Le Sutra du diamant

Publié le par Ysia

C'est au deuxième siècle de notre ère que les missionnaires bouddhistes ont commencé à traduire les sûtras bouddhiques en chinois. Parmi ceux-là, se trouvait An Shigao 安世高 qui fonda le premier bureau de traduction dans la capitale de Luoyang.

Kumarajiva at Kizil Caves, Kuqa

C'est en 402, sous le règne de l’empereur Yao Xing 姚兴, héritier du souverain fondateur Yao Chang 姚苌 de la dynastie Yao Qin 姚秦 (Qin postérieurs) (384-417), durant les seize royaumes que Kumārajīva 鸠摩罗什vint à la capitale Chang’an pour y traduire, assisté par une large équipe, jusqu’à la date de sa mort, en 409, de nombreux textes bouddhiques dont le Vajracchedikāprajñāpāramitā Sūtra (T. 235), suivant La biographie des moines éminents de la dynastie Liang (1). C'est  Liang Shaoming 梁绍明 (501-531), fils aîné de l'empereur Wudi 武帝, dénommé 萧统, qui traditionnellement serait l'auteur de la division en 32 sections qui facilite la récitation du sūtra. D'après T.F. Carter, auteur de The Invention of Printing and its Spread Wesward, l'exemplaire le plus ancien du Sūtra du diamant est le Manuscrit de Dunhuang conservé au British Museum datant de 868, ce que confirme Pal Pratapaditya dans Buddhist Book Illuminations.

Par la suite, cinq autres traductions furent composées successivement au cours des siècles suivants. Même si la traduction de Kumārajīva n’est pas la plus fidèle – il semble qu’il faille en imputer partiellement la faute à la différence entre les sources sanskrites – elle a le mérite d’être la plus concise et la plus facile à réciter.

Le traducteur ou, plus exactement, l’équipe plus ou moins large de traducteurs dirigée par Kumarajiva, Bodhiruci, Dharmagupta… donne la priorité dès le début de la dynastie Sui (581-618) à l’interprétation doctrinale des textes, inaugurant ainsi le règne des exégèses et cédant le pas à la simple approche linguistique du texte. La traduction de Dharmagupta du Sûtra du Diamant (T.238) est la plus littérale des six traductions chinoises, en fait c’est quasiment une traduction interlinéaire du texte sanskrit qui semble ne pas avoir été éditée et reste donc inachevée.

(1) D'après Price, le texte fut écrit au IVème siècle et traduit en chinois à la même époque.

 

 

On parle d’une structure triple, de trois niveaux de traduction qui demeure la même durant les trois siècles qui ont suivi la dynastie Han : 1. Le principal transmetteur qui récite le texte original ; 2. L’interprète qui le traduit oralement ; 3. Les scribes qui écrivent la traduction. A moins que le transmetteur maîtrise la langue et ait la compétence nécessaire pour traduire, ce qui aurait été le cas de Dharmarakṣa, Saṅghadeva, Kumārajīva, Buddhabhadra, Dharmakṣema et Paramārtha. C’est moins la maîtrise de la langue qui prime que la capacité à offrir sa propre vision doctrinale du texte. Ainsi dès le tout début de la dynastie des Sui, les exégèses ont joué un rôle essentiel dans la transmission des textes. Dès le début du Vème siècle, en particulier avec Kumārajīva, les équipes de traduction se sont élargies et transformées en assemblées auxquelles participaient moines et fidèles et lors desquelles les textes étaient amplement analysés et débattus avant d’être traduits. Au début du VIème siècle, les équipes furent réduites et placées sous le contrôle de la cour impériale. L’organisation des équipes devint de plus en plus complexe. Sous les Tang, notamment, on parle de douze moines en charge de vérifier le sens du texte traduit, neuf qui composent le texte de la traduction, un expert dans l’étude des caractères chinois, un autre qui vérifie l’exactitude du texte original sanskrit.

Stefano Zacchetti

The early translation process also underscored the multi-ethnic venture between foreign and Chinese monks. Often more than four people were involved in the transla-tion of a single Buddhist sutra. The first person recited the text, either from memory or from a manuscript, the second translated it orally into Chinese, the third wrote down the Chinese translation and the fourth edited the written version of the Chinese translation. This method of translation of Buddhist texts, due to the limited availability of bilingual specialists, continued through to the tenth century (Sen 2002).

Tansen Sen

Publié dans Bouddhisme Zen

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E. W 01/02/2015 16:27

La division faite par Prince 昭明 des Liang(nom de dynastie)..

Ysia 04/02/2015 21:31

Absolument. Merci pour la correction.