Koru

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L’Envers et l’Endroit

Publié le par Ysia

 

Gardez-vous avec soin de toute avarice; car la vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l'abondance. Et il leur dit cette parabole: Les terres d'un homme riche avaient beaucoup rapporté.

Jemaa HeadEt il raisonnait en lui-même, disant: Que ferai-je? car je n'ai pas de place pour serrer ma récolte.

Voici, dit-il, ce que je ferai: j'abattrai mes greniers, j'en bâtirai de plus grands, j'y amasserai toute ma récolte et tous mes biens; et je dirai à mon âme: Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi.Mais Dieu lui dit: Insensé! cette nuit même ton âme te sera redemandée; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il? Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu. Jésus dit ensuite à ses disciples: C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous serez vêtus. La vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. (Luc 12, Louis Segond (1910)

 

 

 

 

On ne juge que d'après ce que l'on sait 

 

 

Brice Parain prétend souvent que ce petit livre contient ce que j’ai écrit de meilleur. Parain se trompe. Je ne le dis pas, connaissant sa loyauté, à cause de cette impatience qui vient à tout artiste devant ceux qui ont l’impertinence de préférer ce qu’il a été à ce qu’il est. Non, il se trompe parce qu’à vingt-deux ans, sauf génie, on sait à peine écrire. Mais je comprends ce que Parain, savant ennemi de l’art et philosophe de la compassion, veut dire. Il veut dire, et il a raison, qu’il y a plus de véritable amour dans ces pages maladroites que dans toutes celles qui ont suivi.
Chaque artiste garde ainsi, au fond de lui, une source unique qui alimente pendant sa vie ce qu’il est et ce qu’il dit. Quand la source est tarie, on voit peu à peu l’oeuvre se racornir, se fendiller. Ce sont les terres ingrates de l’art que le courant invisible n’irrigue plus. Le cheveu devenu rare et sec, l’artiste, couvert de chaumes, est mûr pour le silence, ou les salons, qui reviennent au même. Pour moi, je sais que ma source est dans L’Envers et l’Endroit, dans ce monde de pauvreté et de lumière où j’ai longtemps vécu et dont le souvenir me préserve encore des deux dangers contraires qui menacent tout artiste, le ressentiment et la satisfaction.
La pauvreté, d’abord, n’a jamais été un malheur pour moi : la lumière y répandait ses richesses. Même mes révoltes en ont été éclairées. Elles furent presque toujours, je crois pouvoir le dire sans tricher, des révoltes pour tous, et pour que la vie de tous soit élevée dans la lumière. Il n’est pas sûr que mon coeur fût naturellement disposé à cette sorte d’amour. Mais les circonstances m’ont aidé. Pour corriger une indifférence naturelle, je fus placé à mi-distance de la misère et du soleil. La misère m’empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l’histoire ; le soleil m’apprit que l’histoire n’est pas tout. Changer la vie, oui, mais non le monde dont je faisais ma divinité. C’est ainsi, sans doute, que j’abordai cette carrière inconfortable où je suis, m’engageant avec innocence sur un fil d’équilibre où j’avance péniblement, sans être sûr d’atteindre le but. Autrement dit, je devins un artiste, s’il est vrai qu’il n’est pas d’art sans refus ni sans consentement.Mangbetu
Dans tous les cas, la belle chaleur qui régnait sur mon enfance m’a privé de tout ressentiment. Je vivais dans la gêne, mais aussi dans une sorte de jouissance. Je me sentais des forces infinies : il fallait seulement leur trouver un point d’application. Ce n’était pas la pauvreté qui faisait obstacle à ces forces : en Afrique, la mer et le soleil ne coûtent rien. L’obstacle était plutôt dans les préjugés ou la bêtise. J’avais là toutes les occasions de développer une « castillanerie » qui m’a Fait bien du tort, que raille avec raison mon ami et mon maître Jean Grenier, et que j’ai essayé en vain de corriger, jusqu’au moment où j’ai compris qu’il y avait aussi une fatalité des natures. Il valait mieux alors accepter, son propre orgueil et tâcher de le faire servir plutôt que de se donner, comme dit Chamfort, des principes plus forts que son caractère. Mais, après m’être interrogé, je puis témoigner que, parmi mes nombreuses faiblesses, n’a jamais figuré le défaut le plus répandu parmi nous, je veux dire l’envie, véritable cancer des sociétés et des doctrines.

