102 articles avec porte sur l'inconscient

Philosophie

Publié le par Ysia

Philosophes et physiciens se posent la même question fondamentale : qu’est-ce qui est à la base de la réalité de notre univers ? Selon Steven Weinberg, la fonction d’onde est représentative de la réalité physique, c’est-à-dire que le champ quantique tisse la toile de la réalité de notre univers.

Et le poète de demander : Faut-il comprendre que la chauve-souris par l’écho, le dauphin par le sonar malgré leur intelligence primaire sont mieux à même d’observer la réalité que nous ne le sommes ?

Le cerveau analyse le retour des ondes et permet aux chauves-souris d’obtenir une image mentale du paysage environnant. Le dauphin émet un faisceau d'ondes sonores qui  rebondit contre la cible, revient vers la mâchoire jusqu'à l'oreille interne. De là, les informations sont transmises au cerveau qui les analyse et en élabore une image mentale.

We cannot see the ultra-violet light that bees do, nor hear the ultra-sonic sounds that bats do.

http://www.middlebury.edu/media/view/440126/original/waldron-a_buddhist_theory_of_unconscious_mind0.pdf

Et le poète de poursuivre :  L’onde musicale qu’émettent les cordes du piano et qui me pousse à la rêverie se rapproche-t-elle des ondes émises à la pleine lune dans la queue magnétosphérique qui déclenchent de longs rêves figurant des émotions refoulées ? Faut-il comprendre que le champ géomagnétique a une influence sur le siège de l’âme ? Et les variations musicales du bruant chanteur sont-elles en harmonie avec ma couronne mentale ?

Comment savoir que la réalité que nous percevons est l’absolue vérité ?

For all we know, we, too, may spend our entire lives staring out at the world through a distorting lens.

https://www.scientificamerican.com/article/the-elusive-theory-of-everything-extreme-physics-special/

La réalité dépend du cerveau de celui qui la perçoit. Nos pensées et nos sentiments sont largement déterminés par les processus qui se déroulent dans notre inconscient, au-delà du domaine de la conscience et à notre insu dans le cadre de structures cognitives que nous ne sommes pas en mesure de contrôler ni même de comprendre.

Sommes-nous responsables de nos actes, pleinement aux commandes  de nos émotions, ou menacent-elles d’enrayer la machine humaine ? Notre quête identitaire est le moteur du véhicule physique.Nos émotions sont des états d’ordre supérieur initialisés dans les circuits du cortex.

L'identité individuelle ou collective, parfois floue souvent confuse, sous-tend les processus cognitifs et affectifs de l’être humain. Notre conscience offre des instants de lucidité dans le brouillard continu de notre inconscience. C’est notre quête identitaire qui colore les processus cognitifs et affectifs et c’est par les cinq facultés cognitives de la conscience  qu’elle se matérialise, répondant, comme par automatisme, à un bref stimulus que capturent les yeux, le nez, les oreilles,  la langue, le corps et l’esprit au contact de la myriade d’objets extérieurs qui composent l'univers dans la limite de nos capacités à les observer.

... the world we know is constructed by the human mind employing sensory data as its raw material and is shaped by the interpretive structure of our brain.

https://www.scientificamerican.com/article/the-elusive-theory-of-everything-extreme-physics-special/

 La théorie du tout est-elle l’ultime vérité, le graal des physiciens qui apportera la réponse à toutes les questions ? Y-a-t-il une vérité unique ou un ensemble de théories liées les unes aux autres pour expliquer les strates de la réalité de l’univers ?

Ainsi voilà la réalité de la vie : sans percevoir et observer par le biais des facultés sensorielles et cognitives, il ne serait pas possible de faire l’expérience des choses. Je pense, donc l’univers existe ! En faire l’expérience sous-tend l'acte volontaire ou involontaire de différenciation et de catégorisation.

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La vie telle qu'elle pourrait être

Publié le par Ysia

Le besoin de déterminer la forme désirable d'un univers qui serait humainement possible de contrôler… n’est ni plus ni moins qu'une forme d’art

John Desmond Bernal (1901-1971)

A mesure que les océans s’alcalinisent, la vie se matérialise sous la forme d’os et de coquillages...

Point de non-retour entre les êtres animés et les êtres inanimés, entre les êtres biologiques et les êtres non-biologiques, entre les êtres sensibles et les êtres insensibles...

Et pourquoi, après tout, est-ce que nous orbitons autour de l’étoile naine jaune que nous appelons le soleil ?

