Section 4.2

Publié le par Ysia

Section 4.2

Création qui commence par un mot...

S. Subhūti, les bodhisattvas doivent ainsi faire l’aumône sans demeurer au sein des attributs (1).

C. C’est ainsi qu’il faut faire l’aumône, l’esprit exempt de tout attribut, car celui dont l'esprit ne peut concevoir le don ne voit pas ce qu’il donne ni ne reconnaît celui qui reçoit (2). C’est ce qui s’appelle faire l’aumône sans demeurer au sein des attributs.

(1) Le Sūtra du diamant considère l’absence d’attribut comme la Doctrine, l’absence de demeure comme la Substance, idée reprise dans le Manuscrit de Dunhuang:

...ma propre loi, porte de l'illumination, a toujours considéré, depuis les temps reculés, ... l'absence d'attribut comme la substance et l'absence de demeure comme le fondement… (Sūtra de la plate-forme, Catherine Toulsaly, You-Feng, 1992, p. 42)

L’absence d’attribut, c’est se détacher des attributs au sein même des attributs

无相(者)于相而离相

Suivant la note 2 (p.95), on précise que :

Alakṣaṇa (aussi animitta, nirābhāsa entre autres), est un terme sanskrit difficilement traduisible. Il définit l’absence d’attribut, la négation de tout signe caractéristique et n’est pas sans rapprochement avec le terme philosophique métaphysique dans ce qui dépasse le domaine des phénomènes, pour atteindre la chose en soi, ce qui relève d'un ordre transcendant, celui de l'essentiel, de l'absolu.

A la définition de l’absence d’attribut, rappelons le récit symbolique de l’entretien entre Bodhidharma et l’empereur Wu (section 34, p.62) dans lequel il est fait référence au concept de l’aumône :

…lorsque le grand maître Bodhidharma convertit l’empereur Wu, ce dernier lui demanda :

« Y-a-t-il des vertus méritoires pour avoir, toute notre vie, érigé des temples et accordé des dons et des offrandes ? »

« Aucunement »

Il faut parler ici de la non-substantialité des trois aspects du don 三輪體空: de celui qui donne, de ce qui est donné et de celui à qui l'on donne.

(2) Mais que signifie faire l’aumône ? La lecture du passage tiré du Taisho Tripitaka Vol. 32, No. 1659 發菩提心經論, que mentionne Ding Fubao, 金刚般若波罗蜜经, p.28-29 aide à mieux comprendre. Il importe de ne rien attendre des dons et des offrandes prodiguées dans une parfaite abnégation de soi.

Il y a un sens double et réciproque. Si, sur un plan pratique et personnel, l’aumône peut être récoltée par le moine lors de sa quête quotidienne, le bodhisattva, quant à lui, pratique la charité, plein de compassion pour autrui et oublieux de lui-même, en encourageant les êtres ordinaires à se détacher des attributs mondains qui relèvent du domaine des phénomènes et parvenir à l’éveil sans attacher ni aux sons, ni aux goûts, ni aux formes, ni aux odeurs, ni aux contacts physiques.

Publié dans Bouddhisme Zen

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article