Bouddha parle de la Terre aux êtres d’une autre planète

Publié le par Ysia

De la ceinture d’astéroïdes à la ceinture de Kuiper...

Publié dans Les deux infinis

Partager cet article
Repost0

Le Boson de Higgs

Publié le par Ysia

Le modèle standard de la physique des particules constitue la meilleure réponse à la question suivante : de quelles sortes de choses la matière est faite si elle est fractionnée dans ses plus petites composantes ? Commençons par une pierre, de l’air, ce livre ou encore votre tête et déchiquetez-en les parties constituantes. Vous découvrirez les éléments des couches successives de micro et nanostructures : fibres, cellules, mitochondries pour enfin arriver aux molécules. En appliquant l’énergie nécessaire, vous pourrez les diviser en atomes qui consistent en des noyaux denses entourés d’électrons. En y mettant un peu plus d’énergie (vous aurez alors besoin d’un grand collisionneur !), vous serez à même de voir les quarks à l’intérieur des protons et des neutrons. Jusqu’à présent, nous ne sommes pas parvenus à voir à l’intérieur d’un quark ou d’en disséquer un. Si, au moment de la division des atomes, nous avions ignoré le noyau et essayé de fractionner l’électron, nous serions arrivés au même stade car nous n’avons jamais réussi à voir quoi que ce soit dans un électron ou d’en décomposer un. C’est, de ce fait, ce qui constitue notre définition d’une particule élémentaire.
Ainsi dans le modèle standard de la physique des particules, électrons et quarks sont ce dont tout est fait et ils ne sont eux-mêmes faits de rien d’autre…Les électrons sont un exemple d’une classe de particules appelées leptons. Il y a aussi les muons et les tauons qui sont comme les électrons seulement plus lourds. Les autres leptons sont les trois sortes de neutrinos. Bien qu’ils soient nombreux, il n’y a pas d’interaction entre les neutrinos et les autres matières. Plus de mille milliards de neutrinos vous traversent par seconde grâce au rayonnement du soleil. L’autre catégorie de particules élémentaires sont les quarks. Il y en a six tout comme il existe six types de leptons. Ils sont identifiés par leur masse : « haut », « bas », « étrange », « charme », « dessous », « dessus ». Les protons et neutrons sont faits de quarks « haut » et « bas ». Les quarks ne sont jamais séparés les uns des autres. Ils sont toujours collés les uns aux autres pour former des particules plus grosses. Ces particules faites de quarks ont pour nom générique « hadrons » (d’où le nom du Grand collisionneur de hadrons qui essentiellement fait entrer en collision des protons et parfois des noyaux atomiques avec des neutrons à l’intérieur). Ces particules de matière ont tous pour partenaires des antiparticules. Elles interagissent toutes entre elles : elles s’attirent, se repoussent, se dispersent au gré des forces générées par une autre sorte de particules : les bosons vecteurs. La force électromagnétique véhiculée par les photons (quanta de lumière) s’exerce sur toutes les particules chargées sauf les neutrinos. La force forte transmise par les gluons ne s’exerce que sur les quarks. La force faible transmise par les bosons W et Z s’exerce sur toutes les particules. Pour que le modèle standard soit opérationnel, et en particulier pour que les particules élémentaires aient une masse, un objet unique et entièrement nouveau est également nécessaire – le boson de Higgs.

Jon Butterworth. traduit par Ysia

Publié dans Les deux infinis

Partager cet article
Repost0

Is my identity an artifact, frozen in the past?

Publié le par Ysia

C'est une question qui figurait au centre d'une exposition du Musée national des Amérindiens à Washington et qui pose le problème essentiel de la pertinence de l'existence humaine, a fortiori celle des populations indigènes des îles Hawaï, des Antilles ou d'ailleurs, vestiges d'un passé disparu. Mon identité ne sera plus à l'avenir qu'un objet de musée relégué aux oubliettes. 

 

Hawaiian Turtle

 

La Guadeloupe peuplée durant la période céramique bien après la première île des Caraïbes, Trinidad, recense de nombreux pétroglyphes, anthropomorthes, dont les gravures de Trois-Rivières et des poteries datant du Troumassoide, période céramique tardive, présentant une forme d'oiseau, de grenouille, de chauve-souris ou humaine (Les Tainos commencèrent à pratiquer la soudure au cours de la période céramique tardive). Elle témoigne de l'hybridation des différents modes de culture introduits au fur à mesure des vagues de peuplement, legs d'un passé précolonial tandis que les recherches d’ADN sur des sites archéologiques en Guadeloupe et à Marie-Galante ont montré la lignée génétique proche de celle de la population intérieure du Nord de l’Amérique du sud.