...Sur un autre plan, un artiste a aussi des joies de vanité. Le métier d’écrivain, particulièrement dans la société française, est en grande partie un métier de vanité. Je le dis d’ailleurs sans mépris, à peine avec regret. Je ressemble aux autres sur ce point ; qui peut se dire dénué de cette ridicule infirmité ? Après tout, dans une société vouée à l’envie et à la dérision, un jour vient toujours où, couverts de brocards, nos écrivains payent durement ces pauvres joies. Mais justement, en vingt années de vie littéraire, mon métier m’a apporté bien peu de joies semblables, et de moins en moins à mesure que le temps passait.
...Dans le secret de mon coeur, je ne me sens d’humilité que devant les vies les plus pauvres ou les grandes aventures de l’esprit. Entre les deux se trouve aujourd’hui une société qui fait rire.  ...Et rêver de morale quand on est un homme de passion, c’est se vouer à l’injustice, dans le temps même où l’on parle de justice. L’homme m’apparaît parfois comme une injustice en marche : je pense à moi. Si j’ai, à ce moment, l’impression de m’être trompé ou d’avoir menti dans ce que par-fois j’écrivais, c’est que je ne sais comment faire connaître honnêtement mon injustice. ... Si, du moins, on pouvait vivre selon l’honneur, cette vertu des injustes ! ...Qu’importe ! Je voulais seulement marquer que, si j’ai beaucoup marché depuis ce livre, je n’ai pas tellement progressé. Souvent, croyant avancer, je reculais. Mais, à la fin, mes fautes, mes ignorances et mes fidélités m’ont toujours ramené sur cet ancien chemin que j’ai commencé d’ouvrir avec L’Envers et l’Endroit... Albert Camus

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L'inconscient est une grotte

Publié le par Ysia

Ce n'est pas devant toi que je me suis prosterné, c'est devant toute la souffrance de l'humanité. (Dostoïevski, Crime et Chȃtiment)

 

Metaphysical Debate

 

Sainte-Catherine et son ombre débattent avec l’être anthropomorphe du sens de la vie


Chacun de nous appartient à la société autant qu'à lui-même. Si sa conscience, travaillant en profondeur, lui révèle, à mesure qu'il descend davantage, une personnalité de plus en plus originale, incommensurable avec les autres et d'ailleurs inexprimable, par la surface de nous-mêmes nous sommes en continuité avec les autres personnes, semblables à elles, unis à elles par une discipline qui crée entre elles et nous une dépendance réciproque. S'installer dans cette partie socialisée de lui-même, est-ce, pour notre moi, le seul moyen de s'attacher à quelque chose de solide ? Ce le serait, si nous ne pouvions autrement nous soustraire à une vie d'impulsion, de caprice et de regret. Mais au plus profond de nous-mêmes, si nous savons le chercher, nous découvrirons peut-être un équilibre d'un autre genre, plus désirable encore que l'équilibre superficiel. Des plantes aqua­tiques, qui montent à la surface, sont ballottées sans cesse par le courant ; leurs feuilles, se rejoignant au-dessus de l'eau, leur donnent de la stabilité, en haut, par leur entrecroisement. Mais plus stables encore sont les racines, solidement plantées dans la terre, qui les soutiennent du bas. Toutefois, de l'effort par lequel on creuserait jusqu'au fond de soi-même nous ne parlons pas pour le moment. S'il est possible, il est exceptionnel ; et c'est à sa surface, à son point d'insertion dans le tissu serré des autres personnalités extériorisées, que notre moi trouve d'ordinaire où s'attacher : sa solidité est dans cette solidarité. Mais, au point où il s'attache, il est lui-même socialisé. L'obliga­tion, que nous nous représentons comme un lien entre les hommes, lie d'abord chacun de nous à lui-même. (Henri Bergson, Les deux Sources de la morale et de la religion)

  Les entrailles telluriques symbolisent ce qui nous a été transmis depuis la nuit des temps, depuis les premières cavernes préhistoriques où prirent place les rites initiatiques. L’image de la grotte se retrouve dans l’édifice chrétien où l’âme mélancolique languit de la lumière divine et aspire aux retrouvailles d’avec la vie fœtale des Origines. La terre représentée par une divinité féminine symbolise la mère qui enfante et dans les grottes et cavernes utérines de laquelle se répète à l’infini dans le temps et dans l’espace, de l’Orient à l’Occident le retour à la matrice originelle.

