Michael Heizer

Publié le par Ysia

As long as you're going to make a sculpture, why not make one that competes with a 747, or the Empire State Building, or the Golden Gate Bridge.... I'm building this work for later. I'm interested in making a work of art that will represent all the civilization to this point.

Michael Heizer

Je suis passionnée par la sculpture environnemnentale d'artistes comme Andy Goldsworthy et Michael Heizer. Au croisement de l'architecture et de la sculpture se situe l’œuvre de Michael Heizer. Pour l'architecte I. M. Pei, l’architecture est un art dont le médium est l’espace. Michael Heizer sait précisément travailler la pierre et l'espace.

Why should I destroy my life, my brain, and my health to innovate and let some asshole come along and steal it from me?

Michael Heizer

Depuis les années 70, il construit son projet fétiche "City" de la taille du Washington Mall au milieu du désert.

Une autre oeuvre de Michael Heizer qui m'a beaucoup inspirée est "Double Negative" dans l'Etat du Nevada. Il faut visualiser l'espace négatif pour donner vie à sa création. L'espace positif est l'espace qu'occupe physiquement la sculpture. L'espace négatif est l'espace environnant.

Double Negative Artwork

Publié dans Cheminement

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Utopie et Quotidien

Publié le par Ysia

Exposition jusqu’au 5 février à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)

Exposition jusqu’au 5 février à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)

Le couplage entre créativité et activisme favorise l’idée que l’on peut employer sa propre créativité au service de l’humanité pour améliorer les conditions de l'existence humaine. Quand Ann Cvetkovich, dans son article paru en 2012 et intitulé “The Utopia of Ordinary Habit: Crafting, Creativity and Spiritual Practice”, déclare que l’état dépressif peut être transformé par l’exercice de pratiques pouvant à même de devenir des microcosmes d’espoir, je pense à la sculpture sur pierre qui pour moi est un moyen d’échapper à ma propre dépression. Si la dépression peut être définie comme l’impact du monde autour de soi sur ses sens, c’est ce même ressenti qui produit le mouvement créatif de ma main et permet au corps de tirer l’esprit de sa torpeur dépressive. Il est effectivement difficile de faire la part des choses entre notre propre émotion et la misère du monde car le spleen peint en noir le monde environnant. Le corps flottant entre l’intérieur de l’être et le monde extérieur, la dépression devient une humeur passagère, une atmosphère des lieux ou une question de sensibilité. Ann Cvetkovich affirme que les activités artisanales, en général - et, dirai-je en ce qui me concerne, la sculpture sur pierre  - peuvent être considérées comme des manières de vivre créatives dans un climat culturel dépressif  et comme des formes ordinaires de pratiques spirituelles. L’utopie des habitudes ordinaires signifie que si la dépression est un état ordinaire, sa cure qui consiste dans l’art de vivre au quotidien peut l'être aussi. Les activités artisanales renforcent le soi souverain et libérent le corps et les sens du joug de l’esprit. Ce sont des formes d’auto-transformation. Et je sais que trop souvent les sentiments de tristesse et de désespoir sont jugés être des signes de dépression et seraient hier comme aujourd’hui mieux servis par l’action sociale que par la prise de médicaments. Comment habiter mieux son corps et moins son esprit permettrait  de recouvrer sa santé mentale et son soi souverain. Les activités manuelles ou artisanales sont un moyen de construire le guerrier spirituel nécessaire à la réalisation d’autres actions dans le monde, y compris l’activisme politique car créativité et activisme sont nourris des passions humaines. Quand les deux sont conjugués, ils peuvent remettre en question le monde et le changer doucement.

Publié dans Stone by stone

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La révolution cognitive

Publié le par Ysia

Plus de 13 milliards d'années, lorsque la matière et l'énergie sont apparues, avaient-elles pour dessein l'homme d'aujourd'hui? Lorsque les atomes et les molécules sont apparus, avaient-ils pour finalité  les passions humaines? Il y a 4 milliards d'années quand la terre s'est formée et que sont nés les premiers organismes,  était-ce l'empreinte future de l'animal humain sans signification? Ce n'était pas seulement l'union de la matière et de l'énergie mais aussi la symbiose du temps et de l'espace.Déjà il y a 2 millions d'années, l'australopithèque partait à la conquête de l'Afrique du nord, de l'Europe et de l'Asie, qui devinrent le berceau d'espèces distinctes: l'Homo neanderthalensis en Europe, l'Homo erectus en Asie qui vécut 2 millions d'années, record que ne saura égaler l'Homo sapiens dont la disparition est prédite, selon Yuval Noah Harari, dans tout au plus mille ans.

It is doubtful whether Homo sapiens will still be around a thousand years from now.

