Sarah Bernhardt , sculptrice (1844-1923)

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Après la tempête (Musée national des femmes artistes, Washington, D.C.)

Après la tempête (Musée national des femmes artistes, Washington, D.C.)

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Theaster Gates

Publié le par Ysia

National Gallery of Art jusqu'au 4 septembre 2017
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La sphère des cieux

Publié le par Ysia

Aucun sens ne perçoit l’infini. Aucun sens ne permet de conclure qu’il existe. L’infini, en effet, ne peut être l’objet des sens. (…) C’est à l’intelligence qu’il appartient de juger et de rendre compte des choses absentes, que le temps et l’espace éloigne de nous.

Giordano BRUNO, L’infini, l’univers et les mondes, op. cit., p. 58.

De la vision ancienne du monde ...

HILDEGARD’S FIRST SCHEME OF THE UNIVERSE Slightly simplified from the Wiesbaden Codex B, folio 14 r.

HILDEGARD’S FIRST SCHEME OF THE UNIVERSE Slightly simplified from the Wiesbaden Codex B, folio 14 r.

ThomasDiggesmap
Michelangelo Caetani, Overview of the Divine Comedy, 1855 Cornell CUL PJM 1071 01

Les lois de la physique n’expliquent pas pourquoi le temps avance mais jamais ne recule…

Humboldt écrivait que cosmos signifie « l’ordre dans l’univers et la magnificence dans l’ordre ». D’aucuns pensent que le bouddhisme et la science ne se contredisent pas fondamentalement et que le bouddhisme peut être pour la science une source intarissable de réflexion.

Le cosmos est-il fait d’une infinité d’univers ? Ces milliers d’univers mentionnés dans le Lotus de la Bonne loi,  la très belle traduction d’Eugène Burnouf du Saddharmapuṇḍarīka Sūtra, que l’on dit contenir la vision la plus complète de la vie et de l’univers, semblent étrangement faire écho à la théorie du multivers, évoquée dans l’article précédent sur les univers-bulles. La vision mahayanique du monde décrit l’univers comme une infinité de mondes qui s’étendent à travers les six directions et se dispersent dans les dix régions de l’espace. Chaque système mondain est présidé par un bouddha et nommé champ ou terre bouddhique, théâtre de la lutte eschatologique des êtres. Ces royaumes innombrables se juxtaposent dans de plus hautes sphères dimensionnelles que les sens de l’homme commun ne perçoivent pas directement. Chaque univers parallèle offre sa version propre de la réalité, comme si l’espace-temps était coupé en tranches et que chaque tranche représentait un univers. 

Plus de sept milliards de personnes vivent sur terre, mais d’ici une centaine d‘années, il est probable que pas une, moi y compris, ne survivra, comme le disait Jōsei Toda. Cela suscite le besoin urgent de poser des questions essentielles quant à l’existence humaine et au cosmos. Le précepte fondamental de la secte bouddhiste Tientai 天台selon lequel l’univers peut être analysé en terme de trois vérités  - la non-substantialité, la temporalité et la voie du Milieu -  ne semble pas manquer de pertinence encore aujourd’hui. Lorsque l’on dit que chaque parcelle de l’univers contient le cosmos dans son ensemble, c’est pour mieux reconnaître que les molécules qui forment notre corps, les atomes qui structurent ces molécules proviennent de ce même creuset qui fut le noyau de l’univers.

Le cosmos est un réseau de systèmes en mouvement perpétuel, qui peut sembler chaotique aux yeux de celui qui l’observe. Seulement ni le temps ni l’espace ne sont des paramètres tangibles. « Le temps n’est-il qu’une propriété fondamentale de la réalité ou l’apparence macroscopique des choses ? ». Pour W. Randolph Kloetzli, le cosmos «  ne doit surtout pas être interprété comme un univers physique mais plutôt comme une réalité structurée à tous les niveaux, physique ou spirituel ».