Quand l’être saint ou pieux, moine ou ermite, effectue une retraite solitaire dans une grotte, c’est son âme qui l’appelle et l’incite à passer à l’étape ultime pour répondre à la question :

«  Qui suis-je ? »

Les cauchemars sont souvent des couleuvres difficiles à avaler permettant la prise de conscience de nos manquements, la douloureuse appréhension de la vérité. Aussi amère que soit la pilule, il s’agit de l’accepter après parfois de longs mois ou des années. L’ombre est cette forme personnifiée de même sexe qui apparaît en rêve, souvenir d’une innocence perdue, mémoire de qualités depuis longtemps disparues avec l’âge adulte. L’ombre devient menaçante lorsqu’elle est ignorée ou méconnue. Invisible, nous la projetons sur les autres en faisant un portrait systématiquement négatif des autres et de leurs intentions. L’inconscient est un labyrinthe parce qu’il offre des possibilités insoupçonnées.

L’animus est la figure masculine menaçante de la femme qui rêve et que symbolise le personnage de Barbe-bleue, la coupant de tout autre contact humain et surtout du contact avec d’autres hommes. Par l’isolement qu’il professe, il personnifie le cocon inviolable tissé de désirs et décrets auxquels la femme se soumet sur la façon dont les choses doivent être. L’animus représente la toile de pensées calculatrices, pleines de malice et d’intrigue qui la portent à souhaiter la mort aux autres ou la paralyse, convaincue dans son for intérieur de sa nullité. Il importe de ne pas se laisser emprisonner par ce dialogue intérieur.


The consequence of my resolve, and my involvement with things which neither I nor anyone else could understand, was an extreme loneliness. I was going about laden with thoughts of which I could speak to no one: they would only have been misunderstood. I felt the gulf between the external world and the interior world of images in its most painful form. I could not yet see that interaction of both worlds which I now understand. I saw only an irreconcilable contradiction between “inner” and “outer”. (Memories, Dreams, Reflections,  C.G. Jung)

The actual process of individuation - the conscious coming-to-terms with one's own inner center (psychic nucleus) or Self - generally begins with a wounding of the personality and the suffering that accompanies it. This initial shock  amounts to a sort of "call", although it is not often recognized as such. On the contrary , the ego feels hampered in its will or its desire and usually projects the obstruction onto something external. That is, the ego accuses God or the economic situation or the boss or the marriage partner of being responsible for whatever is obstructing it.

…beneath the surface a person is suffering from a deadly boredom that makes everything seem meaningless and empty…One is seeking something that is impossible to find or about which nothing is known. In such moments all well-meant, sensible advice is completely useless – advice that urges one to try to be responsible, to take a holiday, not to work so hard (or to work harder), to have more (or less) human contact, or to take up a hobby. None of that helps , or at best only rarely. There is only one thing that seems to work; and that is to turn directly toward the approaching darkness without prejudice and totally naïvely, and to try to find out what its secret aim is and what it wants from you… All the contents are blurred and merge into one another, and one never knows exactly what or where anything is, or where one thing begins and ends. (Man and his symbols, The process of individuation, M.-L. von Franz, p.166-167)

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Psychologie de la beauté

Publié le par Ysia

 

 

Féminité ventripotente au crépuscule de la vie.

Femme poussah symbole de fertilité.

Ramifications spirituelles.

Couleurs de châtaigne et de feuilles mortes.


Poésie automnale (Ysia)


C’est au cœur de la préhistoire que l'alliance de l’intelligence technique et de l’intelligence sociale a donné naissance au cerveau moderne humain. La sculpture de la pierre marque une tentative inconsciente de retourner aux origines acheuléennes, à la naissance de l’industrie lithique, lorsque les mots n’existaient pas et que l’ancêtre Homo Erectus communiquait  avec les mains.

