52 articles avec bouddhisme zen

La sphère des cieux

Publié le par Ysia

Aucun sens ne perçoit l’infini. Aucun sens ne permet de conclure qu’il existe. L’infini, en effet, ne peut être l’objet des sens. (…) C’est à l’intelligence qu’il appartient de juger et de rendre compte des choses absentes, que le temps et l’espace éloigne de nous.

Giordano BRUNO, L’infini, l’univers et les mondes, op. cit., p. 58.

De la vision ancienne du monde ...

HILDEGARD’S FIRST SCHEME OF THE UNIVERSE Slightly simplified from the Wiesbaden Codex B, folio 14 r.

HILDEGARD’S FIRST SCHEME OF THE UNIVERSE Slightly simplified from the Wiesbaden Codex B, folio 14 r.

ThomasDiggesmap
Michelangelo Caetani, Overview of the Divine Comedy, 1855 Cornell CUL PJM 1071 01

Les lois de la physique n’expliquent pas pourquoi le temps avance mais jamais ne recule…

Humboldt écrivait que cosmos signifie « l’ordre dans l’univers et la magnificence dans l’ordre ». D’aucuns pensent que le bouddhisme et la science ne se contredisent pas fondamentalement et que le bouddhisme peut être pour la science une source intarissable de réflexion.

Le cosmos est-il fait d’une infinité d’univers ? Ces milliers d’univers mentionnés dans le Lotus de la Bonne loi,  la très belle traduction d’Eugène Burnouf du Saddharmapuṇḍarīka Sūtra, que l’on dit contenir la vision la plus complète de la vie et de l’univers, semblent étrangement faire écho à la théorie du multivers, évoquée dans l’article précédent sur les univers-bulles. La vision mahayanique du monde décrit l’univers comme une infinité de mondes qui s’étendent à travers les six directions et se dispersent dans les dix régions de l’espace. Chaque système mondain est présidé par un bouddha et nommé champ ou terre bouddhique, théâtre de la lutte eschatologique des êtres. Ces royaumes innombrables se juxtaposent dans de plus hautes sphères dimensionnelles que les sens de l’homme commun ne perçoivent pas directement. Chaque univers parallèle offre sa version propre de la réalité, comme si l’espace-temps était coupé en tranches et que chaque tranche représentait un univers. 

Plus de sept milliards de personnes vivent sur terre, mais d’ici une centaine d‘années, il est probable que pas une, moi y compris, ne survivra, comme le disait Jōsei Toda. Cela suscite le besoin urgent de poser des questions essentielles quant à l’existence humaine et au cosmos. Le précepte fondamental de la secte bouddhiste Tientai 天台selon lequel l’univers peut être analysé en terme de trois vérités  - la non-substantialité, la temporalité et la voie du Milieu -  ne semble pas manquer de pertinence encore aujourd’hui. Lorsque l’on dit que chaque parcelle de l’univers contient le cosmos dans son ensemble, c’est pour mieux reconnaître que les molécules qui forment notre corps, les atomes qui structurent ces molécules proviennent de ce même creuset qui fut le noyau de l’univers.

Le cosmos est un réseau de systèmes en mouvement perpétuel, qui peut sembler chaotique aux yeux de celui qui l’observe. Seulement ni le temps ni l’espace ne sont des paramètres tangibles. « Le temps n’est-il qu’une propriété fondamentale de la réalité ou l’apparence macroscopique des choses ? ». Pour W. Randolph Kloetzli, le cosmos «  ne doit surtout pas être interprété comme un univers physique mais plutôt comme une réalité structurée à tous les niveaux, physique ou spirituel ».

La cosmologie bouddhiste présente un panorama simple, mathématique et  schématisé : «  Des unités fondamentales desquelles tous les phénomènes ne sont que des composés ou combinaisons » (A manual of Buddhist philosophy, William Mc Govern, 1923). Tracé sur le papier ou peint sur les murs des grottes, à Kizil ou ailleurs le long de la Route de la Soie, le tableau cosmologique semble représenter le schéma de quelque réalité géographique. D’un point de vue cartographique, la représentation visuelle de l’univers multidimensionnel, quoique verticale, est à deux dimensions. 

La cosmologie bouddhiste la plus ancienne connue sous le nom de système des trois mondes se divise en trois royaumes du bas vers le haut : le royaume du désir (kāma, 欲界), celui de la forme (rūpa, 色界) et celui de l’absence de forme (arūpa, 無色界).  Un autre schéma sotériologique présente un axe vertical entrecoupé de couches stratifiées dans lesquelles un être parcourt les étapes d’une longue ascension dans l’espace et le temps. Les représentations de la création ou du cosmos en forme de cercles concentriques sont communes aux civilisations du monde. La conception même d’un univers au-delà du temps et de l’espace implique qu’une transmigration graduelle des êtres dans un cycle de naissance et de mort peut se faire en même temps que des envolées instantanées vers les plus hautes sphères de l’existence par la réalisation d’un éveil subit. Le destin eschatologique n’est pas écrit.   

 

Space and time in some sense melt in this picture. There is no space anymore. There are just quanta kind of living on top of one another without being immersed in a space.

