Le déclin des passions?

Publié le par Ysia

La violence est-elle en déclin, comme l’affirme Steven Pinker ? Dans certaines régions d’un pays ou du monde règne-t-il une plus grande violence ? La médiatisation fausse-t-elle notre jugement et noircit-elle notre vision du monde ? Difficile de répondre à ces questions. La violence, me semble-t-il est en chacun de nous. Comme l’a dit Edward O. Wilson :

 

We have created a Star Wars civilization, with Stone Age emotions

In 2007, African Americans were homicide victims at almost ten times the rate of whites, and both blacks and whites in the south were more violent than their counterparts in the north. Black-on-black homicides relative to white-on-white homicides in New York City rose from three times as many to thirteen times as many between 1850 and 1950. In Steven Pinker's interpretation, democracy "came too early" to America, in contrast to Europe, where the state has long ago disarmed the people and acquired a monopoly on violence as a method of policing. The extreme was the American South, where a reliance on " self-help justice" to settle disputes and achieve retaliation was preferred to strong government-based policing.

Robert Gordon, The Rise and Fall of American Growth, p.241

Car, enfin, là est bien le problème. Nous avons depuis toujours extériorisé notre quête sans avoir pris le temps d’apaiser nos passions. Mais comment prendre le recul et dompter l’ogre anthropophage qui nous habite ?

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Quel effet cela fait-il d’être une chauve-souris ?

Publié le par Ysia

Quel effet cela fait-il d’être une chauve-souris ?

Y-a-t-il un monde au-delà du nôtre qui ne soit pas à la portée de notre entendement ? Si je parle de conscience dans une symbolique de la pieuvre et de l'univers ou du dauphin ou comme d’autres ont pu le faire si bien de l'effet d’être un papillon ou de celui d’être une chauve-souris (article de Thomas Nagel traduit par Pascal Engel, 1983), est-ce une frontière invisible qui sépare l’un de l’autre et se matérialise en d’apparentes propriétés physiques ?

 Sur les branches de l'arbre phylogénétique, gage de l'immortalité de la Conscience, perchent la pieuvre, le dauphin, le papillon et la chauve-souris dont la pratique de l’écholocalisation rappelle le rôle de la résonance dans la production de l'art pariétal par les artistes de la préhistoire. C’est dans les grottes et cavernes que les sons ont influencé la psyché de l'homme ancien. 

D’abord vint l’Inconscient, alors vint la Conscience.

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Le long voyage de Cassini

Publié le par Ysia

Le long voyage de Cassini

La sonde spatiale Cassini qui a commencé son long parcours en octobre 1997 dans le but d'étudier la planète Saturne et ses lunes prolongera encore une fois son périple pour s'engouffrer dans l'atmosphère de Saturne vers des régions inexplorées vingt ans après son lancement, en septembre 2017.

Publié dans Les deux infinis

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Anthropologie psychoanalytique

Publié le par Ysia

Dressée sur son perchoir surplombant l'éternité dans son infinie solitude, à quoi songe la buse? Et les derniers dragons d'Afrique, ptérosaures survolant la terre il y a des milliers d'années sont-ils le réceptacle d'une sagesse millénaire transmise aux éperviers et faucons impassibles? Et les arbres sur les branches desquels se posent les buses sont-ils des humains pétrifiés, condamnés au silence ? Quels sons hantent l'océan vingt mille lieues sous les mers ? L'absence de sons. Où en sont allés les chants de la baleine à bosse ? Un dialogue muet aux cordes sensibles invisibles s'instaure entre l'âme de l'homme et celle de la baleine. Les baleines grises lorsqu'elles s'approchent cherchent à communiquer. Mais que cherchent-elles à dire ?

Ysia

Il me semble nécessaire de revisiter le thème de l'art pariétal et de noter les trois articles suivants : L'un sur les représentations des mains et la possibilité que le Néanderthalien lui aussi appliquait ses mains sur les parois (The chronology of hand stencils in European Palaeolithic rock art: implications of new U-series results from El Castillo Cave by Paul Pettitt, Marcos García Diez (academia.edu)), le deuxième comparant les découvertes archéologiques et l'analyse des sujets animaliers représentés (Animal engravings in the central Sahara: A proxy of a proxy by Maria Guagnin), le troisième sur la durabilité des traditions de l'art pariétal soit par surimposition ou restauration (The Rock Carvings of the Messak: Monuments in a Changing Landscape by Maria Guagnin).

Le 14 mars 2011, j'écrivais :

On veut attacher à la pensée primitive une dimension métaphysique. Sur la base des technologies modernes et de l'interprétation statistique des données numériques, on attribue à ces œuvres d'une époque reculée le rang honorifique de traité de la nature, apogée culturelle. Aujoud'hui, les mathématiques règnent rigoureusement sur notre entendement sans plus accréditer ni l'intuition ni les processus sensoriels. De la représentation majoritaire des animaux dans l'art pariétal et leur classification, on a conclu à la suprématie du bovin (bison essentiellement notamment en France et en Espagne) et du cheval dans la psyché des peuples anciens. L'intellect de l'homme moderne n'admet aujourd'hui que la raison. L'anthropologie psychoanalytique tente de puiser dans la psychologie moderne les réponses aux questions et énigmes des peuples anciens, comme si l'humanité toute entière était pareille à un enfant qui apprit à entendre et reconnaître les sons, à  faire vibrer ses cordes vocales pour les faire chanter ou communiquer dans ses échanges avec soi et les autres, à maîtriser ses capacités motrices et à parfaire éventuellement  la relation quintessentielle entre la main et le cerveau. Et que l'on reparle de l' évolution psychique et de l'origine des facult és humaines...