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Le macaque nègre

Publié le par Ysia

Macaca nigra self-portrait large

Si les Amérindiens n'ont toujours pas obtenu gain de cause, le macaque Naruto peut quant à lui continuer à sourire. Dans un article paru le 23 avril 2016, j'écrivais qu'un juge avait rejeté une poursuite déposée en son nom, citant le recueil des pratiques en vigeur de l'Office américain du droit d'auteur, en concluant que la loi sur les droits d'auteur n'étend pas sa protection aux animaux. L'affaire a trait aux photos prises en 2011 par un macaque à crête indonésien qui s'était emparé de l'appareil du photographe David John Slater. Une requête d'appel avait été déposée. Il vient d'être décidé que 25% des revenus futurs de la vente des photographies seront versées aux organisations caritatives qui protègent Naruto.

Je pense donc je suis. La conscience est un monologue à la première personne. Ne peut en faire l'expérience que celui qui la vit. Peut-on parler de la conscience du macaque qui se prend en photo? Et le pic à ventre rouge à ma fenêtre n'est- il pas pleinement conscient de creuser une cavité dans le tronc du robinier faux-acacia ?

Problème insoluble...

Comment le cerveau construit-il une expérience consciente?... Nous sommes un univers dans lequel les vibrations d'une matière hautement organique créent la conscience de l'être. L'expérience de la conscience ne suit pas les mêmes règles physiques que celles qui régissent l'univers.

Sommes-nous conscients parce que nous possédons une âme immatérielle?

Porte sur une réalité transcendantale...La signature moléculaire de nos gènes n'est-elle pas la définition même de l'âme immatérielle?

Le cœur bat plus de 100 000 fois par jour, pareil au fonctionnement incessant d'un ordinateur. Il se comporte comme un second cerveau. N'est-il pas le dépositaire de nos émotions? La sensation précède la pensée.

Théorie de l'information intégrée ou de la relation entre le cœur et le cerveau...

Pour moi, la conscience est le dialogue entre le coeur et le cerveau. Le coeur est le dépositaire de l'âme, le cerveau celui de l'esprit. L'âme parle à l'esprit. L'esprit s'adresse à l'âme. Puisque c'est le cœur qui précède le cerveau dans le développement d'un embryon, faut-il en déduire l'existence d'une hiérarchie ou d'un combat sans fin entre des jumeaux?

On a pas assez étudié la relation cœur-cerveau. Mais il me semble que l'on ne peut parler de la conscience sans tenir compte de la jeune discipline de la neurocardiologie.La spécialité qui traite de la relation entre le cerveau et le cœur s'appelle la neurocardiologie. Elle réfère à l'interaction entre les systèmes nerveux et cardiovasculaires. Bien qu'un dialogue dans les deux sens existe entre le cœur et le cerveau, le cœur et le système cardiovasculaire envoient bien plus de signaux en direction du cerveau que ne le fait le cerveau en direction du cœur. La conscience se module au rythme des champs magnétiques du cœur et de l'esprit. C'est dans la recherche d'une synthèse des sciences que se trouve la réponse à ma question : Conscience, qui es-tu?

Mais il y a un hic. Comment le cerveau convertit l'activité bioélectrique en un état subjectif... La nature de la relation entre le système nerveux et la conscience demeure inaccessible et le sujet de débats houleux et interminables. (traduit par Ysia)

Christof Koch, Consciousness : Confessions of a romantic reductionist

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Dans un coin de ma tête, sa pensée m’habite

Publié le par Ysia

Exposition jusqu’au 4 novembre à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)
Exposition jusqu’au 4 novembre à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)
Exposition jusqu’au 4 novembre à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)
Exposition jusqu’au 4 novembre à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)

Exposition jusqu’au 4 novembre à Torpedo Factory, Alexandria (Virginie)

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L'esprit dans la coquille

Publié le par Ysia

Le temps est le patrimoine intangible de l’humanité, structuré de phases successives depuis le temps passé avec l’apparition des bulles de rayonnement gamma il y a 1 à 3 millions d’années à l’époque des premières espèces du genre Homo, au temps présent avec la disparition au niveau local du chêne blanc et son déplacement enregistré depuis 1980 vers le nord et l’ouest,  jusqu’au temps futur avec l’exploration minière des astéroïdes, l’implantation d’un village lunaire multinational et, allons plus loin, le devenir de Saturne dont la dynamique planétaire est en déclin.  

