Des cellules aux civilisations

Publié le par Ysia

La vie est dotée de pouvoirs de transformation remarquables. Au cours de milliards d’années d’évolution, des formes élémentaires se sont transformées en créatures complexes modernes.

Cells to civilizations, Enrico Coen, Princeton University Press, 2012

L’évolution au travers du succès reproducteur différentiel – c’est-à-dire la capacité relative d’un organisme à propager les variations génétiques dont il est porteur, le développement par la prolifération et la spécification des cellules,  l’apprentissage grâce aux mutations affectant les connexions neuronales et, enfin,  les changements culturels par le biais des échanges humains ont formé notre monde, notre corps et notre esprit.

Nous avons la faiblesse de penser que la créativité humaine et la culture sont si complexes et si propres à l’homme que la science ne saurait rien à voir avec elles. Mais lorsqu’il s’agit d’examiner dans leur ensemble les transformations dont la vie est le théâtre, nous constatons que la science joue un rôle double. D’une part, elle livre une source de savoir sur le monde et la place que nous occupons en son sein. Elle constitue de fait la charpente de notre culture. D’autre part, la science est un produit de la culture et résulte du travail collectif des hommes au fil du temps visant à appréhender le monde qui les entoure. Ce n’est que si nous prenons la mesure des diverses transformations dont la vie est le théâtre que nous pourrons jeter un double regard sur la science, sur la façon dont elle modèle la culture et est modelée par elle. Ainsi non seulement nous comprendrons mieux comment les mutations culturelles sont engendrées mais aussi comment elles sont liées au processus biologique passé. Pourquoi nous a-t-il fallu aussi longtemps pour parvenir à cette vision collective de la vie?

Cells to civilizations, Enrico Coen, Princeton University Press, 2012,

De nouvelles questions me viennent à l’esprit. Parlerons-nous un jour d’un cinquième paramètre ? Quel changement aura sur l’homme le réseau informatique, la communication électronique ?

Mais restons dans le présent, s’agissant des changements culturels, cette vision collective de la vie n’est-elle pas limitée à la situation géographique ou socioéconomique d’un groupe de population donné,  leur impact n’est-il pas plus ou moins ressenti selon que l’on a ou pas accès à l’éducation, que l’on bénéficie ou pas de ces apports scientifiques ? William Julius Wilson, Professeur à l’Université de Harvard, parle aujourd’hui de ségrégation par le revenu et affirme qu’il faut des générations pour combler l’écart socioculturel et rattraper le retard accumulé par certaines tranches de la société, voire, dirai-je, de l’humanité.

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