L’éthique de l’amitié

Publié le par Ysia

Si vous ne pouvez vous éveiller par vous-mêmes, vous devez rechercher un grand ami bienveillant afin qu’il vous montre la voie vers la vision de votre nature.

Sûtra de la plate-forme, section 31, p.58

Une ligne invisible sépare l’amitié de l’amour entre les êtres. Il m’a été trop facile de confondre les deux. L’incapacité à faire la distinction entre eux est un trait répandu dans notre société moderne car l’amitié se définit dans un cadre affectif délimité par la pudeur et les inhibitions de chacun suivant le degré d’intimité partagée entre les êtres.

 

Un lien fort unit les êtres du fait des vicissitudes ensemble rencontrées, d’un parcours identique, d’un côtoiement prolongé, d’une vision commune de la vie, d’une passion partagée. Le temps, la vie et l’espace nous obligent parfois de les quitter. C’est là qu’intervient notre capacité à accepter notre destin individuel.

Absence from those we love is self from self - a deadly banishment.

William Shakespeare

La solitude n’est pas à bannir dans la vie des êtres. Elle est parfois à rechercher pour retrouver une stabilité perdue, un équilibre spirituel ou émotionnel. Elle implique parfois une descente aux enfers desquels il faut pouvoir remonter.

 

Mais vivre, c’est toujours vivre avec autrui. A quoi justement reconnaît-on un ami ? C’est l’être qui reste à l’écoute quoi qu’il advienne, qui énonce sans détour les défauts et lacunes de l’autre et qui aide par sa présence et ses encouragements cette traversée du désert, cette remontée des enfers. A un ami, on peut se livrer librement sans inhibition, sans se réfréner. Celui-là est l’ami véritable qui agit comme le témoin et l’interlocuteur de l’ego de l’autre, celui qui peut le dénoncer.

Je ne pourrais pas vivre sans l’amitié des autres et plus largement sans cet amour universel qui amorce l’ébauche d’un sourire sur le visage de deux inconnus qui se croisent. L’amitié, c’est le triomphe de l’altruisme sur notre égoïsme inhérent. Elle implique un engagement entre des êtres liés par une confiance mutuelle dans le cadre d’une relation affective délimitée.

A quoi reconnaît-on un ami ? Il importe qu’on le juge tel qu’il est et non pas tel qu’on se l’imagine.

…the ideal values associated with modern friendship presuppose relations between persons, each of whom has ‘verifiable self’; but this makes for vulnerability too, either through the friend’s intent to deceive or because of the friend’s self-deception.

https://www.academia.edu/11810053/Friendship_anthropology_of

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Le Chaman

Publié le par Ysia

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  The Cave and the Cathedral, explore les rapprochements que l'on peut être amené à faire entre le passé et les coutumes qui ont survécu chez les peuples aborigènes aujourd'hui. Contre l'avis de son auteur, une définition du chaman par les Esquimaux se rapproche au contraire de ma propre  "image intérieure" de l'artiste de la préhistoire :

 

In the coded words of the Eskimos of Greenland, a shaman is "he who is half hidden." This name captures various qualities of the shaman. He lives in the shadows, and he initiates young tribe members into his art in hiding. The shaman is a man of the hidden world: he brings up spirits of the dead, consults with deceased elders, and understands the world beneath our world. Shamans do not belong to groups or clubs--they are solitary... The shaman is also a crafstman or an artist because he makes statuettes and masks, which he uses... (p.149)

 

Et que l'on parle des prémices d'une nouvelle théorie explicative de l'art rupestre et du mythe de l’émergence selon lequel à l’origine les animaux et les humains – encore imparfaits – vivaient sous terre et qu’ils ont un jour émergé à l’air libre en passant par une grotte.


 

On peut comparer les grottes ornées à de véritables sanctuaires. Contrairement à une idée courante, les grottes ne sont pas des lieux de vie pour les hommes de la préhistoire. Lorsqu'ils s'aventurent au fond des cavernes, dans des lieux obscurs, difficiles d'accès, inhospitaliers, ce n'est pas pour y vivre, mais pour y pratiquer des cérémonies sacrées, souvent secrètes. Beaucoup de peintures ont été retrouvées dans des galeries et cavités profondes, que l'on atteint après avoir traversé des couloirs très étroits, où même les spéléologues ont du mal à pénétrer.

Cette prise de possession du monde souterrain implique une grande charge émotionnelle. Il faut avoir soi-même parcouru ces galeries sombres, avoir rampé sur plusieurs dizaines de mètres, avec une petite lampe à huile en main, pour comprendre la forte impression que peut ressentir un homme dans cet univers souterrain. En pénétrant dans les profondeurs des grottes, les premiers hommes ont le sentiment d'accéder à un autre monde. Il y a manifestement une dimension symbolique. Et c'est là qu'ils ont décidé de peindre des animaux, des figures humaines stylisées, des signes abstraits. Tous ces motifs ont manifestement une signification magicoreligieuse.

...La signification complète de ces images nous restera toujours en grande partie inaccessible, car nous n'avons pas de témoignage direct sur les rituels, les mythologies, les cérémonies associées à des peintures. Mais en explorant à fond une caverne, en essayant de s'appuyer sur les témoignages ethnologiques, là où l'art rupestre a survécu jusqu'à récemment, comme en Australie, on peut tenter quelques hypothèses.

Si l'art préhistorique est associé sans aucun doute à des croyances et pratiques sacrées (comme le fut l'essentiel de l'activité artistique jusqu'à récemment dans l'histoire de l'humanité), pour ma part je ne pense pas que l'on puisse tout réduire à une seule grille de lecture, chamanique, par exemple. Prenons un exemple. Dans la grotte de Pech-Merle, le panneau des chevaux fait quatre mètres de long et comporte 250 motifs ; il se trouve dans une vaste salle qui peut contenir 50 personnes. La disposition des peintures sur les parois nous montre que cet art est destiné à être vu en groupe. C'est un art qui s'affiche, un peu comme les grandes fresques peintes sur les parois des églises. Dans ces grandes salles avaient peut-être lieu des cérémonies collectives : cérémonies totémiques où l'on célèbre l'animal sacré, cérémonies destinées à favoriser la chasse ou cérémonies d'initiation des jeunes, etc. ? Toutes ces hypothèses sont possibles. Mais, dans la même grotte de Pech-Merle, on trouve aussi des oeuvres situées dans des recoins presque inaccessibles, dans des zones que l'on ne peut voir qu'en solitaire après avoir franchi de longs boyaux étroits. Dans une alcôve, de 30 centimètres de hauteur, on distingue alors 10 grosses ponctuations rouges sur la voûte. Cet art-là s'adresse aux esprits et est lié à une pratique solitaire, mais nous ne savons pas si l'auteur des ponctuations était un chamane ou un prêtre ou tout autre personnage. Il pénétrait dans le « Saint des Saints » réservé aux initiés ou, du moins, dans un lieu qui n'a pas été fréquenté de façon répétitive : nos connaissances et supputations se résument à cela.

