Atteindre l’autre rive

Publié le par Ysia

My life is a story of the self-realization of the unconscious. Everything in the unconscious seeks outward manifestation, and the personality too desires to evolve out of its unconscious conditions and to experience itself as a whole. I cannot employ the language of science to trace this process of growth in myself, for I cannot experience myself as a scientific problem. (Memories, Dreams, Reflections, C.G. Jung, Vintage books, Revised edition, New York 1989, p.3)

 

Les archétypes sont les formes préexistantes primitives.  Les symboles sont des pensées objectivées, formes d’une idée abstraite. Le chariot notamment symbolise l'acte qui permet de trancher le nœud gordien d'avec les passions et les illusions terrestres et de retrouver après une longue et douloureuse traversée du désert l'équilibre mental perdu  L’inconscient est pareil à une masse d’eau, fleuve ou mer, que l’on sonde inquiet  sans savoir comment la traverser pour parvenir à l’autre bout, l’horizon. L'angoisse étreint et paralyse, à la recherche de sa propre identité, de ses racines ancestrales. Les eaux fangeuses de l’inconscient demandent parfois toute une vie pour être traversées et ainsi le sens de la vie compris. Vision suffocante et oppressante qui plonge dans une panique primitive. L'inconscient est-il le garant de la santé psychique ou marque-t-il la frontière poreuse qui sépare de la folie ? C’est comme se regarder dans un miroir qui ne projette pas l'image de soi mais le néant engloutisseur.  Combien d’années, combien d'efforts faut-il  pour relever le défi de son propre reflet et regarder en face l'ombre réfléchie dans le miroir comme sur la surface des eaux qu’il appartient de traverser? Atteindre l’autre rive... La sapience adamantine qui mène sur l’autre rive et brise les passions, rappelle l'alllégorie du radeau, voie médiane entre la perception et le logos. La conscience et l’inconscient sont deux sphères mentales. Du dédoublement à l’unité ultime. 

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