Nul ne sait ce qu’il adviendra lorsque l’effet dynamo qui génère le champ magnétique s’arrêtera mais Saturne pourrait bien ressembler à Mars dont l’atmosphère a quasiment disparu, érodée par les vents solaires.

Le réchauffement climatique sonne le glas de l’environnement  tel que nous l'avons connu. Dans la difficulté de tenir pied face à l’urbanisation, la déforestation, la pollution et aux  changements climatiques causés par l’être humain, les arbres ne sont pas immobiles. Sur le long terme, ils bougent et se déplacent, c’est-à-dire qu’ils disparaissent dans une région pour  prospérer dans une autre.   Les glands du chêne blanc sont des milliers de semences en mouvement.

Ces séquences dans le temps projettent des images dans mon esprit comme si ma mémoire en avait été le témoin.

A la question sommes-nous seuls dans l’univers, la réponse est affirmative dans la limite de nos connaissances actuelles même si 52 exoplanètes potentiellement habitables ont été découvertes à ce jour, compte tenu de la difficulté de constater le niveau d’habitabilité des milliers d’exoplanètes observées et dans l'attente de la mise en activité des futurs télescopes tels que TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) en juin 2018 et WFIRST ( Wide Field Infrared Survey Telescope) vers 2025 et du projet d'observatoire astronomique spatial LUVOIR vers 2035 notamment.

On peut comprendre que certains se risquent à croire que l’être humain est la raison d’être de l’univers et défendent le principe anthropique cosmologique. Je pense, donc l’univers existe. Mais l’homme n’est qu’un épisode dans un processus biologique. Il n’est pas une fin en soi.

Dans le prolongement des articles précédents, si les organes bioniques, les puces électroniques greffées dans le cortex et la manipulation génétique visent à transcender notre humanité, alors n’hésitons pas et si l’on peut insuffler à un ordinateur la faculté d’apprentissage,  il serait logiquement possible qu’il apprenne à réfléchir et à développer une conscience. Mais si ce sont de nouveaux outils pour asseoir le pouvoir de quelques-uns, alors non.  L’industrie des technologies de pointe, et les entreprises numériques en particulier, sont idéalistes dans leur conception du futur. Tout en voulant améliorer l’homme de demain ou lui offrir un monde meilleur, elles ont créé chez leurs consommateurs une dépendance – nomophobie, addiction au smartphone, cyberdépendance –  et creusé les inégalités. Cette dépendance dont il est difficile de prendre la mesure est venue s’ajouter à d’autres dépendances. Le cerveau est-il fragilisé par l’internet ? Faut-il craindre l’explosion de l’externalisation de notre mémoire ?

La question fondamentale se pose : Des implants visuels aux implants auditifs et cérébraux, l’évolution de l’homo sapiens ainsi amélioré implique-t-elle la perte de sa naturalité ? Perdre à la fois son humanité et sa relation avec la nature est un risque avec lequel jongle l’homme d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Avant de basculer dans cet ordre nouveau, le défi est de savoir ce que signifie d’être humain, de redéfinir notre codépendance avec la nature et de tenter une approche nouvelle que j'ose nommer l’authentique générosité car ce que l’on est au-dedans se reflètera inéluctablement au-dehors.

Le découragement s’empare parfois des chercheurs quand ils ne trouvent pas de réponse au-delà des limites de leur quête empirique. La petite anomalie constatée en décembre 2015 par les chercheurs du Grand Collisionneur de hadrons (LHC) ne semble avoir été qu’une fluctuation statistique sur la base des données collectées jusqu’ici. La résonance enregistrée, 750 fois plus lourde qu’un proton, avait résulté de la désintégration d’une particule en deux photons. Si rien n’existe sans que nous l’ayons observé, alors aucun indice convaincant d’une nouvelle physique n’a encore été observé et ne peut remettre en cause le modèle standard de la physique des particules, confirmé depuis la découverte de la structure d’un atome, par les particules élémentaires comme le tauon et les bosons W et Z. 

Au bord du gouffre de leur ignorance,  les chercheurs contemplent de vastes territoires inexplorés. L’observation d’une nouvelle particule contenant deux quarks charmés et un quark up de la famille des baryons, l’expérience ALPHA qui repousse les limites de nos connaissances de l’antimatière grâce au décélérateur d’antiprotons et l'achèvement du tout nouvel accélérateur de particules linéaire Linac 4 qui permettra au LHC d'atteindre une luminosité plus élevée d'ici à 2021 sont autant de signes prometteurs dans la recherche de la physique au-delà du modèle standard. Il reste à voir si d’autres anomalies viendront confirmer les anomalies observées antérieurement.