...Je crois effectivement que l'étude des cathédrales est de nature à nous aider à nous forger quelques rudiments d'hypothèses sur l'art des grottes ornées et ses fonctions. J'ai retrouvé dans les grottes ornées paléolithiques des traces de rites d'aspersion, d'attouchements des parois et des oeuvres, de repeints, d'utilisation des caractéristiques acoustiques du lieu pour la création de sons rythmiques, toutes choses que l'on note encore aujourd'hui dans l'ensemble des sanctuaires de l'humanité.

L'art des premiers hommes. Entretien avec Michel Lorblanchet. Hors-Série N° 37 Juin/Juillet/Août 2002

La caverne en tant que cathédrale, temple dont la disposition respecte les règles d'une religion primitive, aire d'initiation que ne sauraient démentir les marques laissées sur les parois par des mains d'enfants notamment dans les grottes de Gargas et de Cosquer et les traces avérées de leurs pas. (A consulter  à cet égard sur le site de l'Archive Ouverte Multidisciplinaire l'aperçu de Romain Pigeaud du Département de Préhistoire du Muséum national d'Histoire naturelle : Les rituels des grottes ornées. Rêves de préhistoriens, réalités archéeologiques) . Ces impressions de mains sur les parois sont en fait la preuve d'un langage et d'une sensiblité tactiles que l'on retrouve chez les aborigènes australiens et leur prédilection au toucher:

 

The temperament of the Aboriginals of the Western Desert had a predilection for a sensibility of touch, a hapticity or physical quality different from the visual sensation of eyesight. I had observed this haptic quality in connection with the art work and in much of the way of life, for when telling of a ceremonial object a man would feel the incised scoring in the stone or wood and move his hand along the lines and across the object;... (Geoffrey Bardon and James Bardon, Papunya,The Miegunyah Press, reprinted 2009, p.42)

 

 

 

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Publié dans Art et Préhistoire

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En quête du Ciel et de vérité

Publié le par Ysia

Dans une revue d’un catalogue paru en 1987 sur les bronzes anciens chinois de la collection Sackler, Elizabeth Childs-Johnson rappelle l’opinion que soutenait à l’époque Robert W.Bagley sur la façon dont la technique des moules à sections a déterminé la conception et le développement de l’imagerie des récipients de bronze chinois et de certaines de leurs formes. Bagley conçoit la décoration des bronzes comme suivant une évolution linéaire des reliefs simples aux gravures plus sophistiquées,  d’une image floue à une plus grande cohérence zoomorphe. Ce qui sous-tend l’analyse de Bagley est la conviction que l’imagerie de l’Âge de bronze est  purement ornementale. Il déclare que le Taotie 饕餮 est apparu conne un ornement linéaire dessiné autour des yeux et qu’il continua d’être purement  ornemental  pendant la période d’Erligang. Ce n’est que plus tard que des images se seraient développées  à partir des formes linéaires. C'est avec le perfectionnement de la technique du moulage durant la dynastie Shang que le dessin des yeux nébuleux s'est précisé.  Bagley ajoute de manière inattendue que le développement du Taotie – à savoir les yeux décoratifs  autour desquels  dansent des fioritures abstraites qui émergent  par la suite tels des oiseaux ou des dragons -  est tributaire de l’imagination de l’artiste. Ainsi dragons, oiseaux et faces animales dans l’imagerie Shang n’auraient aucune signification particulière – aucun rapport avec la religion, le mythe ou des expériences vécues – et auraient tout simplement été créés au gré d’une impulsion artistique. Pour Bagley, les motifs de l’Âge de bronze dérivent de la technologie de la coulée et émanent du simple désir de remplir un espace ou de compléter une création.

Aujourd’hui le chamanisme et le totémisme sont l’explication la plus régulièrement avancée pour définir la fonction et l'ornementation des récipients de bronze. En outre, il s'avère que ce sont les jades des cultures néolithiques de Liangzhu  et de Dawenkou qui ont joué un rôle déterminant dans la formation de l’imagerie des bronzes de la période Shang. Des comparaisons peuvent également être établies avec la culture néolithique tardive de Longshan.

 

Jades ou bronzes IMG_8950.JPGprésentent des figures humaines ou bestiales parfois insolites mais toujours subjuguantes dont voici ici quelques photographies prises au Freer/Sackler Museum.IMG_8946.JPGIMG_8932.JPG   IMG_8936.JPGIMG_8934.JPGIMG_8943.JPG

Publié dans Art ancien chinois

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Réalité et observation de l'art préhistorique

Publié le par Ysia

Man has developed consciousness slowly and laboriously, in a process that took untold ages to reach the civilized state (which is arbitrarily dated from the invention of script in about 4 000 B.C). And this evolution is far from complete, for large areas of the human mind are still shrouded in darkness. What we call the 'psyche' is by no means identical with our consciousness and its contents.

Who ever denies the existence of the unconscious is in fact assuming that our present knowledge of the psyche is total. And this belief is clearly just as false as the assumption that we know all there is to be known about the natural universe.

Man and his symbols, conçu et édité par C.G. Jung, Aldus Books Limited, London, 1964, p.23

Lentement et avec peine, l'homme a renforcé sa conscience depuis l'apparition des premières espèces humaines il y a 6 millions d'années au fur et à mesure que la taille du cerveau humain grossissait et ses mécanismes devenaient plus complexes. L'Homo Sapiens, l'homme qui sait, est né il y a 200 000 ans.

Un processus rétroactif caractérise l'évolution de l'homme: une fois libéré des nécessités biologiques élémentaires, la pensée a poussé l'évolution humaine dans la direction qui lui convenait, particulièrement dans la relation entretenue entre la main et le cerveau.

Marcel Otte, Les origines de la pensée - Archéologie de la conscience, Mardaga, 2001)

L’art abstrait et figuratif constitue un medium largement reconnu permettant de prendre la mesure de l’évolution cognitive de l’Homme moderne.  Les représentations figuratives expliquent le subconscient profond de l’artiste tout en communiquant visuellement une culture commune. Les premiers indices d'une pensée abstraite, d'un art primitif comme les pierres gravées de Blombos (Afrique du Sud) sont apparus il y a plus de 70 000 ans, empreintes controversées, et les grottes ornées du Sud de l'Europe.

Il est raisonnable de penser que dans un passé plus ou moins proche il existait des sociétés humaines organisées selon des traditions culturelles dépourvues des innombrables symboles qui animent et parfois hantent les civilisations de notre ère. Depuis quand l’homme est-il « moderne » ? Depuis quand a-t-il acquis les caractères que l’on associe habituellement au propre de l’homme : langage, usage de symboles, art, pensée religieuse ? Bon nombre de ces comportements ne se fossilisent pas et il revient aux archéologues d’identifier et de dater les indices de leur émergence dans la culture matérielle de nos ancêtres.

https://www.cairn.info/revue-diogene-2006-2-page-147.htm

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Durant des décennies, le premier exemple d’art pariétal était les peintures figuratives de la grotte de Chauvet il y a plus de 35 000 ans. Jean Clottes, célèbre spécialiste de la Préhistoire, l'a évoqué dans le fabuleux documentaire The Cave of forgotten dreams de Werner Herzog : c'est grâce à la perméabilité du cerveau et à la fluidité de la pensée que l'homme s’est adapté aux circonstances et qu’il a appris la vie. Cela place l’art pariétal au Protoaurignacien, première phase du Paléolithique supérieur de l'Italie et première culture de l'homme moderne de Provence, une période associée aux néanderthaliens qui précède l’arrivée des Homo sapiens en Europe de l’Ouest.