L'univers porte chez les bouddhistes le nom des trois mondes (Trilôka). Ces mondes se trouvent superposés l'un à l'autre... Le troisième monde est l'inférieur; il contient mille millions de systèmes terrestres avec six cieux du désir. Ces systèmes terrestres n'ont pas une forme sphérique : chaque terre est une grande plaine immobile, au milieu de laquelle est placé le mont Sumeru, entouré horizontalement par les quatre grandes et par huit petites parties du monde… Les six cieux superposés aux mille millions de terres s'étendent comme celles-ci horizontalement, et forment six couches l'une au-dessus de l'autre. Tous ces systèmes terrestres, qu'on appelle le grand mille des trois mille mondes, composent ce qu'on nomme le troisième monde… Les trois mille mondes se composent du petit mille, du moyen mille et du grand mille. Le petit mille ou le petit chiliocosme, contient mille systèmes terrestres parfaitement semblables au nôtre. De même que ce système forme une plaine, de même tous les systèmes qui l'avoisinent s'étendent horizontalement dans toutes les directions. Le petit chiliocosme est entouré par une haute chaîne de montagnes. Au-dessus et dans toute son étendue règne la région inférieure… En dehors du petit chiliocosme et autour de lui s'étend horizontalement le chiliocosme moyen, qui se compose d'un million de systèmes terrestres... Le moyen chiliocosme est à son tour entouré par le grand, qui contient mille chiliocosmes de la grandeur du moyen. Ces trois chiliocosmes forment l'univers, au-dessus duquel règne la région supérieure… Aucun système terrestre de l'univers n'est visible à l'autre. Tout l'univers est placé sur une masse éthérée dont la rotation perpétuelle y entretient l'équilibre, sans le faire trembler ou le mettre en mouvement. La rotation de cette masse éthérée, dans laquelle les différents systèmes terrestres s'élèvent comme des îles dans la mer, est entretenue par le destin, fruit des actions de l'homme. Comme tous les systèmes terrestres se ressemblent parfaitement, la description de l'un est aussi celle des autres. Selon les bouddhistes la terre habitable est partagée en quatre grandes îles (dvipa) ou continents placés aux quatre points cardinaux, par rapport à la montagne céleste (Sumeru)… Le continent du Sud, qui est celui qui comprend l'Inde, est nommé Jambūdvīpa南贍部洲, d'après un arbre qui se voit dans sa partie occidentale…

Encyclopédie des gens du monde, Librairie de Treuttel et Würtz, 1834

Publié dans Bouddhisme Zen

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Baume d'abeille

Publié le par Ysia

Asanga présente quatre approches de la réalité. La première est le réalisme naïf de l’homme ordinaire. La deuxième est celle des philosophes et des écrivains-penseurs. La troisième est celle de celles et de ceux qui voient le monde sans être aveuglés par leurs émotions. Enfin il y a l’approche de celles et de ceux qui voient le monde sans être aveuglés par leur intellect.

Baume d'abeille
Baume d'abeille
Baume d'abeille
Baume d'abeille
Baume d'abeille

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La vanité des mots

Publié le par Ysia

La vanité des mots

This old barbarian sat face to the wall,
Everyone in the Zen tradition is left confused.
One thousand years, ten thousand years -
Will anyone ever understand

Fūgai Ekun dans Stephen Addiss, The Art of Zen, p.54

La tradition veut que Bodhidharma se soit assis au pied d’un mur pendant neuf ans, son esprit vidé de toute agitation, muré dans un silence absolu à l’intérieur de lui-même sans proférer un mot à l’extérieur de lui-même parce que les mots sont devenus obsolètes et parce qu’il cherche intuitivement de sa main la poignée de la porte de l’éveil.

The Indian monk couldn't even speak Chinese !
He faced the wall in silence for nine years.
Doing nothing, totally inactive, he sat quietly,
Causing the world to mistakenly call this Daruma (Bodhidharma) Zen

Gesshū Sōko, ibid., p.68

La vanité des mots

Après avoir obtenu les manuscrits bouddhiques qu’ils étaient venus chercher  au terme d’un périple de quatorze années, le moine Xuanzang et ses trois compagnons ont découvert à leur insu que les livres sacrés ne contiennent que des pages blanches parce que le mot est illusoire, parce que l’enseignement bouddhique est indicible.

The blankness of the scrolls is thus a material manifestation of the Buddhist doctrine of emptiness, a sign pointing to the signless, apophatic, ineffable nature of ultimate reality.

Academia.edu

Le concept du bouddha historique est l’un des plus familiers et fondamentaux dans le domaine des études bouddhiques, mais c’est aussi l’un des plus problématiques car il porte le plus à confusion. D’un côté, il est universellement admis que le Bouddha a existé,  de l’autre, plus de deux cents ans de recherches académiques n’ont pas réussi à établir son existence. Bien que l’on répète que le Boudha était Siddhārtha Gautama du clan des Śākya, le nom de Siddhārtha (et ses variantes Sarvārthasiddha, etc.) n’est attesté dans aucune des sources les plus anciennes, notamment dans le canon pali ou dans des sources non bouddhiques. De plus, d’après la tradition ancienne, les Śākyas avaient été anéantis avant le décès du Bouddha, ce qui laisse supposer que même les auteurs du canon bouddhique ignoraient probablement leur existence. Le clan entier pourrait bien n’être qu’un mythe. Il reste le nom de Gautama qui est moins un nom qu’un épithète identifiant le Bouddha comme étant associé au clan Gautama, l’une des huit lignées brahmaniques anciennes dont l’origine remonte aux sept patriarches védiques.

Mais faut-il croire les légendes ? Si ni le bouddha historique ni même Laozi n’ont existé et que d’après certains experts, Bodhidharma n’avait aucun lien direct avec le bouddhisme chan , alors les mots sortis de la bouche de personnages imaginés de toutes pièces effectivement sont vains.

Tout attribut, quel qu’il soit, est vain et faux.
凡所有相,皆是虚妄

Vajracchedika Sutra (Sûtra du diamant)

Laisser faire le temps...  craqueler et mûrir sous le jeu des ombres et des lumières. La parole et l'image sont trompeuses car ni l'une ni l'autre ne prennent en compte le temps. Les mots altèrent la vérité des images et des sons et la parole corrompt l’intuition auditive et visuelle. Au temps d’avant les mots, quelle est la constante universelle ?  L’énergie autrement nommée le souffle.

