumeurpublique attirât autour de lui le concours des visiteurs. Qui pourrait énumérer tous les enfantements humains entièrement dissemblables à leurs auteurs constants et certains? Or, comme on ne peut nier que ces individus ne dérivent d'Adam, ainsi, les races mêmes qui, dans les variétés de leur organisation, franchissent, selon certains récils, le cercle ordinaire des lois naturelles , lois pour la plupart des autres races, sinon pour toutes ; — ces races étranges, si toutefois elles rentrent dans les termes do cette définition : «animaux raisonnables et mortels »;—il faut reconnaître qu'elles descendent du père commun de tous les hommes; en admettant néanmoins comme faits véritables ces variétés d'espèces et ces profondes différences entre leur conformation et la nôtre. Car, si l'on ignorait que les guenons , les singes à longues queues et les sphinxs, sont des brutes et non des hommes, certains historiens pourraient bien, dans leur ambition de découvertes, permettre impunément à leur vanité ce mensonge , et nous donner ces animaux pour des races humaines. Mais si les êtres sur lesquels on a écrit ces particularités merveilleuses, sont des hommes, Dieu n'aurait-il point créé ces races exceptionnelles pour nous détourner de croire que, dans la production de ces monstres que nous voyons naître parmi nous, la Sagesse divine, dont la nature humaine est l'ouvrage, se trompe comme pourrait se tromper l'art d'un ouvrier moins parfait? Il ne doit donc pas nous paraître absurde, qu'étant dans chaque race certains individus monstrueux, il soit aussi, dans l'universalité du genre humain, certaines races monstrueuses. Ainsi, pour conclure avec prudence et circonspection, ou ces relations do certaines espèces monstrueuses, sont absolument fausses; sinon, ces espèces n'appartiennent pas à l'espèce humaine; ou si elles dépendent de l'humanité, elles viennent d'Adam. (La Cité de Dieu de Saint-Augustin, Traduction Nouvelle par L. Moreau, Seconde Partie, Paris, 1845)

 

 

 

 

 

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Parabole de la flèche empoisonnée

Publié le par Ysia

On sentit donc le besoin de l’écriture, et elle fut inventée. Il paraît qu’elle était d’abord une véritable peinture, à laquelle succéda une peinture de convention, qui ne conserva que les traits caractéristiques des objets. Ensuite, par une espèce de métaphore analogue à celle qui déjà s’était introduite dans le langage, l’image d’un objet physique exprima des idées morales. L’origine de ces signes, comme celle des mots, dut s’oublier à la longue ; et l’écriture devint l’art d’attacher un signe conventionnel à chaque idée, à chaque mot, et par la suite, à chaque modification des idées et des mots. Condorcet, Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain.

 

C'est d'un berceau linguistique unique il y a 150 000 ans que sont nées approximativement six mille langues. Les représentations graphiques et symboles préhistoriques qui figurent sur la liste préliminaire de Genevieve von Petzinger sont-ils les prémices d'une écriture ancienne? Amir D. Aczel dans son ouvrage intitulé The Cave and The Cathedral (Wiley & Sons, Inc., 2009, p.39-40) concède que l'on puisse envisager qu'ils aient subséquemment évolué et aient  été en quelque sorte partiellement intégrés dans notre alphabet sans pour autant qu'ils constituent en soi un texte gravé sur la pierre.

 

buffle prehistorique (1) 

Il offre une logique symbolique pour les interpréter en mettant en avant le culte ancien du bovin (auroch, buffle, taureau, vache) et en y voyant l'origine du mythe du minotaure. Dans son adoration du "taureau", l'homme préhistorique  perdu dans le dédale des cavernes s'identifie à son dieu en devenant cette figure mi-homme mi-animal qu'est le minotaure. Mémoire collective...