Sapiens, Yuval Noah Harari, p.6

Des découvertes en Asie ont permis de dresser le portrait d'espèces aujourd'hui disparues: l'Homo soloensis et l'Homo floresiensis. Les vestiges d'un parent, l'Homo denisova, furent aussi retrouvés en Sibérie en 2010. D'autres espèces humaines continuèrent leur apparition en Afrique : l'Homo rudolfensis et l'Homo ergaster. Tous étaient des hominidés, parents de notre espèce, l' Homo sapiens, dans sa longue histoire évolutive. Il y a 150 000 ans, des êtres physiquement semblables à l'homme vivaient en Afrique de l'est et émigrèrent il y a 70 000 ans vers la péninsule arabique dans leur marche inexorable vers le continent eurasien pour enfin parvenir en Australie il y a 45 000 ans, se mêlant occasionnellement et remplaçant progressivement leurs prédécesseurs humains. La tolérance n'a jamais été le signe distinctif des Homo sapiens. La révolution cognitive s'est produite avec l'avènement de l'Homo sapiens il y a 70 000 ans. Il est à craindre qu'avec elle, la première campagne génocidaire de l'histoire de l'humanité fut lancée, emportant les autres espèces humaines.

is the modern era one of mindless slaughter, war and oppression...? The answer is a matter of timing. It is sobering to realise how often our view of the past is distorted by events of the last years... To satisfy both optimists and pessimists, we may conclude by saying that we are on the threshold of both heaven and hell, moving nervously between the gateway of the one and the anteroom of the other. History has still not decided where we will end up, and a string of coincidences might yet send us rolling in either direction.

Sapiens, Yuval Noah Harari, p.374-375

Publié dans Génétique

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De la genèse au gène

Publié le par Ysia

... it was impossible to separate this apprenticeship in savagery from its fully mature incarnation

The Gene, p. 125, Siddhartha Mukherjee

Qu'est-ce que l'intervention divine? Faut-il la craindre ou l'appeler de ses voeux? Quand l'homme s'autodétruit, n'y a-t-il plus rien à attendre que la confrontation finale des forces en présence sachant pertinemment que le jugement dernier sera du côté des justes? Les hommes de Dieu furent les premiers à repenser l'histoire du code génétique et à tracer les cartes du monde, faut-il y voir,  à  défaut de la manne divine, l'inspiration divine, le divin étant d'essence spirituelle et non physique?

The struggle for survival is the shaping hand

The Gene, p. 37, Siddhartha Mukherjee

La sélection naturelle n'est pas à comprendre en termes de préservation mais en termes d'évolution constante. À chaque goulot d'étranglement se forme une variante mieux adaptée à la conjoncture du temps. L'évolution mène t-elle pour autant à la perfection? Y a-t-il une évolution spirituelle humaine ? Adaptation est évolution. Ce sont les opportunités offertes à chacun et les privilèges octroyés à quelques-uns qui créent les différences entre les êtres. Qu'on ne s'y méprenne : Darwin fut le premier à dénoncer l'eugénisme galtonien et à affirmer que le travail et le zèle font la différence entre les êtres encore faut-il qu'ils aient bénéficié des mêmes circonstances.
Comment le gène peut-il expliquer la forme et ses variations, l'évolution et le développement? Quelle somme d'informations contient-il pour lui permettre d'instruire la vie à l'infini? Les variations dépendent de l'environnement . À quelles variations devrons- nous nous attendre avec le changement climatique? À l'intersection de la génétique, de la sélection naturelle ou provoquée par l'homme et de l'évolution, sachant qu'un génotype est la composition génétique d'un organisme et qu'un phénotype représente les attributs et caractéristiques physiques ou biologiques de cet organisme, nous pouvons affirmer les fondements suivants : que le génotype détermine le phénotype, que le génotype et son environnement définit le phénotype, et que le phénotype est le produit non seulement du génotype et de son environnement mais aussi, dans le temps et par ses variations, il prouve être fortuit et la forme qui en résulte incertaine. Qu'est-ce que le facteur "chance" dans la bouche d'un scientifique? Y a t-il une fin en soi? Non, juste la résistance implacable, la réponse irréductible d'un organisme à son environnement. C'est ce qui anime l'évolution. Les variations génétiques sont un réservoir vital pour un organisme et, sans cette profonde diversité génétique, celui-là perdrait sa capacité à évoluer. Ces mutations ne se produisent que par réaction à un environnement particulier. C'est cela l'adaptation. L'isolation conduit à la mort du cygne...
La pauvreté, l'illettrisme, le manque d'hygiène et l'impérétie ne sont pas les preuves absurdes d'une intelligence inférieure mais reflètent l'inégalité des circonstances environnantes auxquelles une société donnée ou un groupe d'individus sont soumis et les marques d'un abus de pouvoir par ceux trop pressés de les dénoncer.

Like Pythagoras's triangle, like the cave paintings at Lascaux, like the Pyramids in Giza, like the image of a fragile blue planet seen from outer space, the double helix of DNA is an iconic image, etched permanently into human history and memory.

The Gene, p. 156, Siddhartha Mukherjee

Peut-on décoder le code? Si le gène explique la transmission de l'hérédité, encore faut-il expliquer le développement de l'organisme et sa genèse et comment un organisme naît à partir d'une cellule unique. On s' étonne que certains gènes orchestrent la mort des cellules comme s'ils s'activaient pour réguler voire gouverner la mort qui s'abat en cascade sur les cellules. C'est cela l'apoptose. 