Vedder, Elihu - The Questioner of the Sphinx - 1836

Les vents chauds apportent la vie au gré des mouvements tectoniques qui embrasent la croûte terrestre sous l’impulsion du magma souverain. L'Esprit transcende toutes les formes de vie animales, végétales, humaines. Dans tout phénomène il y a une part de manifeste et une part de caché, une idée de sacralité…

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Les pérégrinations de Huineng

Publié le par Ysia

Positioning and Awareness

(about the Hakomi logo)

Heron stands in the blue estuary,
Solitary, white, unmoving for hours.
A fish! Quick avian darting;
The prey captured.

People always ask how to follow Tao. It is as easy and natural as the heron standing in the water. The bird moves when it must; it does not move when stillness is appropriate.

The secret of its serenity is a type of vigilance, a contemplative state. The heron is not in mere dumbness or sleep. It knows a lucid stillness. It stands unmoving in the flow of the water. It gazes unperturbed and is aware. When Tao brings it something that it needs, it seizes the opportunity without hesitation or deliberation. Then it goes back to its quiescence without disturbing itself or its surroundings. Unless it found the right position in the water’s flow and remained patient, it would not have succeeded.

Actions in life can be reduced to two factors: positioning and timing. If we are not in the right place at the right time, we cannot possibly take advantage of what life has to offer us. Almost anything is appropriate if an action is in accord with the time and the place. But we must be vigilant and prepared. Even if the time and the place are right, we can still miss our chance if we do not notice the moment, if we act inadequately, or if we hamper ourselves with doubts and second thoughts. When life presents an opportunity, we must be ready to seize it without hesitation or inhibition. Position is useless without awareness. If we have both, we make no mistakes.

—Deng Ming-Dao

http://hakomiinstitute.com/wp-content/uploads/2017/03/2014_Hakomi_Forum_E.pdf

Les pérégrinations de Huineng
Les pérégrinations de Huineng

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Le délire contemporain

Publié le par Ysia

L’arbre tombe dans la forêt. Le bruit fait tressaillir l’être qui vit dans l’effroi désormais. Le plus fracassant est le bruit, le plus effrayé l’être vit. Le son crée la réalité du fait. Pourtant, ce n’est pas parce qu’un arbre tombe dans la forêt que l’on en sera la victime.

Le bouddhisme définit trois sortes de peurs :

  • La première se fonde sur la haine. La crainte de perdre un bien matériel est cause de haine.
  • La seconde est la réaction à une crise morale.
  • La troisième est la conscience de notre évanescence dont la vieillesse, la maladie et la mort ne sont que les manifestations.

Des trois, c’est la première qu’il s’agit de combattre car elle appartient à l’ego et engendre la souffrance. La haine se manifeste à travers la colère, la peur et la tristesse dans l’appréhension de la perte d’un bien ou de subir un préjudice. La peur naît de nos désirs insatiables et de nos illusions. Illusion de la pertinence de notre existence et pérennité.

De la peur individuelle à la peur collective, concrètement, deux catégories se profilent : celles fondées sur des faits connus et celles sur des faits inconnus (Management of fear : A Buddhist perspective, Arijyayori Bhikkhu).

Confusion et soif irrépressible nourrissent l’effroi intime qui nous habite. Confusion qui force à croire au caractère irrésistible du désir et accentue la crainte de perdre l’objet convoité.

Mais surtout, la peur naît d’un esprit agité par les bruits de la vie, ballotté entre l’imagination et la réalité.

Surmonter la crainte quotidienne par la sagesse supramondaine, la concentration de l’esprit et le respect des préceptes moraux, voilà les clefs.

 

Walking on a dark path, one sees what one thinks is a snake. Fear! Panic! One climbs a tree and spends the night there afraid, trembling, distraught… the snake never leaves. Then, with daylight, it turns out the snake was really a rope. What a wasted night, caused by one’s own delusion.

https://www.academia.edu/33306476/Vasubandhu_Xuanzang_and_the_problem_of_consciousness

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Ugly Buddha and Ugly Television

Publié le par Ysia

Nam June Paik
Nam June Paik
Nam June Paik

Nam June Paik

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C'est quoi "faire l’aumône"?

Publié le par Ysia

Lors donc que tu fais l'aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d'être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

Matthieu 6, Louis Segond Bible

Il faut parfois s’arrêter en chemin avant de pouvoir reprendre sa route...

Le bouddhisme chinois des premiers jours était-il sous l’influence idéologique de la religion taoïste (玄學autrement nommé 老莊) ou vice versa ? S’agit-il d’un langage emprunté maladroitement aux taoistes pour mieux répandre la pensée du Bouddha ? Les quatre dimensions incommensurables spirituelles 四無量心 catvāri apramāṇāni, autrement nommées les quatre équanimités 四等 ou égalités d’âme, sont dans la doctrine bouddhique la sympathie (与乐 le partage de la joie), la compassion (拔苦 l’acte de conforter autri dans sa douleur), la joie, le détachement.

慈 ou le partage de la joie, la bienveillance 仁愛 en tant que vertu dans l’âme. Il s’agit, me semble-t-il, d’une qualité morale, une disposition généreuse à l’égard de l’humanité, une gentillesse d’esprit, une noblesse d’âme, une bonhomie, je veux dire sympathie.

悲 ou commisération, compassion, c’est-à-dire le sentiment que nous éprouvons face à la souffrance d'autrui.

喜 ou réjouissance, la joie ressentie pour l’autre.

捨ou renoncement, l’abnégation, le désintéressement, je veux dire détachement dans le sens de l'âme libérée des attaches du monde.

布 signifie le don matériel, 施 signifie se sacrifier au profit d’autrui. Celui qui en a les moyens donne à celui qui en a besoin, c’est ce qui s’appelle 布施.

Ce sont les quatre dimensions incommensurables spirituelles 慈(Maitrī), 悲(Karuṇā),喜(Muditā), 舍(Upekṣā)qui profitent à autrui, le consolent et le confortent, c’est ce qui s’appelle布施.Comment se passe l’acte véritable du don ? C’est par des biens matériels, par l’enseignement bouddhique et par la confiance insufflée. C’est par l’humilité et le respect sans en attendre les honneurs. L’esprit pur, c’est ce qui s’appelle la non-substantialité du don.