Les faces creusées sur les roches par les indiens Arawaks, peuple autochtone, se retrouvent dans le bois sculpté dans le respect d’un art traditionnel transmis au cours des siècles. Mornes sur l'île, criblés de cryptes telluriennes, dans une abondance de visages ornementaux, de figures humaines rudimentaires aux trous béants. L’imagerie des peuples anciens inclut dans les Caraïbes les figures animales de la chauve-souris et de la grenouille.

Le continent américain est  la terre ancestrale des Arawaks. Un peu comme dans le cas de Hawaii, l’homme ne serait parvenu dans les Caraïbes que tardivement. Les pétroglyphes, placés à différents points d'eau pour solliciter la protection divine, rappellent les mythes des hommes chauve-souris et des femmes grenouilles. On trouve aussi des figures d’oiseaux  et  de jaguars, preuve de l’influence sud-américaine, qui me rappellent les ours des gravures chinoises anciennes.

Red mask

Sur les falaises, le long de la rivière Zuojiang en Chine est représentée la dance de la grenouille car la grenouille était le totem du groupe tribal, ancêtre de la minorité chinoise Zhuang. La légende populaire veut que ces gravures soient celles des dieux grenouilles. Encore aujourd'hui, on célèbre chaque année le festival Maling (grenouille dans le dialecte local) lors duquel la population honore les dieux grenouilles et imite les mouvements de la grenouille lors d'une danse. Les grenouilles seraient les sœurs du dieu du tonnerre, messagères entre le ciel et la terre.

Tout comme les Arawaks qui gravaient les pétroglyphes pour se protéger contre la sécheresse et garantir une bonne récolte, les Zhuang eux aussi pratiquaient des rites similaires mille ans plus tôt (Bradshaw foundation).

 

Publié dans Art et Préhistoire

Partager cet article
Repost0

L'art du trait

Publié le par Ysia

Le souffle du pinceau que le rythme de la main transmet...

Pour moi, le trait commence par une résonance qui se poursuit dans un élan.

Et les mosaiques d'Ostie de rappeler les estampages des stèles funéraires chinoises.

Les silhouettes dans la perspective du mouvement et de l'espace

Du trait à l'empreinte noire sur blanc...

L'Unique Trait de Pinceau est l'origine de toutes choses, la racine de tous les phénomènes ; sa fonction est manifeste pour l'esprit et cachée en l'homme, mais le vulgaire l'ignore... La peinture émane de l'intellect : qu'il s'agisse de la beauté des monts, fleuves, personnages et choses, ou qu'il s'agisse de l'essence et du caractère des oiseaux, des bêtes, des herbes et des arbres, ou qu'il s'agisse des mesures et proportions des viviers, des pavillons, des édifices et des esplanades, on n'en pourra pénétrer les raisons ni épuiser les aspects variés, si en dernier lieu on ne possède cette mesure immense de l'Unique Trait de Pinceau. Si loin que vous alliez, si haut que vous montiez, il vous faut commencer par un simple pas. Ainsi, l'Unique Trait de Pinceau embrasse-t-il tout, jusqu'au lointain le plus inaccessible, et sur dix mille millions de coups de pinceau, il n'en est pas un dont le commencement et l'achèvement ne résident dans cet Unique Trait de Pinceau dont le contrôle n'appartient qu'à l'homme. Par le moyen de l'Unique Trait de Pinceau, l'homme peut restituer en miniature une entité plus grande sans rien en perdre ; du moment que l'esprit s'en forme d'abord une vision claire, le Pinceau ira jusqu'à la racine des choses...

(Propos sur la peinture du moine Citrouille Amère, cité par François Cheng dans Vide et plein, Éditions du Seuil, mai 1991)

L'art du trait

Les traits sont toujours disponibles pour un usage qui appartiendra à l'Imaginaire et à sa représentation ou au Symbolique et à sa méditation.
L'aboutissement éventuel est la représentation d'un objet réel. Cette représentation n'est pas indispensable. Souvent, elle s'arrête avant l'achèvement d'un objet discernable ou peut tourner court, renonçant à être soit œuvre soit objet qui marque dans l'histoire du sujet.
Le trait se suffit à lui-même. Chaque trait est à proprement parler inimitable, c'est-à-dire que toute imitation visant à le reproduire à l'identique n'est qu'une copie plus ou moins grossière, et cela jusqu'à l'échelle moléculaire.
Autrement dit, en lui-même, il contient le Détail qui le fait être.
C'est pour cela qu'on a pu l'appeler « le trait unaire ».
Dans ce sens que chaque objet de désir se singularise par ce trait unaire.
Au départ, il y a ce trait radical, qui s'assemble en figures géométriques et dont on s'étonne que, dans l'art pariétal, il figure si fréquemment.