La cosmologie bouddhiste présente un panorama simple, mathématique et  schématisé : «  Des unités fondamentales desquelles tous les phénomènes ne sont que des composés ou combinaisons » (A manual of Buddhist philosophy, William Mc Govern, 1923). Tracé sur le papier ou peint sur les murs des grottes, à Kizil ou ailleurs le long de la Route de la Soie, le tableau cosmologique semble représenter le schéma de quelque réalité géographique. D’un point de vue cartographique, la représentation visuelle de l’univers multidimensionnel, quoique verticale, est à deux dimensions. 

La cosmologie bouddhiste la plus ancienne connue sous le nom de système des trois mondes se divise en trois royaumes du bas vers le haut : le royaume du désir (kāma, 欲界), celui de la forme (rūpa, 色界) et celui de l’absence de forme (arūpa, 無色界).  Un autre schéma sotériologique présente un axe vertical entrecoupé de couches stratifiées dans lesquelles un être parcourt les étapes d’une longue ascension dans l’espace et le temps. Les représentations de la création ou du cosmos en forme de cercles concentriques sont communes aux civilisations du monde. La conception même d’un univers au-delà du temps et de l’espace implique qu’une transmigration graduelle des êtres dans un cycle de naissance et de mort peut se faire en même temps que des envolées instantanées vers les plus hautes sphères de l’existence par la réalisation d’un éveil subit. Le destin eschatologique n’est pas écrit.   

 

Space and time in some sense melt in this picture. There is no space anymore. There are just quanta kind of living on top of one another without being immersed in a space.

L'univers porte chez les bouddhistes le nom des trois mondes (Trilôka). Ces mondes se trouvent superposés l'un à l'autre... Le troisième monde est l'inférieur; il contient mille millions de systèmes terrestres avec six cieux du désir. Ces systèmes terrestres n'ont pas une forme sphérique : chaque terre est une grande plaine immobile, au milieu de laquelle est placé le mont Sumeru, entouré horizontalement par les quatre grandes et par huit petites parties du monde… Les six cieux superposés aux mille millions de terres s'étendent comme celles-ci horizontalement, et forment six couches l'une au-dessus de l'autre. Tous ces systèmes terrestres, qu'on appelle le grand mille des trois mille mondes, composent ce qu'on nomme le troisième monde… Les trois mille mondes se composent du petit mille, du moyen mille et du grand mille. Le petit mille ou le petit chiliocosme, contient mille systèmes terrestres parfaitement semblables au nôtre. De même que ce système forme une plaine, de même tous les systèmes qui l'avoisinent s'étendent horizontalement dans toutes les directions. Le petit chiliocosme est entouré par une haute chaîne de montagnes. Au-dessus et dans toute son étendue règne la région inférieure… En dehors du petit chiliocosme et autour de lui s'étend horizontalement le chiliocosme moyen, qui se compose d'un million de systèmes terrestres... Le moyen chiliocosme est à son tour entouré par le grand, qui contient mille chiliocosmes de la grandeur du moyen. Ces trois chiliocosmes forment l'univers, au-dessus duquel règne la région supérieure… Aucun système terrestre de l'univers n'est visible à l'autre. Tout l'univers est placé sur une masse éthérée dont la rotation perpétuelle y entretient l'équilibre, sans le faire trembler ou le mettre en mouvement. La rotation de cette masse éthérée, dans laquelle les différents systèmes terrestres s'élèvent comme des îles dans la mer, est entretenue par le destin, fruit des actions de l'homme. Comme tous les systèmes terrestres se ressemblent parfaitement, la description de l'un est aussi celle des autres. Selon les bouddhistes la terre habitable est partagée en quatre grandes îles (dvipa) ou continents placés aux quatre points cardinaux, par rapport à la montagne céleste (Sumeru)… Le continent du Sud, qui est celui qui comprend l'Inde, est nommé Jambūdvīpa南贍部洲, d'après un arbre qui se voit dans sa partie occidentale…

Encyclopédie des gens du monde, Librairie de Treuttel et Würtz, 1834

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Liu Xiaobo 刘晓波 (1955-2017)