L’existence se vit en soi et dans la multitude des autres.Comment expliquer l’échange entre les êtres, la confrontation du premier instant, ce premier contact du regard ? C’est faire le don de l’existence de son être auquel répond celui qui reçoit la manifestation de l’existence de l’autre.

En outre, sans aucun doute, ô Subhûti, un bodhisattwa qui fait fond sur la matière ne peut faire de dons (utilement) ; de même s’il fait fond sur une chose quelconque, sur les formes, les conditions des sons, des odeurs, du goûter, du tact. Mais il pourra faires des dons (utiles) s’il ne fait pas fond sur la connaissance d’aucun objet déterminé. Car, ô Subhûti, si ce bodhisattwa, qui ne s’appuie sur rien, donne généreusement, on ne peut facilement apprécier la mesure de ses mérites

De Harlez « Vajracchedikâ » dans Journal Asiatique, novembre-décembre 1891, p.440-509

And again, O Subhûti, a gift should not be given by a Bodhisattva, while he believes in objects ; a gift should not be given by him, while he believes in anything ; a gift should not be given by him, while he believes in form; a gift should not be given by him, while he believes in the special qualities of sound, smell, taste, and touch. For thus, O Subhûti, should a gift be given by a noble-minded Bodhisattva, that he should not believe even in the idea of cause. And why?Because that Bodhisattva, O Subhûti, who gives a gift, whithout believing in anything, the measure of his stock of merit is not easy to learn.

Müller Max “The Vagrakkhedikâ or Diamond-cutter” (Anecdota Oxoniensia:1881) dans Sacred Books of the East, N.Y.: Dover Publications, 1969, vol.49, p.111-144

Moreover, Subhúti, a Bodhisatwa in the active discharge of his functions ought to be without any object of reliance or desire (i.e. unaffected by any secondary in the discharge of his chief business). When occupied, for instance, in attending to the work of charity – his ought to be that charity which is called “unmixed with any material consideration” –he ought to distribute his alms without relying on (or, having any reference to) any sensible gratification, whether it be of sound, or odour, or taste, or touch, or thought. Subhúti, a Bodhisatwa ought thus to discharge the work of almsgiving, relying on no sensible distinction whatever. What then! If a Bodhisatwa be thus charitable, having no reliance or reference, his consequent happiness must be immensurable and boundless.

Beal Samuel, Vajra-chhedikā, the "Kin Kong King," or Diamond Sūtra, The Journal of the Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland , New Series, Vol. 1, No. 1/2 (1865) , pp. 1-24

And also, Subhūti, the Bodhisattvas should give gifts not supported by [any] thing. They should give gifts not supported by anything. They should give gifts not supported by form. They should give gifts not supported by sound, smell, touch, [or] even dharmas. Subhūti! In the manner of someone who is not supported by the perception of a sign – like that – [each of] the bodhisattvas, the Great Beings, should give gifts. If one asks why that is [so]. O Subhūti, the heap of merits of any one of the Bodhisattvas who have given gifts not supported [by anything].

Poppe Nicholas The Diamond Sutra, Wiesbaden : Otto Harrassowitz,1971.

Moreover, O Subhuti, a Bodhisattva in truth should rely on nothing when he gives alms. That is to say, in alms-giving, he should not rely on any visual object. He should not rely on sound, odor, taste, contact, nor on any mental object. O Subhuti, a Bodhisattva should perform acts of charity spontaneously without relying on the characterizing attributes. And why? Because if a Bodhisattva performs acts of charity without relying on the characterizing attributes his blessings and merits will be inestimable and immeasurable.

Lee Shaochang “The Diamond Sutra” dans Popular Buddhism in China, p.27-52, Shanghai Commercial Press, 1939

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Sculpter le bouddhisme

Publié le par Ysia

Image as insight, when eyesight becomes insight

(Image as Insight, Margaret R. Miles, Beacon Press, Boston, 1985)

Je me souviens être tombée maintes fois en extase devant le visage apaisé de statues bouddhiques dans des lieux divers de Chine. C’est cet apaisement qu’il me tient d’étudier. Mon intérêt pour les statues les plus anciennes s’explique par la quête d’un sourire magique, de paupières baissées et de visages figés dans une pose intemporelle.

Voir et observer dans un élan mystique dans le but de représenter un visage divin portant les symboles anthropomorphiques, de donner une image à l’ultime sagesse, de créer une tête de Maitreya en déchirant le vide, mais avec quels attributs ?

La divinité favorite de l’époque Wei (tartares) en Chine est le Bouddha Maitreya. Le nom miθra dans la langue avestique, langue indo-iranienne, signifiant « pacte,contrat, serment », dérive de *mitra, qui a pour racine mi- « unir, lier, attacher ». Rattaché au suffixe -tra- signifiant « créant, suscitant », le sens étymologique de miθra devient « qui cause l’attachement ». Le mot sanskrit maitreya est communément traduit par “amical” (Dictionnaire sanskrit-français) et semble se rattacher à la figure perse mithra (mitra). La représentation de Maitreya est souvent statuaire, de pierre ou de bronze plaqué or. Les plus beaux enchantements sont les statues du style Gandhara. Mais sa représentation rupestre est aussi un élément manifeste des muraux en Chine ou en Inde.(Maitreya, the future Buddha, Alan Sponberg and Helen Hardacre, Cambridge University Press, 1988)

Tel un dialogue entre mon âme et le Ciel, je poursuis ma recherche : une étude iconographique qui se concentre sur l’aspect immatériel. Vanité que de vouloir créer une image qui manifeste l’inexprimé, le non-manifesté, le mystère du non-dit, le génie dans sa simplicité originelle, d’une puissance ensevelie et engourdie, produit du passé et de l’ancien à la fois révolu et réapparu! Graal ou quête fondamentale de l’élément sacré, Maitreya que je poursuis aura la tête béante, sans front ni oval fermé, parce que s’abreuvant à la sapience céleste. La pluie savante et sage le nourrit, l’habite, véhiculant vers la terre des richesses inouïes. Mais seul son cou, non son corps, sera visible parce qu’il n’est pas. Il est ce prince de l’avenir, ce héros des temps futurs, ce noble voué à la prière, tourné vers l‘au-delà. Affublé d’oreilles incontestablement pour percevoir les chants magiques, les paroles divines et pour entendre les plaintes des hommes, signe de sa compassion. Ce sont là les prémices du Maitreya.