D'un phénomène abstrait transmis de générations en générations se dessine la traduction de l'information génétique.

Although separated by four legs, two wings and several million years of evolution, flies and humans shared core pathways and genetic networks.

The Gene, p. 316, Siddhartha Mukherjee

 Les hommes modernes appelés Homo Sapiens "hommes savants" constituent un groupe jeune et homogène d'environ 200 000 ans comparativement aux prémices de la vie sur la terre qui remonterait selon une étude parue en 2015 à près de 4,1 milliards d'années, jeunesse d'une humanité en proie aux passions pérennes de l'âge de pierre.

Il reste à mieux comprendre les traces néandertaliennes dans l'ADN humaine et si ces gènes plus archaïques retiennent une fonction dans l'organisme de ceux qui en sont porteurs. Une étude de la lignée génétique des groupes de population dans le monde, dirigée en 2008 par Luigi Cavalli-Sforza, Marcus Feldman et Richard Myers de l'Université de Stanford a pu puiser dans la mémoire cellulaire  et conclure que les hommes modernes sont apparus exclusivement dans un espace relativement limité de la terre, dans la région sub-saharienne de l'Afrique et représentent les protagonistes de la première vague de migration des hommes modernes, les Homo Sapiens, il y a moins de 100 000 ans de l'Afrique vers le nord et l'est, au Moyen-Orient, à l'Europe, l'Asie et en Amérique. Ainsi l'homme arriva il y a 75 000 ans environ en Égypte et en Éthiopie puis descendit dans la péninsule yéménite dans son parcours vers l'Asie et l'Europe en plusieurs vagues à la rencontre il y a 60 000 ans des néanderthaliens. On reconnait aujourd'hui que la population la plus ancienne au monde sont les San de l'Afrique du Sud, de la Namibie et du Botswana et les pygmées Mbuti au fin fond de la forêt Ituri du Congo et la plus jeune constitue la dernière des vagues de migration en Amérique du Nord  il y a plus de 12 000 ans venant d'Europe en passant par la péninsule Seward en Alaska et par le détroit du Béring. L'histoire génétique de l'humanité est corroborée par les découvertes archéologiques et les structures linguistiques.

Qu'est-ce l'intelligence ? L'intelligence dans le monde moderne est considérée dans son opposition à la sensibilité. De quoi parle-t-on ? D'intelligense sociale ou affective, d'intelligence intellectuelle ou émotionnelle, d'intelligence mnémonique ou de perception visuospatiale. Le problème avec l'intelligence, c'est qu'on prétend qu'elle est une qualité biologique mesurable et héritable alors qu'elle est fortement déterminée par des priorités culturelles. Ce n'est pas un décodeur du gène. La société tend à présenter comme biologique des marqueurs qui ne sont que culturels. À la diversité biologique s'ajoute  la diversité culturelle qui  exacerbe les différences. Dans l'article du New York Times paru en 2014 du psychologue Jay Belsky sur le "gène de la résilience", suite à l'étude réalisée en Géorgie sur 600 familles noires américaines sous le nom de Strong African American Families project (SAAF), Belsky déclare que certains enfants sont pareils à des orchidées fragiles. Nés avec une sensibilité à fleur de peau, ils seront plus sensibles aux changements de leur environnement. D'autres pareils à du pissenlit sont moins sensibles à leur environnement.

Les modifications épigénétiques sont induites par l’environnement au sens large : la cellule reçoit en permanence toutes sortes de signaux l’informant sur son environnement, de manière à ce qu’elle se spécialise au cours du développement, ou ajuste son activité à la situation. Ces signaux, y compris ceux liés à nos comportements (alimentation, tabagisme, stress…), peuvent conduire à des modifications dans l’expression de nos gènes, sans affecter leur séquence. Le phénomène peut être transitoire, mais il existe des modifications épigénétiques pérennes, qui persistent lorsque le signal qui les a induites disparaît.

http://www.inserm.fr/index.php/thematiques/genetique-genomique-et-bioinformatique/dossiers-d-information/epigenetique

Ce que la famine aux Pays-Bas en 1944 nous a appris est qu'un seul événement peut avoir des conséquences sur la santé de générations successives. La famine aux Pays-Bas a altéré l'expression des gènes comme si le corps était reprogrammé pour sa propre survie. La mémoire épigénétique est réelle mais limitée. Toutefois il faut se demander quel a été l'impact à long terme de l'esclavage sur les populations noires de l'Amérique et des Caraïbes ?Quel a été l'impact de la conquête brutale du nouveau continent sur les générations successives d'Amérindiens? Ainsi est la mémoire génétique, le souvenir ancré dans nos gènes de la souffrance de nos ancêtres. Un message environnemental s'est transformé en un message héritable.

Au fil du temps se renforce tristement l'impact de l'environnement sur la population en général et les individus en particulier. De la mémoire historique à la mémoire cellulaire.

