Section 1.3

Publié le par Ysia

S. Il était ensemble avec la foule des 1250 grands (1) moines mendiants.

C. Lorsque l’on dit avec (2), c’est que le bouddha était avec les moines mendiants dans l’aire sans attribut de la sapience adamantine. C’est pourquoi l’on dit avec. Les grands moines mendiants, ce sont les grands arhats.  Bhiksu (3) est un mot sanskrit. Dans le pays des Tang, l’on dit  ceux qui peuvent briser les six ravisseurs (4). C’est pourquoi ils sont dénommés  bhiksu. La foule, c’est la multitude. Mille deux cent cinquante (5) est leur nombre. Ensemble, c’est qu’ils sont simultanément présents dans l’assemblée aux membres égaux devant la loi (6)

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(1) Ici il est question de l’assemblée des grands bhiksu, expression confirmée par le commentaire de Huineng. Le traité, T.1, p.198-199, donne cette variante : Avec une grande assemblée de Bhiksu.

(2) sārdham « avec » marque l’unité de lieu, de temps, de pensée, de moralité, de vues, de chemin et de délivrance. (id., p.199)

(3) On prête plusieurs significations au terme bhiksu. Il s’agit d’un mendiant, de celui qui mendie à la fois pour nourrir son corps – nourriture terrestre – et son esprit – nourriture spirituelle. Ce besoin de spiritualité est souligné dans le 坛经, section 3: A présent que je suis venu de si loin vous saluer, je ne recherche rien d’autre que la loi bouddhique afin de devenir bouddha (Sūtra de la plate-forme, p.31). Selon sa première étymologie,  bhi signifie trancher et ksu signifie passion. On appelle Bhiksu l’homme qui a tranché ses passions. En seconde étymologie, bhi signifie épouvanter et ksu signifie pouvoir. (On appelle Bhiksu) celui qui a le pouvoir d’épouvanter le roi Māra et son peuple (Le Traité, T. 1, p.199-202). Il s’agit également de celui qui est entré en religion et qui a reçu les préceptes.

(4) les six ravisseurs que sont les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps et l’esprit sont cités dans le 坛经, section 31 : Etant doué d’une nature propre constamment pure, c’est rejeter les six ravisseurs par les six portes, et, au milieu des six poussières, n’être ni détaché ni souillé dans un libre va-et-vient. Par leur pouvoir de séduction, les six ravisseurs ravissent notre puissance et la richesse de la loi.

(5) Peut-on vraiment parler de 1250 bhiksu ? L’assemblée n’était pas qu’essentiellement composée de bhiksu. Le terme générique adopté est bhiksu. Les traductions du sanskrit font plus généralement référence à la présence de bodhisattvas et d’être supérieurs. Kuiji 窥基 (T.1700) confirme qu’en réalité il y avait dans l’assemblée des bodhisattvas et les huit catégories d’êtres.  Selon Max Müller (“The Vagrakkhedikâ or Diamond-cutter” (Anecdota Oxoniensia:1881) dans Sacred Books of the East, N.Y.: Dover Publications, 1969, vol.49, p.111), ce nombre comprend  500 disciples de Uruvilva-kāsyapa, 300 de Gayā- kāsyapa, 200 de Nadī- kāsyapa, 150 de Sāriputra et 100 de Maudgalyāna. Zongmi 宗蜜(T.1701)  - de même que Zhiyi 智顗 (T.1698) - fait de la même manière référence aux cinq premiers disciples dont Kaundiya et aux trois frères Kasyāpa dont les propres disciples sont au nombre de mille ainsi que Sāriputra et Maudgalyāna  avec chacun cent disciples et les cinquante vénérables anciens dont Yasa.

(6) l’assemblée aux membres égaux devant la loi, nommée assemblée indifférenciée fait référence à panca-parisad, la communauté entière des moines vivant en totale harmonie, selon Zongmi 宗蜜(T.1701).

 

 

Publié dans Bouddhisme Zen

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