Extrait de La troisième dimension dans la construction du psychisme de Claude Jeangirard & Will de Graaff, Éditions Érès, 1998, page 35 : Le détail

Publié dans Encre de Chine

Partager cet article
Repost0

Les larmes de Marianne

Publié le par Ysia

Les larmes de Marianne
Partager cet article
Repost0

Âme

Publié le par Ysia

Selon Anaximène (milieu du VIe siècle avant notre ère), le principe de toute chose est l’air, un élément incommensurable qui précède toute chose et qui engendre tous les êtres. L’air, invisible et omniprésent, est la première émanation à la fois matérielle et psychique. L’âme est le souffle. A l’intérieur de nous, c’est l’âme. A l’extérieur, c’est l’air cosmique ou pneuma. L’air est notre âme et le souffle du monde. Tandis que pour Diogène d'Apollonie (Ve siècle), le cerveau est le siège de l’âme, l’instrument qui utilise l’air pour penser. L’air nourrit l’âme, pénétrant d’abord le cerveau avant de circuler dans le reste du corps. Le corps entier, mais surtout le cerveau, vibre sous le souffle de l’air circulant.

Il n’y a rien de plus admirable qu’une âme... Et William Wordsworth de préciser A sensitive being, a creative soul…(Le Prelude XII, 206-207) que la Nature aurait inspirée. La Nature est un tout, le monde dans son ensemble et dans sa complexité.  Cicéron l’affirmait, le temps efface les croyances devenues obsolètes parce que avérées non fondées et confirme les jugements de la Nature, transformés en vérités de la science. La vie est le résultat d’une longue chaîne d’accidents et de processus de sélection (Thimothy Ferris, The science of Liberty, 2010, HarperCollins Publishers).  A quoi bon demander pourquoi alors qu’il est raisonable de se contenter du comment ? Le temps viendra répondre au doute philosophique tandis que l'âme sensible vagabonde dans ses rêveries créatives. Par âme, j’entends « énergie ». Il y a une part d’éternité dans l’homme, une essence éthérée. Quelque chose d’impérissable, nommé le collectif. Même si l’individu trépasse et redevient poussière, l’espèce humaine perdure. La vie poursuit sur sa lancée linéaire, projetant ou rompant des faisceaux de lumière en créant des mondes multiples et parallèles. L’intuition triomphe sur l' angoisse dans laquelle l’incertitude érigée en principe plonge. Dans les trous noirs de ma pensée, l’interprétation causale au gré des variables cachées explique t-elle l'univers ? L’infiniment petit me déroute tandis que la théorie des mondes multiples fait écho à la parabole de Zhuangzi et du papillon et rappelle le concept de synchronicité.

 

 

 

Male Figure

Partager cet article
Repost0

La matière n'a de cesse de se compliquer

Publié le par Ysia

Partager cet article
Repost0

Que signifie produire de la théorie ?

Publié le par Ysia

Partager cet article
Repost0

Un pont entre le Ciel et la terre

Publié le par Ysia

Espace sacré.

Géométrie.

Simplicité des formes.

Essence de la beauté.

De la double hélice de l’ADN à la construction de galets (Andy Goldsworthy, A collaboration with nature, Abrams, NY, 1990), l’art n’est que la mise en pratique d’une esthétique géométrique. Du coquillage à l'hélice spiralée. Des cavernes à la voûte en berceau des cathédrales...

 

« La géométrie et les nombres sont sacrés parce qu’ils codifient l’ordre secret de la création.  Ce sont les instruments utilisés pour créer l’univers physique.»  (Sacred Geometry, Stephen Skinner, Sterling Publishing Co., 2006, p.15)

 

Structure mathématique du monde, écho de l’âme spirituelle universelle. Géométrie sacrée. Motifs géométriques des sites préhistoriques.