Publié dans Génétique

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Alexander Von Humboldt

Publié le par Ysia

« I was forced into a thousand constraints... and into loneliness, hiding behind a wall of pretense... »

The invention of nature : Alexander Von Humboldt's new world

Alexander Von Humboldt a éprouvé une grande solitude sa vie durant. Il se sentait incompris et, dans le même temps, ne pouvait accepter l’ignorance et la bêtise humaine. Afin de cacher sa propre vulnérabilité, il avait construit une carapace d’ambition et de sagacité. Enfant, il était craint pour ses réparties tranchantes qui lui valaient le surnom de « petit esprit malin », une réputation qui le poursuivit toute sa vie... Il semble avoir été écartelé entre sa vanité et sa solitude, entre son désir de louanges et sa soif d’indépendance. Il basculait entre son besoin d’approbation et son sentiment de supériorité (p.15)… Il  passa de longues heures jour et nuit avec le seul ami intime qu'il n’ait jamais eu, furieux contre lui-même pour s'être laissé aller à nouer des liens si étroits, sachant pertinemment qu'il devrait un jour ou l'autre le quitter. Pendant deux ans, il se remémorait avec nostalgie les moments passés avec lui et s’épanchait dans des lettres espacées par de longs intervalles d'oubli. Un tel tempérament à la fois distant et sensible faisait qu'il demeurait insaisissable.

Il connut Goethe, le poète,  alors que celui-ci était plein de désillusions, vivait en ermite et pour lequel la seule chose qui le poussait à continuer était ses recherches scientifiques.

Il connut Thomas Jefferson qui déclarait ne pouvoir vivre sans livres et qu’il admira tout en dénonçant la question de l’esclavage fondée sur l’avarice humaine. Humboldt, quant à lui, n’aurait pas pu vivre sans mener des expériences scientifiques, notamment l'émission de chocs électriques sur lui-même ou sur des animaux. Friedrich Schiller, son contemporain, estimait qu’Alexandre Von Humboldt  n'aurait jamais pu rien accomplir parce qu’il touchait à trop de sujets à la fois. C’est ce qu’on n’hésiterait pas à lui reprocher aujourd’hui. Pourtant, la capacité de jongler entre différents sujets pour mieux prendre la mesure des choses est essentielle. Puiser son inspiration dans les arts et les sciences permet d’ouvrir des portes et de franchir des horizons insoupçonnés. Alexander Von Humboldt était peut-être l’un des derniers grands disciples de voyages polymathiques.

As scientists crawled into their narrow areas of expertise, dividing and further subdividing, they lost Humboldt's interdisciplinary methods and his concept of nature as a global force.

ibid., p.335

Humboldt était un fervent partisan de l’empirisme, qui est de croire que notre esprit, à la naissance, est pareil à une page vierge sans idées préconçues et que, tout au long de notre vie, nous amassons des informations fondées sur l’expérience et l’observation. L'homme  n'est pas au centre de l'univers ni même au centre de la nature.  Aristote avait tort et Humboldt, le père du mouvement écologiste, avait raison d’affirmer que la nature dans son ensemble n’a pas été créée pour le plaisir de l'homme. Il faudra qu’il prenne un jour conscience de ses devoirs à l’égard de l’environnement. Il est intéressant de noter qu'en 1669, déjà, le contrôleur général français des finances Jean-Baptiste Colbert interdisait aux villageois le droit d'exploiter les forêts et avait fait planter des arbres pour pourvoir à la construction future des navires tandis que Benjamin Franklin, craignant la disparition des forêts, inventa le chauffage par convection et conçut un foyer plus économe en combustible. Mais la conquête d'espaces vierges, comme l'Ouest américain, soulignait la pensée archaïque consistant à dompter le sauvage, dominer le chaos apparent de la nature et des êtres qui l'habitent, qu'ils soient humains, animaux ou végétaux. Ancienne dichotomie entre ordre et chaos, fondée sur notre peur instinctive de l'inconnu. C'est cette angoisse primitive qu'il aurait fallu et qu’il faudrait dompter. Comment renverser la tendance de milliers d'années durant lesquelles l'être humain ne voit de beauté que dans une nature cultivée c'est-à-dire civilisée ? Un gazon obstinément arrosé malgré la sécheresse, des plantes et arbres non indigènes plantés en hâte pour le regard ou par convenance sans considération pour les conséquences à plus ou moins long terme. N'est- il pas temps d'éduquer l'homme sur la façon dont les forces de la nature contribuent entre elles, des quatre coins du monde, dans l'espace et sous les mers et comment elles sont liées entre elles? C’est bien là le barbarisme de l'homme civilisé. Qui est le barbare? L'étranger ou Celui qui n'a aucun respect pour l'autre ?

