Le devenir de la conscience

Publié le par Ysia

Entre les dernières strates du Pliocène où l’Homme soit absent, et le niveau suivant, où le géologue devrait être frappé de stupeur en reconnaissant les premiers quartz taillés, que s’est-il passé ? Et quelle est la vraie grandeur de la saute ? (Le Phénomène humain, p.107) Finalement, c’est vrai, toute la métamorphose hominisante se ramène, du point de vue organique, à une question de meilleur cerveau. Mais comment ce perfectionnement cérébral se fût-il produit, — comment eût-il pu fonctionner ? — si toute une série d’autres conditions ne se fussent trouvées en même temps, juste ensemble, réalisées ?... Si l’être dont l’Homme est issu n’avait pas été bipède, ses mains ne se seraient pas trouvées libres à temps pour décharger les mâchoires de leur fonction préhensile, et par suite l’épais bandeau de muscles maxillaires qui emprisonnait le crâne ne se serait pas relâché : C’est grâce à la bipédie libérant les  mains que le cerveau a pu grossir ; et c’est grâce à elle, en même temps, que les yeux, se rapprochant sur la face diminuée, ont pu se mettre à converger, et à fixer ce que les mains prenaient, rapprochaient, et en tous sens présentaient : le geste même, extériorisé, de la réflexion !... (ibid.p.112)

 

Réflexion, abstraction, logique, imagination… Et que l’on débatte un jour du devenir de la conscience, par suite de son accroissement progressif, pulsatoire et générationnel,  vers quoi se tend l’être humain ?

 

« Ou bien la Nature est close à nos exigences d’avenir : et alors la Pensée, fruit de millions d’années d’effort, étouffe mort-née, dans un Univers absurde, avortant sur lui-même. Ou bien une ouverture existe, — de la sur-âme au-dessus de nos âmes : mais alors cette issue, pour que nous consentions à nous y engager, doit s’ouvrir sans restrictions sur des espaces psychiques que rien ne limite, dans un Univers auquel nous puissions éperdument nous fier » (ibid.p.159)

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