La datation de l’art pariétal est complexe. Mais une équipe de chercheurs a bénéficié de conditions favorables dans une grotte de l’île indonésienne de Sulawesi, qui ont permis d’établir que les peintures n'ont rien à envier à celles des grottes d’Europe de l’Ouest. Au moyen des séries de l’uranium, la datation des concrétions recouvrant une main soufflée au pochoir à Leang Timpuseng est d’au moins 40 700 et d’un cochon-cerf de Leang Barugayya de 36 900 ans. Les chercheurs ont réussi à calculer l’âge minimum de la peinture en datant le dépôt qui s’est accumulé sur le pigment. Ils ont observé que le calcite s’accumule graduellement sur la surface du fait de l’eau riche en minéraux qui s’est infiltrée à travers les murs de calcaire des grottes. Ce dépôt contient de l’uranium qui se désintègre en thorium à un rythme connu. Les peintures peuvent être datées à partir du rapport de concentration entre les deux éléments. Cette découverte soulève une autre question : Est-ce que les populations en Asie du Sud-est et en Europe de l’Ouest ont développé un sens artistisque indépendamment l’une de l’autre ou faut-il y voir une pratique initiée par les premiers humains avant qu’ils ne quittent l’Afrique ?

Depuis des années, les archéologues savaient que l’Afrique méridionale était le berceau d’un art pariétal riche et bien connu produit par des chasseurs-cueilleurs au paléolithique supérieur, mais ils n’étaient pas à même jusqu’ici de dater avec précisions ces créations. L’art pariétal le plus ancien en Afrique du Sud sont des figures humaines sur des dalles exfoliées de la grotte de Steenbokfontein, datées par la spectrométrie de masse par accélérateur (SMA) sur le charbon de bois à 3640-3635 avant le présent. La même méthode sur le pigment au charbon des écailles d’un panneau peint dans le Drakensberg donne une datation approximative de 2100 avant le présent. Certains des premiers exemples de formes d’art portable sont des figurines de Tan Tan au Maroc, associées à l’industrie lithique du milieu de l’Acheuléen provenant d’un dépôt fluvial et datant de 300 000 à 500 000 ans et de Berekhat Ram en Israël datées de 250 à 280 avant le présent grâce à la radiodatation par la méthode Argon-Argon. Grâce à une méthode innovatrice, la spectrométrie de masse par accélérateur (SMA) et en utilisant des protocoles améliorés, de nouvelles datations confirment que l’art pariétal dans le Sud-est du Botswana a été créé dès 5723-4420 avant le présent. Ces mêmes techniques pourraient éventuellement s’appliquer ailleurs dans le monde.

La datation de l’art mobilier abstrait en Afrique méridionale est entre 500 000 et 187 000 ans et aussi récemment que les années 1800. Étant donné les preuves découvertes que le comportement de l'homme moderne a commencé en Afrique subsaharienne, il n’y a rien d’étonnant à ce que l’art mobilier date du pléistocène moyen et supérieur. Sept plaques de pierre de la grotte Apollo 11 en Namibie sont l’exemple le plus ancien d’art figuratif africain datant au radiocarbone et par la luminosité optiquement stimulée (OSL) de 30 000 ans. La grotte Apollo 11 est située dans une falaise de calcaire le long du cours supérieur du fleuve Nuob dans les montagnes Huns de la région de Karas dans le sud de la Namibie. Les fouilles commencèrent en 1969. Les 11 plaques aux traces de pigment noir, blanc, orange ou rouge représentant des animaux - une antilope oryx, un rhinocéros ou un zèbre notamment - recouvrées dans la grotte, ont environ 30 000 ans. Elles constituent le premier exemple d’art figuratif en Afrique et sont contemporaines des exemples découverts en Europe et en Australie. Leur apparition concomitante en Afrique, en Australie et en Europe incite à la réflexion, peut-être signifie-t-elle que la production d’art mobilier figuratif n’a pas d’origine géographique et culturelle unique. Les preuves actuelles montrent que l’art figuratif est apparu pour la première fois dans diverses régions et à différentes dates mais pas avant 35 000 ans environ.

L'art pour l'art! Le déclic produit dans le cerveau de l'homme préhistorique quand il prend enfin conscicence de sa puissance cognitive qui l'habite est-il à l'origine de ce qui l'a poussé à démontrer encore et encore et à répéter l'expérience de sa propre liberté créative, tel un enfant qui apprend à marcher et ne cesse de vouloir maîtriser son nouveau talent? Interpréter l'art pariétal ou rupestre dans le contexte anthropologique de l'évolution de l'intelligence humaine dont la pensée symbolique est une étape dans la longue marche qui mène à l'homme moderne. Le fossile découvert en 2008 de l'Australopithecus sediba en Afrique du Sud datant de près de deux millions d'années, donne la preuve de son habilité manuelle bien avant l'apparition de l'Homo habilis et de l'Homo Sapiens. Ses mains ont été l'instrument de sa conquête de l'univers et de son lent apprentissage quotidien. C'est de cet acquis qu'a germé son savoir. Les représentations de l'être humain sont à l’ origine rares dans l’art préhistorique. L'homme préhistorique, comme les peuplades indigènes des temps modernes, voit dans la reproduction de son image physique le risque d’y perdre son âme voire sa vie. Les femmes sont plus souvent représentées que les hommes. Les sculptures et gravures dites Vénus préhistoriques, tant paléolithiques que néolithiques, plus répandues que l’art pariétal notamment en Europe sont de fait « transculturelles ». Nonobstant les motifs géométriques du site préhistorique de Blombos en Afrique du Sud remontant à 70 000 ans, dès l’Aurignacien (35 000 ans avant notre ère), l’homme préhistorique a laissé en France les traces de signes géométriques. Les représentations des espèces animales de la préhistoire, dont certaines sont disparues, étaient-elles répandues jusqu’en Orient, notamment celles des caprinés, des chevaux (de Prjevalski, de Riwonché ou de Nangchen) et des ours ? Notons la présence du hibou dans la Grotte de Chauvet vieille de plus de 30 000 ans, thème souvent repris dans l'art ancien chinois. Ce sont les êtres hybrides, les monstres formés par les parties d’animaux différents et les figures mi-animales mi-humaines qui captivent mon imagination.

