105 articles avec porte sur l'inconscient

Le Jardin aux sentiers qui bifurquent

Publié le par Ysia

Easter Island Mind

Easter Island Mind

Il croyait à des séries infinies de temps, à un réseau croissant et vertigineux de temps divergents, convergents et parallèles. Cette trame de temps qui s'approchent, bifurquent, se coupent ou s'ignorent pendant des siècles, embrasse toutes les possibilités. Nous n’existons pas dans la majorité de ces temps...

Jorge Luis Borges

Statuette

Statuette

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Résonance

Publié le par Ysia

Tanzanian figure

Tanzanian figure

 

Je me demande si on peut échapper à son destin. Mais de quoi suis-je la résonance ? Est-ce de ma nature véritable ? Qu’est-ce qui existe et perdure dans l’identité de mon être ? Un écho du passé, une image fractale d’ordre et de chaos. En moi résonne le Spleen de Baudelaire.

 

De la résonance des sons à la résonance des mots, Iegor Reznikoff avait discuté de la place privilégiée du phénomène de  résonance dans la production de l'art pariétal. L'importante capacité crânienne, rappelait Daniel E. Lieberman, prédispose l'Homo sapiens à percevoir les sons graves. Les basses fréquences résonnent au plus profond de l’être. Résonance et sensibilité vont de pair.

 

On dit que le dauphin perçoit des sons d'une fréquence 8 à 10 fois supérieur au seuil auditif humain. C'est leur résonance, autrement dit le retour d'écho, qu'il perçoit. Et si entre les êtres et les  choses visibles et invisibles, il n’y avait qu’un miroir sur lequel se reflétaient les sons de l’Univers.  

 

Et si les rêves n’étaient que des résonances de l’imaginaire à l’inconscient, une extension de nous-mêmes de la même façon que les instruments de mesure dont nous nous servons dans la conquête de l’espace en sont eux aussi ?  

 

J’imagine les vibrations que produisent les sons à l’intérieur des êtres, l’écho du son universel qui ouvre le champ des consciences. De la résonance individuelle à la résonance collective, de la fréquence du microcosme à celle du macrocosme, des microconsciences aux macroconsciences,  entités, petites et grandes, résonnent-elles à l’unisson ? 


 

Two african birds

Two african birds

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L'émotion du temps

Publié le par Ysia

L’écriture est un mystère qui se nourrit des sons, des émotions, des éclairs de lumière, que le temps sans cesse remet en question. Il y a des rêves qui s’entassent sur d’autres rêves si bien qu’on ne sait plus où est la réalité.

 

Le cœur de l’Univers recèle l’émotion du temps qui se propage dans l’espace, glisse sur les ondes gravitationnelles, dévorant sur son passage les gravitons. Elle est trahie par l’éruption des taches solaires et quand elle communique des arcs-en-ciel de lumière aux nébuleuses et filaments,  aux océans de terre, d’eau et aux êtres sensibles.

 

L’ontologie de l’Univers se manifeste dans le flot de la conscience engorgée par l’émotion du temps qui grandit, secoue les grains de poussière au frottement des rayons cosmiques, qui se fragmentent, se coagulent et se transforment sous les effets de la lumière

 

L’émotion du temps est partout et nulle part à la fois. Elle se cache dans l’obscurité de l’énergie sombre, est contenue dans les formes géométriques des objets célestes et réapparaît dans des transferts d’énergie. Elle se donne le vertige à force de tourner sur elle-même comme la roue d’un char et roule sans fin emportant avec elle le char de l’Univers. Elle se débat à l’intérieur du film transparent réflecteur qui enveloppe l’Univers, emprisonnée sur la surface du miroir aux formes fantômes et aux feux follets.

 

 

L’émotion du temps laisse un lourd sentiment de perte sur le cœur de l’Univers. Il n’y a plus que les piailleries des oiseaux qui assourdissent mes matinées. Le bruant à gorge blanche migrateur, lui, s’en est allé.

 

Qu’importe! Il y a toujours le colibri à gorge rubis qui reviendra bientôt savourer le nectar des lobélies et l’an prochain quand je pourrai retourner au bord du ruisseau au pied des trois abris de pierre à Glenstone pour entendre l’Univers respirer.