Comment définir la forme esthétique du biface ? La beauté est temporelle, marquée par son époque et le lieu géographique de celui qui l’observe. La beauté n’est-elle pas avant tout conditionnée culturellement ? Le concept de beauté évolue de pair avec la psychologie humaine.

 

 

L’expérience de la beauté est un élément constitutif de la chaîne d’adaptations darwiniennes. La beauté est un effet adaptatif que nous prolongeons et intensifions dans la création et la jouissance d’œuvres d’art et d’objets récréatifs. L’évolution s’opère par le biais des mécanismes de la sélection naturelle et sexuelle. 


Au temps d’avant les mots, l'ancêtre muet, créateur du biface, être mythique prébabélien, Homo erectus ou Homo ergaster, vivait 50 000 à 100 000 ans avant l'invention du langage. Ainsi commença la plus longue tradition artistique de l’histoire humaine et protohumaine.A ceux qui penseraient que l'art n'existait pas avant Lascaux ou Chauvet, Michel Lorblanchet leur répond:

 

Pour ma part, je pense que l'art a émergé beaucoup plus tôt. L'art de Chauvet et de Lascaux n'est qu'un moment - particulièrement spectaculaire - d'une très longue évolution qui commence avec l'apparition des premiers hommes, il y a plus de deux millions d'années. L'homme est artiste depuis ses plus lointaines origines. Nos ancêtres Homo (erectus, habilis, ergaster, etc.), peut-être même les australopithèques, avaient sans doute des pulsions artistiques. A mon sens, l'évolution de l'art a été quelque chose de graduel et progressif.

Qu'est-ce qui vous permet d'affirmer cela ?

Les premiers hommes semblent avoir joué avec les formes, les matières, les couleurs. On découvre sur certains sites africains, datant de plus de deux millions d'années, des pierres ayant des formes et des couleurs particulières, qui ont été trouvées, transportées et conservées pour leur seule valeur esthétique. Plus tard, certains outils semblent avoir été taillés avec des pierres manifestement choisies pour leur beauté. En Tanzanie, par exemple, on dispose de témoignages d'outils façonnés dans de magnifiques blocs de lave verte ; les hommes qui les ont fabriqués n'étaient pas insensibles à la couleur des matériaux qu'ils utilisaient. On a découvert des racloirs et des bifaces taillés dans du quartz, du cristal de roche ou du jaspe multicolore qui sont pourtant des matériaux difficiles à travailler. Ces pierres ont donc été choisies pour leurs qualités esthétiques et pas simplement pour des raisons utilitaires.

En fabriquant des outils, les hommes ont assez tôt également cherché à leur donner une forme qui va bien au-delà des nécessités fonctionnelles. C'est le cas de ces magnifiques bifaces acheuléens, dont les formes symétriques dépassent de loin le strict besoin utilitaire (voir la photo ci-contre).

L'usage des colorants qui remonte au début du paléolithique (à partir d'au moins 1 500 000 ans) comporte des dimensions esthétique et symbolique incontestables. Les premiers Homo sapiens et les Néandertaliens se peignaient le corps, saupoudraient les morts de colorants. Cela atteste de préoccupations religieuses mêlées à un souci esthétique. Dans toute l'histoire humaine, ne l'oublions pas, l'art est lié à la fois à l'artisanat et au religieux, à l'utilitaire et au sacré.

Les débuts de l'art ont donc précédé l'apparition de l'art figuratif, celui des grottes ornées ou des statuettes apparues vers - 35000/40 000 ans.(L'art des premiers hommes. Entretien avec Michel Lorblanchet. Hors-Série N° 37 Juin/Juillet/Août 2002)

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Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien?

