Section 1.4

Publié le par Ysia

S. Alors, au moment du repas, le vénéré du monde (1) vêtu de la robe et tenant la sébile (2) entra dans la grande cité de Śrāvasti pour y mendier de la nourriture (3).

C. Alors, c’est à ce moment en cette matinée (4). C’est lorsqu’il va être le moment de déjeuner. Vêtu de la robe et tenant la sébile, ce sont les marques de l’enseignement exotérique. La grande cité de Śrāvasti, c’est la cité de l’abondance et de la vertu (5) dans le pays de Śrāvasti où s’est établi le roi Prasenajit. C’est pourquoi il est dit  la cité de Śrāvasti. Lorsque l’on dit mendier de la nourriture, c’est pour signifier que l'être Vérité s’abaisse au niveau de tous les êtres.4

(1) Je traduis littéralement 世尊. Il s’agit suivant les commentaires de l’un des épithètes communément employés pour désigner le bouddha. En sanskrit bhagavat, c'est celui qui possède des qualités, celui qui possède la gloire, celui qui a le pouvoir de briser (Lamotte, Tome I, p.115-126)

(2) Il s’agit en sanskrit du terme pātra. Bien que la tradition veut que le bouddha utilise un bol de pierre, j’emploie le mot sébile, s’agissant de la coupe avec laquelle les mendiants demandent l’aumône.

(3) Comme il a été précédemment noté, l’objet de la mendicité englobe la nourriture du corps et celle de l’esprit. Vouloir tendre vers la vérité, c’est la raison de la mendicité. Zongmi cite sur ce point le Nirvāna Sūtra : Vous tous, les bhiksu, bien que vous pratiquiez la mendicité, jamais auparavant vous n’aviez mendié la loi du Grand Véhicule. La raison pour laquelle le tathāgata mendie, c’est qu’il veut montrer la vertu méritoire du dépouillement.

(4) Il s'agit de l'intervalle entre 7 et 9 heures. Le bouddha et les bhiksus vivent de la mendicité et observent le jeûne du midi. C'est pourquoi ils vont en ville pour y mendier leur repas généralement à ce moment-là. Voyant le moment où il doit mendier son repas arriver, vêtu de son vêtement et tenant sa sébile, il va pour entrer dans la cité.

(5) Śrāvasti est en effet surnommée la cité de la vertu de l’abondance. Kuiji y fait notamment référence.

Publié dans Bouddhisme Zen

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