Zentralbibliothek Zürich - Ideen zu einer Geographie der Pflanzen nebst einem Naturgemälde der Tropenländer - 000012142

La vie coule en ligne droite et puis s'arrête et tourne en rond à l'infini... Deux conceptions s'opposent: celle qui pose en préalable l'éducation en tant que fondement d'une société libre et heureuse et celle qui voit le danger d'éduquer le peuple de crainte qu'il se détache de ses devoirs de servitude. Faut-il vivre en retraite dans une humble solitude ou renoncer à sa liberté intellectuelle et à son génie et prendre sa place de courtisan dans la société peut-être dans l’abnégation de soi et pour le bénéfice de la communauté ?
De la révolution à la dictature impériale ou monarchique... Là est bien le cycle des choses et rien n'y change. Rien ne subsiste. Tout se transforme. La liberté des opprimés est bafouée par les forces réactionnaires qui se soulèvent sempiternellement. Tourner le dos à la politique des hommes et se consacrer entièrement et uniquement à la science et son art et à l'éducation pour aider les êtres à décupler le pouvoir de leur intellect.

As so often before, he now buried himself in work to escape these 'endless oscillations'

ibid., p.269

Avec la connaissance vient la pensée et avec la pensée vient la puissance. Au crépuscule de la vie, les amis reviennent, les liens se renouent, la boucle est bouclée. La chance tournera et un départ vers de nouveaux horizons approchera. La vie, sous toutes ses formes, crée une toile de relations complexes entre les êtres vivants et inanimés.

Comment comprendre la nature? Il faut l'interpréter, comme l'ont fait Humboldt et Thoreau, dans son ensemble et à travers les liens et connexions de ses éléments, êtres vivants et êtres inanimés et ne pas conclure fatalement que les voies de l'Eternel sont impénétrables.

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De la nature des nombres et leur importance

Publié le par Ysia

 

Notre compréhension du monde passe par une numérisation des êtres et de l’espace environnant, qu’elle soit consciente ou inconsciente. La symbolique numérique est universelle de Pythagore à son contemporain Laozi. Tout est nombre!

 

道生一,

一生二,

二生三,

三生萬物。

Le Tao engendre Un.

Un engendre Deux.

Deux engendre Trois.

Trois engendre tous les êtres du monde"

(Lao-tseu, tao tö king, traduit du chinois par Liou Kia-Hway aux Editions Gallimard, 1967, section XLII,  p.118)

 

 

En tête de liste des questions laisssées sans réponse par la science, comme celles de définir ce qu’est la conscience ou encore comment la vie a commencé, se trouve celle de savoir pourquoi l’univers semble être régi par les mathématiques. Selon la théorie du Big Bang, la matière, l’énergie, l’espace et le temps furent créés au moment de l’explosion originelle. Presque soudainement, il semble que tout se déroula conformément à un dessein mathématique.

 

 

Toute cellule, à un moment donné, se divise (par « scissiparité » ou « karyokinèse ») et donne naissance à une nouvelle cellule semblable à elle-même. Avant, il n’y avait qu’un seul centre : maintenant il y en a deux. Tout, dans les mouvements ultérieurs de la Vie, dérive de ce phénomène élémentaire et puissant. ( Pierre TEILHARD de CHARDIN — Le Phénomène humain, p. 63)

 

Mais ces lois mathématiques, d’où viennent-elles ? Quelle est l’origine des nombres et à quelles règles obéissent-ils ? Les disciples anciens du mathématicien grec Pythagore déclaraient que les nombres représentent le fondement de l’univers, que Dieu est un grand mathématicien et avant que « Dieu dit: Que la lumière soit! », il déclara : « Que les nombres soient ! »

Les savants évoquent la notion divine par métaphore. La plupart d’entre eux adhèrent de façon tacite à la philosophie de Platon qui proposait sans aucun fondement scientifique que les nombres et les lois mathématiques sont des idéaux éthérés qui existent au-delà de l’espace et du temps et hors de portée de l'entendement humain. 

Parce que tout le problème de la science est de donner une description de l’univers qui ne relève pas du surnaturel, l’incapacité à expliquer la déraisonnable efficacité des mathématiques, comme le souligne le physicien Eugène Wigner, constitue une énorme lacune dans la connaissance des hommes, sachant qu' une

 

«  théorie mathématique entièrement efficace est un formalisme doué de capacités prédictives, explicatives et génératives, autrement dit un langage permettant de décrire, d'expliquer et de maîtriser les phénomènes. ...nous voici confrontés de nouveau à notre question fondamentale : comment un ensemble de symboles abstraits, articulés par un jeu de règles précises, issu très souvent d'une activité purement intellectuelle, peut-il posséder de telles capacités d'adaptation au monde empirique, au monde des résultats expérimentaux ? … il convient aussi de saisir les dédales du processus historique qui, progressivement, tisse des liens bilatéraux étroits entre les mathématiques et les sciences naturelles ou humaines. La perception usuelle est affaire d'inné et d'acquis, la découverte du monde empirique par le biais des mathématiques significatives l'est également : elle procède d'une part, d'une capacité mentale, innée et conditionnée par l'évolution, qui permet à l'être humain de s'accrocher à des éléments de réalité empiriques, et, d'autre part, d'une capacité acquise par un long apprentissage historique, par une lente genèse qui, par infiltrations d'informations empiriques, coadapte les mathématiques à une description des champs phénoménaux. »

 

Faut-il penser comme Léopold Kronecker, un mathématicien du XIXe siècle, que les nombres entiers sont la création de Dieu et que tout le reste est l’invention de l’homme ou faut-il que nous nous accordions à dire avec Albert Einstein, que « la suite des nombres entiers est manifestement une invention de l’esprit humain, un outil qu’il s’est créé lui-même pour faciliter le classement de certaines expériences sensorielles » ?

