Le Credo du créateur

Publié le par Ysia

 L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible…Les éléments spécifiques de l’art graphique sont des points et des énergies linéaires planes et spatiales… Les lignes les plus diverses. Taches. Touches estompées. Surfaces lisses. Estompées. Striées. Mouvement ondulant. Mouvement entravé. Articulé. Contre-mouvement. Tressage. Tissage. Maçonnage. Imbrication. Solo. Plusieurs voix. Ligne en train de se perdre. De reprendre vigueur (dynamisme).  (Paul Klee, Théorie de l’art moderne)

 

  Papunya

 

Formes. Sensations. Lignes dansantes, tourbillonnantes. Cercles primitifs. Répertoire de formes iconiques – cercles concentriques et lignes – qui pourraient être interprétées conceptuellement ; comme le déversement des émotions créatrices des ancêtres spirituels. Formes archétypes devenues hiéroglyphes. Hiéroglyphes devenus formes archétypes (Papunya, préface, Geoffrey Bardon and James Bardon, The Miegunyah Press, reprinted 2009) . Dans le cadre d’une évolution créative et mentale du genre humain (Lowenfeld, 1947), l’esprit libéré force le pouvoir créateur enfoui à se manifester. Hiéroglyphes et schémas à valeur symbolique rassemblent en un même univers idéogrammes et pictogrammes. Formes énergiques circulaires enferment le silence et le vide tactile. Les lignes véhiculent l’énergie centrale sans fin. Mouvement dans le repos. Repos dans le mouvement. Totems. Images extraites de rêves passés. Chemins mythologiques. Enigme mentale. Clef ! Caravane de chameaux, dunes du désert...

 

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Publié dans Cheminement

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Au cœur des ténèbres

Publié le par Ysia

Une part de moi cherche à comprendre et ignore les avertissements de ma raison, une part de moi s’obstine à faire tomber les barrières de ma prison mentale et à trouver la clef qui ouvrira le verrou de ma rédemption.

 

« We could not understand, because we were too far and could not remember, because we were traveling in the Ram Masknight of first ages, of those ages that are gone, leaving hardly a sign--and no memories…

We are accustomed to look upon the shackled form of a conquered monster, but there--there you could look at a thing monstrous and free.

The mind of man is capable of anything — because everything is in it, all the past as well as all the future. What was there after all? Joy, fear, sorrow, devotion, valour, rage — who can tell? — but truth — truth stripped of its cloak of time. Let the fool gape and shudder — the man knows, and can look on without a wink »  (Heart of darkness, Joseph Conrad, 1902)

 

Hommage à Peter Jackson et son film sur l’humanité révélée du primate Kong (King Kong, 2005).

Publié dans Art et Préhistoire

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Giacometti et les Etrusques

Publié le par Ysia

Je lisais que pour Giacometti le fait de copier était le meilleur moyen de se rendre compte de ce qu’il voyait. Il avait l’envie immédiate de copier toutes les oeuvres qui l’attiraient le plus et ce plaisir de copier ne l'avait en fait jamais plus quitté. Pour moi c’est l’énigme, le sacré que je cherche à copier dans l'art primitif ou religieux comme pour accumuler en moi, appréhender par les sens l’ineffable spiritualité, l’origine sacrée, comme un puzzle que je cherche à construire, un chemin sur lequel mes pas hésitants me conduisent. Mon approche demeure plus philosophique qu’artistique.

Il me semble que je tourne en rond et qu'effectivement les problèmes restent en suspens et les procédés sont identiques depuis la nuit des temps. Je suis fascinée par les pétroglyphes, notamment celui maintes fois présenté que j'ai intitulé Figures Tanzaniennes. Figure solitaire ou figure triple, perdues dans la foule. Corps filiformes, dépouillés de substance. Il ne reste que l’esprit qui rayonne en arc en ciel. Le corps tel un fil s’allonge en pont entre les entrailles telluriques des Origines et l’Univers.Ombres aux formes individuelles et pourtant similaires. Tout est un...Car c'est bien notre sensibilité, notre angoisse existentielle qui nous lient à travers les représentations symboliques.

 

Trois Ombres

    Tanzanian figures

Publié dans Cheminement

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Spiritualisation

Publié le par Ysia

Entre la perception sensible et l’abstraction rationnelle, l’art est inimitable car l’âme y exprime individuellement son besoin d’exister.