 

En quoi la scène du puits, seule représentation humaine du sanctuaire de Lascaux, corrobore-t-elle la théorie d’un culte originel du "taureau" ? Si, me semble-t-il, un animal est sublimé et son mystère nous transcende, c’est bien  l’oiseau, avec la double image de l'être à la tête d’oiseau et de l'oiseau haut perché, qui rappelle le culte de l’oiseau sur l’île de Pâques. Il est d'autant plus intéressant de noter la présence de l'oiseau dans cette scène qu'il apparaît en fait que très rarement sur les parois des grottes ornées de France et d'Espagne (ibid., p.140).  Outre son rôle psychopompe dans les traditions fondatrices des peuples anciens, il faut aussi prendre en compte la dimension sonore de l'oiseau, naissance du dialogue à la fois primitif et divin... entre l'homme et l'au-delà.

Three birds

La scène du puits comporte le panneau ainsi nommé de l'homme blessé. Indépendamment de la question de savoir si toutes les composantes de la scène (l'homme blessé, le bison, le rhinocéros et l'oiseau) sont effectivement du même auteur, le sens final rappelle l'allégorie du miroir. Le bison frappé au flanc par une sagaie symbolise l'esprit de l'homme blessé qui au moment le plus tragique s'interroge sur l'origine de la vie:

 

un homme est atteint par une flèche empoisonnée, mais avant que le docteur ne l’extraie, il voudrait savoir qui l’a tirée (à propos de l’existence de Dieu), d’où la flèche venait (d’où l’univers et Dieu viennent), pourquoi la personne l’a tirée (pourquoi Dieu a créé l’univers), etc. Si l’homme continue à poser ces questions avant que la flèche ne soit extraite, il mourra avant d’avoir les réponses. (Les Mythes fondateurs, cosmogonie et récits des origines)

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Symboles préhistoriques

Publié le par Ysia

D’après les premiers résultats des recherches de Genevieve von Petzinger, au-delà des divers animaux reproduits sur la roche, 26 symboles ont été répertoriés, comme l’aïeul de notre langage, dont le tracé rappelle les signes de  l'alphabet protosinaïtique. Parmi ces symboles, on retrouve le cercle et l'angle ouvert (dont l'étude japonaise citée dans l'article du 12 janvier a souligné la place dans l'art ancien chinois).

 

O (4)

 

Enso japonais, réminiscence voire rémanence du cercle premier.

 

 

 

“Simple linear lines in red seem to mark the beginning of the painted cave; the beginning of the experience. These enigmatic and understated decorations continue, with a hundred or so red and black geometric signs - dashes, bars, lines, and series of dots - some painted using tools, some using fingers. The red is hematite, the black is either manganese dioxide or charcoal, both ground and mixed with water or fat. They have been daubed strategically, sometimes opposite each other, sometimes on either side of a conspicuous fissure. Shortly after this, the animal figures appear, and the prehistoric dialogue continues to unfold. Are the geometric signs a scripture that can eventually be deciphered?”  ( Caverne de Niaux,  Peter Robinson, rédacteur en chef, Bradshaw Fondation)

 

 

 

Tanzanian figuresAfrican Chair

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Sur l'origine de la thérianthropie

Publié le par Ysia

Je sais qu'il ne faut pas confondre réalité et observation, mais c’est le privilège de l’artiste que d’offrir une approche plus personnelle et subjective de l’art, même préhistorique, et d’individualiser notre monde.  Le renne, l’ours, le lapin, le rhinocéros, le cheval, l’antilope, le porc, le lion, le renard et bien d’autres font partie de l’imagerie des peuples anciens. L’homme préhistorique fait sien son pouvoir de réalisation par mimésis à travers les processus que la psychanalyse moderne nommerait paréidolie, apophénie et hiérophanie. Plus de 4 milliards d’années compte notre planète, qui sommes-nous ? La mémoire collective est victime des éboulis du temps par la faute desquels notre oubli a fait tomber le rideau sur les symboles originels.