Publié le par Ysia

L’année 1989 a constitué un important tournant dans ma vie. J’ai été un professeur respecté et un intellectuel public, souvent invité à m’exprimer un peu partout, y compris en Europe et aux Etats-Unis. Je me suis toujours fixé pour exigence de m’exprimer avec franchise, en assumant mes propos dans la dignité – que ce soit dans ma vie personnelle ou dans mes écrits. Cette année-là, je suis rentré des Etats-Unis pour participer au mouvement [prodémocratique étudiant, finalement réprimé dans le sang le 4 juin]. J’ai été emprisonné pour “propagande et incitation à des activités contre-révolutionnaires”. J’ai perdu par la même occasion ma chaire, à laquelle je tenais tant, et toute possibilité de publier et de m’exprimer publiquement en Chine. Juste pour avoir émis des opinions politiques différentes et pour avoir participé à ce mouvement démocratique pacifique, le professeur que j’étais a donc perdu sa chaire, l’auteur a perdu tout droit de s’exprimer et l’intellectuel public toute possibilité de discourir ouvertement… que ce soit à titre personnel ou en tant que citoyen d’une Chine ouverte au monde et aux réformes depuis trente ans, quelle tristesse !

Vingt ans après, les âmes des victimes du 4 juin ne peuvent toujours pas reposer en paix. Amené par le 4 juin à prendre le chemin de l’opinion ­politique divergente, à ma sortie de la prison de ­Qincheng, en 1991, j’avais perdu tout droit à m’exprimer publiquement dans ma propre patrie ; je ne pouvais le faire que dans les médias étrangers et encore cela m’a-t-il valu d’être placé sous surveillance durant de longues années, assigné à résidence (de mai 1995 à janvier 1996), puis envoyé en camp de rééducation par le travail (d’octobre 1996 à octobre 1999).

La haine peut corrompre la sagesse

Aujourd’hui, à plus de 50 ans, je suis une nouvelle fois mis au banc des accusés par un pouvoir obnubilé par l’idée de “l’ennemi”. Cependant, je veux malgré tout dire à ce régime qui m’a privé de ma liberté que je reste fidèle à mon credo, exprimé il y a vingt ans dans ma déclaration lors de la grève de la faim du 2 juin : je n’ai pas d’ennemis, ni de haine. Les policiers qui m’ont surveillé, arrêté, interrogé, les procureurs qui m’ont inculpé, les juges qui m’ont condamné ne sont pas mes ennemis. Je n’accepte ni surveillance, ni arrestation, ni inculpation, ni condamnation, mais je respecte la profession et la personne de tous ces fonctionnaires, y compris les magistrats de l’accusation, qui, le 3 décembre dernier, ont fait preuve de respect et d’honnêteté à mon endroit.

Car la haine peut corrompre la sagesse et le discernement ; l’idéologie de l’ennemi peut empoisonner la mentalité d’un peuple, attiser des rivalités sans merci, détruire toute tolérance et toute raison dans une société, empêcher une nation de cheminer vers la liberté et la démocratie. C’est pourquoi je souhaite parvenir à dépasser mon propre sort pour me préoccuper surtout du développement du pays et de l’évolution de la société, en opposant à l’hostilité du pouvoir une grande bienveillance, pour dissoudre la haine dans l’amour.
Il est communément admis que c’est la politique de réforme et d’ouverture qui a entraîné le développement du pays et l’évolution de notre société. Pour moi, l’ouverture du pays date du moment où a été abandonnée la “primauté de la lutte des classes” de l’ère Mao. Dès lors, on a concentré les efforts sur le développement économique et l’harmonie sociale. Cet abandon a permis une certaine tolérance et la coexistence pacifique d’intérêts et de valeurs différents. L’économie s’est tournée vers le marché, la culture a tendu vers plus de diversité, le maintien de l’ordre public a peu à peu été régi par les lois. Tout cela est dû à l’affaiblissement de la notion d’ennemi. Même dans le domaine politique, où les progrès sont le plus lents, le pouvoir a fait preuve d’une tolérance croissante vis-à-vis de la diversité de la société, il a atténué les persécutions à l’encontre des voix divergentes et a tempéré sa qualification des événements de 1989 de “rébellion” en “tourmente politique”.