Spirale de galaxies. Tourbillons de vents. Axe du monde de la source souterraine aux firmaments, lien entre le caveau des ancêtres et la Conscience éthérée. Décrypter le code…La géométrie mesure le monde. Elle a trait aux archétypes, qu’ils relèvent du noumène, du conceptuel, des mathématiques, de la nature ou du phénoménal ((Sacred Geometry, Stephen Skinner, Sterling Publishing Co., 2006, p.6). Cercles, triangles, carrés. C’est à travers le code neural basé sur les formes originelles que le cerveau les comprend. Symétries en miroir... Spirales-neolithiques_1.jpg

Partager cet article
Repost0

Rapa Nui

Publié le par Ysia

There is a higher purpose behind your abilities, behind all gifts from Heaven. And there is a desire to respond to that higher purpose. Talents derive their value from the target they are used for. If you use every talent you have as best you can, then you will attract the blessings from Heaven. Don’t expect Heaven to carry you though, its gifts come with the condition to use them and also use them free from egoism. The talents for living and loving are the really big ones. But small ones can also achieve a lot. (hexagramme 14)


Si les îles éparses du vaste Océan du Pacifique furent colonisées par des marins partis depuis les côtes orientales et les îles d’Asie après la traversée de milliers de kilomètres en mer et si l’Amérique du Sud précolombienne fut peuplée par une population franchissant un pont terrestre à présent disparu depuis le nord, ces deux populations se sont-elles à un moment donné croisées au Nouveau-Monde ? C’est fort probable, d’après une nouvelle étude qui donne la preuve que des habitants originaires de l’Île de Pâques ont atteint l’Amérique du Sud et se sont mêlés aux Amérindiens déjà présents.

L’immunologiste de l’Université d’Oslo Erik Thorsby qui commença ses recherches en 1971 sur la population de l’Île de Pâques estime, d’après les résultats d’une étude récente, que des Amérindiens auraient accompagné des Polynésiens depuis la côte d’Amérique du Sud sur l’Île de Pâques avant l’arrivée des Européens.

L’île nommée Rapa Nui est un lieu rocheux et éloigné par 3 700 kilomètres à l’ouest de l’Amérique du Sud.  Si sa population fut effectivement déportée au Pérou vers 1860 et réduite à l’esclavage, la présence d'antigènes des leucocytes humains (en abrégé, HLA, de l'anglais human leucocyte antigen) dans les échantillons sanguins prélevés  —un groupe de gènes qui encodent des protéines essentielles du système immunitaire humain—montre qu’un certain nombre d’individus possèdent un allèle qui n’apparaît que chez les Amérindiens. Cet allèle se retrouve dans deux haplotypes (groupe d'allèles hérités d’un parent) de personnes sans parenté. Il résulte de l'étude que ces allèles sont plus anciens que l’époque de la dite déportation et ont été introduits des siècles auparavant, suggèrant que des Polynésiens visitant l’Amérique du Sud vers le 15ème ou 16ème siècle auraient été accompagnés à leur retour par des Amérindiens. D’autres études d’ADN sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

Des plantes, telles que la patate douce et des similarités linguistiques et artistiques avaient déjà suggéré une interaction culturelle entre la Polynésie et l’Amérique du Sud. D’après l'archéologue Helene Martinsson-Wallin, c’est vers 1100 et 1300 que la culture de la patate douce connut la plus importante expansion, c’est-à-dire au même moment que la construction des statues moai connaissait une explosion. Easter-Island-Mind_1.jpg

Mais comment le peuple de Rapa Nui a-t-il eu l’idée de construire ces immenses statues et comment les a-t-il transportées, puisque la plus grande pèse 85 tonnes? Mais surtout qui était ce peuple? Etaient-ils des Polynésiens qui pagayèrent depuis l’Asie en passant par les Îles Marquises ou étaient-ils sud-américains d’avant les Incas voguant à travers l’océan sur des radeaux de balsa ? Anakena est la plage sur laquelle, selon la légende,  Hotu Matua, le père fondateur de la civilisation originelle de l’Île de Pâques, accosta avec son clan vers 800. L’anthropologiste norvégian Thor Heyerdahl confirma avec le succès de son expédition Kon Tiki l’hypothèse de la venue d’ancêtres péruviens avant les Incas, expliquant par là même l’histoire du peuplement par deux groupes d’individus, ceux à peau foncée et ceux à peau claire et mettant en lumière les similarités entre l’art rupestre  du Pérou et de l’Île de Pâques  telles que le Dieu du soleil grondant et les figures mi-homme mi-oiseau, créatures mythologiques qui ne se retrouvent sur aucune autre île polynésienne mais qui sont représentées dans l’art religieux d’avant les Incas de la côte équatoriale au haut plateau bolivien Tiahuanaco. Mana est le terme désignant le pouvoir spirituel que possèdent les statues moai.  Aucune sculpture ne leur ressemble en Polynésie mais des statues similaires se retrouvent en Amérique du Sud, cela n’est-il qu’une coïncidence ?

