Saint Jérôme

Publié le par Ysia

Si tu te replies dans l'étude, tu échapperas complètement au dégoût de la vie; tu ne souhaiteras pas l'arrivée de la nuit par ennui du jour; tu ne seras ni importun à toi-même ni inutile aux autres; tu t'attireras bien des amis, et les meilleurs se presseront chez toi. Même obscure, la vertu ne reste jamais cachée; elle donne des signes de son existence; tous ceux qui en sont dignes sauront la reconnaître à ses traces.

Senèque

Saint Jérôme

 

Pétrie dans l’argile du temps et de l’espace, j’avance avec le sentiment qu’un épais rideau tombe sur l’empreinte de mes pas. Aujourd’hui les circonstances m’ont amené pourtant à revisiter des articles confinés dans un recoin de ma mémoire sur l’art et le mysticisme, sur ces personnages aux rides symboliques qu’ils soient le sujet des peintures des moines japonais Fūgai Ekun et Hakuin Ekaku ou des peintres de l’Occident, tels que Saint-Jérôme par Léonard de Vinci ou encore Marie l'Egyptienne par José de Ribera:

une femme d'un certain âge presque asexuée, à corps perdu dans sa dévotion. Elle saisit la vanité et la futilité des activités humaines et des passions comme si l'âge permettait de prendre le recul nécessaire pour mieux mesurer les événements passés de la vie. Elle apparaît recueillie, émaciée, dépouillée de tout attrait physique, digne dans sa nudité.

Vanité des vanités, tout est vanité

Alors que j‘insérais la photographie de l’oeuvre inachevée  de Léonard de Vinci dans l’article intitulé Ténébrisme, je ne pensais pas avoir le bonheur huit ans plus tard de voir cette peinture au Metropolitan Museum of Art de New York, fenêtre sur la méthode de travail du peintre, sur ses gestes méticuleux et son insatiable désir de perfection à l’occasion de la commémoration du 500ème anniversaire de sa mort.

 

Il m’arrive souvent de penser que je n’ai plus rien à dire si ce n’est souligner les accents de vérité des neuf dernières années.

Du moine devenu peintre au peintre dévolu à l'art de reproduire l’âme mystique, des portraits de Bodhidharma à ceux de Saint-François d’Assise, le but est identique : Toucher l'intouchable, nommer l'innommable, représenter l'indescriptible mystère divin, montrer du doigt l'indicible lumière magique au sortir du tunnel des passions maudites.

Extase mystique

L’humanité visite et revisite les mêmes questions existentielles, redéfinissant régulierement un vocabulaire enrichi de connaissances nouvelles.  

Saint Jérôme

 

A double titre, ce moi autobiographique que j‘ai consciemment relégué aux oubliettes est tombé en ravissement devant le patron des traducteurs, Saint-Jérôme, dont Léonard de Vinci a tenté de peindre les remous de l’esprit et les passions de l’âme.

Publié dans Art et mysticisme

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