Publié le par Ysia

Il faut d’abord, à mon avis, se poser cette double question : en quoi consiste ce qui existe toujours, sans avoir eu de naissance ? En quoi consiste ce qui devient toujours et n’est jamais ? Le premier est appréhensible à la pensée aidée du raisonnement, parce qu’il est toujours le même, tandis que le second est conjecturé par l’opinion accompagnée de la sensation irraisonnée, parce qu’il naît et périt, mais n’existe jamais réellement. De plus, tout ce qui naît procède nécessairement d’une cause ; car il est impossible que quoi que ce soit prenne naissance sans cause. …Quant au ciel entier, ou monde, ou s’il y a quelque autre nom qui lui soit mieux approprié, donnons-le-lui, il faut, en ce qui le touche, se poser d’abord la question qu’on doit se poser dès le début pour toute chose. A-t-il toujours existé, sans avoir aucun commencement de génération, ou est-il né, et a-t-il eu un commencement ? Il est né ; car il est visible, tangible et corporel, et toutes les choses de ce genre sont sensibles, et les choses sensibles, appréhensibles à l’opinion accompagnée de la sensation, sont, nous l’avons vu, sujettes au devenir et à la naissance. Nous disons d’autre part que ce qui est né doit nécessairement sa naissance à quelque cause. …

Timée, Platon

Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien? L'espace, voilà ce qu'il y a, comme le disait si bien Laozi avec le vide médian et que définissent les scientifiques modernes comme une agglomération de particules virtuelles, car le vide en soi n'existe pas. Rien étant instable, disent les physiciens, il devient.

Et si Dieu n’existait pas et que tout n'était qu'accidentel, une vie sans Dieu ne serait-elle pas une vie sans but, sans raison d’être, sans loi à laquelle se soumettre, une vie sans destinée, un corps sans âme ? Une science sans Dieu peut-elle être morale? Les qualités humaines ne seraient plus que des avantages inhérents à la loi d'évolution. La représentation traditionnelle de Dieu n’a plus de raison d’être. Faut-il déduire que Dieu n’existe pas dans le contexte de la théorie de la multiplicité des univers ? Mais si Dieu existait quelque soit l’infinité des mondes, qu’est-ce que Dieu ? Une conscience collective ubique !  Créer un concept moderne de l'entité divine  hors des limites de l’imagination humaine. La multiplicité des univers à l’image de la diversité des espèces à un niveau multidimensionnel exponentiel !

 

 

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Papier anthropologique

Publié le par Ysia

...intelli­gence et instinct sont des formes de conscience qui ont dû s'entrepénétrer à l'état rudimentaire et se dissocier en grandissant. Ce développement s'est effectué sur les deux grandes lignes d'évolution de la vie animale, avec les Arthropodes et les Vertébrés...Pensons donc à une fourmi que traverserait une lueur de réflexion et qui jugerait alors qu'elle a bien tort de travailler sans relâche pour les autres. Ses velléités de paresse ne dureraient d'ailleurs que quelques instants, le temps que brillerait l'éclair d'intelligence. Au dernier de ces instants, alors que l'instinct, reprenant le dessus, la ramènerait de vive force à sa tâche, l'intelli­gence que va résorber l'instinct dirait en guise d'adieu : il faut parce qu'il faut (Henri Bergson, Les deux Sources de la morale et de la religion).

Est-ce la conscience qui a précédé l’homme ou l’homme qui a précédé la conscience ? DACU, le dernier ancêtre commun universel, celui de l'homme et de la fourmi, il y a quelque deux milliards quatre cent millions d’années, est une étape décisive sur le chemin de l’humanité. Ni bactérie, ni eucharyote, ni archée...

 

 

Encre de Chine 0998

... toute morale, pression ou aspiration, est d'essence biologique.(ibid., p.61)

 

De l’évolution intentionnelle à l’évolution accidentelle, comment définir cet élan vital ? Pourquoi ce saut des Origines à la vie ? Si nous tirons notre humanité historiquement de l’attachement originel pour notre progéniture, il nous appartient au fil des siècles de revaloriser la sensibilité, d'étendre notre cercle de compassion de nos proches aux autres, de notre lieu natal au pays, de notre race aux êtres humains, des arbres à la planète. Biophilie… C’est le but qui fait l’objet et non l’objet qui fait le but. 