Publié dans Art et Préhistoire

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Univers matériel

Publié le par Ysia

L'observatoire spatial Fermi de la NASA lancé le 11 juin 2008 scrute le cosmos grâce à la plus forte forme d’énergie, les rayonnements gamma que sont les particules les plus énergétiques du spectre des radiations électromagnétiques. Il orbite la Terre à une latitude de 565 km, ce qui correspond à une période de 96,5 min. Son instrument principal, le télescope à grand champ à rayons gamma (ou LAT) (Large Area Telescope) détecte les rayons gamma. Il aide à étudier la stabilité et l’évolution des amas globulaires faits de centaines de milliers d’étoiles et fait découvrir, dans ce ballet d’étoiles,  les objets qui émettent les rayons gamma comme les pulsars millisecondes, les magnétoiles, les trous noirs et leurs disques d’accrétion ou encore les éruptions solaires sur l’autre face du soleil. Plus fascinant encore la possibilité qu’il puisse détecter ce « truc » mystérieux que l’on nomme  la matière noire. Le LAT a capté un même signal au centre de la galaxie voisine Andromède que celui constaté précédemment au centre de la Voie Lactée.  S’agit-il de la preuve de l’existence de la matière noire ou une forte concentration de pulsars ? Matière noire, cette substance mystérieuse qui constitue la plus grande partie de l’univers matériel. Et c’est bien son caractère insaisissable qui la rend fascinante. Insaisissable, et pourtant les astronomes en voient ses effets à travers le cosmos, notamment dans la rotation des galaxies.

La vision de l’univers diffère selon que l’observateur le voit à l’œil nu ou au moyen d’un télescope. Depuis 25 ans que la NASA emploie la science des rayonnements gamma, elle n’a pas fini de nous étonner. Au nord et au sud du centre galactique se trouvent deux bulles de rayonnement gamma qui s’étendent sur 25 000 années lumières !!!! Quelle est leur nature et quelle est leur origine ? Elles semblent avoir été le résultat d’une période active, d’un-demi million d’années au plus, du noyau galactique que constituent un trou noir supermassif et un disque d’accrétion produisant des jets de particules. Le fait que ces bulles soient apparues il y a 1 à 3 millions d’années signifie que la Voie Lactée était bien différente au temps de l’Homo Erectus et autres espèces du genre Homo.    

 

Sa contrepartie sur terre, le grand collisionneur de hadrons (Large hadron collider), sonde les constituants élémentaires de la matière et leurs interactions à des échelles incroyablement petites et à des énergies colossales comme le fait le LAT qui étudie les particules cosmiques qui se déplacent à la vitesse de la lumière et produisent des rayonnements gamma lors de leur interaction avec les nuages de gaz interstellaires et lumières stellaires. Physiciens, Astronomes, Astrophysiciens, leurs investigations se complètent.  

Publié dans Les deux infinis

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Démocraties

Publié le par Ysia

La démocratie n’est pas un fait ponctuel qui n’arrive qu’une fois. Elle vient et va et est très difficile à maintenir.

Richard Blanton, Université Purdue

 Grâce aux travaux menés par Richard Blanton, un anthropologue à l’Université Purdue de West Lafayette dans l’Indiana, Tlaxcallan fait partie d’un certain nombre de sociétés prémodernes dans le monde que les archéologues considèrent organisées collectivement et dans lesquelles les dirigeants partageaient le pouvoir et les citoyens avaient leur mot à dire dans le fonctionnement du gouvernement. Ces sociétés étaient radicalement différentes des régimes autocratiques héréditaires constatés ou présumés de la plupart des sociétés dites primitives. S’appuyant sur la théorie originale de Blanton, les archéologues disent à présent que ces sociétés collectives ont laissé des traces physiques de culture matérielle, telles qu’une architecture répétitive, une plus grande importance accordée aux espaces publics plutôt qu’aux palais, une production locale privilégiée sur des marchandises exotiques et des écarts de richesse réduits entre les élites et les citoyens ordinaires. Par exemple, à Tlaxcallan toutes les classes sociales semblent avoir possédé et utilisé des poteries ornées de dessins multicolores. Les ratios isotopiques de carbone entre les squelettes indiquent que le maïs produit et stocké localement dominait l’alimentation de la population, ce qui suggère que Tlaxcallan devait dépendre de ses propres citoyens, plutôt que du commerce et des ressources naturelles pour financer ses activités. Seulement 3 ou 4 pièces sur 10 tonnes de céramiques étaient de style Mexica et donc importées.

« Blanton et ses collègues nous ont montré une autre façon d’examiner les données à notre disposition » a declaré Rita Wright, une archéologue à l’Université de New York qui étudie la civilisation de l’Indus vieille de 5 000 ans qui couvre l’Inde et le Pakistan d’aujourd’hui et qui présente également les signes indicateurs d’un régime de gouvernement collectif. Notamment dans la capitale de la civilisation de l’Indus, Mohenjo-daro, située au Pakistan actuel, les œuvres d’art représentent rarement des individus, les maisons sont en briques de même taille et les quartiers sont régulièrement espacés et équipés des premiers réseaux d’égouts.

« Je pense que c’est une avancée » s’accorde à dire Michael E. Smith, un archéologue de l’Université de l’Etat de l’Arizona à Tempe. « Je considère qu’il s’agit de la plus grande contribution de ces 20 dernières années dans l’étude archéologique des structures politiques ». Avec d’autres, il travaille à développer l’idée de Blanton en une méthode vérifiable dans l’espoir d’identifier, à partir des objets recueillis, les États de type collectif. « Sans un modèle rigoureux et acceptable par tous, cela restera hypothétique et subjectif ». David Carballo, archéologue à l’Université de Boston estime que le mode de gouvernement  pourrait ne pas être la mesure la plus importante pour définir ce que Blanton appelle une structure collective. Il mentionne un énorme atelier en obsidienne qu’il a découvert lors de ses fouilles dans un quartier périphérique de Teotihuacan comme étant le signe que les hommes du commun s’organisaient à partir de la base quel que soit le gouvernement en place, ce qui fait de Teotihuacan une société collective, même si elle avait un roi.

Dans les années soixante, les enseignants et confrères de Blanton ne pensaient pas que des sociétés collectives existaient en Méso-Amérique précolombienne. Les républiques prémodernes telles que l’Athènes classique et la ville de Venise médiévale étaient considérées comme un phénomène strictement européen. Il était généralement admis que dans les sociétés non-occidentales prémodernes, les despotes exploitaient leurs sujets et soutiraient leurs richesses. Certaines cultures mésoaméricaines semblent effectivement correspondre au modèle de régime despotique. Il y a plus de 2 000 ans, dans les capitales olmèques de San Lorenzo et La Venta le long du Golfe du Mexique notamment, les rois avaient leurs portraits gravés dans des pierres gigantesques et vivaient dans des palais garnis de produits de luxe exotiques comme des miroirs en pyrite de fer et des roches vertes. Des siècles plus tard, les souverains de la période classique Maya dans le Sud du Mexique et au Guatemala enregistraient leurs conquêtes, mariages et dynasties en glyphes gravés dans la pierre. Les hommes du peuple vivaient toutefois humblement dans des hameaux dispersés autour des centres urbains où se dressaient pyramides et monuments.