Dans la grotte de Gargas, les représentations des mains et des doigts ont été scrupuleusement dénombrées dans le but de décrypter leur mystère, mais c'est l'explication spontanée que donnent deux aborigènes de la main dans la niche, qui retient mon attention:

They brought  in an African San tribesman from Kalahari and also an Australian aborigine to look at the hand. Both men, from societies that live oceans apart, gave the same explanation: This hand, as they interpreted it according to their own traditions, was a representation of people reaching for the world beyond. The deepest part of the cave is the end of our world, both men said. The hand is reaching for what lies beyond the cave, beyond our world, and is found in the realm of the dead and the ever-after. (The Cave and the Cathedral, p.120-121)

 

Méandres (2)

Papunya

   

Comment l' homme de la préhistoire se déplaça-t-il dans le sombre labyrinthe des grottes ornées ? C’est le son de sa voix qui guida ses pas. C'est parce qu'il s'en donna les moyens techniques (outils de travail, pigments de couleur), et qu'une relation inédite s'instaura entre ses facultés de penser, d'exécution manuelle, d'expression vocale et d'écoute des sons produits que l’artiste de la préhistoire eut le pouvoir de créer.

Le choix des emplacements de figures a été fait en grande partie pour la valeur sonore de ces emplacements (Reznikoff, I. & Dauvois, M. (1988). “La dimension sonore des grottes ornées”. Bulletin de la Société Préhistorique Française 85 (8), 238-246).

 

Les sons ont-ils influencé la psyché de l'homme ancien ? Iégor Reznikoff met en lumière la résonance des parois.  Mais il va plus loin en donnant les preuves de l'utilisation par l'homme préhistorique de cette propriété à des fins rituelles et artistiques et en présentant une corrélation entre les représentations de signes ou d'animaux et la courbe de résonance  

 

A remarkable discovery in the study of ornate caves is the relationship between painted red dots in narrow galleries, where one has to crawl, and the maxima of resonance of these galleries. While progressing in the dark gallery, crawling and making vocal sounds, suddenly the whole gallery resonates: you put the light of your torch on, and a red dot is there on the wall of the gallery. A simple low hm at the right pitch is sufficient because of the strong resonance. Then, it may be like a play; owing to the pleasure to have twenty meters or more of the cave that strongly resonate, one repeats the sound: the whole body vibrates or rather co-vibrates with the gallery, it is like an identification, a deep communion with earth, stone and the mineral elements of Creation (Iegor Reznikoff, “On Primitive Elements of Musical Meaning”, JMM: The Journal of Music and Meaning 3, Fall 2004/Winter 2005 [http://www.musicandmeaning.net/issues/showArticle.php?artID=3.2], sec.2.8)

 

Je ne doute pas du rôle de la résonance dans la production de l'art pariétal et je souhaite méditer sur le constat de la vibration que produisent les sons sur notre ossature, et les émotions générées. Langage, écho du son universel qui ouvre le champ de la conscience par la perception des phénomènes et le traitement des sensations par le cerveau...Sensibilité. 

 

Publié dans Art et Préhistoire

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L'atterissage de Schiaparelli

Publié le par Ysia

L'atterissage de Schiaparelli

Publié dans Les deux infinis

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C'est quoi "faire l’aumône"?

Publié le par Ysia

Lors donc que tu fais l'aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d'être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

Matthieu 6, Louis Segond Bible

Il faut parfois s’arrêter en chemin avant de pouvoir reprendre sa route...

Le bouddhisme chinois des premiers jours était-il sous l’influence idéologique de la religion taoïste (玄學autrement nommé 老莊) ou vice versa ? S’agit-il d’un langage emprunté maladroitement aux taoistes pour mieux répandre la pensée du Bouddha ? Les quatre dimensions incommensurables spirituelles 四無量心 catvāri apramāṇāni, autrement nommées les quatre équanimités 四等 ou égalités d’âme, sont dans la doctrine bouddhique la sympathie (与乐 le partage de la joie), la compassion (拔苦 l’acte de conforter autri dans sa douleur), la joie, le détachement.

慈 ou le partage de la joie, la bienveillance 仁愛 en tant que vertu dans l’âme. Il s’agit, me semble-t-il, d’une qualité morale, une disposition généreuse à l’égard de l’humanité, une gentillesse d’esprit, une noblesse d’âme, une bonhomie, je veux dire sympathie.

悲 ou commisération, compassion, c’est-à-dire le sentiment que nous éprouvons face à la souffrance d'autrui.

喜 ou réjouissance, la joie ressentie pour l’autre.

捨ou renoncement, l’abnégation, le désintéressement, je veux dire détachement dans le sens de l'âme libérée des attaches du monde.

布 signifie le don matériel, 施 signifie se sacrifier au profit d’autrui. Celui qui en a les moyens donne à celui qui en a besoin, c’est ce qui s’appelle 布施.