Dans l’ouvrage intitulé The Number Sense: How the Mind Creates Mathematics (Oxford University Press, 1997), Stanislas Dehaene indique que les nombres entiers – les plus petits en tous les cas – sont solidement établis dans le système nerveux humain par un processus évolutif, ainsi en est-il aussi d’une propension élémentaire à compter et soustraire. Les mathématiques, selon lui, sont ancrées dans l’architecture de notre cerveau. Mais pas seulement le nôtre mais ceux d’autres espèces vivantes, faisant ainsi de cet instinct du nombre non pas un concept éthéré mais une création neurologique, résultant de la façon dont le cerveau, limité dans le temps et l’espace, analyse le monde à chaque étape de son évolution.

A l’Université de Californie à Berkeley, Dr Lakoff et Dr Nunez affirment que l’origine des mathématiques ne se trouve pas dans le cerveau mais dans le corps humain et l’univers physique. On préfère le système numérique fondé sur la base 10 parce que l’homme a dix doigts et dix orteils. Les populations primitives ont exploré les méandres du calcul en jouant avec leurs doigts, empilant roches et cailloux les uns sur les autres. Ils ont pris conscience des distances en faisant un pas après l’autre. L’invention de concepts plus abtraits a introduit des métaphores de base. L’invention des mathématiques a été l’occasion pour l’homme de créer d’autres métaphores dites de connexion.

 

Et c’est ainsi, étape après étape, que la babel des mathématiques, fruit de l’activité physique, a été créée.

 

*Useful Invention Or Absolute Truth: What Is Math?, New York Times, Georges Johnson, Feb.10th 1998, traduit, adapté et commenté par Ysia.

Pourtant tout en fait ne s’explique pas par les mathématiques sinon il serait tellement plus aisé d’expliquer la psychologie humaine, les marchés financiers ou de prévoir sur le long terme la météo… Les nombres président-ils à notre existence ou les avons-nous créé pour mieux interpréter l’univers. Un peu des deux…De deux choses l’une, soit il nous reste encore à découvrir d’autres règles mathématiques dans le domaine de la mécanique quantique ou dans d’autres plus abstrus et confirmer une fois de plus la prédominance des nombres, soit ce principe d’applicabilité est faux. De là la raisonnable inefficacité des mathématiques

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Ugly Buddha and Ugly Television

Publié le par Ysia

Nam June Paik
Nam June Paik
Nam June Paik

Nam June Paik

Publié dans Bouddhisme Zen

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La boucle est bouclée

Publié le par Ysia

Je me reconnais dans les anciens coureurs de bois foncièrement indépendants et en rébellion contre l'autorité et vois le monde à travers le regard de l’artiste.

A quoi ressemble l’Europe du XVIème siècle? Une Europe ravagée par la guerre menée par l’empire espagnol contre l’Europe protestante qui fuit en masse vers l’Amérique, et financée grâce aux immenses richesses dépouillées par la force  et ramenées de cette même Amérique (pp.26-27, Colin Woodard, American Nations, 2011). Toute cette ambition pour en arriver à quoi ? Au déclin inexorable de l’empire espagnol.

 

Ainsi commence la conquête de l’Amérique. Mais qu’est-ce que l’Amérique ? El Norte, un territoire espagnol où les indiens étaient asservis au nom de l'église, la Nouvelle France au Nord et au Sud avec la Nouvelle-Orléans où le rêve de Champlain concrétise un vivre ensemble entre Amérindiens et Français, la côte dite Tidewater semi-féodale des ancêtres de George Washington, George Mason et Robert Lee souhaitant reproduire l’Angleterre de l’aristocratie normande,  le pays des Yankees dit Yankeedom,  utopie religieuse, théocratie protestante des puritains, le centre dit Midlands des pèlerins et des quakers, la vaste région dite des Appalaches, violente et pauvre des rebelles écossais et irlandais partisans de se faire justice eux-mêmes, le Sud de la société esclavagiste de la Barbade  qui s’implante progressivement depuis Charleston en Caroline du Sud….

 

 De la pauvreté britannique à la pauvreté américaine. Est-ce cette extrême misère, transplantée en Amérique, qui se retourne contre ses précédents souverains et alimente les rangs de l'armée continentale dans les années 1770? Tout au long de l'histoire se déversent dans la presse et autres moyens de communication les mêmes craintes face aux nouvelles vagues d'immigration. C'est une nation britannique ravagée par des guerres successives qui nourrit le flot migratoire tout comme les guerres sur le continent africain ou au Moyen-Orient exacerbent les flux migratoires aujourd’hui. L'histoire des États-Unis révèle la rivalité de deux idéaux: la liberté individuelle contre la cohésion sociale. C’est dans ce contexte que, pour la première fois,  sont adoptées les premières lois contre l'immigration sous la présidence de John Adams.

