Dhruvi Acharya

Publié le par Ysia

 

Un article dans Le Monde Diplomatique m’a fait découvrir la très talentueuse artiste indienne Dhruvi Acharya.

 

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L’éternité par les astres

Publié le par Ysia

 

Louis Auguste Blanqui (1825-1881) dans son œuvre  L’éternité par les astres, parue en 1872, écrivait sur l’Univers, la géométrie et l’être humain, détail insignifiant au regard de l’infini qui ne saurait se présenter que “sous l’aspect de l’indéfini”(p.5):

 

L’univers est infini dans le temps et dans l’espace, éternel, sans bornes et indivisible. Tous les corps, animés et inanimés, solides, liquides et gazeux, sont reliés l’un à l’autre par les choses même qui les séparent. Tout se tient. (p.4)

 

L’infini relève de la géométrie et n’a rien à voir avec l’algèbre. L’algèbre est quelquefois un jeu ; la géométrie jamais. L’algèbre fouille à l’aveuglette, comme la taupe. Elle ne trouve qu’au bout de celte course à tâtons un résultat qui est souvent une belle formule, parfois une mystification La géométrie n’entre jamais dans l’ombre, elle tient nos yeux fixes sur les trois dimensions qui n’admettent pas les sophismes et les tours de passe-passe. Elle nous dit : Regardez ces milliers de globes, faible coin de l’univers, et rappelez-vous leur histoire. Une conflagration les a tirés du sein de la mort et les a lancés dans l’espace, nébuleuses immenses, origine d’une nouvelle voie lactée. Par une, nous saurons la destinée de toutes.(p.32)

 

 

Les événements ne créent pas seuls des variantes humaines. Quel homme ne se trouve parfois en présence de deux carrières ? Celle dont il se détourne lui ferait une vie bien différente, tout en le laissant la même individualité. L’une conduit à la misère, à la honte, à la servitude. L’autre menait à la gloire, à la liberté. Ici une femme charmante et le bonheur ; là une furie et la désolation. Je parle pour les deux sexes. On prend au hasard ou au choix, n’importe, on n’échappe pas à la fatalité.(p.36)

Omega Nebula (M17)

Omega Nebula (M17)

Publié dans Les deux infinis

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Clair-Obscur

Publié le par Ysia

Violette

Violette

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes,
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur;

L'isolement, Alphonse de Lamartine

 

Pour les réalistes, une particule devient “une sorte de singularité au sein d'un phénomène ondulatoire étendu, le tout ne formant qu'une seule réalité physique. Le mouvement de la singularité étant lié à l'évolution du phénomène ondulatoire dont elle était le centre se trouverait dépendre de toutes les circonstances que ce phénomène ondulatoire rencontrerait dans sa propagation dans l'espace” (De Broglie ). Aux faces complémentaires de la réalité se substitue la toute-puissance du principe de localité. 

 

Existe-t-il une réalité physique indépendante de l'observateur? Il faut entendre par là une réalité objective. Dire que tout existe en tant que potentialités néglige le fait qu'il y ait différents degrés de probabilité calculés en fonction du contexte. 

 

L’ouvrage paru l’an dernier de Lee Smolin, Einstein’s Unfinished Revolution, décrit les savants Heisenberg et Bohr comme les champions d’un idéalisme scientifique. Dans le même discours cité plus haut, De Broglie l’explique comme suit:

 

 

M. Bohr, qui est l'un des plus grands savants de notre époque, mais qui est un peu le Rembrandt de la Physique contemporaine, car il manifeste parfois un certain goût pour le «clair obscur», a dit des corpuscules qu'ils sont «unsharply defined individuals within finite space-time limits». Quant à l'onde, elle perd aussi, plus totalement encore que le corpuscule, sa signification physique ancienne : elle n'est plus qu'une représentation de probabilités (un élément de prévision, dit M. Destouches) dépendant des connaissances acquises par celui qui l'emploie. Elle est personnelle et subjective comme le sont les répartitions de probabilité et, comme elles, elle se modifie brusquement quand l'utilisateur acquiert de nouvelles informations : c'est là ce que M. Heisenberg a appelé la «réduction du paquet d'ondes par la mesure», réduction qui suffirait à elle seule à démontrer le caractère non physique de l'onde Psi. 

 

Entre idéalisme et réalisme où se cache la vérité?

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Annulation du 28ème Festival annuel du film sur l'environnement

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La grenouille poète

Publié le par Ysia

Michael Heizer, Compression Line, Glenstone

Michael Heizer, Compression Line, Glenstone

 

Je suis allée assister à un débat littéraire sur le livre  Vigil: Hong Kong on the Brink de Jeff Wasserstrom et en suis sortie avec, dans l'esprit, l'allégorie de la grenouille qui représente, pour moi, le niveau d’accoutumance aux dangers auxquels fait face l'humanité dans son ensemble, notre acceptation de la misère humaine. Chaque grenouille, suivant ses dispositions individuelles, fait face à plusieurs choix: elle peut continuer à ignorer la situation ambiante, protester ou s’échapper physiquement ou mentalement pour philosopher sur la nature de l’eau.  Il nous appartient de revaloriser la sensibilité et d'étendre notre cercle de compassion de tous les êtres à la planète.