Nébuleuse du Cône

Nébuleuse du Cône

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La peur et le danger

Publié le par Ysia

 

Quatre articles publiés depuis 2016 touchent à la question du lien entre le système limbique, où se situent les noyaux amygdaliens, et la peur. Joseph LeDoux rappelle combien il importe de faire la part des choses entre l’émotion de la peur et la conscience du danger. 

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Épochè

Publié le par Ysia

 

...j'opère l'épochè phénoménologique qui m'interdit absolument tout jugement portant sur l'existence spatio-temporelle. Par conséquent, toutes les sciences qui se rapportent à ce monde naturel (...) je les mets hors circuit, je ne fais absolument aucun usage de leur validité ; je ne fais mienne aucune des propositions qui y ressortissent, fussent-elles d'une évidence parfaite » (Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie pure et une philosophie phénoménologique (1913), Gallimard, coll. "Tel", p. 101-103).

 

Lorsqu’un évènement pousse à suspendre tout jugement de réalité,et plonge dans l’incrédulité, que reste-t-il comme certitude? La conscience qui m’habite temporairement prendra refuge sous d’autres formes dans d’autres abris, imprégnée à chaque étape de la vie par la sagesse universelle. Dans la relation entre l’Univers et la conscience s’inscrivent les paroles de Sartre sur la Transcendance de l’ego :

 

Le Monde n’a pas créé le Moi, le Moi n’a pas créé le Monde, ce sont deux objets pour la conscience absolue, impersonnelle, et c’est par elle qu’ils se trouvent reliés. Cette conscience absolue, lorsqu’elle est purifiée du Je, n’a plus rien d’un sujet, ce n’est pas non plus une collection de représentations : elle est tout simplement une condition première et une source absolue d’existence. Et le rapport d’interdépendance qu’elle établit entre le Moi et le Monde suffit pour que le Moi apparaisse comme «en danger» devant le Monde, pour que le Moi (indirectement et par l’intermédiaire des états) tire du Monde tout son contenu (p. 86-87).

Épochè

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Renversement de perspective

Publié le par Ysia

DSLWP-B/Dwingeloo Radio Observatory

DSLWP-B/Dwingeloo Radio Observatory

 

Mon court voyage en France, précisément dans la belle ville écologique de Grenoble, m’a donné l’occasion de repenser ma façon de voir l’univers qui m’environne. Un changement de perspective survient à chaque nouvelle donnée que le cerveau humain reçoit suivant sa disposition à l’assimiler ou à s’y opposer. J’ai pris le temps de lire quelques magazines scientifiques en français et de poser un autre regard sur l’univers, notamment sur l’Univers de Dirac-Milne selon Gabriel Chardin.

 

Le titre de ce court article est emprunté au magazine Ciel & espace (mars/avril 2019) dans lequel a été publiée une image transmise par DSLWP-B et captée par le radiotéléscope de Dwingeloo aux Pays-Bas. S’il est possible de dire au niveau individuel qu’il y a autant de perspectives que de situations données, l’affirmer implique combien il importe de ne pas perdre de vue l’aspect évolutif des dimensions temporelles et spatiales. La conscience sclérosée qui s’aventure de l’autre côté de la Lune titanesque n’aperçoit plus qu’une seule et infime planète bleue en arrière-plan.

Grenoble, France
Grenoble, France
Grenoble, France

Grenoble, France

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L'éveil de la conscience

Publié le par Ysia

Les époux de Georgio de Chirico (Musée de Grenoble)

Les époux de Georgio de Chirico (Musée de Grenoble)

L'éveil de la conscience vacille au détour d’une erreur commise, dans l’ombre d’une illusion, un linceul d’incompréhension.

 

L'éveil de la conscience passe par la traversée de l'abîme fantôme, du gouffre abyssal entre passé et avenir. Par le lâcher prise de chaînes surannées, il jaillit dans un amoncellement de connaissances, dépouillant les non-dits et les vérités cachées.