Mais au fur et à mesure des fouilles archéologiques et des données recueillies au fil des ans au Mexique, Richard Blanton a constaté qu’un nombre croissant de sites ne se conforment pas au cadre établi. Par exemple, Monte Albán, la capitale des Zapotèques en Oaxaca entre 500 AEC et 800 EC est exempte des représentations ostentatoires des gouvernants si répandues chez les Olmèques et dans l’art classique Maya. Elle semble également être dépourvue des palais et des tombes royales qui regorgent de biens précieux. Par contre, les signes d’autorité restent plus anonymes, liés aux symboles cosmologiques et aux habituelles divinités plutôt qu' à des individus en particulier.

A Tlaxcallan, les espaces publics s'éparpillaient à travers tous les quartiers sans aucune marque de hiérarchie. Plutôt que de gouverner du cœur de la cité, comme le faisaient les rois, le sénat de Tlaxcallan se réunissait probablement dans un grand bâtiment découvert à un kilomètre dans la périphérie de la cité. Cette disposition est également le signe d’un partage du pouvoir politique. Les archéologues ont découvert cet aménagement inhabituel dans un certain nombre d’autres cités mésoaméricaines. L’une est Tres Zapotes sur le littoral du Golfe, qui a prospéré entre 400 AEC et 300 EC après la chute de La Venta, la dernière capitale olmèque. « Bien que les habitants de Tres Zapotes aient conservé un grand nombre de pratiques culturelles olmèques, leur cité ne ressemble en rien aux capitales qui l’ont précédée », déclare Christopher Pool, un archéologue à l’université du Kentucky à Lexington qui a entrepris des fouilles ces 20 dernières années. Tres Zapotes possède quatre esplanades avec la même disposition de pyramides en terre et d’espaces publics. La datation au radiocarbone révèle qu’elles ont servi au même moment. Pool en déduit que quatre factions coopéraient pour gouverner Tres Zapotes.

Ces cités confirment la théorie de l'archéologue Lane Fargher et de son mentor Blanton selon laquelle le meilleur indice d’une structure collective d’État est une solide source de revenu fiscal – c’est-à-dire, des impôts. Après avoir examiné les données ethnographiques et historiques d’une trentaine de sociétés prémodernes, les chercheurs ont constaté que les États dotés de sources de revenu fiscal étaient caractérisés par un haut niveau de biens et services publics, une importante administration gouvernementale et des citoyens habilités à juger les actions de leur dirigeant. Une autre caractéristique qui a pu être mise à jour grâce aux fouilles est le fait que ces structures collectives d’États attiraient des gens par-delà les frontières qui ont apporté avec eux des artéfacts pouvant être liés à d’autres cultures. Tlaxcallan accueillait plusieurs groupes ethniques, dont beaucoup étaient des réfugiés fuyant la domination des Mexica.

Selon Blanton, l’avènement et la chute des structures collectives de gouvernement tendent à se produire par cycles. A Oaxaca, le pendule politique oscille tous les 200 à 300 ans. (trad. par Ysia)

Publié dans Cheminement

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Voyage en pays austral

Publié le par Ysia

Une étude a conclu que tous les aborigènes d’Australie descendent d’une population fondatrice unique arrivée lors d’une vague de migration unique il y a 50 000 ans.  Des squelettes humains et des restes archéologiques remontent à prés de 50 000 ans. Avant cela, il n’y avait aucun être humain en Australie.

Alors comment sont-ils arrivés là et quand? Où exactement a commencé leur colonisation du continent ? Et comment se sont-ils par la suite dispersés sur l’ensemble du continent ? Quelques pistes se trouvent dans l’ADN de 111 Australiens aborigènes qui provient des cheveux collectés au cours d’une série d’expéditions qui ont eu lieu entre 1926 et 1963.

Il y a 50 000 ans, le niveau des eaux était si bas que l’Australie et la Nouvelle-Guinée formaient un seul continent. Les humains ont migré d’Asie du Sud-est jusqu’à cette masse de terre continentale, certains s’installant dans ce qui est aujourd’hui la Nouvelle-Guinée et d’autres plus loin jusqu’en Australie. Ils se sont dispersés le long des côtes en quelques siècles et, pendant des dizaines de milliers d’années, ces populations ont vécu isolées à la différence de l’Europe où des vagues de migration successives se sont au cours de milliers d’années mélangées aux sociétés en place.

Les découvertes archéologiques montrent toutefois l’emploi d’outils qu’utilisaient d’autres cultures aborigènes pourtant fort éloignées ainsi qu’une famille de langues parlées par de nombreux groupes aborigènes. Dr. Bellwood, archéologue à l’Université nationale d’Australie doute que ces populations aient été isolées ou soient restées sédentaires alors que les langues et les outils se sont disséminés. « Si les êtres humains sont restés immobiles, comment les langues et les outils ont-ils pu se déplacer ? »  Dr. Schiffels, un généticien des populations de l’Institut allemand  Max Planck et d’autres chercheurs suggèrent que l’ADN mitochondriale ne brosse qu’un tableau partiel de l’histoire de l’Australie. L’ADN dans le noyau de chaque cellule, des deux parents, pourrait éventuellement offrir des pistes permettant d'identifier un plus large ensemble d’ancêtres.

Des adonis de Donald Friend aux Hitsuzendo de Peter Upward,

Des serpents de Mithinari Gurruwiwi aux lignes tracées de Doreen Reid Nakamarra,

Des imageries aborigènes d’Hector Burton aux totems funéraires Tutini... Voyage en pays austral.

De l’arbre des songes de David Daymirringu Malangi aux rites mortuaires Gupapuyngu,

De l’échassier de Glen Farmer Illortaminni à l’Oiseau dans l’espace de Brancusi,

J’aperçois Nüwa et Pangu sur l’écorce du rêve aborigène !

Errant dans les salles des musées d’Australie

Mon esprit tombe dans la rêverie...

Des feuillages de Djirrirra Wunungmurra aux labyrinthes de Charlie Tanaru Tjungurrayi,

Les formes allongées de Gela Nga-Mirraitja Fordham me rappellent les figures tanzaniennes de l’Art pariétal et les crapauds anthropomorphes des poteries néolithiques chinoises

Pourquoi ces formes allongées sur les deux continents?

Tout s’enchaîne dans ma tête

Comme une bobine de fil qui se déroule à l’infini...

Publié dans Génétique

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Expression abstraite

Publié le par Ysia

L’art est un langage codifié. Le monde réel ne nous est pas directement accessible. C’est par nos sens, surtout visuel, et à travers le prisme des signes et des symboles que s’articule notre compréhension.

Les premiers signes d’une expression abstraite remontent à plus de 75 000 ans avec les sites préhistoriques en Afrique du Sud. La Vénus de Hohle Fels qui date d’environ  35 000 ans est l’exemple le plus ancien d’art figuratif dans le monde à peu près à la même période de l’Aurignacien que la grotte de Fumane dans le Nord de l’Italie, la Vénus de Galgenberg près de Stratzing (Autriche) et la célèbre grotte de Chauvet.