 

(The) capacity to invent a striking pattern, especially when applied to such familiar shapes as a head or a hand, is what is known as artistic imagination. Imagination is by no means first of all the invention of new subject matter, and not even the production of just any kind of new shape. Artistic imagination can be more nearly described as the finding of new form for old content, or - if the handy dichotomy of form and content is eschewed - as a fresh conception of an old subject. The invention of new things or situations is valuable only to the extent that they serve to interpret an old - that is, universal- topic of human experience

p.142, Art and Visual Perception by Rudolf Arnheim

La représentation visuelle a, depuis toujours et de par le monde, été privilégiée à la formulation des mots, a fortiori dans le domaine de la religion. Si pendant longtemps le Bouddha n’avait pas de statue à son image, elle fut créée pour faciliter la diffusion du bouddhisme et son culte par les masses populaires, comme si les yeux étaient mieux à même de comprendre. Le regard facilite la dévotion religieuse et se fixe sur l'objet de la prière. Au niveau supérieur, la fonction visuelle renforcée par la faculté du langage laisse une empreinte plus profonde . L'art permet la réification de l'objet mental. Comme s'il fallait extraire de nous-mêmes nos émotions pour mieux les contempler et les dénommer, ainsi en est-il du processus de vulgarisation des dogmes religieux. Mais comment codifier par l’image la preuve divine? Au-delà du jeu politique et de l'adaptation des images aux dogmes religieux, c'est l'importance des couleurs dans la transmission du message religieux qui m'intrigue. Ainsi l’ai-je compris lors de mon périple autour du monde, des grottes du Xinjiang et de l'Inde jusqu' à l'Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe. Si j’avais à établir ma propre codification avant l’image, je la voudrais représentative d'humilité, simple et humaine. Les yeux du visage divin, s'ils sont ouverts, doivent être immenses, à moins que je me résigne à refermer ses paupières à la manière des statues bouddhiques. Comme représentation de l’humilité, je prendrai pour couleur de robe le noir.

La lecture de deux articles sur le site academia.edu, The spread of Buddhism to China par Tansen Sen et Indian influence and Chinese creation par D. Chang Qing m'a amenée à réviser les notes anciennes regroupées sous le titre Sculpter le bouddhisme que j'avais écrites il y a quelques années.

Isn't that the best way to learn? To carry one's mistakes to their logical conclusion.

The Agony and the Ecstasy, Irving Stone

Sculpture cannot be taught by books or the spoken word: it must be experienced by the artist. Art is a command. The hands must be trained by practice, the mind by constant acquisition of knowledge, and the heart by its undefeated faith and desire to overcome all obstacles. For sculpture is a thorny road beset by barriers, defeats, and disappointments. Art is , however, made of the stuff that dreams are made of, and they say the dreamer is a favorite of the gods. To him they whisper theirs secrets, to him the moon reveals her inmost beauty, and the night will enfold him to her heart and guard him with her strong dark wings. The poet and the artist must be ready to harness Pegasus to pull a heavy load. Labor and fatique are the inevitable price of accomplishment, for no great creation is easily conceived or expressed. Art has been called the Holy Land where the initiates seek to reveal the spirituality of matter...The training of the hands to respond deftly to the mind is a distinct and joyful experience...Even though we generally fall far short of our aim, we still are impelled by this ever-flowing stream of hopeand desire to try again to supass ourselves. Failures are many and often devastating to our morale, but one or two bull's-eye successes will carry us over months of hard labor.

Malvina Hoffman

L’idéogramme bouddha est composé des caractères de l’homme et de la négation.

Le sens profond est, à l’évidence, avoir dépassé la sphère de la vie humaine minée par ses limitations et pénétré l’absolu

Truth and tradition in Chinese Buddhism, Reichelt, 1930

Ce qui rend particulier le mariage du bouddhisme et du taoïsme est précisément la double pensée de l’homme qui, dépassant la sphère de la vie humaine marquée par ses limitations, pénètre l’absolu et de celui qui ayant aimé la retraite et l’obscurité par-dessus tout, efface délibérément la trace de sa vie. Effacement qui n’est motivé, ni par un sentiment d’humilité, ni par une dévotion pour des méditations plus hautes, qui est amour de soi, paresse et dédain (Histoire des croyances religieuses et des opinions philosophiques en Chine, Léon Wieger, 1917).

S'il faut atteindre un objectif dans la sculpture en pierre d'un visage d'inspiration bouddhique, c'est celui que mentionne John H. Dryfhout dans The Work of Augustus Saint-Gaudens au sujet du Mémorial d’Adams une expression mimant une profound psychological content and mysterious aura et une suggestive abstraction and haunting grandeur. Les sculptures bouddhiques ont pour objet de provoquer l’éveil en répondant aux besoins de l’âme. Comparativement à ce but utilitaire, les règles esthétiques viennent en second.

first “seeing” in a mystical sense and later reproducing that personal vision of what is known by all and what will serve to replenish understanding

Sculpture in stone, Cami Santamera, 2001

Sculpter le bouddhisme

Sagesse…ensevelie dans une idolâtrie…Par un travers d’esprit assez commun, on abandonne une vérité dont la recherche était difficile, pour les mensonges qui lui servaient de voile.