 

Sur l'origine de la thérianthropie et s'agissant de l'art préhistorique des grottes en France et en Espagne, l'auteur de The creative explosion  écrit :

 

Bouc"Artists frequently drew parts without bodies as well as bodies without parts, isolated horns, heads, legs, necks, and so on. They also have a variety of ways of distorting animal forms, depicting horses for examples with round ballooning or sausage-like "dachshund" bodies, long snakelike necks, and timy heads some with weird "duckbill" mouths. Their works included ambiguous animals, ill-defined creatures with could be horses or oxen or deer, bison or ibeses... - not to mention an abundant menagerie of "monsters" or imaginary species like the so-called unicorn in Lascaux, bears with wolf heads and bison tails, reindeer with webbed feet"  (John E. Pfeiffer, The creative explosion, Harper & Row, 1982) Cerf

 

S'agissant des figures inachevées de l'art préhistorique, Denis Vialou affirme: “Il nous a semblé impossible de concevoir qu’il ne s’agissait que de traces accidentelles (peintes) ou de traces de fond (graves). L’éventualité de maladresses d’artistes ou d’ « écoliers » parut d’autant plus invraisemblable que la plupart de ces témoins sont insérés dans les panneaux les mieux composés... L’absence de connotations rationnelles nous a poussé à localiser leur origine dans une ambiance symbolique, diffuse, frustre, primaire" (Denis Vialou, L'art des grottes en Ariège magdalénienne, CNRS, 1986, p.393)

Cheval

 

  Symboles qui me fascinent.  Denis Vialou observe qu'il ne suffit parfois que d'une marque, un signe pour représenter un bouquetin ou qu' une ligne en « S » représentant une corne de bison, à côté d'un œil de bison, suffit à identifier l'animal. Schématisation, dépouillement extrême. Réduction à l'essentiel.

Alors que le propos d'une oeuvre d'art est par le biais d’une tridimensionalité de donner corps à une pensée, c'est vers une simple linéarité, une simplification graphique, une iconographie pure que je tends irrésistiblement.

  Poisson à deux têtes

        " Le mystique sait tout en se sachant ignorant ; il peut tout en reconnaissant son incapacité." *

 

 

L’art est un miroir dans lequel se reflète une image de nous,  une sorte de gémellité : un corps à deux têtes, un poisson à deux têtes, un visage double, une reproduction symétrique d’un objet coupé en deux. 

 

Doubleface (color) Dans le miroir, il y a l’idée de passage vers un autre monde, un au-delà. Et si dans l’ensemble des choses visibles et invisibles, il y avait une frontière les séparant ?   L'homme et sa doublure. Et si l’idée du miroir avait précédé l’objet du miroir et que par la gravure et la peinture, l’homme primitif avait tenté de reproduire l'expérience de son propre dédoublement de l'Un originel ?    Et si les rêves n’étaient que résonance ? De l’être à ses émanations.

 

 

 

Faut-il chercher au fond des cavernes les éléments d’une religion primitive qui expliqueraient le comportement de nos ancêtres ?Vénus à la traîne

 

« N'oublions pas que nous cherchons au fond de l'âme, par voie d'introspection, les éléments constitutifs d'une religion primitive. » (Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion, 1932, p.81).

 

Ainsi l’homme des cavernes incarne notre propre questionnement de l’âme dans la pénombre, de tâtonnements en tâtonnements. C'est du fond denous-mêmes que nous tentons de ramener une révélation de la vérité à la surface de notre conscience . La caverne est un temple dont la disposition respecte les règles d'une religion primitive.

 

... Etrange association d’idées qui me pousse malgré moi à comparer la Vénus sibérienne (Malta) à une Vierge byzantine !!!!!

 

* « Le paradoxe dans la mystique : Le cas de Hallâj », Pierre Lory, dans Ésotérismes, gnoses & imaginaire symbolique : Mélanges offerts à Antoine Faivre, éd. par R. Caron, J. Godwin, W. J. Hanegraaff et J.-L. Vieillard-Baron, Leuven, Peeters, coll. Gnostica, 2001.

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