Ce sont les quatre dimensions incommensurables spirituelles 慈(Maitrī), 悲(Karuṇā),喜(Muditā), 舍(Upekṣā)qui profitent à autrui, le consolent et le confortent, c’est ce qui s’appelle布施.Comment se passe l’acte véritable du don ? C’est par des biens matériels, par l’enseignement bouddhique et par la confiance insufflée. C’est par l’humilité et le respect sans en attendre les honneurs. L’esprit pur, c’est ce qui s’appelle la non-substantialité du don.

L’existence se vit en soi et dans la multitude des autres.Comment expliquer l’échange entre les êtres, la confrontation du premier instant, ce premier contact du regard ? C’est faire le don de l’existence de son être auquel répond celui qui reçoit la manifestation de l’existence de l’autre.

En outre, sans aucun doute, ô Subhûti, un bodhisattwa qui fait fond sur la matière ne peut faire de dons (utilement) ; de même s’il fait fond sur une chose quelconque, sur les formes, les conditions des sons, des odeurs, du goûter, du tact. Mais il pourra faires des dons (utiles) s’il ne fait pas fond sur la connaissance d’aucun objet déterminé. Car, ô Subhûti, si ce bodhisattwa, qui ne s’appuie sur rien, donne généreusement, on ne peut facilement apprécier la mesure de ses mérites

De Harlez « Vajracchedikâ » dans Journal Asiatique, novembre-décembre 1891, p.440-509

And again, O Subhûti, a gift should not be given by a Bodhisattva, while he believes in objects ; a gift should not be given by him, while he believes in anything ; a gift should not be given by him, while he believes in form; a gift should not be given by him, while he believes in the special qualities of sound, smell, taste, and touch. For thus, O Subhûti, should a gift be given by a noble-minded Bodhisattva, that he should not believe even in the idea of cause. And why?Because that Bodhisattva, O Subhûti, who gives a gift, whithout believing in anything, the measure of his stock of merit is not easy to learn.

Müller Max “The Vagrakkhedikâ or Diamond-cutter” (Anecdota Oxoniensia:1881) dans Sacred Books of the East, N.Y.: Dover Publications, 1969, vol.49, p.111-144

Moreover, Subhúti, a Bodhisatwa in the active discharge of his functions ought to be without any object of reliance or desire (i.e. unaffected by any secondary in the discharge of his chief business). When occupied, for instance, in attending to the work of charity – his ought to be that charity which is called “unmixed with any material consideration” –he ought to distribute his alms without relying on (or, having any reference to) any sensible gratification, whether it be of sound, or odour, or taste, or touch, or thought. Subhúti, a Bodhisatwa ought thus to discharge the work of almsgiving, relying on no sensible distinction whatever. What then! If a Bodhisatwa be thus charitable, having no reliance or reference, his consequent happiness must be immensurable and boundless.

Beal Samuel, Vajra-chhedikā, the "Kin Kong King," or Diamond Sūtra, The Journal of the Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland , New Series, Vol. 1, No. 1/2 (1865) , pp. 1-24

And also, Subhūti, the Bodhisattvas should give gifts not supported by [any] thing. They should give gifts not supported by anything. They should give gifts not supported by form. They should give gifts not supported by sound, smell, touch, [or] even dharmas. Subhūti! In the manner of someone who is not supported by the perception of a sign – like that – [each of] the bodhisattvas, the Great Beings, should give gifts. If one asks why that is [so]. O Subhūti, the heap of merits of any one of the Bodhisattvas who have given gifts not supported [by anything].

Poppe Nicholas The Diamond Sutra, Wiesbaden : Otto Harrassowitz,1971.

Moreover, O Subhuti, a Bodhisattva in truth should rely on nothing when he gives alms. That is to say, in alms-giving, he should not rely on any visual object. He should not rely on sound, odor, taste, contact, nor on any mental object. O Subhuti, a Bodhisattva should perform acts of charity spontaneously without relying on the characterizing attributes. And why? Because if a Bodhisattva performs acts of charity without relying on the characterizing attributes his blessings and merits will be inestimable and immeasurable.

Lee Shaochang “The Diamond Sutra” dans Popular Buddhism in China, p.27-52, Shanghai Commercial Press, 1939

Publié dans Bouddhisme Zen

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Monde à ARN

Publié le par Ysia

Le cycle de vie est un cercle. Si vous remontez suffisamment loin dans le temps, vous serez ramenés au futur. Il y a quatre milliards d’années environ, la nature a synthétisé la vie à partir de la roche, de l’eau et du dioxyde de carbone. Un aspect important de la biologie synthétique aujourd’hui est l’effort actuellement déployé pour créer la vie en laboratoire.

Nathaniel Comfort (traduit par Ysia)

La vie pourrait tout aussi bien partir de l'ARN sans avoir besoin de l'ADN dans un processus de réplication sans fin. La seule différence est que l'ADN est dotée d'une plus grande capacité à emmagasiner l'information. Le proto-ARN est une première forme de génome, c'est-à-dire une enzyme primaire. Les bactéries, archées et eucaryotes forment les premières branches de la vie. Le simple fait que l'ARN s'autoréplique même avec des erreurs participe de l'évolution.