Relation des Royaumes bouddhiques 佛国记 de 法显, Abel Rémusat, 1836

It must be realized at once that the keynote to Buddhist sculpture in China, at any rate during the earlier part of that religion's supremacy, is not corporeal representation, but intense spiritual realization.

An introduction to the study of Chinese sculpture, p.3, Leigh Ashton, 1924

Avant le premier siècle avant notre ère, le Bouddha n’avait jamais été représenté sous une forme humaine mais seulement par le biais des premiers symboles (ombrelle, empreinte de pas, buffle). Par la suite d’autres symboles s’ajoutèrent : l’arbre de la bodhi, la roue et le stupa (The origin of the Buddha image, Ananda k. Coomaraswamy, 1927). Les sculpteurs de l’école de pensée Gandhara furent les premiers à représenter le bouddha historique sous une forme anthropomorphique aux caractéristiques gréco-romaines, révélatrice non pas d’une origine mais d’une influence étrangère (Early Buddhist art in India, G.C. Chauley). L'une des statues du Bouddha les plus anciennes date du deuxième siècle avant notre ère et fut retrouvé durant le règne de Démétrios Ier l'invincible qui fut le souverain de l'Inde de 189 à 167 avant notre ère.

La légende rapporte l’histoire d’une statue en or du bouddha, rapportée à l’empereur par ses généraux d’une région au-delà de Yarkand (Xinjiang). C’est le modèle d’après lequel les statues bouddhiques auraient été façonnées par la suite en Chine (Relation des Royaumes bouddhiques 佛国记 de 法显, Abel Rémusat, 1836).

 

C’est la deuxième année avant notre ère qu’un ambassadeur des Tokhariens se présenta devant l’Empereur de Chine, chargé d’un certain nombre de livres sacrés. Plus de cent ans auparavant, en l’an 121 avant notre ère, une statue d’or gigantesque du bouddha, faisant partie du butin des campagnes militaires, fut apportée à la cour chinoise.

Chinese Buddhism, Eitel, 1870

En 207 avant Jésus-Christ, des missionnaires bouddhistes venus de l’Inde entrèrent en Chine et s’établirent dans la capitale de la province de Chen-si pour y prêcher. Ensuite vers l’an 122 avant Jésus-Christ, une statue d’or de Bouddha fut envoyée du Yicouhou ( ?) à l’Empereur par ses généraux qui avaient pénétré jusqu’à cette province située au-delà de Yarkand. Ce fut là l’origine et le modèle des statues de Bouddha en Chine.

L’empire chinois, Lamairesse, 1893

Selon The Buddha in the dragon gate, 2001, Jan Van Alphen, c'est vers 195 avant notre ère qu'il est fait pour la première fois mention d'une sculpture bouddhique en Chine. D’après 佛国造像艺术 ( 徐华铛编著), du fait de l’analphabétisme et du caractère abstrus de l’enseignement bouddhique transmis à travers les textes sacrés, l’objet statuaire est la concrétisation physique à la fois visuelle et palpable, et donc compréhensible, pour les besoins de la profession de foi. S’agissant de la représentation statuaire, il faut noter qu’à l’exception de quelques exemples,…avant la dynastie Song, les sourcils des figures bouddhiques chinoises ne se rejoignaient pas au milieu et tombaient en courbe droite sur les lignes du nez. An introduction to the study of Chinese sculpture, p.44, Leigh Ashton, 1924. Mais comment penser la tête du bouddha, siège de la conscience cosmique ?

S’ ajoute l’autre légende de l’empereur Ming qui rêva d’un homme au halo d’or, l’une des premières références littéraires au bouddha, le conduisant à envoyer une délégation vers l’Ouest (后汉记 et 后书记). Elle en revint avec deux moines indiens et un grand nombre de classiques bouddhiques. Ils furent transportés sur le dos d'un cheval blanc. Ainsi le temple érigé à Luoyang par l'empereur pour les moines et ceux qui vinrent après eux fut baptisé le Monastère du Cheval Blanc (Buddhism and Buddhists in China, Hodous, 1924). Si , par tradition, l’introduction du bouddhisme en Chine remonte à l’an 67-68, c’est plus exactement dans la seconde moitié du premier siècle et durant le deuxième siècle, qu’elle eut lieu. La déité favorite de l’époque des Wei, jusque vers 500 après notre ère, est le bouddha Maitreya, le bouddha du futur.

L'histoire n'est pas figée. Elle ne s'étend pas en ligne droite. Il y a des cycles historiques et des vagues d'influence qui suivent un mouvement de fond. Le bouddhisme est parvenu en Chine en saccades par la route terrestre depuis l'ouest mais aussi par la route maritime depuis l'Asie du Sud-est. Son évolution est complexe, balottée entre les influences extérieures et les efforts religieux ou politiques de sinisation. L'art bouddhique a suivi une évolution parallèle, embrassant des influences multiples, notamment de Gandhara et de Mathura. D. Chang Qing parle même d'une nouvelle vague d'indianisation largement exprimée à Qingzhou 青州 dans le Shandong et dans l'art au Sichuan du VIème siècle durant les dynasties du Nord et du Sud.

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The spread of Buddhism to China was a protracted process that involved people from different regions and ethnic groups. The credit should not all go to the ‘Indians’, nor should it be perceived as an outcome of the interactions between India and China. In fact, Buddhist missionaries from ‘India’ may not have played a significant role in the transmission of the doctrine before the fourth century (Zürcher 1999: 32). The famous story about the Han emperor Ming’s (r. 58–75 CE) dream about the Buddha, the subsequent arrival of the first two Buddhist monks from India and the building of the ‘first’ Chinese Buddhist monastery called the Baimasi (White Horse Monastery) are fabrications. The story of Emperor Ming’s dream was meant to link the introduction of Buddhism with the Chinese court in an attempt to give legitimacy to the foreign doctrine.