Andy Goldsworthy, Boulder, Glenstone

Andy Goldsworthy, Boulder, Glenstone

 

S’il faut se confronter à la misère du monde, alors si on parle de Hong Kong, il faut aussi parler du Xinjiang. Si on parle de l'Irak, il faut aussi parler du Yémen. Si on parle de la Somalie, il faut aussi parler de la République centrafricaine. Si on parle de la République démocratique du Congo, il faut aussi mentionner le Sud du Soudan. Et si on parle de l'Afghanistan, il faut parler de la crise des opioïdes et de l'augmentation des taux de suicide parmi les militaires. Et pourquoi ne pas parler non plus des sans-abri ?

Glenstone

Glenstone

 

Mais la grenouille qui médite sur la nature de l’eau préfère la poésie. L’Univers, croit-elle, est une poésie et l'humanité, une forêt de cerveaux ambulants. Elle préfère étancher sa soif aux fontaines du passé, à celles que l’on croit taries parce que devenues souterraines, retranchées dans l’inconscient de l’humanité. Entre les paroles d’Utpaladeva et les mots de Miguel de Unamuno, elle reprend juste pour un bref instant son dialogue intérieur.

In the back of my mind, Marble, 2017

In the back of my mind, Marble, 2017

Il y a tant à dire sur la nécessité de mettre en lumière et de développer les idées de ceux qui nous ont précédé, sur le fait que nombre de concepts ont été énoncés au cours des siècles et d'autres reformulés et que les idées sont des graines que l’on se transmet les uns les autres et que l’on puise au fond de chaque être, comme l’eau d’un puits. Mais les idées, comme des rayons cosmiques, portent en elles la quintessence de leur devenir: elles ne forment pas de ligne droite. Elles se heurtent à d’autres formes de pensée et s’entremêlent pour en créer de nouvelles. 

 

 

Entraîné dans les flots de la conscience, l’être se retourne inexorablement vers l’amont dans l'espoir de garder en mémoire l’empreinte de l’Univers. Je trouve vérité dans le fait que la conscience, affublée des oripeaux de l’existence humaine, n’est qu’un « éclair entre deux éternités de ténèbres »*(p.19) entre ce qui n’est plus et ce qui sera, entre l’abysse fantôme et le monde de matière car elle n’est en apparence qu’une fragile étincelle mais, en réalité, je crois que mon tout dernier souffle de vie, emporté par le vent vers les ondes cosmiques, rejoindra ceux qui m'ont précédé dans la ronde incessante de l'Univers.

 

Du sentiment tragique de la vie au sentiment tragique de l’isolement de la conscience individuelle, est-ce l'Univers qui est une série infinie de structures auto-organisées ou la Conscience qui se structure et se déstructure indéfiniment? Ainsi l’avait écrit Miguel de Unamuno que « la conscience de l’Univers est composée par intégration des consciences des parties qui forment l’Univers et que même si elle se structure et se déstructure, elle n’est pas distincte des consciences qui la composent » * (p.183), que c’est bien  « la Conscience du tout qui s’efforce de devenir conscience de chaque partie »* ( p.282), et c'est d'elle que tient chaque conscience partielle.

 

La conscience, au rythme de l’évolution et par le jeu de mutations génétiques, s’exprime à travers tous les êtres. Comme une lame de fond, elle s’engouffre dans l’être, récepteur d’émissions, qui y répond. Ce qui les sépare est la capacité inhérente à chacun de la véhiculer.

 

On pourra me reprocher de commettre l’erreur de projeter la conscience dans l’Univers, ce que Miguel explique par le fait que l’être sensible ne saurait se résigner à être seul dans l’Univers et qu’il souhaite « sauver sa subjectivité vitale ou passionnelle en rendant tout l’Univers vivant, personnel, et animé » *(p.174). Mais si la conscience n’est que le fruit de l’imagination de l'être sensible, faut-il dès lors accepter que l’Histoire n'est qu’une « fatidique procession de fantômes allant du néant au néant» ? * (p.54).

 

Il n’y a pas d’essence strictement individuelle. La conscience a pour attribut sa mémoire cellulaire. La conscience universelle, archive du passé en nous recelée, se dérobe sous les éboulis du temps. Comment appréhender une conscience infinie? D'où est née l’apparente division des consciences? Et comment la dépasser?

 

Je trouve par ailleurs particulièrement frappant la métaphore du diamant, que l’on trouve notamment dans les œuvres bouddhiques.  Et si ce dont parlait le Sûtra du diamant était la Conscience dont l’absence de demeure est la Substance et la subtile réalité son Usage ? Miguel écrit: «si ce diamant est au même titre que ma conscience, idée ou esprit - dès lors que tout est bien, ou que tout est esprit - on ne voit pas pourquoi le diamant ne devrait pas persister éternellement puisque ce devrait être le cas pour ma conscience, du simple fait qu’elle serait idée ou esprit»* (p.105).