 

La  défaite de la France provoque la déportation des Acadiens tandis que la guerre d'indépendance et la guerre anglo-américaine de 1812 causent la migration vers le nord des populations éprises de paix du Yankeedom et du centre dit Midlands (quakers et autres communautés). Le Vermont est déjà alors le champion des droits des esclaves et l'ennemi des spéculateurs new-yorkais (p.157, ibid.)

 

Alors commence la conquête de l'Ouest menée simultanément par les principaux protagonistes, à savoir les populations du nord-est Yankeedom aux idéaux puritains, du centre Midlands de culture allemande et porteur d'une tolérance héritière de William Penn, de la tranche belligérante appalachienne qui affirme l'hégémonie déclarée d'une ethnie sur les autres, renforcée par la culture esclavagiste du Sud et concrétisée dans la personne d'Andrew Jackson et autres extrémistes. Cependant Yankees et Appalachiens cohabitent notamment dans le nord-ouest comme en témoignent les villes yankees et les campagnes appalachiennes de l'Oregon. Contre toute attente, une nouvelle forme de pensée apparaît dans le mélange de culture sur la côte ouest, à la fois idéaliste et individualiste.

 

La guerre civile n'a pas changé les mentalités. Les guerres traversées laissent un goût amer d'autant si elles ne sont pas suivies d'un réel et profond effort de reconstruction sociale et économique. Les disparités économiques entre régions ont toujours existé. Elles n'ont jamais disparu et se sont perpétuées au gré des politiques inhabiles et malavisées et des idéologies destructrices. Une fois la guerre de sécession terminée, de nouvelles formes de résistance intolérante ont véhiculé un message raciste et antiscientifique par le biais des instruments de communication au fil des ans : des cercles fondamentalistes aux universités conservatrices, des stations de radio aux chaînes de télévision, des journaux aux sites web et réseaux sociaux. Comment aider ceux qui refusent de s’aider eux-mêmes, ceux-là même qui refusent les réformes sociales, trouvent une justification dans la religion à l’esclavage ou au tribalisme et dénoncent comme contraires à la volonté divine, aujourd’hui comme hier,  la laïcité, le féminisme, l’écologie et les découvertes de la science moderne?

 

Trente-six millions d'immigrants sont arrivés entre 1830 et 1924 (66 millions entre 1790 et 2000). En épousant les coutumes locales, ce sont les différences préexistantes entre régions qui se sont accentuées. L'immigration s’est limitée essentiellement aux trois régions de la Nouvelle-Hollande, du Midlands et de Yankeedom. La multiethnicité et le multiculturalisme n’ont jamais été que la caractéristique  de ces régions mais pas des autres. Quant à l'Ouest américain, ces peuples de culture ou ethnie différente arrivèrent à peu près en même temps. Mais si l'éducation est le fer de lance des Yankees, dans le sud on a découragé l'éducation mixte des populations noire et blanche et, en Californie, les Japonais n'étaient pas autorisés à s'instruire à l'école jusqu'en 1907.

 

Un cycle historique se termine là où il a commencé: la majorité des immigrants de souche mexicaine s'implante dans la région El Norte qui fut à l'origine espagnole. 

 

Pourquoi le même destin n'a-t-il pas échu au Canada?  Peut-on imaginer une Amérique différente ? De l’avis de Colin Woodard, son histoire et son présent sont plus complexes. Il y a l’Amérique respectueuse et tolérante, il y a l’autre et celle qui oscille entre les deux.

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Le sort de l'humanité

Publié le par Ysia

Pour être heureux il faut reconnaître sa défaite

Ysia

Pourquoi parle-t-on d'une croissance économique décevante depuis 1970? Parce qu'elle se cantonne selon Robert Gordon, auteur de l'ouvrage monumental intitulé The Rise and Fall of American Growth (Princeton 2016), dans la sphère limitée des communications, du divertissement et des technologies de l'information. Il est vrai que le progrès observable par l’homme contemporain, s'agissant de l'alimentation, des vêtements, du logement, des transports, de la santé notamment, est depuis 1970 relativement lent en termes qualitatif et quantitatif. Faut-il qualifier d’unique la contribution de la période entre 1870 et 1970 à la croissance économique qui a rompu singulièrement avec la lente progression des cent mille premières années de l'humanité? S’il faut juger de l’importance d’une invention sur l’impact réel dans la vie quotidienne alors ni l’invention du feu, ni la révolution agraire ni la révolution industrielle des siècles précédents ne saurait égaler, de par leur occurrence isolée dans l’histoire de l’humanité, la cadence accélérée des grandes inventions de la période donnée.

Faut-il craindre la stagnation de l'humanité durant les prochaines décennies voire siècles, ne considérer la période de 1870 à 1970 que comme un soubresaut dans l'évolution humaine, une anomalie et prédire le déclin inéluctable de l’humanité dans un divertissement virtuel sans fin, un cycle infernal de passions numériques?