Les introns disparaissent pour réapparaître au cours du processus évolutif. L'ARN précède l'ADN dans un monde dicté par la chimie prébiotique. Mais d'où vient l'énergie nécessaire à la création de l'ARN? Un débat s'est fait jour sur la question de savoir, notamment, si les mitochondries sont apparues avant les eucaryotes pour être englouties dans une bactérie. L'ARN se présente sous bien des formes dans la plupart des bactéries. Ainsi l'évolution se poursuit à plusieurs niveaux : l'intron, l'organisme et la population.
Mais alors, à  l'avenir, les ordinateurs seront-ils suffisamment puissants pour créer la vie ? Et seront-ils à même d'acquérir ou de développer une conscience d'eux-mêmes?

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Sculpter le bouddhisme

Publié le par Ysia

Image as insight, when eyesight becomes insight

(Image as Insight, Margaret R. Miles, Beacon Press, Boston, 1985)

Je me souviens être tombée maintes fois en extase devant le visage apaisé de statues bouddhiques dans des lieux divers de Chine. C’est cet apaisement qu’il me tient d’étudier. Mon intérêt pour les statues les plus anciennes s’explique par la quête d’un sourire magique, de paupières baissées et de visages figés dans une pose intemporelle.

Voir et observer dans un élan mystique dans le but de représenter un visage divin portant les symboles anthropomorphiques, de donner une image à l’ultime sagesse, de créer une tête de Maitreya en déchirant le vide, mais avec quels attributs ?

La divinité favorite de l’époque Wei (tartares) en Chine est le Bouddha Maitreya. Le nom miθra dans la langue avestique, langue indo-iranienne, signifiant « pacte,contrat, serment », dérive de *mitra, qui a pour racine mi- « unir, lier, attacher ». Rattaché au suffixe -tra- signifiant « créant, suscitant », le sens étymologique de miθra devient « qui cause l’attachement ». Le mot sanskrit maitreya est communément traduit par “amical” (Dictionnaire sanskrit-français) et semble se rattacher à la figure perse mithra (mitra). La représentation de Maitreya est souvent statuaire, de pierre ou de bronze plaqué or. Les plus beaux enchantements sont les statues du style Gandhara. Mais sa représentation rupestre est aussi un élément manifeste des muraux en Chine ou en Inde.(Maitreya, the future Buddha, Alan Sponberg and Helen Hardacre, Cambridge University Press, 1988)

Tel un dialogue entre mon âme et le Ciel, je poursuis ma recherche : une étude iconographique qui se concentre sur l’aspect immatériel. Vanité que de vouloir créer une image qui manifeste l’inexprimé, le non-manifesté, le mystère du non-dit, le génie dans sa simplicité originelle, d’une puissance ensevelie et engourdie, produit du passé et de l’ancien à la fois révolu et réapparu! Graal ou quête fondamentale de l’élément sacré, Maitreya que je poursuis aura la tête béante, sans front ni oval fermé, parce que s’abreuvant à la sapience céleste. La pluie savante et sage le nourrit, l’habite, véhiculant vers la terre des richesses inouïes. Mais seul son cou, non son corps, sera visible parce qu’il n’est pas. Il est ce prince de l’avenir, ce héros des temps futurs, ce noble voué à la prière, tourné vers l‘au-delà. Affublé d’oreilles incontestablement pour percevoir les chants magiques, les paroles divines et pour entendre les plaintes des hommes, signe de sa compassion. Ce sont là les prémices du Maitreya.

 

(The) capacity to invent a striking pattern, especially when applied to such familiar shapes as a head or a hand, is what is known as artistic imagination. Imagination is by no means first of all the invention of new subject matter, and not even the production of just any kind of new shape. Artistic imagination can be more nearly described as the finding of new form for old content, or - if the handy dichotomy of form and content is eschewed - as a fresh conception of an old subject. The invention of new things or situations is valuable only to the extent that they serve to interpret an old - that is, universal- topic of human experience

p.142, Art and Visual Perception by Rudolf Arnheim

La représentation visuelle a, depuis toujours et de par le monde, été privilégiée à la formulation des mots, a fortiori dans le domaine de la religion. Si pendant longtemps le Bouddha n’avait pas de statue à son image, elle fut créée pour faciliter la diffusion du bouddhisme et son culte par les masses populaires, comme si les yeux étaient mieux à même de comprendre. Le regard facilite la dévotion religieuse et se fixe sur l'objet de la prière. Au niveau supérieur, la fonction visuelle renforcée par la faculté du langage laisse une empreinte plus profonde . L'art permet la réification de l'objet mental. Comme s'il fallait extraire de nous-mêmes nos émotions pour mieux les contempler et les dénommer, ainsi en est-il du processus de vulgarisation des dogmes religieux. Mais comment codifier par l’image la preuve divine? Au-delà du jeu politique et de l'adaptation des images aux dogmes religieux, c'est l'importance des couleurs dans la transmission du message religieux qui m'intrigue. Ainsi l’ai-je compris lors de mon périple autour du monde, des grottes du Xinjiang et de l'Inde jusqu' à l'Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe. Si j’avais à établir ma propre codification avant l’image, je la voudrais représentative d'humilité, simple et humaine. Les yeux du visage divin, s'ils sont ouverts, doivent être immenses, à moins que je me résigne à refermer ses paupières à la manière des statues bouddhiques. Comme représentation de l’humilité, je prendrai pour couleur de robe le noir.

La lecture de deux articles sur le site academia.edu, The spread of Buddhism to China par Tansen Sen et Indian influence and Chinese creation par D. Chang Qing m'a amenée à réviser les notes anciennes regroupées sous le titre Sculpter le bouddhisme que j'avais écrites il y a quelques années.