C'est dans le cadre de cette question qu'il semble opportun de mentionner le débat sur l’origine et l’introduction de la volaille en Amérique. En dépit des affirmations selon lesquelles elle serait native de la région, aucune preuve archéologique, paléontologique,  paléo-américaine  ou préhistorique n’a jusqu’ici été retrouvée et rapportée.  Bien qu’une introduction portugaise ou espagnole sur la côte est de l’Amérique du Sud vers 1 500 ait été suggérée, lorsque Pizarro atteignit le Pérou en 1532, il observa qu'elle était une partie intégrante de l’économie et de la culture des Incas, suggérant ainsi une histoire plus ancienne de la volaille dans la région. En conséquence, plusieurs théories proposent son introduction sur la côte ouest de l’Amérique du Sud avant l’arrivée des Européens, incluant la possibilité d’une interaction tant avec des Asiatiques que des Polynésiens. Cette présente étude fournit le premier témoignage clair de l’introduction de la volaille avant les Européens en Amérique du Sud et montre grâce à des preuves d’ADN que l’origine probable est la Polynésie, ce qui  jette une lumière nouvelle sur le débat concernant l'aptitude des Polynésiens à naviguer et sur la question des échanges et interactions entre les populations préhistoriques ou protohistoriques.

L’origine indo-pacifique des Polynésiens en Asie du Sud-Est précède l’expansion austronésienne et en particulier de la culture Lapita qui émergea pour la première fois dans le Pacifique 3 300 ans avant le présent (BP).  Les colons Lapita se déplacèrent rapidement à travers la Mélanésie orientale vers les îles Samoa et Tonga avant 2 900 BP. Dès 1 500- 1 000 BP commença le peuplement de la Polynésie orientale, probablement depuis Samoa, avec la colonisation d’Hawaï avant 1 000 BP, de l’Île de Pâques avant 800 BP et de la Nouvelle-Zélande avant 700 BP.  Ce sont les Polynésiens qui ont introduit le chien, le cochon, le rat et la volaille dans les îles nombreuses qu’ils ont colonisées. Des restes de volaille apparurent pour la première fois sur les sites archéologiques Lapita à Vanuatu et Tonga datant de 3 000 à 2 800 BP, à Niue à partir de 2 000 BP et dans des couches d’occupation anciennes de la quasi-totalité de la Polynésie orientale. Sphinx-de-Napa-Rui-copie-1.JPG

Il s’avère que des contacts anciens eurent lieu entre l’Amérique et la Polynésie, comme le prouve la présence de la patate douce sud-américaine sur les sites archéologiques pré-européens en Polynésie, notamment à Mangaia dans les îles Cook, datant de l’an 1000 de notre ère. D’autres preuves linguistiques et archéologiques le suggèrent également, notamment le fait que des embarcations de type polynésien, à savoir les canots en planches cousues, et des formes de hameçon aient été découverts dans le Sud de la Californie. Ces mêmes canots ont été documentés par des ethnographes au Chili. Une influence polynésienne a également été suggérée sur la base d’artéfacts et de preuves linguistiques dans la région de la communauté mapuche dans la zone centre-sud du Chili. Des simulations informatiques montrent cependant que la navigation dans l’hémisphère sud en direction de l’est aurait été plus facile à manœuvrer qu’une route maritime septentrionale vers les Amériques, les conduisant ainsi à toucher terre dans les régions centrale et méridionale du Chili et introduisant par là même la volaille polynésienne en Amérique du Sud.

Cette présente étude confirme par des recherches génétiques que la volaille dont les squelettes ont été retrouvés sur le site archéologique pré-colombien El Arenal-1 dans le sud de la péninsule d’Araucana au Chili descend d’une souche polynésienne. Les modèles informatiques recréant la dispersion des animaux commensaux sont à présent largement employés pour mieux comprendre la migration et les interactions des populations préhistoriques ou protohistoriques dans le Pacifique. Grâce à l’examen de la faune et de la flore transportées intentionnellement dans le Pacifique, les archéologues peuvent mieux évaluer la direction et l'expansion des peuples Lapita et polynésien. On peut par ailleurs déduire que certains animaux domestiques furent introduits dans le Pacifique plus d’une fois, comme ce fut le cas pour le rat,  le chien mais aussi vraisemblablement la volaille.

 

traduit et résumé par Ysia, Radiocarbon and DNA evidence for a pre-Columbian introduction of Polynesian chickens to Chile PNAS 2007 104 (25) 10335-10339; published ahead of print June 7, 2007, doi:10.1073/pnas.0703993104

Publié dans Génétique

Partager cet article
Repost0

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 40 > >>