 

Ce qu’il (l’art) aime à voir en lui (l’objet), ce n’est ni sa réalité matérielle ni l’idée pure dans sa généralité, mais une apparence, une image de la vérité, quelque chose d’idéal qui apparaît en lui ; il saisit le lien des deux termes, leur accord et leur intime harmonie. Aussi le besoin qu’il éprouve est-il tout contemplatif. (Hegel, Esthétique, tome premier, p.27)

 

  Mukudj

 

C’est à la naissance du moi  que l'on assiste aux heures lointaines de la préhistoire. Y avait-il une idée de la beauté, précurseur du geste artistique ? Formes régulières, formes symétriques. Recherche d’harmonie dans les couleurs. L’art est un acte double qui consiste à matérialiser l’idée tout en spiritualisant l’objet. 

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Revisiter les origines de l'art sous l'angle hégélien

Publié le par Ysia

C’est dans les œuvres de l’art que les peuples ont déposé leurs pensées les plus intimes et leurs plus riches intuitions. Souvent les beaux-arts sont la seule clef au moyen de laquelle il nous soit donné de pénétrer dans les secrets de leur sagesse et les mystères de leur religion. (Esthétique, Tome premier, p.18)

 

Il (l’art) est essentiellement fait pour l’homme, et, comme il s’adresse aux sens, il emprunte plus ou moins au sensible ; Il a son but en lui-même. (ibid., p.23)

 

L’art étant reconnu comme une création de l’esprit, on peut se demander quel besoin l’homme a de produire des œuvres d’art. Ce besoin est-il accidentel ? Est-ce un caprice et une fantaisie, ou bien un penchant fondamental de notre nature ?

Le principe d’où l’art tire son origine est celui en vertu duquel l’homme est un être qui pense, qui a conscience de lui, c’est-à-dire qui non seulement existe, mais existe pour lui. Être en soi et pour soi, se redoubler sur soi-même, se prendre pour objet de sa propre pensée et par là se développer comme activité réfléchie, voilà ce qui constitue et distingue l’homme, ce qui fait qu’il est un esprit. Or, cette conscience de soi-même, l’homme l’obtient de deux manières, l’une théorique, l’autre pratique ; l’une par la science, l’autre par l’action : 1° par la science, lorsqu’il se connaît en lui-même dans le développement de sa propre nature, ou se reconnaît au dehors dans ce qui constitue l’essence ou la raison des choses ; 2° par l’activité pratique, lorsqu’un penchant le pousse à se développer à l’extérieur, à se manifester dans ce qui l’environne, et aussi à s’y reconnaître dans ses œuvres. Il atteint ce but par les changements qu’il fait subir aux objets physiques, qu’il marque de son empreinte, et où il retrouve ses propres déterminations. Ce besoin revêt différentes formes, jusqu’à ce qu’il arrive au mode de manifestation de soi-même, dans les choses extérieures, qui constitue l’art. Tel est le principe de toute action et de tout savoir. L’art trouve en lui son origine nécessaire. (ibid., p.25)

Publié dans Art et Préhistoire

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Le Galet de Makapansgat

Publié le par Ysia

Si nous donnons à l’art un rang aussi élevé, il ne faut pas oublier cependant qu’il n’est ni par son contenu ni par sa forme la manifestation la plus haute, l’expression dernière et absolue par laquelle le vrai se révèle à l’esprit. Par cela même qu’il est obligé de revêtir ses conceptions d’une forme sensible, son cercle est limité : il ne peut atteindre qu’un degré de la vérité...

car l’idée est ce qui dans l’art, comme dans toute oeuvre humaine, est l’élément essentiel. L’art, en vertu de sa nature, n’a pas d’autre destination que celle de manifester, sous une forme sensible et adéquate, l’idée qui constitue le fond des choses ; et la philosophie de l’art, par conséquent, a pour but principal de saisir, par la pensée abstraite, cette idée et sa manifestation sous la forme du beau dans l’histoire de l’humanité. 

(Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Esthétique, tome premier, p.19 & 230)

 

D’abord vient la perception tactile ou visuelle, spatiale ou sensorielle. Observation et interprétation sont les clefs de l’intelligence conceptuelle. De là naît l’imagination !!!! Comment interpréter le Galet de Makapansgat ? Qu’un objet naturel datant de trois millions d’années ait pu attirer le regard curieux de l’être préhumain, est-ce un geste machinal dicté par l’inconscient ou  l’a-t-il ramassé consciemment et emporté pour se l’accaparer ? 