Ce que je crois, c' est que dans ce débridement du réseau informatique se trouve un nouveau siècle des lumières, un éveil au monde et aux autres, la gestation des grandes inventions futures, une tout autre forme d'énergie qui pourrait révolutionner le monde. Mais il est trop tôt pour le dire. Le présent recèle les germes d’un bouleversement futur.

 S’agissant des aspects positifs de la culture Web, ne sous-estimons pas le pouvoir de l’Internet dans le domaine de la diffusion de la connaissance des sciences, de la philosophie et des libertés. Toutes les idées ne sont pas bonnes à prendre, certaines sont même fallacieuses. Mais rien n’est parfait dans ce monde. Même les glorieuses inventions ont progressivement apporté leur lot d’inconvénients, notamment le transport routier, ses conséquences dramatiques sur l’environnement et le nombre élevé des accidents de la route.

Selon Kurzweil, c'est en 2029 que pour la première fois nous parlerons d'une entité non biologique consciente. Un fusionnement se fera entre les outils créés et nous-mêmes si bien que la distinction entre hommes et machines disparaîtra. Ce processus est déjà en marche avec l'établissement et l'expansion inexorable de l'information en nuage.

Ysia

L'information en nuage est-elle une conscience collective, un niveau supérieur de l’humanité?

Le ton pessimiste de Robert Gordon peut aussi être interprété comme une sonnette d'alarme, un rappel du but fondamental d'une grande invention future qui serait d'améliorer l'existence quotidienne, de protéger l'environnement naturel et d'élever le discours des êtres.

Comment est-ce possible qu’au cœur de l’abondance persiste la misère de plus de 50 millions de personnes vivant dans des foyers en situation d’insécurité alimentaire, en particulier les ménages dirigés par des femmes dans le Sud des États-Unis et les centres urbains des grandes métropoles ? Et comment se fait-il qu’une relation confirmée dans les chiffres existe entre pauvreté et obésité ?  Et comment ne pas souligner l’impact de la pauvreté sur l’espérance de vie? Alors qu’en Europe, un système de protection sociale était déjà mis en place sous Bismarck dans les années 1880, comment expliquer que l’Amérique possède encore aujourd’hui le système de protection sociale le plus cher et le niveau d’espérance de vie le plus bas des pays les plus riches ?

A la recherche de mondes multiples ou parallèles? Utopie!

Il  est  remarquable de noter que l'espérance de vie ne s'était guère améliorée avant 1870 voire 1890.  Même les femmes avaient vu leur espérance de vie se dégrader en l'espace d'un siècle. Comment expliquer un tel bond en avant? Il semble que de nombreux facteurs y ont contribué : les progrès de la médecine, une meilleure nutrition, l'hygiène sanitaire, l'aménagement des eaux, les réglementations nouvelles concernant l'approvisionnement en alimentation et les services de santé, l’amélioration des conditions de travail et la diminution de la violence.  Même  les moustiquaires inventées dans les années 1870 y ont été pour quelque chose. Cependant l’embellie n'était pas générale mais dépendait des conjonctures sociales et des circonstances locales, notamment dans le sud des États-Unis.

Il  faut souligner cependant que même si la mortalité due aux maladies infectieuses est passée de 37 % à 2% de 1900 à 2009, dans le même temps, la mortalité due aux trois maladies chroniques (cancer, infarctus, maladies cardiaques) est passée de 7%  à 60%.

Les hôpitaux n’étaient pas subventionnés par le gouvernement ni ne faisaient payer les pauvres mais étaient financés grâce à de riches philanthropes et aux associations religieuses ou ethniques. En 1926, seulement 28%  des hôpitaux étaient la propriété du gouvernement fédéral ou local. Qu'est-ce qui accélère le coût de la vie? Trouve-t-on encore des docteurs qui offrent gracieusement leurs services aux pauvres ? On déplore depuis lors le coût des écoles médicales, le monopole de la collation des grades et des titres universitaires, comme celui du doctorat de médecine,  la hausse constante du coût des soins hospitaliers, des équipements de plus en plus onéreux et des spécialistes aux tarifs toujours plus exorbitants. Combien restent-ils de dispensaires et de cliniques gratuites pour les pauvres ? Combien inadéquate demeure l'assurance-maladie ? Aujourd'hui tout comme hier on évite de voir le docteur pour ne pas payer de frais médicaux. Quel est le nombre de personnes qui meurent faute de moyens ou qui se sont vu refuser des soins? 35 000 à 45 000 Américains entre 18 et 64 ans meurent chaque année parce qu'ils n'ont pas d'assurance-maladie, selon l'Université Northwest qui cite une étude parue en 2009.

 

In the late 1970's and 1980's, the character of hospitals shifted toward more profit-oriented behavior.

Robert Gordon, The Rise and Fall of American Growth, p.483

Quel bel exemple que celui de John Hopkins qui avait si gracieusement légué l'argent à l'origine de la construction de l'hôpital et de l'université qui portent aujourd’hui son nom ! L'initiative est poursuivie aujourd'hi par Michael R. Bloomberg.

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Sam Gilliam

Publié le par Ysia

The world is quite beautiful. … It’s better to build a person and let yourself become who you are!

Sam Gilliam

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