Baudelaire

Publié le par Ysia

Baudelaire

Guidée par le désir de partager avec mon entourage ce qu’il y a de plus beau à mon avis dans la poésie  française, je me suis prise récemment à comparer les traductions en anglais du Spleen de Baudelaire restant quelque peu sur ma faim. Surprise de n’avoir jamais, semble-t-il, publié au cours des sept dernières années ce poème sur mon site. N’y a-t-il pas de plus belle RÉSONANCE que la poésie des mots de Baudelaire sans juger du caractère sombre de ses propos ?

Spleen

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

— Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Charles Baudelaire

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article