L'art du trait

Publié le par Ysia

Le souffle du pinceau que le rythme de la main transmet...

Pour moi, le trait commence par une résonance qui se poursuit dans un élan.

Et les mosaiques d'Ostie de rappeler les estampages des stèles funéraires chinoises.

Les silhouettes dans la perspective du mouvement et de l'espace

Du trait à l'empreinte noire sur blanc...

L'Unique Trait de Pinceau est l'origine de toutes choses, la racine de tous les phénomènes ; sa fonction est manifeste pour l'esprit et cachée en l'homme, mais le vulgaire l'ignore... La peinture émane de l'intellect : qu'il s'agisse de la beauté des monts, fleuves, personnages et choses, ou qu'il s'agisse de l'essence et du caractère des oiseaux, des bêtes, des herbes et des arbres, ou qu'il s'agisse des mesures et proportions des viviers, des pavillons, des édifices et des esplanades, on n'en pourra pénétrer les raisons ni épuiser les aspects variés, si en dernier lieu on ne possède cette mesure immense de l'Unique Trait de Pinceau. Si loin que vous alliez, si haut que vous montiez, il vous faut commencer par un simple pas. Ainsi, l'Unique Trait de Pinceau embrasse-t-il tout, jusqu'au lointain le plus inaccessible, et sur dix mille millions de coups de pinceau, il n'en est pas un dont le commencement et l'achèvement ne résident dans cet Unique Trait de Pinceau dont le contrôle n'appartient qu'à l'homme. Par le moyen de l'Unique Trait de Pinceau, l'homme peut restituer en miniature une entité plus grande sans rien en perdre ; du moment que l'esprit s'en forme d'abord une vision claire, le Pinceau ira jusqu'à la racine des choses...

(Propos sur la peinture du moine Citrouille Amère, cité par François Cheng dans Vide et plein, Éditions du Seuil, mai 1991)

L'art du trait

Les traits sont toujours disponibles pour un usage qui appartiendra à l'Imaginaire et à sa représentation ou au Symbolique et à sa méditation.
L'aboutissement éventuel est la représentation d'un objet réel. Cette représentation n'est pas indispensable. Souvent, elle s'arrête avant l'achèvement d'un objet discernable ou peut tourner court, renonçant à être soit œuvre soit objet qui marque dans l'histoire du sujet.
Le trait se suffit à lui-même. Chaque trait est à proprement parler inimitable, c'est-à-dire que toute imitation visant à le reproduire à l'identique n'est qu'une copie plus ou moins grossière, et cela jusqu'à l'échelle moléculaire.
Autrement dit, en lui-même, il contient le Détail qui le fait être.
C'est pour cela qu'on a pu l'appeler « le trait unaire ».
Dans ce sens que chaque objet de désir se singularise par ce trait unaire.
Au départ, il y a ce trait radical, qui s'assemble en figures géométriques et dont on s'étonne que, dans l'art pariétal, il figure si fréquemment.

Extrait de La troisième dimension dans la construction du psychisme de Claude Jeangirard & Will de Graaff, Éditions Érès, 1998, page 35 : Le détail

Publié dans Encre de Chine

Commenter cet article