Une fois relativisée cette notion d’“ennemi à combattre” le pouvoir a pu accepter peu à peu le caractère universel des droits de l’homme. En 1998, le gouvernement chinois a promis au reste du monde de ratifier deux grandes conventions internationales des Nations unies relatives aux droits de l’homme [dont la Convention internationale sur les droits civils et politiques], manière symbolique de reconnaître ces valeurs. En 2004, ­l’Assemblée nationale du peuple a révisé la Constitution en y introduisant pour la première fois la phrase : “L’Etat respecte et protège les droits de l’homme”, ce qui indique que les droits de l’homme sont devenus un principe de base du droit chinois. Dans le même temps, le pouvoir a reconnu la nécessité de “mettre l’homme au centre” de sa politique, de “créer une société harmonieuse”, autant d’avancées dans la conception du gouvernement qu’a le Parti communiste.

J’ai pu ressentir l’effet de ces changements depuis mon arrestation. J’ai persisté à me dire innocent et à déclarer que l’accusation portée contre moi était inconstitutionnelle, mais, au cours de cette année de privation de liberté où j’ai été successivement incarcéré dans deux lieux différents et interrogé par quatre policiers, trois procureurs et deux magistrats, leurs méthodes sont restées empreintes de respect, ils n’ont pas excédé les temps d’interrogatoire et ne m’ont pas extorqué d’aveux. Leur attitude a été pacifique, raisonnable et même parfois bienveillante. Le 23 juin, j’ai été transféré d’un lieu de résidence surveillée au Centre de détention numéro un de Pékin, où j’avais déjà été détenu en 1996, et j’ai pu y observer de grandes améliorations tant dans les installations que dans les méthodes d’administration.

Je suis vraiment optimiste

J’ai tiré de ces expériences personnelles la certitude que les progrès politiques en Chine ne vont pas s’arrêter. Je suis vraiment optimiste quant à l’arrivée d’une Chine libre dans l’avenir, car aucune force n’est capable de stopper l’aspiration humaine à la liberté. La Chine finira par devenir un Etat de droit plaçant les droits de l’homme au premier plan. J’espère que de tels progrès pourront se manifester dans le traitement de mon dossier ; je souhaite que les jurés prononcent un jugement équitable – un jugement capable d’affronter le verdict de l’Histoire.

Quant à l’expérience la plus heureuse de mes vingt dernières années, c’est d’avoir reçu l’amour désintéressé de ma femme, Liu Xia. C’est pourquoi je m’adresse à elle.
Aujourd’hui, tu ne pourras pas assister à mon procès, mais je veux encore te dire, ma chérie, que je suis certain que ton amour reste inchangé. Ma chérie, grâce à ton amour, j’affronterai calmement le procès qui vient, sans regret pour mes propres choix, et j’attendrai demain avec optimisme. J’espère que mon pays pourra être un jour une terre de libre expression, que tout citoyen pourra prendre la parole sur un pied d’égalité, que toutes les valeurs, pensées, croyances, idées politiques pourront coexister et faire l’objet d’un débat équitable. Je souhaite que les opinions minoritaires, même dissidentes, soient protégées comme les autres. Que tout point de vue politique puisse être exposé au grand jour et soumis à l’appréciation du peuple, que tout citoyen puisse s’exprimer sans la moindre crainte, sans le moindre risque de subir des persécutions pour avoir émis une opinion politique différente. Je voudrais également être le dernier nom sur la longue liste des victimes emprisonnées pour leurs écrits, et que plus personne ne soit condamné pour ses propos.

La liberté d’expression est la base des droits de l’homme, le fondement de tout sentiment humain, la mère de la vérité. Tuer la liberté d’expression, c’est bafouer les droits de l’homme, étouffer tout sentiment humain, faire taire la vérité.

Même si j’ai été condamné (alors que je suis innocent) pour avoir honoré la liberté d’expression mentionnée dans la Constitution et pour avoir assumé jusqu’au bout mes responsabilités sociales de citoyen chinois, je ne me plains pas…

Merci à tous !
Liu Xiaobo

http://www.courrierinternational.com/article/2010/01/27/liu-xiaobo-je-n-ai-pas-d-ennemis

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Univers-bulles

Publié le par Ysia

Une zone située entre 6 et 10 milliards d'années-lumière de la Terre et large d'un milliard d'années-lumière est anormalement froide sur la carte des fluctuations de températures de la voûte céleste. La découverte de ce point froid par le satellite Planck relance le débat sur la question des univers-bulles. Une hypothèse est que ce point froid aurait été causé par une collision entre notre univers et un autre univers-bulle. Si de futures analyses, plus détaillées, du rayonnement fossile le prouvent, il pourrait s'agir de la première preuve de l'existence d'un multivers. Des milliards d'univers comme le nôtre pourraient exister.