Tansen Sen

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Catalogue de la Bibliothèque du Congrès

Publié le par Ysia

Dans A descriptive Catalog of Rare Chinese books in the Library of Congress 美国国会图书馆藏中国善本书录 que Wang Zhongmin 王重民 a compilé et publié en 1957, il y est fait mention dans l'introduction en anglais de huit manuscrits de Dunhuang. Cependant seuls 6 manuscrits y sont répertoriés et confirmés dans son ouvrage ultérieur 中国善本书提要 (Shanghai,1983).

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Dans les pages présentées ci-dessus sont mentionnés les manuscrits suivants:

大般涅槃经卷第二

大般波罗蜜多经卷第二百六十六

大般波罗蜜多经卷第二百四十七

妙法莲华经卷第二

妙法莲华经卷第七

胜天王般若波罗蜜经卷第四

Les trois manuscrits du Sutra du Diamant 金刚般若波罗密经 cités dans les catalogues de 1957 et 1983 sont datés de l'époque Ming (美国国会图书馆藏中国善本书录, vol.2, p. 777,778,779):

Au terme d'un recensement récent effectué par la division de l'Asie, les manuscrits suivants sont répertoriés à ce jour, le 1er août 2016 :

勝天王般若波羅蜜多經 (第四)   (陳)月婆首那 譯   1卷    敦煌出初唐寫本

敦煌唐人寫經 (殘卷一頁) 抄寫者不詳   唐寫經殘卷

大般若波羅蜜多經 (第二百六十篇) (唐)玄奘 (三藏法師) 譯1函1册       1卷 敦煌出土唐寫本

大般若波羅蜜多經 (第二百四十七篇)   (唐)玄奘 (三藏法師) 譯  1函1册1卷 敦煌出土唐寫本

妙法蓮華經(卷七) (姚秦) 鳩摩羅什 譯    1卷       敦煌出土初唐寫本

妙法蓮華經(卷二) (姚秦) 鳩摩羅什 譯    1卷       敦煌出土中唐寫本

妙法蓮華經(序品一, 卷一) (姚秦) 鳩摩羅什 譯   1函     1册       1卷       敦煌寫本

妙法蓮華經(品十二, 卷五) (姚秦) 鳩摩羅什 譯   1函     1册       1卷       敦煌寫本

妙法蓮華經(品二十五, 卷八) (姚秦) 鳩摩羅什 譯1函     1册       1卷       敦煌寫本

大般涅磐經(卷二) (北涼)曇無懺 譯 1函1册1卷  敦煌初唐寫本

 

S'agissant du Sutra du diamant, deux manuscrits datant de la dynastie des Ming sont seulement mentionnés dans ce nouveau recensement:

金剛般若波羅蜜經         (姚秦)鳩摩羅什  譯         1函       2册       1卷       明萬曆年間刻本

金剛般若波羅蜜經         (姚秦)鳩摩羅什  譯         1函       1册       1卷       明抄本

Toutefois la politique de conservation en vigueur restreint leur accès par le public.

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Publié le par Ysia

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Que suis-je? un peu de poussière agrégée par un organisme.

V. Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, p. 42

S. Ainsi c’est ce que j’ai entendu. Le bouddha se trouvait alors dans le pays de Śrāvasti, le bois de Jeta, le parc de Anāthapindada, avec la foule des 1250 grands moines mendiants. Alors, au moment du repas, le vénéré du monde vêtu de sa robe et tenant sa sébile entra dans la grande cité de Śrāvasti pour y mendier son repas. Après avoir mendié dans l’ordre, il retourna à sa résidence d’origine. Le repas fini, il rangea sa sébile et son vêtement. Lui ayant lavé les pieds, on mit un siège à sa disposition et il s’assit. A ce moment, le vénérable Subhūti, au milieu de la foule, se leva de son siège, découvrit l’épaule droite et mit son genou droit à terre. Il joignit les mains révérencieusement et s’adressa au bouddha :

- Comme c’est rare, ô vénéré du monde ! Leur pensée ne le quittant pas, l'être Vérité guide bien les êtres qui aspirent à la voie. Vénéré du monde, les hommes et les femmes de bien qui aspirent à l’esprit d’éveil insurpassé et parfait, comment doivent-ils demeurer ? Comment doivent-ils discipliner leur esprit ?

Le bouddha déclara:

- Bien, bien Subhūti ! Comme tu le dis, leur pensée ne me quittant pas, moi, l'être Vérité, guide bien les êtres qui aspirent à la voie. A présent, écoute religieusement ce que je vais te dire. Les hommes et les femmes de bien qui aspirent à l’esprit d’éveil insurpassé et parfait doivent ainsi demeurer et ainsi discipliner leur esprit.

- Oh, oui , Vénéré du monde ! C’est avec joie que je souhaite vous entendre.

Le bouddha déclara à Subhūti :

- Tous les bodhisattvas, les grands êtres, doivent ainsi discipliner leur esprit. Quelle que soit l’espèce des créatures, qu’elles soient issues de l’œuf ou de l’utérus, d’un suintement ou d’une apparition, qu’elles aient une forme ou qu’elles n’en aient pas, qu’elles soient douées de cognition ou qu’elles ne le soient pas, ou ni l’un ni l’autre, je leur permets d’entrer dans le nirvāṇa où rien ne reste et les fais passer. C’est ainsi que s’éteignent et passent les immensurables, innombrables créatures à l’infini, mais réellement nulle créature ne s’éteint ni ne passe.