Dans l’Univers existentiel, il y a la montagne de l’ego.
A l’intérieur de la montagne de l’ego, il y a la mine des passions.
Dans la mine des passions, il y a le joyau de la nature bouddhique.
Au cœur du joyau de la nature bouddhique, il y a l’orfèvre de sagesse.
Que l’orfèvre de sagesse perce la montagne de l’ego et découvre la mine des passions.
Par la fonte du minerai sous le feu de son illumination, il verra le diamant de la nature bouddhique qui brillera par la pureté de son éclat.

Préface du commentaire sur le Vajracchedikâ Sûtra

 

* Miguel DE UNAMUNO, DU SENTIMENT TRAGIQUE DE LA VIE chez les hommes et chez les peuples (1913) et quelques textes inédits. Traduction de l'espagnol (castillan), édition numérique, index et notes par Olivier Gaiffe 

Glenstone

Glenstone

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Films indépendants

Publié le par Ysia

 

 

Lors d’un apprentissage de soudure, j’ai eu le plaisir de rencontrer le producteur de films indépendants Michael Ford, membre de l’Association des forgerons du Potomac, un personnage attachant au parcours captivant,  dont l’American Folklife Center de la Bibliothèque du Congrès a acquis la collection de films et de photographies ayant trait au Nord du Mississippi. Il m’a fait découvrir des perles documentaires comme Return to Belaye réalisé par Amy Flannery.

 

Cette rencontre impromptue m’a conforté d'autant plus dans mon appréciation des films indépendants et des festivals dont la raison d’être est de mieux les faire connaître. Si vous vous trouvez à Paris, un festival du film ethnographique s’y tient également. Ce sera en avril au Théâtre Lepic.

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Musée des Beaux-Arts de Virginie (Richmond)

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Man and Vegetation, Sandro Chia, Bronze, 1983

Man and Vegetation, Sandro Chia, Bronze, 1983

The Woman, Dieter Hacker, 1982

The Woman, Dieter Hacker, 1982

Cleopatra, William Wetmore Story, Marbre, 1865
Cleopatra, William Wetmore Story, Marbre, 1865

Cleopatra, William Wetmore Story, Marbre, 1865

The Cup of Death, Elihu Vedder, 1885

The Cup of Death, Elihu Vedder, 1885

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Statues intemporelles

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George Washington, Jean-Antoine Houdon, 1788, Virginia State Capitol, Richmond (Virginie)
George Washington, Jean-Antoine Houdon, 1788, Virginia State Capitol, Richmond (Virginie)
George Washington, Jean-Antoine Houdon, 1788, Virginia State Capitol, Richmond (Virginie)

George Washington, Jean-Antoine Houdon, 1788, Virginia State Capitol, Richmond (Virginie)

De George Washington aux rumeurs de guerre...

Rumors of War, Kehinde Wiley, 2019, Richmond (Virginie)
Rumors of War, Kehinde Wiley, 2019, Richmond (Virginie)

Rumors of War, Kehinde Wiley, 2019, Richmond (Virginie)

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Cinquième festival du film de langue maternelle

Publié le par Ysia

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Donation de Méditation

Publié le par Ysia

La loi des trois dons, c'est le don de soi, de la chose donnée et de l'autre qui reçoit et ainsi comprendre sa peine et l'accepter. Accepter que je n'ai droit à rien sans rien attendre ni escompter. S'il y a bien une chose que j'ai apprise est que je dois m'effacer, oublier mes efforts, le temps, le dévouement, les sentiments et faire abstraction de l'autre quel qu'il soit. M'oublier moi-même et faire abnégation de tout ce qui est moi, mien et l'autre.

La gauchère dans le miroir

Bye bye, Meditation

Bye bye, Meditation

La déesse jadis s'est enfuie dans la lune.

Nous frappons à la porte de la bonzerie suspendue dans les nuages,

Par les plantes grimpantes emprisonnée.

La talentueuse Xuanji ne peut entrer

Alors que Sun Chuo connaît l’éveil.

Qui est le pieux laïc à moitié éveillé ?

C'est celui qui attend après le plus petit des trois Véhicules.

Quand les pieux laïcs offriront-ils un banquet maigre ?

Dans le monde de fraîcheur du mont Wutai,

La verve poétique illusoire est chassée !

 

Les courtisanes arborent des sourires

Tandis que ce jour s’écoule dans la bonzerie de mon pays natal.

Compatissant, tu as laissé quelques beaux vers dont j'ai le chant acclamé.

Sous le frais ombrage des bambous,

Tu séjournes au loin sur le mont Gajasîrsa.

Aux bâtiments couverts de chaume

Pend le lichen d’une beauté ravissante.

Sous la splendeur de la lumière automnale

Poussent les chrysanthèmes au pied de la clôture de bambous.

L'esprit vagabond transmet la méditation illusoire. (Le dévouement du marchand, trad. par Catherine Toulsaly, 2008)

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