Isn't that the best way to learn? To carry one's mistakes to their logical conclusion.

The Agony and the Ecstasy, Irving Stone

Sculpture cannot be taught by books or the spoken word: it must be experienced by the artist. Art is a command. The hands must be trained by practice, the mind by constant acquisition of knowledge, and the heart by its undefeated faith and desire to overcome all obstacles. For sculpture is a thorny road beset by barriers, defeats, and disappointments. Art is , however, made of the stuff that dreams are made of, and they say the dreamer is a favorite of the gods. To him they whisper theirs secrets, to him the moon reveals her inmost beauty, and the night will enfold him to her heart and guard him with her strong dark wings. The poet and the artist must be ready to harness Pegasus to pull a heavy load. Labor and fatique are the inevitable price of accomplishment, for no great creation is easily conceived or expressed. Art has been called the Holy Land where the initiates seek to reveal the spirituality of matter...The training of the hands to respond deftly to the mind is a distinct and joyful experience...Even though we generally fall far short of our aim, we still are impelled by this ever-flowing stream of hopeand desire to try again to supass ourselves. Failures are many and often devastating to our morale, but one or two bull's-eye successes will carry us over months of hard labor.

Malvina Hoffman

L’idéogramme bouddha est composé des caractères de l’homme et de la négation.

Le sens profond est, à l’évidence, avoir dépassé la sphère de la vie humaine minée par ses limitations et pénétré l’absolu

Truth and tradition in Chinese Buddhism, Reichelt, 1930

Ce qui rend particulier le mariage du bouddhisme et du taoïsme est précisément la double pensée de l’homme qui, dépassant la sphère de la vie humaine marquée par ses limitations, pénètre l’absolu et de celui qui ayant aimé la retraite et l’obscurité par-dessus tout, efface délibérément la trace de sa vie. Effacement qui n’est motivé, ni par un sentiment d’humilité, ni par une dévotion pour des méditations plus hautes, qui est amour de soi, paresse et dédain (Histoire des croyances religieuses et des opinions philosophiques en Chine, Léon Wieger, 1917).

S'il faut atteindre un objectif dans la sculpture en pierre d'un visage d'inspiration bouddhique, c'est celui que mentionne John H. Dryfhout dans The Work of Augustus Saint-Gaudens au sujet du Mémorial d’Adams une expression mimant une profound psychological content and mysterious aura et une suggestive abstraction and haunting grandeur. Les sculptures bouddhiques ont pour objet de provoquer l’éveil en répondant aux besoins de l’âme. Comparativement à ce but utilitaire, les règles esthétiques viennent en second.

first “seeing” in a mystical sense and later reproducing that personal vision of what is known by all and what will serve to replenish understanding

Sculpture in stone, Cami Santamera, 2001

Sculpter le bouddhisme

Sagesse…ensevelie dans une idolâtrie…Par un travers d’esprit assez commun, on abandonne une vérité dont la recherche était difficile, pour les mensonges qui lui servaient de voile.

Relation des Royaumes bouddhiques 佛国记 de 法显, Abel Rémusat, 1836

It must be realized at once that the keynote to Buddhist sculpture in China, at any rate during the earlier part of that religion's supremacy, is not corporeal representation, but intense spiritual realization.

An introduction to the study of Chinese sculpture, p.3, Leigh Ashton, 1924

Avant le premier siècle avant notre ère, le Bouddha n’avait jamais été représenté sous une forme humaine mais seulement par le biais des premiers symboles (ombrelle, empreinte de pas, buffle). Par la suite d’autres symboles s’ajoutèrent : l’arbre de la bodhi, la roue et le stupa (The origin of the Buddha image, Ananda k. Coomaraswamy, 1927). Les sculpteurs de l’école de pensée Gandhara furent les premiers à représenter le bouddha historique sous une forme anthropomorphique aux caractéristiques gréco-romaines, révélatrice non pas d’une origine mais d’une influence étrangère (Early Buddhist art in India, G.C. Chauley). L'une des statues du Bouddha les plus anciennes date du deuxième siècle avant notre ère et fut retrouvé durant le règne de Démétrios Ier l'invincible qui fut le souverain de l'Inde de 189 à 167 avant notre ère.

La légende rapporte l’histoire d’une statue en or du bouddha, rapportée à l’empereur par ses généraux d’une région au-delà de Yarkand (Xinjiang). C’est le modèle d’après lequel les statues bouddhiques auraient été façonnées par la suite en Chine (Relation des Royaumes bouddhiques 佛国记 de 法显, Abel Rémusat, 1836).

 

C’est la deuxième année avant notre ère qu’un ambassadeur des Tokhariens se présenta devant l’Empereur de Chine, chargé d’un certain nombre de livres sacrés. Plus de cent ans auparavant, en l’an 121 avant notre ère, une statue d’or gigantesque du bouddha, faisant partie du butin des campagnes militaires, fut apportée à la cour chinoise.

Chinese Buddhism, Eitel, 1870

En 207 avant Jésus-Christ, des missionnaires bouddhistes venus de l’Inde entrèrent en Chine et s’établirent dans la capitale de la province de Chen-si pour y prêcher. Ensuite vers l’an 122 avant Jésus-Christ, une statue d’or de Bouddha fut envoyée du Yicouhou ( ?) à l’Empereur par ses généraux qui avaient pénétré jusqu’à cette province située au-delà de Yarkand. Ce fut là l’origine et le modèle des statues de Bouddha en Chine.