  African Chair

La fabrication de gravures géométriques est généralement interprétée comme le signe de la cognition et du comportement de l’homme moderne. La question clef dans ce débat sur l’origine de ce comportement est de savoir si cette innovation se limite aux Homo sapiens et si son origine est exclusivement africaine. Pour ce faire, une étude a examiné le fossile d’une coquille d’eau douce découvert à Trinil sur l’île de Java en 1891 par Eugene Dubois. Les gravures géométriques sur la coquille ont été réalisées par l’Homo erectus il y a environ un demi million d’années. Bien qu’il soit pour le moment impossible de déterminer la signification de ces traits géométriques sur la coquille et leur fonction, cette découverte suggère que ces formes dessinées abstraites participent du développement neuromoteur et cognitif de l’Homo erectus d’Asie. L’un des coquillages, pseudodons, présente une série de rayures qui ressemble à une ligne en zigzag produisant un « M », des lignes parallèles plus superficielles et une autre ligne en zigzag produisant un « N ». Ces rayures sont similaires à celles laissées par une dent de requin. Il n’y a aucune interruption entre les lignes gravées aux angles saillants et rentrants du zigzag. En outre, la similitude morphologique des rainures indique qu’une seule personne a réalisé tout le motif d’un seul trait, je veux dire, en une seule fois. La datation des coquillages permet de les situer vers le milieu du Pléistocène moyen. Cela indique incontestablement qu’il s’agit de l’œuvre d’un Homo erectus et non pas d’un Homo Sapiens.

 

La plus importante manifestation d’art figuratif au-delà de l’Europe se trouve en Namibie avec la grotte Apollo 11 il y a environ 25 000 ans. Est-ce la capacité de l’être humain à identifier et collectionner au gré de sa découverte de l’univers qui a précédé celle de créer ? L’acte tout à la fois conscient et anodin de ramasser un galet à la forme faciale naturellement engravée marque la prédilection de sa nature créatrice future dont le rôle est d’imiter et de reproduire une expérience profondément personnelle, sensorielle et mentale.

Figures tanzaniennes

Figures tanzaniennes

C'est la définition du trait en tant qu'élément fondamental, une ombre sur la roche, une représentation de formes géométriques aux traits parallèles et longilignes multiples manifestant une conscience esthétique. Faut-il y voir des symboles mathématiques qui conceptualisent le nombre et l’espace, des manifestations symboliques d’idées mathématiques ?

Trois périodes de l’art pariétal sont à distinguer aux États-Unis : l’art pariétal archaïque (6000 avant JC- 400), l’art pariétal défini d’après le style ou le groupe culturel et l’art pariétal historique (à partir de l’arrivée des colons). (Mathematical Ideas in North American Rock Art by James Rauff, Academia.edu). La plus ancienne œuvre pariétale ayant survécu le passage du temps se trouve en Asie : onze pétroglyphes dans une grotte dans le centre de l’Inde datant du paléolithique inférieur. Robert Bednarik confirme que des symboles identiques sont apparus aux quatre coins du monde et qu’ils semblent avoir suivi une évolution comparable dans le temps, les plus anciens étant notamment des ronds, traits, cercles, arcs, zigzags,…. (The oldest surviving rock art: a taphonomic review by Robert Bednarik, Academia.edu)

La région d’Odisha compte plus d’une centaine de sites rupestres. Formes géométriques, points, lignes horizontales , verticales ou en zigzag,  cupules, animaux et quelques formes humaines longilignes ou triangulaires brandissant parfois des objets pointus ou même à plusieurs têtes couvrant une période allant jusqu’au pléistocène tardif. Énigmatiques...

Décalage entre le traitement visuel et la reconnaissance intellectuelle.  Travail de décodage et de réflexion sur l’ordonnancement de notre monde. Sémiotique de l'art... Figures doubles de l’art ancien chinois et des Amériques. 

Expression abstraite

C'est là qu' intervient l'artiste qui, par sa traduction de l’objet dans son intégralité ou en partie, gère le traitement des signes et les interprète.  Il n’y a pas de pure objectivité.  

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Thanks!

Publié le par Ysia

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Le tronc calciné

Publié le par Ysia

Tronc calciné (4)

Suis-je pareille à un ptéropode qui, incapable de s’adapter à son environnement,

N’arrive plus à créer sa coquille calcaire ?

De la diversité morphologique à la diversité biologique,

Les protubérances solaires continuent leur danse.

Le tronc calciné, mémoire d’Australie, symbole aborigène

Pareil au lettré chinois portant la sagesse du monde sur son dos

S’en va en silence en quête de vérité brûlée au gibier de la bêtise humaine.

Koru ou le point d’interrogation…

 

Imaginer une planète où nous aurions provoqué notre fin tragique par la combustion des carburants fossiles créant un couvercle baudelairien de gaz carbonique au profit des plantes et l'avènement de leur règne. Ironie de la vie. Sommes-nous des parasites sur la terre qui se réjouira sur la tombe de notre humanité perdue?

Qu'est-ce que la vie ou qu'est-ce que vivre? Vivre est un processus énergétique qui se manifeste par le transfert d'électrons d'une molécule à l'autre dans la chaîne respiratoire. Ainsi se produisent photosynthèse chez les plantes et respiration chez les animaux suivant les règles d'une chimie gouvernée par la thermodynamique et la cinétique (Nick Lane, The vital Question, p.148). Le magma du tréfonds de la Terre est-il à l’origine des vents chauds qui tourbillonnent autour du globe ?

Chimiosmose... Les eucaryotes ont 200 000 fois plus d'énergie par gène que les procaryotes, ce qui expliquerait leur bond dans l'évolution. Ils consument environ 5 000 fois plus d'oxygène par seconde qu'une bactérie étant donné l'amas d'ADN mais surtout l'énergie utilisée pour la synthèse des protéines.

Dans un processus énergétique préludé par Anaxagore, tous les êtres vivants se divisent entre les eucaryotes et les procaryotes. Un abîme pourtant sépare les deux.

Car rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau.

Anaxagore

Le corps est un écosystème d'éléments humains et non-humains connectés entre eux.Un univers à l’intérieur de nous vit.

L’avenir de la vie est un voile invisible. Son expérience est immédiate dans un appel constant à la créativité. Sous le commandement de la Raison universelle, l’humanité reçoit l’Ordre impersonnel de la nature.

La totalité de la vie, mieux connue sous le nom de « biosphère » des scientifiques et sous la dénomination de « création » des théologiens, est une membrane d’organismes enveloppant la Terre si ténue qu’elle ne peut être vue d’une navette spatiale et pourtant si complexe intérieurement que la plupart des espèces la composant y demeure inconnue.

The future of life, Edward O. Wilson, p.3, New York, 2002

C’est à partir des composés inorganiques que sont apparus les composés organiques, suivant l’expérience de Miller-Urey, loi mécanique de cause à effet. Peut-on par la biologie de synthèse reproduire la première bactérie à l’origine de la vie ?