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Quintessence de poussière

Publié le par Ysia

Si l’on part de la prémisse que l’être humain est un système vivant sous-optimal, le concept de transhumanisme prend toute sa place dans la manière d'envisager le devenir de la vie. Et si l’on reconnaît que la faiblesse de l’homme réside dans la biologie de son corps physique, c’est d'abord un avancement biologique qu'il faut rechercher et le remplacement graduel, partiel ou total du corps physique que certains considèrent.

Si le biocentrisme prône que la biologie est au centre de l'univers, quelle est la place de la technologie dans notre  monde ? Quand on imagine le remplacement des hommes par des machines, je ne peux concevoir celui-là que de façon partielle : des prothèses à la place des membres, un implant dans le cerveau pour une intelligence artificielle au service de la conscience.

Le robot sera-t-il lui aussi un jour doté d’une conscience qui lui permettra de se remettre en question ?  Qu’est-ce que l’intelligence artificielle sans conscience ?  Qu’est-ce que la conscience sans dialogue intérieur ?

Aujourd’hui un fossé sépare ceux qui sont convaincus que le cerveau humain peut être reproduit artificiellement et les autres. Si percevoir c’est ressentir, comment reproduire cet état dans le “cerveau” d’une machine ? Comment une machine peut-elle ressentir? Comment un être humain fait à 65% d’oxygène et un peu de carbone, d’hydrogène, de calcium, de sulfure, de chlore, de cuivre, de fer et de silicium peut-il être simulé dans le corps matériel d’une machine ? Il reste à voir quand nous serons à même de fabriquer des puces cérébrales électroniques et des neuroprothèses. Il semble un défi insurmontable que d’essayer de reproduire comment les milliards de neurones et de connections dans le cerveau s’organisent de sorte qu’ils produisent un phénomène comme la conscience. Au bout du compte, c’est une énigme biologique dont il s'agit.

Une question se pose: le remplacement des hommes par les machines se fera-t-il à leur insu? Doit-on craindre que ce que nous avons fait subir aux autres espèces, dans notre indifférence, soit le sort qui nous sera, un jour, échu ?

The fundamental risk,...,was not that superintelligent machines might be actively hostile toward their human creators, or antecedents, but that they would be indifferent.

To be a machine, Mark O'Connell, p.82

On compte cinq extinctions de masse. La première a eu lieu lors de la période glaciaire ordovicienne il y a 443 millions d’années lorsque 60 à 70% de toutes les espèces, marines majoritairement, ont disparu. La deuxième s’est produite à la fin de la période dévonienne il y a 360 millions d’années lors d’un changement climatique qui annihila 70% des espèces aquatiques, y compris la plupart des coraux. La troisième entre le Permien et le Trias il y a 250 millions d’années lors d’un réchauffement climatique causé par de gigantesques éruptions volcaniques en Sibérie qui extermina 95% des espèces vivantes, y compris les insectes géants et les trilobites. La quatrième du Trias-Jurassique il y a 200 million d’années lorsque les trois quarts des espèces ont disparu une fois encore du fait d’une formidable activité volcanique et enfin la cinquième du Crétacé-Tertiaire il y a 65 million d’années lorsqu’une énorme météorite s’est abattue sur Terre juste après des éruptions volcaniques titanesques en Inde, ce qui signa l’arrêt de mort des dinosaures et des ammonites. Aujourd'hui, certains affirment que l’homme a provoqué dans son inconscience la sixième vague d’extinction massive, comme le confirme une nouvelle étude sur le rétrécissement de l’aire de répartition de près de la moitié de 177 mammifères entre 1900 and 2015.

Quand Yuval Noah Harari prédit la disparition de l'Homo sapiens dans tout au plus mille ans, peut-on imaginer le scénario dans lequel ces machines pensantes, dans leur indifférence, réserveraient à l’homme le sort qu'il a réservé aux espèces animales? Et la sixième extinction massive de s'achever par notre propre annihilation...

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Cesse d’être spirituel !

