Union des irréconciliables

Publié le par Ysia

Le principe d’impermanence ne saurait garantir la permanence des choses, des êtres et des sentiments. Chaque être rencontré, expérience vécue aiguillent le cheminement spirituel individuel. Il n’y a rien à pardonner.

De la difficulté de séparer la réalité de l’imagination. La participation mystique définit le lien profond entre l’homme et les objets qui l'environnent et sa propension à donner forme humaine aux choses animées et inanimées et aux phénomènes : vallée, arbre, feu, bison, lion, oiseau… N’est-ce pas là l’origine de la thérianthropie ? La vie est un souffle qui s'introduit dans un libre va-et-vient dans tous les orifices.

C.G. Jung a dressé un pont psychologique entre l’Est et l’Ouest grâce à ses efforts de rationalisation des préceptes métaphysiques et des grandes orientations des mythes anciens. Mais il y a aussi le rêve dit télépathique, qui semble nous lier irrésistiblement à d’autres, parfois contre notre propre sens commun, comme un dialogue qui s’installe à distance, à notre insu, pour compenser le manque de communication ou sa difficulté dans les faits. Les acteurs connus ou inconnus mis en scène dans le rêve ne sont que la transposition rationnelle d'un échange symbolique entre les éléments constitutifs qui forment la totalité de l'être : l'ego, l'âme, le Soi et l'ombre sur le modèle du Prince charmant (ego) et de Cendrillon (ombre)...

L’idée créatrice, la toute première idée, jet originel naît d'un processus associatif. Les rêves sont-ils une anticipation d’événements futurs ou une reconstruction d’expériences passées ? Jouent-ils le rôle de gardiens de notre mémoire collective ou individuelle ? Les rêves infirment ou confirment notre compréhension de la vie. Si notre évaluation est correcte, le rêve le confirmera. Si nous nous leurrons, le rêve nous révèlera notre erreur, répudiant ou approuvant la logique consciente du rêveur. L’inconscient est le garant de notre santé psychique. Une pulsion physique provoquée par un mal de vivre que le rêve répondant à ce déclic cherche à résorber.

L'Union des irréconciliables fait référence à l'équilibre précaire entre les eaux profondes de l'inconscient et les pouvoirs ignés de la conscience.

 

    union of irreconciliables

Cette peinture indienne du mariage entre l'eau et le feu, originellement tirée de Nikolaus Mueller, Glauben, Wissen and Kunst der Alten Hindus, Mainz 1822 (C.G. Jung, Dreams, p. 221, Princeton University Press, 1974), est réminiscente du mythe de Héphaïstos qui, secouru par deux divinités marines de la cruauté de sa  propre mère, recouvre ses forces dans une grotte sous-marine. C'est dans les profondeurs de notre inconscient que nous puisons le courage d'affronter la réalité quotidienne.

La conscience, forme complexe de préhension, est multiple et pluridimensionnelle. Elle fonctionne comme une lame déferlante, un flot saccadé de pulsions instantanées. Le cerveau tel un récepteur d’émissions fait jaillir la conscience de l’inconscient endormi.

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