Papier anthropologique

Publié le par Ysia


 

...intelli­gence et instinct sont des formes de conscience qui ont dû s'entrepénétrer à l'état rudimentaire et se dissocier en grandissant. Ce développement s'est effectué sur les deux grandes lignes d'évolution de la vie animale, avec les Arthropodes et les Vertébrés...Pensons donc à une fourmi que traverserait une lueur de réflexion et qui jugerait alors qu'elle a bien tort de travailler sans relâche pour les autres. Ses velléités de paresse ne dureraient d'ailleurs que quelques instants, le temps que brillerait l'éclair d'intelligence. Au dernier de ces instants, alors que l'instinct, reprenant le dessus, la ramènerait de vive force à sa tâche, l'intelli­gence que va résorber l'instinct dirait en guise d'adieu : il faut parce qu'il faut (Henri Bergson, Les deux Sources de la morale et de la religion. Est-ce la conscience qui a précédé l’homme ou l’homme qui a précédé la conscience ? LUNA, le dernier ancêtre commun universel, celui de l'homme et de la fourmi, il y a quelque deux milliards quatre cent millions d’années, est une étape décisive sur le chemin de l’humanité. Ni bactérie, ni eucharyote, ni archée...

 

 

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toute morale, pression ou aspiration, est d'essence biologique. (ibid., p.61)

 

De l’évolution intentionnelle à l’évolution accidentelle, comment définir cet élan vital ? Pourquoi ce saut des Origines à la vie ? Si nous tirons notre humanité historiquement de l’attachement originel pour notre progéniture, il nous appartient au fil des siècles de revaloriser la sensibilité, d'étendre notre cercle de compassion de nos proches aux autres, de notre lieu natal au pays, de notre race aux êtres humains, des arbres à la planète. Biophilie… C’est le but qui fait l’objet et non l’objet qui fait le but. 

 

... l'idée plus raffinée d'un principe qui animerait le corps comme un souffle ; ce souffle (anemos) s'est lui-même peu à peu spiritualisé en âme (anima ou animus)...  Elle aboutit à la représentation d'une force répandue dans l'ensemble de la nature et se partageant entre les objets et les êtres individuels. Cette représentation, la science des religions la tient géné­ralement pour primitive. On nous parle du « mana » polynésien, dont l'analogue se retrouve ailleurs sous des noms divers : « wakanda » des Sioux, « orna » des Iroquois, « pantang » des Malais, etc. Selon les uns, le « mana » serait un principe universel de vie et constituerait en particulier, pour parler notre langage, la substance des âmes. Selon d'autres, ce serait plutôt une force qui viendrait par surcroît et que l'âme, comme d'ailleurs toute autre chose, pourrait capter, mais qui n'appartiendrait pas à l'âme essen­tiellement. Durkheim, qui semble raisonner dans la première hypothèse, veut que le « mana » fournisse le principe totémique par lequel communieraient les mem­bres du clan; l'âme serait une individualisation directe du « totem » et participerait du « mana » par cet intermédiaire. (ibid., p.82)


Quelle est l’origine de mana et de Pele dans la mythologie polynésienne ? Odyssée de l’Asie du Sud-Est, Sumatra ou Inde, à la Polynésie en passant par les îles des Caraïbes...Dans l’Assemblée des Océans, les fils et filles du Dieu Soleil s’embarquèrent à la conquête du monde. Vairocana, créateur de l’Univers, symbolise la vacuité par laquelle tout a commencé. Il n’y a pas d’arbre de vie, tout juste un buisson furtif.

 

Que veut dire Pelé? La montagne Pelée n'est pas pelée, — mais très boisée ... Il faut donc chercher une autre origine du nom. D'abord consultons la mythologie…ll est fort probable que ce n'est pas en l'honneur du père d'Achille que le mont de la Martinique a reçu son nom. Néanmoins, la migration des légendes est chose courante dans le globe... Des archipels méditerranéens, passons aux archipels océaniens. Dans la Mythologie du Monde Minéral par André Lefèvre 1889, nous remarquons: « Il est un volcan aux îles Sandwich (archipel d'Hawaï), qui a engendré toute une mythologie. Cinq déesses l'habitent, la farouche Pelée : Ma-Koré-Wawai-Waa aux yeux étincelants : Moï-ta-pori-a-Pélé, celle qui baise le sein de Pélé; Tabonena-ena, la montagne enflammée; enfin Opio, la plus jeune des sœurs. Pélé est la grande divinité nationale; on raconte sa lutte furieuse avec un effroyable monstre ou dieu-cochon, Tama-Poucea, sa course dévastatrice lorsqu'elle faillit atteindre de sa langue de feu le héros Kahavari, enfin, le secours qu'elle apporta au roi Taméhaméa, le Napoléon hawaïen, dans une bataille décisive. »…Comment ce mot — Pelée — qui s'applique si bien à un cratère en activité, ou mieux au terrible génie de la montagne de feu, se rencontre-t-il sur des points du globe fort éloignés les uns des autres? Des îles Sandwich à la Martinique il y a 100 degrés comptés sur le même parallèle et à 20 degrés de l'Équateur. C'est plus du quart de la circonférence terrestre, et de plus, entre l'archipel océanien et l'archipel des Antilles noyés chacun dans leur océan respectif, s'élève la grande barrière de l'Amérique centrale... Ce qui trancherait la question serait de savoir comment en caraïbe le mont Pelée se nommait, mais les documents sur cette époque sont rares... (L'initiation, volumes 56-57, 1902, Harvard University)

Encre de Chine 0997

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