La vie se définit comme une excroissance des organismes microbiens que sont les bactéries, les eucaryotes et les archées voyageurs de l’espace universel d’astre en astre, de planète en planète. Ainsi est la théorie de l’origine de la vie appelée panspermie, autrefois ridiculisée mais devenue aujourd’hui une possibilité indéniable. (The future of life, Edward O. Wilson, p.7).  Si la biosphère est le corps, l’humanité est l’esprit (ibid., pp.98-132), « nappe pensante », qui, après avoir germé au Tertiaire finissant, s’étale depuis lors par-dessus le monde des Plantes et des Animaux : hors et au-dessus de la Biosphère, une Noosphère  (Teilhard De Chardin, Le phénomène humain, p.121), nappe pensante aussi appelée conscience collective. Notre place dans un hypothétique avenir est de protéger la vie de la planète, conscients des connexions de la création.

Contemplant la totalité de la vie, le poète s’interroge : « Mais qui sont les enfants de Gaïa ? »

L’écologiste lui répond : « Ce sont les espèces. Il nous faut apprendre à connaître le rôle de chacune dans leur totalité afin de mener une gestion avisée de la Terre. »

Le systématicien ajoute : « Mais alors, de combien d’espèces parlons-nous ? Où sont-elles dans le monde ? Quelle est leur famille génétique ? »

The future of life, Edward O. Wilson, New York, 2002, p. 12

Familles, ordres, classes, phyla, royaumes – tout s’enchevêtre pour former la biosphère des trois domaines que sont les espèces, les écosystèmes et les gènes qui constituent l’hérédité individuelle et à la base de laquelle résident bactéries, eucaryotes et archées. Chaque espèce se limite à sa propre communauté dans la mesure où les espèces se consomment les unes les autres, sont consommées, se font concurrence et coopèrent. (ibid., p.11)

Comment expliquer l 'élan vital? Si la composition chimique de l'être vivant n'est pas franchement différente de celle d'une créature inanimée, qu'est-ce qui nous sépare de l'arbre si ce n'est peut-être un autre niveau de pensée? Comment des produits chimiques au sein de la cellule délivrent-ils l'information nécessaire à la transmission des traits héréditaires fondamentaux? Il s'agit bien de briser le code. Protoplasme à l'intérieur de la cellule vivante...

Il n'est pas correct de dire que les gènes doivent aux lois statistiques de l'ordre et du chaos la rigueur de leur modèle de reproduction. La vie est un phénomène qui se produit au niveau quantique. Les enzymes sont les moteurs de la vie. Mais que sont les enzymes? Et qu'est-ce qui leur permet d'accélérer le processus de transformation de la vie ? Les enzymes sont une forme de catalyses biologiques. De l'enzyme à la théorie de l'état en transition...

Mais pourquoi a-t-il fallu attendre les années soixante pour que l'on s'intéresse sérieusement au monde infiniment petit de Pascal?

De la décohérence aux battements quantiques...

L'effet tunnel est le processus permettant aux particules, notamment radioactives, de traverser des barrières impénétrables aussi facilement que le son traverse les murs. Comment les amphiprioninae peuvent-ils retrouver le chemin de leur origine et prendre refuge dans les mêmes coraux qui les ont vu naître? Et comment des papillons naviguent-ils avec une telle précision qu'ils peuvent atteindre un lieu à des milliers de kilomètres de leur origine ? Est-ce leur sens de l'odorat ou est-ce une mémoire ancestrale gravée dans leur ADN? Magnétoréception, application de la biologie quantique, ou comment les êtres vivants utilisent le champ magnétique de la terre pour se diriger grâce aux cellules magnétoréceptrices. Les rouges-gorges européens migrent depuis l'Afrique du nord jusqu'à l'Europe du nord. Qu'en est-il des rouges-gorges solitaires à ma fenêtre qui bravent les températures frigides de l'hiver?
Intrication ou enchevêtrement quantique... C'est la lumière qui est nécessaire pour permettre à l'oeil de l'oiseau la visualisation du champ magnétique.

Un soir, dans le chemin, je vis passer un homme
Vêtu d’un grand manteau comme un Consul de Rome,
Et qui me semblait noir sur la clarté des cieux.
Ce passant s’arrêta, fixant sur moi ses yeux
Brillants, et si profonds qu’ils en étaient sauvages,
Et me dit : « J’ai d’abord été dans les vieux âges,
Une haute montagne emplissant l’horizon ;
Puis, âme encore aveugle et brisant ma prison,
Je montai d’un degré dans l’échelle des êtres,
Je fus un chêne, et j’eus des autels et des prêtres,
Et je jetai des bruits étranges dans les airs ;
Puis je fus un lion rêvant dans les déserts
Parlant à la nuit sombre avec sa voix grondante ;
Maintenant, je suis homme, et je m’appelle Dante.

Victor Hugo, vers écrits sur un exemplaire de la Divine Comédie, Contemplations, Livre III : Les luttes et les rêves, Juillet 1943

Les organismes vivants ne pourraient se reproduire que s'ils n'avaient pu la toute première fois répéter l'information nécessaire pour se faire. Les gènes sont des entités mécaniques quantiques.
La vie est-elle une succession ininterrompue de faits al
éatoires ?

Les mutations sont des sauts quantiques. De l'évolution quantique à la mécanique quantique, quel est le lien entre la mécanique quantique et la génétique? La première est fondamentale dans la transmission des traits héréditaires car notre code génétique s'écrit en lettres quantiques. Les gènes quantiques codifient la structure et la fonction de chaque microbe, plante et animal.

La vie s'inscrit dans le royaume quantique. Comment des informations codifiées dans différentes régions du cerveau s'accordent et s'organisent dans notre esprit conscient? Ainsi se pose la question de la collecte et de la fusion de l'information dans l'esprit. Qu'est-ce que la conscience et comment interagit-elle avec la matière cérébrale? De la mécanique de la pensée... Du réseau neuronal à la main de l'artiste...
Le cerveau est un ordinateur quantique. Le champ électromagnétique est pr
ésent dans le cerveau et c'est cela la conscience. L'âme est l'étincelle vitale quantique tandis que la conscience collective est le champ magnétique de la terre....L'ombre de l'esprit.

Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie?
Dans son brillant exil mon cœur en a frémi ;
Il résonne de loin dans mon âme attendrie,
Comme les pas connus ou la voix d'un ami.

Montagnes que voilait le brouillard de l'automne,
Vallons que tapissait le givre du matin,
Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne,
Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain,

Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide,
Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour
Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide,
Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour,

Chaumière où du foyer étincelait la flamme,
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer.
Objets inanimés, avez-vous donc une Ame
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer?