 

... l'idée plus raffinée d'un principe qui animerait le corps comme un souffle ; ce souffle (anemos) s'est lui-même peu à peu spiritualisé en âme (anima ou animus)...  Elle aboutit à la représentation d'une force répandue dans l'ensemble de la nature et se partageant entre les objets et les êtres individuels. Cette représentation, la science des religions la tient géné­ralement pour primitive. On nous parle du « mana » polynésien, dont l'analogue se retrouve ailleurs sous des noms divers : « wakanda » des Sioux, « orna » des Iroquois, « pantang » des Malais, etc. Selon les uns, le « mana » serait un principe universel de vie et constituerait en particulier, pour parler notre langage, la substance des âmes. Selon d'autres, ce serait plutôt une force qui viendrait par surcroît et que l'âme, comme d'ailleurs toute autre chose, pourrait capter, mais qui n'appartiendrait pas à l'âme essen­tiellement. Durkheim, qui semble raisonner dans la première hypothèse, veut que le « mana » fournisse le principe totémique par lequel communieraient les mem­bres du clan; l'âme serait une individualisation directe du « totem » et participerait du « mana » par cet intermédiaire. (ibid., p.82)


Quelle est l’origine de mana et de Pele dans la mythologie polynésienne ? Odyssée de l’Asie du Sud-Est, Sumatra ou Inde, à la Polynésie en passant par les îles des Caraïbes...Dans l’Assemblée des Océans, les fils et filles du Dieu Soleil s’embarquèrent à la conquête du monde. Vairocana, créateur de l’Univers, symbolise la vacuité par laquelle tout a commencé. Il n’y a pas d’arbre de vie, tout juste un buisson furtif.

 

Que veut dire Pelé? La montagne Pelée n'est pas pelée, — mais très boisée ... Il faut donc chercher une autre origine du nom. D'abord consultons la mythologie…ll est fort probable que ce n'est pas en l'honneur du père d'Achille que le mont de la Martinique a reçu son nom. Néanmoins, la migration des légendes est chose courante dans le globe... Des archipels méditerranéens, passons aux archipels océaniens. Dans la Mythologie du Monde Minéral par André Lefèvre 1889, nous remarquons: « Il est un volcan aux îles Sandwich (archipel d'Hawaï), qui a engendré toute une mythologie. Cinq déesses l'habitent, la farouche Pelée : Ma-Koré-Wawai-Waa aux yeux étincelants : Moï-ta-pori-a-Pélé, celle qui baise le sein de Pélé; Tabonena-ena, la montagne enflammée; enfin Opio, la plus jeune des sœurs. Pélé est la grande divinité nationale; on raconte sa lutte furieuse avec un effroyable monstre ou dieu-cochon, Tama-Poucea, sa course dévastatrice lorsqu'elle faillit atteindre de sa langue de feu le héros Kahavari, enfin, le secours qu'elle apporta au roi Taméhaméa, le Napoléon hawaïen, dans une bataille décisive. »…Comment ce mot — Pelée — qui s'applique si bien à un cratère en activité, ou mieux au terrible génie de la montagne de feu, se rencontre-t-il sur des points du globe fort éloignés les uns des autres? Des îles Sandwich à la Martinique il y a 100 degrés comptés sur le même parallèle et à 20 degrés de l'Équateur. C'est plus du quart de la circonférence terrestre, et de plus, entre l'archipel océanien et l'archipel des Antilles noyés chacun dans leur océan respectif, s'élève la grande barrière de l'Amérique centrale... Ce qui trancherait la question serait de savoir comment en caraïbe le mont Pelée se nommait, mais les documents sur cette époque sont rares... (L'initiation, volumes 56-57, 1902, Harvard University)

Encre de Chine 0997

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Mémoire

Publié le par Ysia

L’être n’est qu’un avatar permettant la transmission de l’information. Une archive du passé en nous recélée. La vie a commencé puis s’est divisée infiniment de mutation en mutation, de la première cellule il y  a quelques trois milliards huit cent millions d’années jusqu’au jour d’aujourd’hui. L’ADN est une horloge qui nous permet de remonter dans le temps. Ma capacité mnésique s’en va en fumée. Je m’interroge sur la vie d’avant l’écrit et la signification du support graphique, notamment pariétal. Comment concevoir le passé au cœur d’un système sémiologique sans le contexte lié au temps ?

