La non-pensée

Publié le par Ysia

S’agissant de l’étude de la pensée bouddhique sous l'angle jungien, je rappelle la tradition qui veut que Huineng ait connu l’éveil en entendant réciter le Vajracchedikâ Sûtra qui insiste sur le concept important qu'est la non-pensée, l’absence de demeure. La doctrine de la non-pensée est comparable à celle du non-agir de Laozi (John C. H. Wu, L’âge d’or du Zen). Laisser faire ! Ainsi s’entend la pratique du non-agir, il s’agit de faire taire tout langage conscient dominé par une intellectualisation croissante et donner voix aux forces inconscientes qui nous habitent.

 

"Reprendre son souffle et trouver sa voie, sa voix." disais-je ( Agonie et Extase de la création). Cette voie telle que définie par Laozi est  la voie invisible, la voix inaudible de l’Inconscient.

 

La non-pensée, c’est ne pas penser au sein de la pensée. L’absence de demeure représente la nature originelle de l’homme… (Sûtra de la plate-forme, édition la plus ancienne de Dunhuang datant du IXe siècle, section 17),

 

Que nomme-t-on la non-pensée ? La loi de la non-pensée est de contempler toute chose sans s’attacher à aucune, être partout sans avoir d’attaches nulle part. Etant doué d’une nature propre constamment pure, c’est rejeter les six ravisseurs par les six portes et, au milieu des six poussières, n’être ni détaché ni souillé dans un libre va et vient (ibid.,section 31).

 

La voie n’agit pas et pourtant il n’y a rien dont elle ne soit l’agent (Laozi, section 37)

 

Inconscient collectif,  substratum de la pensée humaine, psyché de l'homme qui transcende toutes les différences entre cultures. Fondement d'une série de dispositions latentes prédisposant à un certain nombre de réactions identiques (C.J. Jung, Commentary toThe Secret of the Golden Flower, Harcourt Brace & Company, 1962, p.87), expliquant par là même les analogies et similitudes entre mythes et symboles du monde. L’esprit qui ne demeure nulle part caractérise l'omniscience de l’inconscient.

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