L’empire chinois, Lamairesse, 1893

Selon The Buddha in the dragon gate, 2001, Jan Van Alphen, c'est vers 195 avant notre ère qu'il est fait pour la première fois mention d'une sculpture bouddhique en Chine. D’après 佛国造像艺术 ( 徐华铛编著), du fait de l’analphabétisme et du caractère abstrus de l’enseignement bouddhique transmis à travers les textes sacrés, l’objet statuaire est la concrétisation physique à la fois visuelle et palpable, et donc compréhensible, pour les besoins de la profession de foi. S’agissant de la représentation statuaire, il faut noter qu’à l’exception de quelques exemples,…avant la dynastie Song, les sourcils des figures bouddhiques chinoises ne se rejoignaient pas au milieu et tombaient en courbe droite sur les lignes du nez. An introduction to the study of Chinese sculpture, p.44, Leigh Ashton, 1924. Mais comment penser la tête du bouddha, siège de la conscience cosmique ?

S’ ajoute l’autre légende de l’empereur Ming qui rêva d’un homme au halo d’or, l’une des premières références littéraires au bouddha, le conduisant à envoyer une délégation vers l’Ouest (后汉记 et 后书记). Elle en revint avec deux moines indiens et un grand nombre de classiques bouddhiques. Ils furent transportés sur le dos d'un cheval blanc. Ainsi le temple érigé à Luoyang par l'empereur pour les moines et ceux qui vinrent après eux fut baptisé le Monastère du Cheval Blanc (Buddhism and Buddhists in China, Hodous, 1924). Si , par tradition, l’introduction du bouddhisme en Chine remonte à l’an 67-68, c’est plus exactement dans la seconde moitié du premier siècle et durant le deuxième siècle, qu’elle eut lieu. La déité favorite de l’époque des Wei, jusque vers 500 après notre ère, est le bouddha Maitreya, le bouddha du futur.

L'histoire n'est pas figée. Elle ne s'étend pas en ligne droite. Il y a des cycles historiques et des vagues d'influence qui suivent un mouvement de fond. Le bouddhisme est parvenu en Chine en saccades par la route terrestre depuis l'ouest mais aussi par la route maritime depuis l'Asie du Sud-est. Son évolution est complexe, balottée entre les influences extérieures et les efforts religieux ou politiques de sinisation. L'art bouddhique a suivi une évolution parallèle, embrassant des influences multiples, notamment de Gandhara et de Mathura. D. Chang Qing parle même d'une nouvelle vague d'indianisation largement exprimée à Qingzhou 青州 dans le Shandong et dans l'art au Sichuan du VIème siècle durant les dynasties du Nord et du Sud.

The spread of Buddhism to China was a protracted process that involved people from different regions and ethnic groups. The credit should not all go to the ‘Indians’, nor should it be perceived as an outcome of the interactions between India and China. In fact, Buddhist missionaries from ‘India’ may not have played a significant role in the transmission of the doctrine before the fourth century (Zürcher 1999: 32). The famous story about the Han emperor Ming’s (r. 58–75 CE) dream about the Buddha, the subsequent arrival of the first two Buddhist monks from India and the building of the ‘first’ Chinese Buddhist monastery called the Baimasi (White Horse Monastery) are fabrications. The story of Emperor Ming’s dream was meant to link the introduction of Buddhism with the Chinese court in an attempt to give legitimacy to the foreign doctrine.

Tansen Sen

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Catalogue de la Bibliothèque du Congrès

Publié le par Ysia

Dans A descriptive Catalog of Rare Chinese books in the Library of Congress 美国国会图书馆藏中国善本书录 que Wang Zhongmin 王重民 a compilé et publié en 1957, il y est fait mention dans l'introduction en anglais de huit manuscrits de Dunhuang. Cependant seuls 6 manuscrits y sont répertoriés et confirmés dans son ouvrage ultérieur 中国善本书提要 (Shanghai,1983).

Catalogue de la Bibliothèque du CongrèsCatalogue de la Bibliothèque du CongrèsCatalogue de la Bibliothèque du Congrès
Catalogue de la Bibliothèque du CongrèsCatalogue de la Bibliothèque du CongrèsCatalogue de la Bibliothèque du Congrès
Catalogue de la Bibliothèque du CongrèsCatalogue de la Bibliothèque du CongrèsCatalogue de la Bibliothèque du Congrès

Dans les pages présentées ci-dessus sont mentionnés les manuscrits suivants:

大般涅槃经卷第二

大般波罗蜜多经卷第二百六十六

大般波罗蜜多经卷第二百四十七

妙法莲华经卷第二

妙法莲华经卷第七

胜天王般若波罗蜜经卷第四

Les trois manuscrits du Sutra du Diamant 金刚般若波罗密经 cités dans les catalogues de 1957 et 1983 sont datés de l'époque Ming (美国国会图书馆藏中国善本书录, vol.2, p. 777,778,779):

Au terme d'un recensement récent effectué par la division de l'Asie, les manuscrits suivants sont répertoriés à ce jour, le 1er août 2016 :