Publié le par Ysia

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Mon empire de poussière

Publié le par Ysia

“Philosophy is a field that, unfortunately, reminds me of that old Woody Allen joke, “those that can't do, teach, and those that can't teach, teach gym.” And the worst part of philosophy is the philosophy of science; the only people, as far as I can tell, that read work by philosophers of science are other philosophers of science. It has no impact on physics whatsoever, and I doubt that other philosophers read it because it's fairly technical. And so it's really hard to understand what justifies it. And so I'd say that this tension occurs because people in philosophy feel threatened—and they have every right to feel threatened, because science progresses and philosophy doesn't.”

https://www.scientificamerican.com/article/physicists-are-philosophers-too/

Certains chercheurs estiment que les effets quantiques peuvent être observés dans notre environnement quotidien et s'appliquer à l'univers macroscopique. D'une expérience à l'autre, il semble que notre conscience crée l'espace et le temps et non l'inverse. Sans la conscience, l'espace et le temps ne sont rien. Il n'y a pas deux mondes, à savoir le monde extérieur et le monde intérieur, mais un. La conclusion paraît quelque peu déroutante : La réalité des faits dépend de l'observation que nous en faisons dans le présent. Jusqu'à ce qu'ils aient été observés, ils n'ont pas vraiment eu lieu mais attendent d’être effectivement démontrés sur la base d’arguments observationnels. C'est ce que l'on appelle la causalité inversée.

...everything occurs strictly within our heads...Where the visual image is perceived is where it actually is. There is nothing outside of perception. How could there be?

Beyond Biocentrism, p.119-120

Qu'est-ce que l'espace? L'espace n'est pas vide. Il est habité par des ondes électriques et magnétiques qui ont le pouvoir d'influer sur la trajectoire de chaque particule. Un torrent de photons - les particules les plus largement répandues dans l'univers - le traverse. Des neutrinos -les particules les plus courantes après les photons - le sillonnent. Et des ondes de gravité le baignent.

Et puis il y a l'énergie noire… Parce que nous ne percevons qu'une gamme réduite de longueurs d'ondes électromagnétiques, notre égarement nous pousse à penser que l'espace est vide. La logique naturelle de tout organisme animal est responsable de son aveuglement. Notre raison engendre des constructions mentales fallacieuses.

L’égarement extérieur, c’est s’attacher aux attributs; l’égarement intérieur, c’est s’attacher à la vacuité. Lorsque, au sein des attributs, vous en êtes détachés et lorsque, au cœur de la vacuité, vous en êtes libérés, vous n’êtes aveuglés ni au-dehors ni au-dedans.
外迷看(著)相。内迷著空。於相離相。於空離空。既是不空迷 (内外不迷)。

Manuscrit de Dunhuang S.5475

D’une part, on dit que la terre s’est formée il y a 4,65 milliards d'années, c’est-à-dire 9,15 millards d'années après le Big Bang. De l'autre, on dit que ni l'espace ni le temps n'existent fondamentalement  si ce n'est comme outils de perception animale. Peut-on se projeter au-delà de soi et voir la réalité telle quelle?
 

... according to quantum physics, the past, like the future, is indefinite and exists only as a spectrum of possibilities.

Hawking2010p11485Sci_Am.pdf

Nous ne serions que le produit du hasard dans la myriade de possibilités d'univers. Pourtant d’après Beyond Biocentrism, le caractère fortuit de l'existence humaine et de tout autre phénomène est absurde.  L'univers n'a pas pu être laissé au hasard. Comment le fait que nous devions à la lune les marées, la régulation du climat et la stabilité de l'axe de rotation et qu’elle-même soit la conséquence de la collision de la terre avec un astéroïde peut-il être dû au hasard ? Quand bien même il faut croire que chaque circonstance - la taille de l’astre solaire, l'effet régulateur de la lune et la sélection naturelle des espèces animales et humaines jusqu'à l'avènement de l'Homo sapiens - est accidentelle, dans le même temps, vous et moi ne sommes pas la conclusion de ce processus, juste un épisode dans le temps.

Mais cela serait ne pas prendre en compte la théorie du multivers...

Lorsque je dis que rien a de l'importance si ce n'est l'importance qu'on y attache, cela sous-entend justement que les seules choses que nous pouvons percevoir sont nos propres perceptions. Il n'y a pas d'univers sans perception. Ces perceptions insuflent un foisonnement d'informations que le cerveau dissèque, digère et restitue dans un langage individuel.

Toutefois, la réalité incontournable d'une douleur physique ne saurait objectivement minimiser la fatalité inexorable de l'existence humaine.