Si ce point froid est bien une manifestation du multivers, ce serait sans doute une conséquence de la théorie de l’inflation. Un peu à la façon dont se forment des bulles dans un liquide, la croissance de l'une d'entre elles aurait conduite à entrer en collision avec la nôtre, laissant la trace de cette anomalie.

Ce schéma en deux dimensions représente une portion de l'espace-temps d'un multivers infini que l'on peut considérer localement comme plat. À un instant T0, un univers bulle naît et gonfle presque à la vitesse de la lumière dans ce multivers. Il correspond aux cercles rouges que l'on voit représentés aux dates T1 et T2. Mais dans cette bulle, du fait de la géométrie particulière de l'espace-temps plat, un univers à courbure négative apparaît comme infini, mais en expansion pour des observateurs y existant. Différentes dates de son histoire sont représentées par les temps cosmiques t1 et t2 de cet univers : ils correspondent à une sorte d'instantané de la structure spatiale de cet univers infini, mais néanmoins contenu dans une bulle de taille finie. Il se pourrait que les anomalies dans le rayonnement fossile signalent que nous sommes dans un univers ressemblant beaucoup à cette bulle. On voit sur ce diagramme d'espace-temps les trajectoires de galaxies (en jaune).

Univers-bulles

Selon cette idée, non seulement la Terre n’est qu’une planète parmi tant d’autres, mais l’Univers est lui-même insignifiant à l’échelle cosmique, un parmi un nombre incalculable d’autres univers régis par leurs propres lois.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-le-multivers-existe-t-il-28762.php

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Interprétation

Publié le par Ysia

Je sais bien qu'il ne faut pas confondre réalité et observation, mais c’est le privilège de l’artiste que d’offrir une approche plus personnelle et subjective de l’art… Les aimants sont des souvenirs que l’on rapporte régulièrement de ses voyages. Souvent on les colle sur les frigos. Réarrangés, repositionnés, ils apparaissent sous un angle nouveau et rappellent à la mémoire des lieux et événements qui appartiennent aujourd’hui au passé. L’aimant du musée national de l’histoire et de la culture afro-américaines et celui  du  Pavillon chinois de l’Expo de 2010 à Shanghai offrent un point de comparaison. Les deux bâtiments semblent représenter des structures de  forme trapézoïde renversées.  Dans la prolongation des  pyramides inversées d’I.M.Pei , les structures trapézoïdes renversées paraissent s’ouvrir  vers le haut.

Le musée américain a été inspiré par  la partie supérieure d’un  poteau de véranda, œuvre de l’artiste nigérian Olowe d’Ise (v.1873– v.1938), comme une couronne à trois niveaux. La couronne de l’Est est précisément le nom donné au Pavillon chinois de l’architecte 何鏡堂  dont la structure rappelle la forme d’un ancien objet rituel ding .

 

 

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Gustave Doré sculpteur

Publié le par Ysia

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Baume d'abeille

Publié le par Ysia

Asanga présente quatre approches de la réalité. La première est le réalisme naïf de l’homme ordinaire. La deuxième est celle des philosophes et des écrivains-penseurs. La troisième est celle de celles et de ceux qui voient le monde sans être aveuglés par leurs émotions. Enfin il y a l’approche de celles et de ceux qui voient le monde sans être aveuglés par leur intellect.