 

L'éveil de la conscience sourd dans le vide de la Voie et se nourrit d’imagination, de poésie et de fantaisie.

 

La conscience au sortir d’ une crise s'abandonne à elle-même, mise à nue par le passage du temps.  À la conquête des abîmes fantômes, de l'espace entre matière et antimatière, que disent philosophes et poètes?

 

Universel d'Amédée Ozenfant (Musée de Grenoble)

Universel d'Amédée Ozenfant (Musée de Grenoble)

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Le flot des ondes

Publié le par Ysia

La couverture multiondes de la Voie lactée

La couverture multiondes de la Voie lactée

 

La conscience universelle s'élargit comme un fleuve engorgé des consciences individuelles, en amont duquel paroles et écrits sont jetés dans le courant, que ratrappent au passage philosophes et physiciens du temps présent.

 

La voie est le flot de l’espace invisible,  le mouvement qui a précédé l'émergence des choses, l’espace vide qui contient une immense énergie. Et dans le flot de l’espace et du temps circulent les ondes qui viennent se jeter sur les rives de la Terre,  les ondes qui oscillent dans le vent imperceptible lancées par le soleil à l’assaut de l'héliosphère, les ondes qui gardent l'entrée de la forteresse magnétique de la Terre et les ondes gravitationnelles comme des cercles sur la surface de l’eau.

 

II y a le flot des choses et les choses qui composent ce flot. La conscience est un fleuve dans lequel l’univers répand des ondes de lumière et de son entrelacé(e)s.  

Champ magnétique du Soleil

Champ magnétique du Soleil

故有之以为利,无之以为用
Hence the substance (Being) can provide a condition
Under which usefulness is found,
But the Nothingness (space) is the usefulness itself.

Gu Zhengkun, Lao Zi: The Book of Tao and Teh,chapter 11

Simulation du champ magnétique terrestre

Simulation du champ magnétique terrestre

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Sept millions d'années

Publié le par Ysia

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La Nature du temps

Publié le par Ysia

…we learn that the things that seemed self-evident to us were really no more than prejudices.

Carlo Rovelli,The order of time, 2018, p.11

Un sentiment étrange m’envahit dans un aéroport comme si le temps était suspendu et quand je voyage d’une ville à l’autre, mon corps et mon esprit semblent désarçonnés comme s’ils cherchaient à s’ajuster à une autre réalité, un autre univers, un autre espace-temps. Portland par son non-conformisme, ses coopératives de crédit, ses cinémas à un prix modique et ses films indépendants jusque dans l’aéroport me semble aussi, subjectivement, un lieu où le temps s’est figé.

The Green man of Portland, Daniel Duford
The Green man of Portland, Daniel Duford
The Green man of Portland, Daniel Duford
The Green man of Portland, Daniel Duford
The Green man of Portland, Daniel Duford
The Green man of Portland, Daniel Duford
The Green man of Portland, Daniel Duford

The Green man of Portland, Daniel Duford

Carlo Rovelli est un chercheur éminent dont le domaine de compétence est la gravité quantique. Il tente présentement de calculer la durée du rebond d’un trou noir. Poète, il déclare que la poésie est peut-être l’une des racines profondes de la science car elle aide à voir au-delà du visible.

The world is not so much made of stones as of fleeting sounds, or of waves moving through the sea

Carlo Rovelli, p.99

Pour lui, l’univers s’articule en une infinité de processus en mouvement qui convertissent des quantités physiques dont il devient possible de calculer les probabilités et de déterminer les relations entre elles (p.195).  Dans son livre intitulé The order of time et paru en 2018 (Riverhead books), il explique que l’univers est pareil à une superposition de strates qui s’influencent et se chevauchent l’une l’autre. Chacune des parties de cet univers interagit avec une petite portion de toutes les variables dont la valeur détermine l’état de l’univers quant à ce sous-système particulier (p. 155).  Les physiciens appellent « champs » les fils du tissu de la réalité physique universelle. Il y a le champ électromagnétique de quoi est fait la lumière. Il y a le champ gravitationnel, texture du temps et de l’espace, sur lequel  s’imprime l’univers. L’espace-temps est ce champ gravitationnel qui fléchit, s’étire. Distendu, le champ spatio-temporel est une entité dynamique et concrète mais surtout dépendante du reste,  dans laquelle les distances s’allongent ou se contractent comme un ruban élastique. Le temps complexe et multicouche, qui tisse la toile d’une géométrie complexe entremêlée à celle de l’espace, forme le lien entre conscience et univers. Le temps qui est la forme sous laquelle nous interagissons avec l’univers est la source de notre identité (pp.197-198).