Alphonse de Lamartine, Harmonies poétiques et religieuses

Si les fossiles appartiennent à la période du Visible (Phanérozoïque) commencée il y plus de 500 millions d'années, la période de la vie antérieure ou précoce (Protérozoïque) fut quatre fois plus longue. Avant cela, il y eut la période archéenne qui commença 3.8 milliards d'années à la suite de la formation de la croûte continentale et  encore avant il y eut peut-être, après l'impact géant avec un hypothétique corps céleste symboliquement nommé Théia, le temps premier de l'Invisible (Hadéen) qui débuta il y a 4,5 milliards d'années. Rappelons que l'émergence de la vie date de 3.8 milliards d'années. Les premiers Eucaryotes ont entamé leur évolution il y a 2.7 milliards d'années et formé des colonies entre 2.1 et 1.9 milliards d'années. Il y a 900 millions d'années, des organismes multicellulaires complexes apparaissent enfin et s'essayent progressivement à créer champignons, plantes, animaux et chromistes.(The Book of barely imagined beings, Caspar Henderson, The University of Chicago Press, 2013)

Issus des océans, nous avons évolué. C'est parce que nos poumons et nos membres se sont lentement modifiés les premiers. Et de créatures aquatiques, nous sommes devenues des créatures terrestres ou... aériennes, devrais-je dire, prisonnières de la loi de la pesanteur. Qu'est-ce que cela révèle ? Que nous dépendions avant tout de nos membres et de nos poumons. Que marcher, respirer et toucher voire manier nous importait davantage que le reste. Que les sens du toucher et de l'odorat sont essentiels et que l'air est la vie. L'air est l'agent de transmission.

«La méthode employée par la nature, nommée photosynthèse, s’est développée il y a trois milliards d’années quand une bactérie a manifesté la capacité de se nourrir directement du soleil, d’utiliser l’énergie pour transformer en sucre le dioxyde de carbone contenu dans l’air… La bactérie s’est ainsi multipliée rapidement et de manière prolifique, remplissant l’air de son déchet toxique, l’oxygène. Ces organismes qui n’ont pas été tués par l’oxygène en ont profité et évolué, donnant naissance à la vie sur la terre. Les plantes dépendaient de ce déchet produit par ces bactéries jusqu’à il y a 2,6 milliards d’années lorsqu’une plante a incorporé la bactérie dans sa cellule, réalisant la photosynthèse à l’intérieur d’elle. Quasiment toutes les formes de vie – y compris l’être humain – dépendent de la capacité photosynthétique des plantes pour absorber le carbone, élément constitutif essentiel de la vie contenu dans l’air, utilisant le soleil comme carburant. Et le climat de l’Holocène dans lequel évolue la civilisation humaine dépend des forêts pour moduler le niveau de gaz de serre dans l’atmosphère. (traduit par Ysia)

Gaia Vince, Adventures in the Anthropocene, pp.293-294

Les plantes ont-elles leur propre manière de pensée ? La forêt tropicale disparaît au rythme de 1,5 acres par seconde...

Et les arbres sur les branches desquels se posent les buses sont-ils des humains pétrifiés, condamnés au silence ?

L’arbre est-il une créature inanimée ?

Qu’est-ce que la sève d’un arbre ? Est-ce la vie ?

Est-ce la conscience quand le tronc devient branches ?

Peut-on croire en la transmigration des âmes d’un individu à l’autre, d’un être vivant à l’autre, de l’inconscience à la conscience ?

Tout au bout de la terre, le scientifique est un poète.

Au cri des écosystèmes éradiqués et des espèces disparues, il répond en leur mémoire. Sommes-nous ignorants, aveugles ou crédules qu’il ne nous est possible de constater la mort du chêne blanc ?

There will be a time when trees will die from top to bottom

Dans la gestion des milieux naturels, quelle doit être l'éthique qui gouverne le monde ? c’est l’Ethique universelle qui doit guider le développement durable. Parmi les douze menaces à l'environnement se trouvent selon Jared Diamond, auteur de Collapse :

  1. déforestation et destruction de l’habitat
  2. déficience des sols (salinité, érosion, baisse de fertilité)
  3. problèmes liés à la gestion des eaux
  4. surchasse
  5. surpêche
  6. effets des espèces introduites sur les espèces indigènes
  7. croissance démographique
  8. impact accru par habitant/ responsabilité individuelle accrue dans la gestion de l’environnement
  9. changements climatiques causés par l’être humain
  10. accumulation de produits chimiques toxiques dans l’environnement
  11. pénuries d’énergie
  12. utilisation par l’être humain de l’entière capacité photosynthétique de la terre 

Que peut-on apprendre des habitants de l’île du Pacifique,Tikopia ? Que c’est à la société dans son ensemble de répondre à l’urgence des problèmes liés à l’environnement. Combien d’arbres sont abattus chaque année par hectare de terre ? Combien germinent et avec quelle rapidité croissent-ils  ? Ainsi se définissent la fragilité et la résilience de notre environnement. De l’anthropocentrisme, n’est-il pas temps de parler de biocentrisme pour le salut de toutes les créatures, végétales, animales et humaines ? La biophilie est l'inclination innée à privilégier toute expression de vie auxquelles nous sommes irrésistiblement associés (The future of life, Edward O. Wilson, New York, 2002, p.134).

"Sagesse, où es-tu ?" demande la Terre.

Tribus et populations aborigènes d’ Amérique, d'Asie ou d’Afrique partagent-elles une même ADN de la sagesse humaine ? Descendants d’Antée, notre force vient de Gaia. Si nous nous coupons d’elle, nous commettons le suicide de la civilisation humaine. Est-ce dans la fosse tectonique de l’Afrique orientale que le berceau d’Antée se trouve, lui qui fut nourri au sein de Gaia ? Les fossiles anciens jonchent la terre aux quatre coins du monde, évidence de notre histoire commune.

We have created a Star Wars civilization, with Stone Age emotions.

Edward O. Wilson

Le savant, détenteur de vérités, énonce la raison de son désespoir. Terre, cimetière des hommes et des espèces éclipsées ou menacées par le blanchiment du corail. Jungle humaine où la loi des plus puissants règne. Mais c’est en compagnie des autres créatures et dans une matrice de conditions données que nous évoluons sur le chemin de la croissance collective future.

Est-ce la folie des grandeurs qui fait que l’homme, divinité déchue, se rue vers sa propre destruction et celle des espèces terrestres, aériennes ou aquatiques comme la baleine bleue ? Pourquoi la sagesse, à l’état de graine dans l’homme préhistorique semble s’être stagnée au stade paléolithique ?

Créer une éthique de l’écologie universelle. La terre n’est pas une esclave, tout au plus un véhicule dont nous sommes les passagers.

L’Hawaï des Anciens est un fantôme qui hante les collines et notre planète s’est appauvrie depuis son morne repli.

The future of life, Edward O. Wilson, p.45, New York, 2002

L’évolution est indissociable de son environnement. Au fur et à mesure des changements directs ou indirects opérés sur l’environnement se poursuit l’évolution humaine et des autres espèces vivantes. Les silures arrivés tardivement dans le Tarn se sont adaptés depuis 1983 à leurs nouvelles circonstances, chassant le pigeon qui constitue aujourd’hui 80% de leur alimentation. Premier pas vers une nouvelle étape de leur évolution ? Peut-on imaginer qu’une mutation s’est enclenchée, comme celle provoquée par la surexpression du gène Hoxd13 qui déclencha la pousse de membres il y a 400 millions d’années sur des poissons, conquérants de la terre ferme (Developmental Cell) ?  

All forms of life modify their contexts.

Lynn White

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