Baume d'abeille
Baume d'abeille
Baume d'abeille
Baume d'abeille
Baume d'abeille

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La vanité des mots

Publié le par Ysia

La vanité des mots

This old barbarian sat face to the wall,
Everyone in the Zen tradition is left confused.
One thousand years, ten thousand years -
Will anyone ever understand

Fūgai Ekun dans Stephen Addiss, The Art of Zen, p.54

La tradition veut que Bodhidharma se soit assis au pied d’un mur pendant neuf ans, son esprit vidé de toute agitation, muré dans un silence absolu à l’intérieur de lui-même sans proférer un mot à l’extérieur de lui-même parce que les mots sont devenus obsolètes et parce qu’il cherche intuitivement de sa main la poignée de la porte de l’éveil.

The Indian monk couldn't even speak Chinese !
He faced the wall in silence for nine years.
Doing nothing, totally inactive, he sat quietly,
Causing the world to mistakenly call this Daruma (Bodhidharma) Zen

Gesshū Sōko, ibid., p.68

La vanité des mots

Après avoir obtenu les manuscrits bouddhiques qu’ils étaient venus chercher  au terme d’un périple de quatorze années, le moine Xuanzang et ses trois compagnons ont découvert à leur insu que les livres sacrés ne contiennent que des pages blanches parce que le mot est illusoire, parce que l’enseignement bouddhique est indicible.

The blankness of the scrolls is thus a material manifestation of the Buddhist doctrine of emptiness, a sign pointing to the signless, apophatic, ineffable nature of ultimate reality.

Academia.edu

Le concept du bouddha historique est l’un des plus familiers et fondamentaux dans le domaine des études bouddhiques, mais c’est aussi l’un des plus problématiques car il porte le plus à confusion. D’un côté, il est universellement admis que le Bouddha a existé,  de l’autre, plus de deux cents ans de recherches académiques n’ont pas réussi à établir son existence. Bien que l’on répète que le Boudha était Siddhārtha Gautama du clan des Śākya, le nom de Siddhārtha (et ses variantes Sarvārthasiddha, etc.) n’est attesté dans aucune des sources les plus anciennes, notamment dans le canon pali ou dans des sources non bouddhiques. De plus, d’après la tradition ancienne, les Śākyas avaient été anéantis avant le décès du Bouddha, ce qui laisse supposer que même les auteurs du canon bouddhique ignoraient probablement leur existence. Le clan entier pourrait bien n’être qu’un mythe. Il reste le nom de Gautama qui est moins un nom qu’un épithète identifiant le Bouddha comme étant associé au clan Gautama, l’une des huit lignées brahmaniques anciennes dont l’origine remonte aux sept patriarches védiques.

Mais faut-il croire les légendes ? Si ni le bouddha historique ni même Laozi n’ont existé et que d’après certains experts, Bodhidharma n’avait aucun lien direct avec le bouddhisme chan , alors les mots sortis de la bouche de personnages imaginés de toutes pièces effectivement sont vains.

Tout attribut, quel qu’il soit, est vain et faux.
凡所有相,皆是虚妄

Vajracchedika Sutra (Sûtra du diamant)

Laisser faire le temps...  craqueler et mûrir sous le jeu des ombres et des lumières. La parole et l'image sont trompeuses car ni l'une ni l'autre ne prennent en compte le temps. Les mots altèrent la vérité des images et des sons et la parole corrompt l’intuition auditive et visuelle. Au temps d’avant les mots, quelle est la constante universelle ?  L’énergie autrement nommée le souffle.

Vedder, Elihu - The Questioner of the Sphinx - 1836

Les vents chauds apportent la vie au gré des mouvements tectoniques qui embrasent la croûte terrestre sous l’impulsion du magma souverain. L'Esprit transcende toutes les formes de vie animales, végétales, humaines. Dans tout phénomène il y a une part de manifeste et une part de caché, une idée de sacralité…

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Dissémination

Publié le par Ysia

Sur les routes historiques liant l’Asie à l’Europe se dressent des cités à travers l’histoire, regroupements permanents plus ou moins denses de populations socialement hétérogènes dont les sites archéologiques dès la période néolithique nous laissent des vestiges de commodités de toutes sortes, d’ossements humains ou animaux  - objets d’étude de l’archéozoologie -, de bijoux de cuivre bleu et vert et de techniques de traitement du cuivre dont les plus anciennes en Turquie,  de l’or dans les Balkans  vers 5 000 ans avant notre ère,  de l’argent en Turquie 6 000 ans avant notre ère. Des sites tels que Shanidar et Zawi Chemi au nord-est de l’Iraq, Hallan Cemi dans l’Est de la Turquie, Rosh Horesha en Israël et Mehrgahr au Pakistan. L’une de ces voies de communication est la légendaire Route de la Soie ainsi nommée par le géologue Ferdinand von Richthofen (Seidenstrasse).   