Akim Farrow, Reed College, Portland

Akim Farrow, Reed College, Portland

Carlo Rovelli énonce les caractéristiques de l’espace-temps : Il y a la granularité qui se manifeste dans les particules de lumière, dans l’air et la matière la plus dense sous la forme de particules élémentaires, de photons ou de quanta du champ gravitationnel à l’échelle de Planck. Il y a l’indétermination. Comme un électron  qui apparaîtrait à un point ou à un autre sans position précise, le champ spatio-temporel est un quadrillage invisible formé d’espaces temporels dans lesquels ni le passé ni le présent ni le futur ne constituent des compartiments cloisonnés, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de définition universelle du fait de l’évolution constante de la relation entre les évènements qui surviennent.  Chaque objet ou fait dépend du cadre temporel et spatial  imprévisible, ni directionnel ni linéaire,  dans lequel il est observé.  Et c’est de cette imprévisibilité que découlent les probabilités de la relation étroite entre l’espace-temps et les objets physiques sous la forme desquels il interagit (p.89). L’espace et le temps sont les approximations d’une dynamique quantique (pp.127-128). A un niveau fondamental, l’univers est composé d’un assemblage de faits relativement  ordonnés dans le temps qui révèlent la relation avec des variables physiques. C’est ce frottement irrésistible qui provoque les évènements dans l’univers et écrit l’Histoire.

Gary Hirsch
Gary Hirsch
Gary Hirsch

Gary Hirsch

L’évolution du cosmos suit un processus de désordre. L’univers dans son ensemble est pareil à une montagne qui s’effondre au ralenti, comme une structure qui s’émiette graduellement. Pour que le passé laisse des traces, il faut que quelque chose s’arrête, s’immobilise dans son mouvement, dans une perte irréversible d’énergie, une baisse d’entropie. Temps et énergie sont interdépendants. L’énergie gouverne l’évolution temporelle d’un système.  Carlo Rovelli explique que l’entropie quantifie notre incertitude et  n’est rien d’autre que la somme des états microscopiques que notre vision embrumée et  notre perception imparfaite ne peuvent discriminer (p.34).

Mais le mystère de la relation entre deux évènements, l’un passé l’autre futur est-il le fait de notre incapacité à le démêler dans les présentes limites de nos connaissances ? Ce que nous commençons à comprendre, c’est que notre cerveau opère sur la base d’un ensemble de traces laissées par le passé sur les synapses, lieu de jonction entre nos neurones,  qui se forment à l’infini et se défont, laissant derrière elles une vague réflexion de ce qui a causé une empreinte par le passé sur notre système nerveux. Notre cerveau est une machine à remonter le temps parce qu’il se  souvient du passé pour prédire l’avenir, le mesure,  perçoit son passage et voyage dans le temps (Dean Buonomano, Your brain is a time machine, Norton & Company, 2017). L’existence de l’espace-temps définit « quelque chose » qui nous semble à la fois évasif et capricieux et qui existe au-delà de notre propre entendement. Le temps n’est ni unique ni absolu. Il se manifeste dans la mutation des êtres animés et inanimés. Parler du « quand » et du « où » implique nécessairement une relation avec le « quoi » (Carlo Rovelli, p.76-77). C’est  par l’extension de ses effets que nous mesurons le temps écoulé. Le temps et l’espace ne sont pas des phénomènes illusoires mais ils sont relatifs. Selon Einstein, on a tous été en proie aux doutes quant à la réalité de ce que nous avons vécu. Le cerveau s’applique à ranger conceptuellement les expériences dans les archives de sa mémoire en dissociant les souvenirs passés des expériences vécues dans le présent.

La Nature du temps

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