C. Ainsi c’est dans l’observance de ce qui est précédemment mentionné. Extinction et passage sont la grande libération. La grande libération, c’est quand passions et vices ainsi que l’entrave de tous nos actes passés sont complètement éteints et qu’il n’y a plus rien à assouvir, c’est ce que l’on appelle la grande libération. Les immensurables, innombrables créatures illimitées ont chacune en soi primitivement toutes les passions, convoitise et courroux et actes mauvais. Sans les éliminer, elles ne seront finalement pas libérées. C’est pourquoi il est dit c’est ainsi que s’éteignent et passent d’immensurables, innombrables créatures illimitées. Tous les êtres égarés peuvent s’éveiller à leur propre nature. Au commencement, nous savons que le bouddha était aveugle à son individualité et n’avait nulle conscience. Pourquoi ferait-il fait passer les créatures ? Ce n’est que parce que les êtres ordinaires ne voient pas leur propre esprit originel qu’ils n’entendent pas la volonté bouddhique. S’agrippant aux attributs de toutes les choses, ils ne pénètrent pas le principe du non-agir. Lorsque l’ego n’est pas éliminé, ils ont pour nom créatures. Si elles s’en détachent, aucune créature réellement ne s’éteindra ni ne passera. C’est pourquoi il est dit : quand l’esprit d’erreur ne réside nulle part, c’est l’éveil. La naissance et la mort sont fondamentalement égales au nirvāṇa. Où y-a-t-il extinction et passage ?

Mair also points out that many of the Chinese terms used by the early translators ‘cannot be characterized as “Daoist”’. These terms either did not occur in Daoist works (such as the word benwu 本無 [‘fundamental nothingness’], used for tathatha or ‘thusness’), or were not limited to Daoism (such as wuwei 無爲 [non-action] used to render nirvāṇa). Explaining the usage of the term wuwei, for example, Mair writes,
…[T]here is no indication that this was a part of a systematic, conscious policy to appropriate Daoist terminology that was allegedly known as geyi (格義). Furthermore, wuwei is used to render more than half a dozen different Sanskrit terms, and the negative wu is used at the beginning of more than two thousand words translated from Sanskrit. It would be ludicrous to insist that any Buddhist text which used the terms wu or wuwei be branded as Daoistic simply because they also occur in Daoist texts. (Mair, 2010: 248; see also p. 54 of this volume)
From Mair’s arguments it is clear that the early translators had a more difficult task of rendering Indian ideas into Chinese than simply borrowing from or allying with the Daoists. While it is true that Buddhism and Daoism infl uenced each other, the notion that there may have been collaboration between the two religions, or a dependence on Daoism when Buddhism fi rst entered China, is most likely erroneous. It may be more prudent to look at the similarities and contradictions between Buddhism and the Chinese popular beliefs and cults to understand the successful penetration of Buddhism into Chinese society.

Tansen Sen

S. Et pourquoi ? Subhūti, si les bodhisattvas possédaient les attributs du moi, de l' être humain, de toutes les créatures et de l’être vivant, ils ne seraient pas des bodhisattvas.

C. Toutes les créatures et la nature de bouddha ne sont radicalement pas différentes. Parce qu’elles possèdent les quatre attributs, elles ne pénètrent pas où rien ne reste. Ceux qui possèdent les quatre attributs sont toutes les créatures. Si elles ne les possédaient pas, elles seraient des bouddhas. Égarés, les bouddhas sont des êtres ordinaires. Éveillées, toutes les créatures sont des bouddhas. Lorsque les êtres égarés se prévalant de leurs biens, de leur savoir et de leur patronyme méprisent les autres, c’est l’attribut du moi. Bien qu’ils fassent preuve de charité, droiture, bienséance, sagesse et loyauté, ils sont si infatués d’eux-mêmes qu’ils ne cheminent pas dans le respect universel. Quand ils disent comprendre et appliquer charité, droiture, bienséance, sagesse et loyauté en manquant de respect, c’est l’attribut de l’être humain. Lorsque ce qui est bien revient à soi et que ce qui est mal est attribué aux autres, c’est l’attribut de toutes les créatures. Faire la distinction entre l’attachement et le renoncement à l’environnement de poussière, c’est l’attribut de l’être vivant. Voilà les quatre attributs des êtres ordinaires. Ceux qui cultivent le cheminement possèdent eux aussi les quatre attributs. Leur esprit saturé de facultés actives et passives, ils méprisent toutes les créatures ; c’est l’attribut du moi. Bien qu’ils aient la prétention de suivre les préceptes, ils les dédaignent et les enfreignent ; c’est l’attribut de l’être humain. Maudissant les trois peines expiatoires tout en faisant vœu de naître aux cieux, c’est l’attribut de toutes les créatures. En quête de longévité, s'ils cultivent avec zèle les actes méritoires sans rompre toutes les chaînes, c’est l’attribut de l'être vivant. Posséder les quatre attributs; ce sont toutes les créatures. Sans plus les posséder; ce sont des bouddhas.

S. En outre, Subhūti, les bodhisattvas, sous l’égide de la loi, ne doivent demeurer nulle part lorsqu’ils font l’aumône, c’est ce qui s'appelle faire l’aumône sans demeurer ni dans la forme, ni dans le son, ni dans l’odeur, ni dans la saveur, ni dans le toucher, ni dans les objets virtuels.

C. Quand les hommes ordinaires font l’aumône, ils implorent de recevoir un traitement digne et le plaisir des cinq sens. C’est pourquoi leur rétribution est la descente dans le bourbier des trois voies infernales. Le Vénéré du monde, dans sa grande compassion, enseigne la pratique de l’aumône sans attribut qui consiste à n’implorer de recevoir ni traitement digne ni plaisir des cinq sens. En les encourageant intérieurement de réduire à néant leur mesquinerie, il fait bénéficier extérieurement toutes les créatures. Ainsi s’ils s’y accordent, c’est ce qui s’appelle faire l’aumône sans se fixer sur la forme.

S. Subhūti, les bodhisattvas doivent ainsi faire l’aumône sans demeurer au sein des attributs.

C. C’est ainsi qu’il faut faire l’aumône, l’esprit exempt de tout attribut, car celui dont l'esprit ne peut concevoir le don ne voit pas ce qu’il donne ni ne reconnaît celui qui reçoit.

S. Et pourquoi ? Les vertus méritoires des bodhisattvas qui font l’aumône sans demeurer au sein des attributs sont inconcevables.

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