 

“Conscious art” (the term is by Leroi-Gourhan) evolves from what we may call an “unconscious artistic element”, or rather, elements that are part of activities guided by different aims but that involve, all of them, a realization of a sort of “final”, that is, complete form or stage related to vital demands, abilities and impulses. (Marcelo Guimaraes, Introduction to the History of Art)


A-t-il reconnu sa valeur originale et intrinsèque parmi tous les autres galets sur lesquels ses yeux se sont posés? Image familière de lui-même. Approche fétichiste. Désir d’appropriation visant à faire tomber les remparts de la solitude humaine. Soif de pouvoir. Prémices de l’être humain. Le Galet de Makapansgat marque le premier pas vers la découverte de l'art.

Publié dans Art et Préhistoire

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Le devenir de la conscience

Publié le par Ysia

Entre les dernières strates du Pliocène où l’Homme soit absent, et le niveau suivant, où le géologue devrait être frappé de stupeur en reconnaissant les premiers quartz taillés, que s’est-il passé ? Et quelle est la vraie grandeur de la saute ? (Le Phénomène humain, p.107) Finalement, c’est vrai, toute la métamorphose hominisante se ramène, du point de vue organique, à une question de meilleur cerveau. Mais comment ce perfectionnement cérébral se fût-il produit, — comment eût-il pu fonctionner ? — si toute une série d’autres conditions ne se fussent trouvées en même temps, juste ensemble, réalisées ?... Si l’être dont l’Homme est issu n’avait pas été bipède, ses mains ne se seraient pas trouvées libres à temps pour décharger les mâchoires de leur fonction préhensile, et par suite l’épais bandeau de muscles maxillaires qui emprisonnait le crâne ne se serait pas relâché : C’est grâce à la bipédie libérant les  mains que le cerveau a pu grossir ; et c’est grâce à elle, en même temps, que les yeux, se rapprochant sur la face diminuée, ont pu se mettre à converger, et à fixer ce que les mains prenaient, rapprochaient, et en tous sens présentaient : le geste même, extériorisé, de la réflexion !... (ibid.p.112)

 

Réflexion, abstraction, logique, imagination… Et que l’on débatte un jour du devenir de la conscience, par suite de son accroissement progressif, pulsatoire et générationnel,  vers quoi se tend l’être humain ?

 

« Ou bien la Nature est close à nos exigences d’avenir : et alors la Pensée, fruit de millions d’années d’effort, étouffe mort-née, dans un Univers absurde, avortant sur lui-même. Ou bien une ouverture existe, — de la sur-âme au-dessus de nos âmes : mais alors cette issue, pour que nous consentions à nous y engager, doit s’ouvrir sans restrictions sur des espaces psychiques que rien ne limite, dans un Univers auquel nous puissions éperdument nous fier » (ibid.p.159)

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L'énigme humaine

Publié le par Ysia

...l’immensité spatiale tout entière n’est plus que la tranche « au temps t » d’un tronc dont les racines plongent dans l’abîme d’un Passé insondable, et dont les branches montent quelque part dans un Avenir à première vue illimité (Le phénomène humain, p.19)

 

    La vision présomptueuse et rapétissante de l’homme omet la tendance volontariste de l'Univers, ensemble multiforme qui fourmille d'énergie et croît en complexité dans une organisation croissante. Le « phénomène humain », étape de la vie, se double d'une évolution spirituelle. La Pensée est-elle privilège de l’homme ou  phénomène transcendantal et universel ?

 

L’apparente restriction du phénomène de conscience aux formes supérieures de la Vie a servi longtemps de prétexte à la Science pour l’éliminer de ses constructions de l’Univers. (ibid., p.25)

 

Le vent aux effluves obscurs porte la voix d’une conscience transdimensionnelle, vibration oscillatoire des commencements. Par le jeu de la reproduction, la vie avance dans sa marche inexorable. Comme des cellules qui s’agglomèrent entre elles, l'homme cherche en vain la société des autres. S’agit-il d’un simple rapprochement mécanique ou d’un besoin biologique ?