Publié dans Art et Préhistoire

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Babel

Publié le par Ysia

Babel

Que signifie le mot "Babel"?
L'origine du mot est biblique. Babel est le nom hébreu de Babylone, la capitale de la Mésopotamie. Le mot babel viendrait de l’assyrien babilu "porte de Dieu" ou de l'akkadien babili "porte des dieux" et de l'hebreu bâlal signifiant "confondre". Cette double étymologie rend compte de l'ambivalence de la ville comme de la tour de Babel, à la fois merveilles et malédictions. Babel nomme la ville fondée par les descendants de Noé dans la Genèse. Il désigne un « lieu rempli de confusion ».

 

La Tour de Babel, de par l’iconologie qui lui est rattachée, est une structure allégorique.  A la fois organique et matérielle, elle symbolise l’ultime arrogance et vanité de l’humanité, la déraison causée par l’ambition individuelle ou collective démesurée. La magie de la parole n’est plus. Le mensonge est roi. Homo Sapiens, lien entre ciel et la terre, ta communication est défaillante. La parole est morte. Babel, porte de Dieu, en nous emprisonnée. L’Homme est entré sans bruit, faut-il espérer qu’il en sorte de même ?

 

Babel.JPG

 

Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. Comme ils étaient partis de l'orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent.

Ils se dirent l'un à l'autre: Allons! faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment.

Ils dirent encore: Allons! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.

L'Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes.

Et l'Éternel dit: Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c'est là ce qu'ils ont entrepris; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté. Allons! descendons, et là confondons leur langage, afin qu'ils n'entendent plus la langue, les uns des autres.

Et l'Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre; et ils cessèrent de bâtir la ville. C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est là que l'Éternel confondit le langage de toute la terre, et c'est de là que l'Éternel les dispersa sur la face de toute la terre.(Louis Ségond, Genèse 11)

Babel

La tour de Babel est maintenant une colline informe que le désert absorbe peu à peu. À part les cachets en pierre dure qui se prolongeront durant toute la civilisation ninivite, il n’y a peut-être plus grand’chose de solide sous le sable et il est possible que la Chaldée nous ait dit tout ce qu’elle pouvait nous dire.

Ellie Faure, Histoire de l'Art, p.57

Publié dans Stone by stone

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Du dernier nœud de l’arbre phylogénétique

Publié le par Ysia

Les recherches génétiques se fondent essentiellement sur l’ADN des peuples européens. Il reste à découvrir ce que l’ADN des peuples d’Asie, d’Afrique ou des Noirs d’Amérique recèle… L’histoire de l’humanité rappelle la recherche mathématique d’un dénominateur commun :

 

Nous rapportons la découverte du chromosome Y d’un Noir américain portant trace de l’état ancestral de tous les SNP (single-nucleotide polymorphism) à la base de l’arbre phylogénétique du chromosome Y. Nous avons décodé un fragment d’ADN de 240 kilobases  sur ce chromosome permettant d'identifier les mutations individuelles dérivées de cette ancienne lignée dénommée A00. Nous avons estimé que le plus récent ancêtre patrilinéaire commun s’agissant du chromosome Y daterait d’il y a 338 000 ans (intervalle probable entre 237 000 et 581 000 ans), ce qui à  l’évidence va bien au-delà de la datation pour l’Ève mitochondriale ainsi que pour les fossiles humains dotés d’une anatomie moderne les plus anciens. La genèse de l’humanité moderne semble plus complexe que jamais. Effectivement plus nous apprenons, plus nous comprenons que nous ne savons RIEN !

 

On peut en conclure qu’une introgression naturelle d’une lignée humaine archaïque au sein de la population ancienne des Homo Sapiens modernes s'est effectuée.  C’est au Cameroun parmi le peuple Mbo que l’on retrouve trace de cette lignée ancienne. A suivre…

 

An African American Paternal Lineage Adds an Extremely Ancient Root to the Human Y Chromosome Phylogenetic Tree

 

 

Publié dans Génétique

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Toucher, le premier sens

Publié le par Ysia

Encre-de-Chine-0996.JPG 

 

Omnis scientia in intellectu est. Nihil autem in intellectu est, quod non priùs fuerit in sensu, itaque solo sensuum auxilio scientia comparatur, atque perficitur.
Toute science est dans l’entendement, mais il n’y a rien dans l’entendement qui n’ait pas été préalablement dans les sens, et par conséquent seul à l’aide des sens on se procure et parfait la science. (erudit.org)

Publié dans Art ancien chinois

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