I hurt myself today
To see if I still feel
I focus…on the pain…
The only thing…that’s real…

Beneath the stains...of time...
The feelings...disappear

Johnny Cash

Cela ne répond pas à la question de savoir s'il y a, au-delà de vous et de moi à travers tout ce qui nous environne, une conscience collective. La conscience et le cosmos sont interdépendants. Ce sont des manifestations corrélatives. Les recherches ont montré que la conscience de niveau supérieur, à savoir la pensée abstraite ou réflexive  - est générée par des ondes gamma. Et le poète de demander : les rayonnements électromagnétiques gamma de source cosmique détectés dans l’univers sont-ils la preuve d'une conscience cosmique ? La matière et l'énergie sont une et même essence.

 

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Le temps, l'espace et la conscience

Publié le par Ysia

Le penseur

Le penseur

On ne peut concevoir comment un peu de carbone, d'eau, des atomes d'hydrogène insensibles se sont assemblés et ont acquis des facultés sensorielles.
 

...the brain is made of atoms, which are made of subatomic particles - all known entities - and it operates by an electrochemical process whose nature is no longer mysterious. If our awareness is merely some sort of subjectively felt spin-off of all this, then it could indeed be incidental and secondary to the modern world's self-operating model of reality...

Beyond Biocentrism, p.34

Si la matière noire compose majoritairement l'univers matériel, l'énergie noire en est la contribution non-matérielle la plus importante. Bien que nous ne sachions rien de l'énergie noire, nous savons qu'il s'agit d'une force antigravitationnelle qui déchire de l’intérieur l’univers. Et le poète de demander : est-ce l'énergie noire qui pousse la lune à se laisser dériver doucement (à raison de deux à trois centimèrtres par an) ?

Le temps n'a pas de réalité indépendante. Il n’est ni un absolu ni une constante universelle. Puisque le temps est relatif, sa raison d'être disparaît. Le temps est non-existant. Une seconde sur terre équivaut quelque part dans l'univers à un million d'années. Le passé intangible est relégué dans les archives de notre mémoire sélective. Nos souvenirs évanouis sont des signaux émis dans l'instant présent par les cellules de notre cerveau.

If the past is an idea that can only occur in the here and now, and the future is also just a concept happening strictly in the present, there seems nothing but now. Always. So is there really a past and a future ? Or just a continuum of present moments?

Beyond Biocentrism, p.22-23

Chaque univers parallèle offre sa version propre de la réalité, comme si l’espace-temps était coupé en tranches et que chaque tranche représentait un univers. 

Si le temps n'existe pas, comment peut-il être coupable de notre trépas ? Notre sénescence, les changements physiques ne sont pas le temps. Alors de quoi faisons-nous l'expérience? Quel est ce processus subi ? L'espace et le temps sont des formes d'instinct primordial. Ce sont des outils de l'esprit.

When we feel poignantly that time has elapsed..., it constitutes the human perceptions of the passage and existence of time.

Beyond Biocentrism, p.45

Il y a plus de cent ans, la théorie quantique a établi un lien entre la conscience et la nature des particules. Les seuls objets réels, selon la théorie quantique, sont les faits observés qui surgissent de l'amas confus de possibilités qui ont toujours existé. Au moment où l'observation est réalisée, chaque particule subatomique cesse d'exister en tant que probabilité pour apparaître en tant que réalité physique.

Virtually anything that could happen exists on some level, ready to materialize

Beyond Biocentrism, p.57

La théorie quantique insiste sur la probabilité des choses de se produire. Et c'est en comprenant ce qui se passe au niveau subatomique que nous pourrons comprendre l'origine physique de la conscience et le mécanisme de l'espace-temps.

Il m'est difficile d'accepter que le simple fait d'observer fait apparaître l'objet en tant qu' entité réelle dans un lieu donné. Cela équivaudrait à dire que cette particule de matière ou de lumière qui n'était jusqu'à un moment précis qu'une probabilité se matérialise littéralement sous nos yeux.

...the mere act of measurement, of learning the path of each photon, destroyed the photon's freedom to remain blurry and undefined... until it reached the final detection screen.
We're left with no choice but to accept that our presence as an observer, and how we make the observation, physically changes what we're looking at.

Beyond Biocentrism, p.52-53

Pour ajouter à mon étonnement, le principe d'intrication quantique montre que de deux particules jumelles, si une est observée, l'autre apparaît simultanément. Aux antipodes du réalisme scientifique et des lois de la physique classique, comment un tel fait peut-il se produire sans un rapprochement physique entre elles ?