 

Par ses ramures, l’arbre de vie prolonge irréversiblement les linéaments du commencement, origine commune de toutes les choses et de tous les êtres alors que se produit au cours des générations successives la métamorphose de la psyché rudimentaire dans le cycle incessant de la matière et de l'énergie.

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Teilhard de Chardin

Publié le par Ysia

Établir autour de l’Homme, choisi pour centre, un ordre cohérent entre conséquents et antécédents ; découvrir, entre éléments de l’Univers, non point un système de relations ontologiques et causales, mais une loi expérimentale de récurrence exprimant leur apparition successive au cours du temps (Le Phénomène humain, p.5, Editions du Seuil, Paris, 1956)

 

    La divinisation de notre effort par la valeur de l’intention qui s’y pose infuse une âme précieuse à toutes nos actions. Mais le travail même de nos esprits, de nos cœurs et de nos mains, - nos résultats, nos œuvres, notre opus, - ne sera-t-il pas, lui aussi, en quelque façon, « éternisé », sauvé ?… 

 

  …En soi, par nature, le travail est un facteur multiple de détachement pour tous ceux qui s’y livrent sans révolte, avec fidélité. D’abord, il implique l’effort, la victoire sur l’inertie. Si intéressant et spirituel soit-il, le travail est un douloureux enfantement. L’homme n’échappe au terrible ennui du devoir monotone et banal que pour faire face aux anxiétés et à la tension intérieure de la «création ». Créer, ou organiser, de l’énergie matérielle, de la vérité ou de la beauté, c’est un tourment intérieur … l’homme doit quitter une première fois sa tranquillité et son repos ; mais il lui faut savoir abandonner sans cesse, pour des formes meilleures, les formes premières de son industrie, de son art, de sa pensée. … Encore et encore, il faut se surpasser, s’arracher à soi-même, laisser à chaque instant derrière soi les ébauches les plus aimées. … chaque réalité atteinte et dépassée nous fait accéder à la découverte et à la poursuite d’un idéal de qualité spirituelle plus haute…

 

 Les passivités,..., forment la moitié de l’existence humaine. Cette expression veut dire, tout naïvement, que ce qui n’est pas agi, en nous, est, par définition, subi. Mais elle ne préjuge en rien des proportions suivant lesquelles action et passion se divisent notre domaine intérieur. En fait, les deux parts, active et passive, de nos vies sont extraordinairement inégales. Dans nos perspectives, la première occupe la première place, parce qu’elle nous est plus agréables et plus perceptible. Mais, dans la réalité des choses, la deuxième est, sans mesure, la plus étendue et la plus profonde. Les passivités, d’abord, accompagnent sans cesse nos opérations conscientes à titre de réactions dirigeant, soutenant, ou contrecarrant nos efforts…(Teilhard de Chardin, Le milieu divin)

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Figuring out the rules of the game

Publié le par Ysia

 

Suite à l'interprétation que C.G. Jung ose tenter de son propre tirage du Yijing (article du 9 juin 2011 sur la synchronicité), voici comment la science y répondrait :

 

How does the universe know how to go from a state of indefiniteness before a measurement is made, to definiteness after? (p.62)

…There are two sorts of “random” processes. In one, the system is really deterministic, but you simply don’t have enough information, or can’t calculate fast enough, to figure out what’s going to happen. Take a coin flip, for example. If you wanted to call it in the air and knew the exact position, orientation, weighting, and spin of the coin, as well as the wind direction and speed, then in principle you could run those data through a computer to figure out how the coin will fall. We could repeat the experiment under nearly the same conditions again and again and get the same outcome. If we made a finely tuned robotic coin-flipping machine, we could make heads come up every time.

In practice, there is so much uncertainty with how a coin is held, how the air is blowing, how hard you flip the coin, and where you apply the pressure, that there is absolutely no practical way that you could do these calculations. That’s why the coin flip is the random number generator par excellence. Likewise, even though the sequence of cards or the landing of a roulette ball seem pretty random, at the end of the day it’s really more that we don’t know enough about the initial conditions… BUT COIN FLIPS ARE NOT ATOMS, AND SOMETHING VERY DIFFERENT HAPPENS WHEN WE TALK ABOUT RANDOMNESS ON THE SUBATOMIC SCALE. AT THAT EXTREME, THE UNIVERSE IS REALLY, TRULY RANDOM. (!!!) (p.77-78)

 

A User's guide to Universe, Dave Goldberg and Jeff Blomquist, Wiley, 2010

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