C’est en suivant ces itinéraires que se sont disséminés des trésors de civilisation, des vaisseaux de connaissance, des réceptacles de savoir dont la riche production littéraire bouddhique y compris le répertoire de commentaires et de traductions du Vajracchedika Sutra qui plonge le chercheur du sens profond dans la difficulté de pouvoir entièrement les étudier.

L’or prit mille ans pour parvenir en Israël depuis les Balkans. Le temps peut se compter en brèves secondes, s’allonger en années et prendre des décennies voire des siècles pour transporter le savoir d’un point à l’autre du globe. Pourtant les phénomènes peuvent aussi se produire simultanément, ainsi il en est de l’utilisation dans un but décoratif ou ornemental de l’or en Amérique du Sud 2 000 ans avant notre ère et du cuivre en Amérique du Nord 5 000 ans avant notre ère.

Le bronze aussi. Alliage d’étain et de cuivre dont raffolait l’aristocratie du temps de l’Âge du bronze. La métallurgie du bronze qui commença à se diffuser dans toute l’Eurasie au cours du troisième millénaire avant notre ère est apparue au Xinjiang au début du deuxième millénaire puis au Gansu et au Qinhai. Une route de transmission possible vers la Chine passe par la Sibérie, le Xinjiang et la culture Qijia du Gansu jusqu’en Thaïlande. L’un des sites les plus symboliques de cette métallurgie du bronze en Chine est 二裏頭Erlitou avec ses vases rituels. Bien qu’une légende antique tirée des Annales historiques attribue l’invention du bronze au souverain mythique Yu le Grand et une autre tirée des Annales des Printemps et Automnes qui l’attribue à son fils, il n’a pas été jusqu’à ce jour possible d’établir un lien entre la dynastie Xia et le site archéologique d’Erlitou.

禹收九牧之金,铸九鼎。皆尝亨鬺上帝鬼神。遭圣则兴,鼎迁于夏商。周德衰,宋之社亡,鼎乃沦没,伏而不见
Yu fondit neuf trépieds avec le métal que lui fournirent les neuf pasteurs (de peuple) et se servit d’eux tous pour cuire les victimes qu’il offrait aux Empereurs d’en haut, aux mânes et aux dieux. (Ainsi), toutes les fois qu’un sage se présenta, (les trépieds) apparurent. Ils furent transmis aux Hia, puis aux Chang ; mais la vertu des Tcheou s’étant pervertie et le dieu du sol à Song ayant disparu, les trépieds tombèrent dans l’eau où ils s’enfoncèrent et devinrent invisibles.

Mémoires Historiques, Edouard Chavannes

Aujourd’hui, sur la base des recherches en archéométallurgie qui est l’étude de l’histoire et de la préhistoire des métaux et de leur utilisation par l’être humain, on estime que si la tradition des poteries peintes s'est propagée du Gansu vers le Xinjiang, la technologie du bronze a été transmise dans le sens inverse. En fait la « route du bronze » part depuis l’Anatolie, le Caucase et le plateau iranien du complexe bactro-margien en passant par les populations nomades de Seima-Turbino vers la Chine. Une autre civilisation utilisait aussi la métallurgie du bronze, comme nous le révèle le très célèbre site de 三星堆Sanxingdui au Sichuan, dont nous savons peu de choses si ce n’est qu’elle était clairement distincte de la culture de la grande plaine septentrionale.

Sur la base des annales historiques de la dynastie Shang, un portrait de la société chinoise vers 1 200 avant notre ère se dessine et ressemble étrangement à celle des États d’Eurasie dont l’économie était basée sur l’agriculture, tels que la civilisation mycénienne en Grèce, avec une aristocratie dotée d’armes et de chariots de bronze et qui a légué ses écrits à la postérité.  (Academia.edu)

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