Section 2.4

Publié le par Ysia

S. Leur pensée ne le quittant pas, l'être Vérité guide (1) bien les êtres qui aspirent à la voie (2).

C. Leur pensée ne le quittant pas, c’est que l'être Vérité, grâce à la loi de sapience qui mène sur l’autre rive, songe aux bodhisattvas. Guide, c’est que l'être Vérité, grâce à la loi de sapience qui mène sur l’autre rive, dirige Subhūti et tous les bodhisattvas. Dire que leur pensée ne le quitte pas, c’est qu’il fait en sorte que tous les disciples, grâce à la connaissance de sapience, maintiennent leur corps et leurs pensées sans que ne surgissent confusément ni affection ni aversion, de sorte qu’ils ne sont pas souillés extérieurement par les six poussières ni ne sombrent dans l’océan douloureux de naissance et de mort. En leur esprit, quand chaque pensée est constamment juste sans que surgisse l’erreur, c’est l'être Vérité en leur nature propre qui maintient leurs pensées. Dire qu’il les guide bien, c’est que les pensées passées, pures et immaculées commandent aux pensées futures qui elles-mêmes étant pures et immaculées, il n’y a entre elles nulle séparation. Parvenu à sa libération ultime, l'être Vérité instruit scrupuleusement les êtres et, au cœur de la foule assemblée, s’y appliquera constamment. C’est pourquoi il est dit qu’il les guide bien. Bodhisattva est un mot sanskrit. Dans la Chine des Tang, on dit : l’être qui aspire à la voie, également l’être sensible illuminé (3). Celui qui aspire à la voie montre constamment de la révérence. Même les âmes rampantes (4), c’est tous les aimer respectueusement et sans dédain. C’est pourquoi il se nomme bodhisattva.

 

(1) Il s'agit d'une des assertions les plus fondamentales. Je voulais sans tenir compte de sa forme grammaticale la traduire par  Le tathāgata "veille bien sur les pensées" des bodhisattvas et les dirige bien puisqu'il s'agit pour 护念, si je me réfère à sa définition, de faire en sorte à l’extérieur que le mal ne pénètre et à l’intérieur que naisse le bien et suivant l’explication du moine Shengyin 圣印 dans son oeuvre 六祖坛经讲话 que , c’est constamment penser à la loi bouddhique sans l’oublier. Huijing explique séparément les termes et . Notons que Lee Shaochang confirme l’importance des deux caractères et les transcrit par remember and protect (p.28). Il faut discerner deux aspects : l’un intérieur, l’autre extérieur, comme le note Jizang (p.22)  Faire en sorte que la vertu intérieure soit ferme et solide se nomme maintenir ses pensées. Rendre concrète la vertu extérieure se nomme la bonne direction. Jizang explique combien cet événement de prédication est rare et combien louable est cet acte de la parole du bouddha qui garde les bodhisattvas dans la bonne direction.Il s’agit de maintenir le fil de ses pensées dans le temps, sachant prédire du mieux possible, fermement, universellement et distinctement et qu’il s’agit d’instruire pour entrer dans l’aire de paix en se conformant à la loi, en transmettant l’enseignement, sans égarement, pieusement et respectueusement..

Notons qu’il existe deux calligraphies pour fuzhu ce qui signifie soit confier à soit ordonner. Zhuavec la racine de la bouche dans les traductions de Kumārajīva, Bodhiruci, Paramārtha, Dharmagupta, Yijing, Xuanzang et les commentaires T.1511, T.1513,T.1514 et de Sengzhao, Zongmi, Jizang, Zhiyan, Zhiyi, Kuiji et Huineng. Zhu sans la racine de la bouche dans les commentaires T.1510 et de Bodhiruci, Huijing, Daochuan. Considérant les textes des traducteurs occidentaux, l’avis reste partagé quant à la traduction de fuzhu. Poppe traduit par give well to, Beal par instruct. Lee Shaochang là encore donne une double traduction instruct and guide.

(2) bodhisattva

(3) Zongmi donne trois explications  pour cet être sensible illuminé: Bodhiruci   (T.1512) explique qu’il existe deux sortes de bodhisattva : 1. Celui qui, dès la première étape, s’est échappé du monde c’est-à-dire qui a dépassé le cycle de naissance et de mort ; 2. Celui qui n’a pas encore franchi la première étape. Ceux-là rassemblent ceux qui sont ordinaires extérieurement et ceux qui sont  intérieurement ordinaires. Ces derniers sont ceux dont les racines sont mûres et ceux dont les racines ne sont pas encore mûres.

(4) Traduction littérale de 蠢动含灵signifiant toutes les créatures vivantes ou animales.

 

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Publié dans Bouddhisme Zen

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