勝天王般若波羅蜜多經 (第四)   (陳)月婆首那 譯   1卷    敦煌出初唐寫本

敦煌唐人寫經 (殘卷一頁) 抄寫者不詳   唐寫經殘卷

大般若波羅蜜多經 (第二百六十篇) (唐)玄奘 (三藏法師) 譯1函1册       1卷 敦煌出土唐寫本

大般若波羅蜜多經 (第二百四十七篇)   (唐)玄奘 (三藏法師) 譯  1函1册1卷 敦煌出土唐寫本

妙法蓮華經(卷七) (姚秦) 鳩摩羅什 譯    1卷       敦煌出土初唐寫本

妙法蓮華經(卷二) (姚秦) 鳩摩羅什 譯    1卷       敦煌出土中唐寫本

妙法蓮華經(序品一, 卷一) (姚秦) 鳩摩羅什 譯   1函     1册       1卷       敦煌寫本

妙法蓮華經(品十二, 卷五) (姚秦) 鳩摩羅什 譯   1函     1册       1卷       敦煌寫本

妙法蓮華經(品二十五, 卷八) (姚秦) 鳩摩羅什 譯1函     1册       1卷       敦煌寫本

大般涅磐經(卷二) (北涼)曇無懺 譯 1函1册1卷  敦煌初唐寫本

 

S'agissant du Sutra du diamant, deux manuscrits datant de la dynastie des Ming sont seulement mentionnés dans ce nouveau recensement:

金剛般若波羅蜜經         (姚秦)鳩摩羅什  譯         1函       2册       1卷       明萬曆年間刻本

金剛般若波羅蜜經         (姚秦)鳩摩羅什  譯         1函       1册       1卷       明抄本

Toutefois la politique de conservation en vigueur restreint leur accès par le public.

Publié dans Bouddhisme Zen

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Publié le par Ysia

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Que suis-je? un peu de poussière agrégée par un organisme.

V. Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, p. 42

S. Ainsi c’est ce que j’ai entendu. Le bouddha se trouvait alors dans le pays de Śrāvasti, le bois de Jeta, le parc de Anāthapindada, avec la foule des 1250 grands moines mendiants. Alors, au moment du repas, le vénéré du monde vêtu de sa robe et tenant sa sébile entra dans la grande cité de Śrāvasti pour y mendier son repas. Après avoir mendié dans l’ordre, il retourna à sa résidence d’origine. Le repas fini, il rangea sa sébile et son vêtement. Lui ayant lavé les pieds, on mit un siège à sa disposition et il s’assit. A ce moment, le vénérable Subhūti, au milieu de la foule, se leva de son siège, découvrit l’épaule droite et mit son genou droit à terre. Il joignit les mains révérencieusement et s’adressa au bouddha :

- Comme c’est rare, ô vénéré du monde ! Leur pensée ne le quittant pas, l'être Vérité guide bien les êtres qui aspirent à la voie. Vénéré du monde, les hommes et les femmes de bien qui aspirent à l’esprit d’éveil insurpassé et parfait, comment doivent-ils demeurer ? Comment doivent-ils discipliner leur esprit ?

Le bouddha déclara:

- Bien, bien Subhūti ! Comme tu le dis, leur pensée ne me quittant pas, moi, l'être Vérité, guide bien les êtres qui aspirent à la voie. A présent, écoute religieusement ce que je vais te dire. Les hommes et les femmes de bien qui aspirent à l’esprit d’éveil insurpassé et parfait doivent ainsi demeurer et ainsi discipliner leur esprit.

- Oh, oui , Vénéré du monde ! C’est avec joie que je souhaite vous entendre.

Le bouddha déclara à Subhūti :

- Tous les bodhisattvas, les grands êtres, doivent ainsi discipliner leur esprit. Quelle que soit l’espèce des créatures, qu’elles soient issues de l’œuf ou de l’utérus, d’un suintement ou d’une apparition, qu’elles aient une forme ou qu’elles n’en aient pas, qu’elles soient douées de cognition ou qu’elles ne le soient pas, ou ni l’un ni l’autre, je leur permets d’entrer dans le nirvāṇa où rien ne reste et les fais passer. C’est ainsi que s’éteignent et passent les immensurables, innombrables créatures à l’infini, mais réellement nulle créature ne s’éteint ni ne passe.

C. Ainsi c’est dans l’observance de ce qui est précédemment mentionné. Extinction et passage sont la grande libération. La grande libération, c’est quand passions et vices ainsi que l’entrave de tous nos actes passés sont complètement éteints et qu’il n’y a plus rien à assouvir, c’est ce que l’on appelle la grande libération. Les immensurables, innombrables créatures illimitées ont chacune en soi primitivement toutes les passions, convoitise et courroux et actes mauvais. Sans les éliminer, elles ne seront finalement pas libérées. C’est pourquoi il est dit c’est ainsi que s’éteignent et passent d’immensurables, innombrables créatures illimitées. Tous les êtres égarés peuvent s’éveiller à leur propre nature. Au commencement, nous savons que le bouddha était aveugle à son individualité et n’avait nulle conscience. Pourquoi ferait-il passer les créatures ? Ce n’est que parce que les êtres ordinaires ne voient pas leur propre esprit originel qu’ils n’entendent pas la volonté bouddhique. S’agrippant aux attributs de toutes les choses, ils ne pénètrent pas le principe du non-agir. Lorsque l’ego n’est pas éliminé, ils ont pour nom créatures. Si elles s’en détachent, aucune créature réellement ne s’éteindra ni ne passera. C’est pourquoi il est dit : quand l’esprit d’erreur ne réside nulle part, c’est l’éveil. La naissance et la mort sont fondamentalement égales au nirvāṇa. Où y-a-t-il extinction et passage ?