Comment une entité matérielle peut-elle subrepticement dicter à une autre comment agir ou exister quand elles sont séparées par d'aussi longues distances? Particules et photons - matière et énergie – peuvent apparemment se transmettre instruction et savoir d’un bout à l'autre de l'univers.


 

During this process, no time will elapse, no matter their distance apart. It's as if there's no space between them.

Beyond Biocentrism, p.58

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La conscience octopode

Publié le par Ysia

Good philosophy is opportunistic; it uses whatever information and whatever tools look useful.

Other Minds, Peter Godfrey-Smith, 2016

Il y a six cent millions d'années avant le présent lorsque humains et céphalopodes - dont font partie les pieuvres, les poulpes, les calamars et les seiches - partageaient un ancêtre commun dans le vaste océan de nos origines, qui sait ce à quoi il ressemblait.

Une créature en forme de ver, quelques millimètres de long ou plus large,  nageant ou rampant au fond des mers. Avec des embryons d'yeux et dotée d'un système nerveux. À l'époque de l'ancêtre humain-pieuvre, il n'existait aucun organisme sur la terre ferme et le plus large animal était probablement  une éponge ou une méduse.

Parmi les invertébrés - les araignées, crabes, abeilles et les mollusques comme les escargots, les huîtres - les céphalopodes inclus dans le sous-groupe des mollusques sont les seuls à avoir développé un large système nerveux et à se comporter d'une façon différente de celle des autres invertébrés. Les céphalopodes forment une île de complexité mentale dans une mer d'animaux invertébrés. Sur une branche de l'arbre phylogénétique, séparée de la nôtre, ils ont pourtant développé un large cerveau et adopté un comportement complexe.

Peter Godfrey-Smith, dans son ouvrage Other Minds, indique que la difficulté de sa discipline - la philosophie de la biologie - est la relation entre l'esprit et la matière, comment la sensibilité, l'intelligence et la conscience s'intègrent dans le monde physique.

L'évolution a commencé à partir d'une cellule unique pour devenir une accumulation de cellules multiples. C'est ce même processus qu'ont suivi tous les organismes. Il a fallu une force coordinatrice, un élan assembleur originel de plus en plus complexe dans un sens directionnel régi par le facteur temps. Un hasard expérimental ou une providence omnisciente? Peut-on parler d'unité de l'être lorsque chaque organisme n'est qu'un amas de cellules volontairement ou involontairement impliquées dans la marche inexorable de la vie ? Alors commence le bal des êtres multicellulaires dont le cerveau évolue au fur et à mesure de confrontations fortuites dans un combat incessant pour leur propre survie, dans la lutte contre l'extinction de leur espèce.

What does it feel like to be an octopus? To be a jellyfish? Does it feel like anything at all? Which were the first animals whose lives felt like something to them?

Other Minds, Peter Godfrey-Smith, 2016, p.77

Aux premières heures de la vie - la période cambrienne - , il faut entendre par "cerveau" ou évolution mentale l'apprentissage des sens et du système nerveux, la capacité de recevoir et d'emmagasiner l'information. De ces embryons d'yeux sont nés les yeux composés des insectes et nos yeux caméras. Quel est le moteur de cette marche évolutive ? Est-ce pour répondre à l'environnement extérieur ou pour mieux contrôler le chaos intérieur ? Vraisemblablement les deux. Entre la perception de plus en plus claire de la lumière extérieure et la maîtrise des tumultes multicellulaires intérieurs... Entre l’exafférence qui provient d’un événement externe et la réafférence qui vient de l’organisme lui-même.
 
Pieuvres et autres céphalopodes sont des mollusques - ils font partie d'un large groupe d'animaux qui inclut huîtres et escargots. Alors qu'est-ce qui les rend si particuliers? Des premiers céphalopodes, seul a survécu jusqu'à nos jours, le nautile dans l'océan pacifique, guère différent d'il y a 200 millions d'années.  Quant aux céphalopodes des temps modernes apparus à l'époque des dinosaures, ils se sont divisés en deux branches: le groupe des huit tentacules et le groupe des dix tentacules.Le plus ancien fossile d'une pieuvre remonte à 290 millions d'années.
 