Mair also points out that many of the Chinese terms used by the early translators ‘cannot be characterized as “Daoist”’. These terms either did not occur in Daoist works (such as the word benwu 本無 [‘fundamental nothingness’], used for tathatha or ‘thusness’), or were not limited to Daoism (such as wuwei 無爲 [non-action] used to render nirvāṇa). Explaining the usage of the term wuwei, for example, Mair writes,
…[T]here is no indication that this was a part of a systematic, conscious policy to appropriate Daoist terminology that was allegedly known as geyi (格義). Furthermore, wuwei is used to render more than half a dozen different Sanskrit terms, and the negative wu is used at the beginning of more than two thousand words translated from Sanskrit. It would be ludicrous to insist that any Buddhist text which used the terms wu or wuwei be branded as Daoistic simply because they also occur in Daoist texts. (Mair, 2010: 248; see also p. 54 of this volume)
From Mair’s arguments it is clear that the early translators had a more difficult task of rendering Indian ideas into Chinese than simply borrowing from or allying with the Daoists. While it is true that Buddhism and Daoism infl uenced each other, the notion that there may have been collaboration between the two religions, or a dependence on Daoism when Buddhism fi rst entered China, is most likely erroneous. It may be more prudent to look at the similarities and contradictions between Buddhism and the Chinese popular beliefs and cults to understand the successful penetration of Buddhism into Chinese society.

Tansen Sen

S. Et pourquoi ? Subhūti, si les bodhisattvas possédaient les attributs du moi, de l' être humain, de toutes les créatures et de l’être vivant, ils ne seraient pas des bodhisattvas.

C. Toutes les créatures et la nature de bouddha ne sont radicalement pas différentes. Parce qu’elles possèdent les quatre attributs, elles ne pénètrent pas où rien ne reste. Ceux qui possèdent les quatre attributs sont toutes les créatures. Si elles ne les possédaient pas, elles seraient des bouddhas. Égarés, les bouddhas sont des êtres ordinaires. Éveillées, toutes les créatures sont des bouddhas. Lorsque les êtres égarés se prévalant de leurs biens, de leur savoir et de leur patronyme méprisent les autres, c’est l’attribut du moi. Bien qu’ils fassent preuve de charité, droiture, bienséance, sagesse et loyauté, ils sont si infatués d’eux-mêmes qu’ils ne cheminent pas dans le respect universel. Quand ils disent comprendre et appliquer charité, droiture, bienséance, sagesse et loyauté en manquant de respect, c’est l’attribut de l’être humain. Lorsque ce qui est bien revient à soi et que ce qui est mal est attribué aux autres, c’est l’attribut de toutes les créatures. Faire la distinction entre l’attachement et le renoncement à l’environnement de poussière, c’est l’attribut de l’être vivant. Voilà les quatre attributs des êtres ordinaires. Ceux qui cultivent le cheminement possèdent eux aussi les quatre attributs. Leur esprit saturé de facultés actives et passives, ils méprisent toutes les créatures ; c’est l’attribut du moi. Bien qu’ils aient la prétention de suivre les préceptes, ils les dédaignent et les enfreignent ; c’est l’attribut de l’être humain. Maudissant les trois peines expiatoires tout en faisant vœu de naître aux cieux, c’est l’attribut de toutes les créatures. En quête de longévité, s'ils cultivent avec zèle les actes méritoires sans rompre toutes les chaînes, c’est l’attribut de l'être vivant. Posséder les quatre attributs; ce sont toutes les créatures. Sans plus les posséder; ce sont des bouddhas.

S. En outre, Subhūti, les bodhisattvas, sous l’égide de la loi, ne doivent demeurer nulle part lorsqu’ils font l’aumône, c’est ce qui s'appelle faire l’aumône sans demeurer ni dans la forme, ni dans le son, ni dans l’odeur, ni dans la saveur, ni dans le toucher, ni dans les objets virtuels.

C. Quand les hommes ordinaires font l’aumône, ils implorent de recevoir un traitement digne et le plaisir des cinq sens. C’est pourquoi leur rétribution est la descente dans le bourbier des trois voies infernales. Le Vénéré du monde, dans sa grande compassion, enseigne la pratique de l’aumône sans attribut qui consiste à n’implorer de recevoir ni traitement digne ni plaisir des cinq sens. En les encourageant intérieurement de réduire à néant leur mesquinerie, il fait bénéficier extérieurement toutes les créatures. Ainsi s’ils s’y accordent, c’est ce qui s’appelle faire l’aumône sans se fixer sur la forme.

S. Subhūti, les bodhisattvas doivent ainsi faire l’aumône sans demeurer au sein des attributs.

C. C’est ainsi qu’il faut faire l’aumône, l’esprit exempt de tout attribut, car celui dont l'esprit ne peut concevoir le don ne voit pas ce qu’il donne ni ne reconnaît celui qui reçoit.

S. Et pourquoi ? Les vertus méritoires des bodhisattvas qui font l’aumône sans demeurer au sein des attributs sont inconcevables.

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