Les pieuvres sont intelligentes dans le sens qu'elles font preuve de curiosité et s'adaptent à leur environnement. Leurs tentacules dotées de neurones possèdent non seulement la faculté du toucher mais aussi du goût et de l'odorat. C'est ce qui décuple leur intelligence. Alors comment le cerveau commande-t-il les tentacules ? Et pourquoi ont-elles trois cœurs ? La question est de savoir quand on parle d'intelligence s'il ne peut y avoir d'intelligence que circonscrite dans le cerveau. La pieuvre rappelle à l'être humain que l'intelligence des sens dispersés à travers ses tentacules existe aussi.

For an octopus, its arms are partly self - they can be directed and used to manipulate things. But from the central brain's perspective, they are partly non-self too, partly agents of their own.

Other Minds, Peter Godfrey-Smith, 2016, p.103

Peut-on identifier la perception subjective à la conscience? Qu'entend-on par "être sensible"? Est-ce qu'un être sensible est automatiquement doué de conscience? Si l'être sensible vient avant l'être conscient dans un ordre chronologique - pour autant qu'on veuille bien les différencier l'un de l'autre -, alors comment a émergé cet être sensible? Si l'on ne parle ni de l'âme ni de pampsychisme, alors de quoi parle-t-on?

L'être sensible est né de la symbiose entre le ressenti et l'agir. Il répond à un stimulus qui précède un flot de réactions chimiques dans le corps. Faut-il en déduire que tous les organismes possèdent un minimum d'expérience subjective?

Chaque acte mis en branle et accompli - une parole, un mouvement, une grimace, un sourire, un verre de vin, un pas de danse - influence notre ressenti, et vice-versa, tout ressenti - peine, amour, colère, curiosité ou simple acte sensoriel -influe le mouvement ou geste suivant dans un cycle sans fin. Pour l'interrompre, il faut faire une pause, respirer, méditer et prendre le recul. Il est juste de dire que chaque action colore notre ressenti. Après une discussion houleuse, je ressens une certaine frustration, colère ou déception, des émotions négatives qui assombrissent le reste de la journée à moins de pouvoir maîtriser ce flot de sentiments. Je me risque à dire que rien a de l'importance si ce n'est l'importance qu'on y attache. Tout dépend de la réceptivité de l'être.

Des fonctions motrices aux facultés sensorielles... des facultés sensorielles aux fonctions motrices. Les expériences que nous traversons nous laissent un goût à la bouche,  dictent nos actes futurs et façonnent notre devenir. Mais les plantes ne bougent pas...
 

Que faire de nos émotions primordiales ?

We have created a Star Wars civilization, with Stone Age emotions

E.O. Wilson

Du brouillard de l’esprit à l’expérience subjective … S'il est vrai que crabes, pieuvres et chiens connaissent à divers degrés une expérience subjective, on peut donc constater l’existence de ce trait à plusieurs reprises au cours de l'évolution de la vie. La conscience ne serait qu'une forme plus intégrée, cohérente et unifiée d'expérience subjective. Des formes simples et anciennes d'expérience subjective à la conscience...

Peut-être ce qui peut paraître encore plus déroutant pour nous, humains, est la brièveté de la vie des pieuvres. Deux années seulement. Est-il compréhensible qu'un être doué d'une intelligence si singulière et unique parmi les invertébrés puisse avoir une vie aussi courte ? Pourquoi alors être doté de cette intelligence ? Pourquoi être doté d'une conscience qui suppose de manière tragique la prescience chez la pieuvre de son évanescence ? Pourquoi  des potentialités gaspillées dans le grand ordre des choses ? Nous savons que la pieuvre a une capacité exceptionnelle d'apprendre et de s'adapter, mais à quoi bon investir dans cet apprentissage du monde s'il ne reste plus de temps pour mettre ces enseignements, ces leçons de la vie à profit ?

La pieuvre est pareille à un maître zen pour lequel seul le présent, le ici et maintenant, n'a de sens et mérite son attention.

Et pourquoi ne vit-elle pas plus longtemps ? Si les colibris qui reviennent chaque année butiner les plantes indigènes vivent dix ans, pourquoi  les pieuvres ne peuvent-elles pas vivre plus longtemps ? Il y a pourtant la pieuvre du tréfonds de l'océan pacifique (graneledone borreopacifica) qui couve ses œufs quatre années et demi et qui pourrait vivre, en déduit-on, 16 années environ parce que les températures froides du fond de l'océan ralentissent le vieillissement de son métabolisme. Une telle durée d'incubation a pour conséquence un état physique plus avancé et plus large à la naissance.

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